Le seul remède à la folie, c'est l'innocence des faits.
Ancilla de la Camarilla
Ancilla de la Camarilla
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Race : Vampire • Malkavian.
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Jeu 1 Nov - 15:07
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» Pseudo : Ren.
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» Comment avez vous connu le forum ? : Grâce à son fondateur.
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Manea A. O'Sullivan
» Description du projet «
Manea, de son vrai nom Annabeth O'Sullivan, est un drôle de spécimen, bien qu'il soit relativement aisé de dire que tout les membres de la branche Malkavienne des Caïnites possèdent cette même particularité.

Initialement humaine, sa vie n'a été jusqu'à son étreinte qu'un long fleuve, ponctué çà et là par quelques périodes plus calmes ou tumultueuses que d'autres. C'est en faisant la rencontre d'Heine Hohenhart que son destin se voit brutalement bouleversé, à tout jamais.

Leur idylle, ébranlée par l'étreinte que vit un jour la jeune femme entre les bras d'un Malkavian, disparaît pour "Manea" peu à peu de son esprit, avalée par la gueule béante des voix qui la submergent, lui ordonnent des actions que, comme une enfant égarée, elle n'a d'autre choix que de suivre.

A présent, toujours aux côtés de son cher et tendre – bien que ne le reconnaissant que périodiquement, elle se contente la plupart du temps de s'esquiver à sa surveillance à la venue de la nuit, ses yeux innocents suivant chaque détail intéressant  la plongeant toujours d'avantage dans l'inconnu.
Age :128 ans.
Sexe :Féminin.
Clan :Malkavian.
Groupe :Camarilla.
Tier fiche :Tier 3.
Rang :Ancilla.
Génération :Neuvième.
Réputation :250.
Karma :-30
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Description physique
Quand l'esprit est brisé, il ne reste à contempler que l'enveloppe.

Commençons du début, à présent. Parlons de cette "enveloppe" qu'est celle de Manea. Tout d'abord, l'irlandaise n'est pas de ces petites femmes, de ces européennes se plaisant à avoir l'apparence de la fragilité. Du haut de son mètre quatre-vingt-trois, Manea est une femme qui peut facilement mettre mal à l'aise ses consœurs voire certains hommes, bien que les américains soient généralement peu touchés du fait de leur taille avoisinant souvent la sienne. Sa posture, toujours droite et disciplinée, trahit sans mal son appartenance à une autre époque. Et la façon dont ses pieds se positionnent tout naturellement pourrait s'avérer pour les curieux un indice sur sa passion qu'était celle de la danse classique.

Il serait complexe de vous donner l'information d'un poids précis, du fait que celui-ci ne soit pas constant. Étonnant, pour une vampire ? En rien. Après tout, il arrive fréquemment que Manea oublie de se nourrir, affaiblissant son corps ce faisant. Malgré cette alimentation à l'effigie de montagnes russes, il est facilement discernable que la Malkavienne possède une agréable quantité de muscles, vestige d'une période de sa vie où elle entretenait tout particulièrement sa souplesse. Ainsi, comme sous-entendu, la force brute n'est pas son domaine. La fuite, en revanche, ou l'esquive seraient plus dans ses cordes, options plus adaptées à sa silhouette.

Puisque les informations dites de générales sont là, penchons-nous à présent sur les précisions :

Le visage de la vampire, bien que n'étant pas particulièrement beau originairement, profitait au moins par le passé de la douceur du miel dans laquelle étaient plongés ses traits. A présent, ces mêmes traits semblent désertés de toute trace de vie. Son visage, si souvent parfaitement inexpressif – pour ne pas dire de marbre, murmure que quelque chose chez elle ne va pas, un détail pouvant mettre très mal à l'aise son ou ses interlocuteurs. A la différence de bon nombre de vampires rangés aux côtés de la Camarilla, Manea ne se force pas non plus à cultiver l'illusion de sourires, ou même rien qu'à feindre le fait de respirer.

Souvent, l'absence de son souffle est trahie par la masse impressionnante de ses cheveux. Ceux-ci, d'une longueur vertigineuse, viennent fréquemment paresser sur ses pommettes, si ce n'est plus en avant encore, après avoir glissé de leur abris derrière ses petites oreilles, et y stagnent parfaitement du fait de l'inexistence d'une quelconque brise s'échappant de ses fines lèvres. Originairement d'un blond rappelant le blé prêt à être fauché, ils ont perdu leur teinte ensoleillée, celle-ci ayant laissé la place au carnaval de mèches grises si nombreuses que la crinière en paraît souvent d'un blanc "délavé". Cette couleur effacée, provoquée par un état constant de stress, est un chemin sans retour, parfois détourné par les couleurs criardes des néons fondant sur elle.

Malgré sa condition psychologique, il demeure une partie de la vampire suffisamment consciente pour que le premier geste avant de ne se glisser à l'extérieur soit de brosser longuement les lourdes boucles roulant au bas de cette chevelure lui parvenant sous le fessier. Jamais noués, ils se débattent contre les courants d'airs, s'emmêlent, tombent en grappe. Bien qu'il serait envisageable de les couper, Manea a toujours jusque là farouchement refuser que ce ne soit fait.

Ce refus trouve son origine dans le fait que la vampire brisée n'autorise personne à la toucher. Ou, plus exactement, personne qui ne soit encore en vie. Si le toucher des autres Caïnites ne la dérange pas plus que cela, elle abhorre profondément la morsure ardente du contact des vivants, rabâchant à qui veut bien l'entendre qu'ils la consumeraient rien qu'en l'effleurant. Cela dit, bien qu'elle autorise ses confrères et consœurs à la toucher, il est important de préciser qu'il ne s'agit que d'une autorisation, non pas d'une invitation, n'appréciant et ne trouvant familiarité que sous le toucher de son Sire de substitution, Heine.

La seule lueur d'espoir de son corps réside dans ses yeux, verts de naissance et surplombés de longs cils. Ceux-ci, larges et rondes perles sanguines depuis son étreinte, virevoltent d'un point à un autre constamment, toujours à la recherche de la moindre chose intéressante. Son standard d'intérêt étant très bas, il va de soi qu'elle observe rarement plus de quelques secondes la même chose, à moins qu'elle ne lui plaise grandement visuellement. Lorsqu'il ne se balade pas d'un papillon à un autre, le regard de Manea est une énième preuve de son parfait égarement. Tantôt craintif, tantôt intrépide, il témoigne sans la moindre difficulté de ses violents changements d'état d'esprit, ainsi que de l'avis qu'elle peut avoir sur quelqu'un, ayant la désagréable manie de fixer droit dans les yeux quiconque s'adresse à elle si cette personne lui est inconnue et de détourner le regard si l'opposant est une personne lui étant familière, à la façon d'une enfant réprimandée.

Bien malgré ce comportement de bambin, le corps de Manea et bel et bien celui d'une femme. Ses courbes, ensorcelantes, nagent dans l'aspect consolateur et presque maternelle de ses rondeurs. Qu'il s'agisse de sa poitrine, généreuse, ou bien de ses amples hanches, Manea possède cette apparence attirant aisément l’œil. Ce corps, qu'elle habite comme s'il n'était plus le sien, et qui demeure gelé et si pâle depuis qu'elle l'a abandonné à ces autres, est sa dernière demeure, bafouée par le carmin de la vie qu'elle dérobe trop souvent sans même s'en rendre compte.

Enfin, pour ce qui est de son style vestimentaire, il serait de bon ton de préciser que Manea n'en possède pas réellement. Sous la tutelle d'Heine, la vampire se contente de se glisser dans les vêtements que ce dernier choisit pour elle, bien qu'il lui arrive parfois de faire le "caprice" d'une tenue en particulier, le plus souvent des vêtements découvrant sa poitrine même partiellement puisque la voir couverte lui plait mystérieusement très peu. Elle n'apprécie pas non plus d'avoir le cou à l'air, quitte à devoir le couvrir d'un ras-de-cou.

L'irlandaise voit sa préférence pencher vers de sobres couleurs, telles que le gris, le marron ou le noir, parfois du rouge ou plus rarement encore du blanc. Cette dernière couleur est d'ailleurs généralement réservée aux longues chemises de nuit, frôlant le victorien, dans lesquelles elle se balade lorsqu'elle se trouve être chez Heine.

Lorsqu'il faut sortir aux côtés du Tremere, il est fréquent qu'elle opte pour une tenue pratique, afin de pouvoir aisément le suivre – ou tenter de le faire puisqu'elle s'égare sans cesse, préférant amplement pantalons à jupes et robes. Lorsqu'elle porte des robes, en revanche, il est fort probable qu'elle passe de longs moments à tourner sur elle-même pour observer les pans se soulever en cercle autour d'elle. Il est également fréquent que Manea soit pieds nus, oubliant fréquemment de se chausser avant de ne partir et se moquant bien du confort ou dé-confort des rues. Encore une fois, la personne s'assurant de son bien-être n'est autre que son Sire, qui lui apporte souvent de quoi couvrir ses petits pieds lorsqu'il se lance à sa recherche.

Description mentale
Brisée. Balayée. Détruite. Éventrée et recousue à la hâte de coutures malhabiles laissant entre-voir le blanc pur de l'essence si proche du scintillement malsain du rouge vital. Quiconque a connu Manea de son vivant, à l'instar d'Heine, ne saurait plus rien reconnaître de cette personne portée disparue, logée quelque part profondément au fond d'elle-même.

Originairement si douce, bienveillante, d'une grande générosité et compassion, Manea a prit un tournant qui, bien que n'étant pas interdit, n'est jamais celui que l'on conseille. Parmi les différents clans de vampires, beaucoup ont su trouvé leur équilibre. Certains traversent cette non-vie à la nage, que ce soit en suivant le courant ou en l'affrontant. D'autres domptent les vagues, avec la fierté de sophistiqués diplomates. D'autres encore se fondent parmi les poissons. Mais les Malkaviens... sont les fous de l'échiquier, ceux qui ne rentrent dans aucune case et ne fréquentent en général même pas les leurs. Leurs mouvements, si différents de ceux de leurs comparses, surprennent de par leur profond illogisme, qu'ils justifient avec la succulente excuse de la folie. Manea s'anime dans le même élan, incompréhensible. Elle ne cherche pas à comprendre les choses, se contentant de "vivre" en tourbillonnant dans son interminable chute.

Et elle porte avec elle cette sorte d'aura singulière, celle de l'ignorance, celle de la perdition, comme si son âme avait bel et bien disparue des suites de son étreinte. Elle ne distingue plus le bien du mal, si l'on ne lui précise pas la différence sur-le-champs, et tend toujours à l'oublier après quelques pas. Pour elle, tout est une admirable teinte de gris la laissant tour-à-tour indifférente ou curieuse. Assister à l'agression d'une personne ne lui fera par exemple pas grand-chose, de part son incapacité à se sentir coupable de quoi que ce soit, et ce qu'il s'agisse d'un acte direct ou bien indirect. La plupart du temps, ce genre de scènes ne la voit jouer qu'un rôle d'observatrice, ses yeux si agités par rapport à son corps fatigué semblant détailler chaque action. Et le mot "semblant" trouve ici tout son sens, puisque son "voyeurisme" ne mène que très rarement à la moindre conclusion.

Si une conclusion naît effectivement, d'ailleurs, il n'est en rien assuré qu'elle persistera dans son esprit. La vampire, en effet, rencontre l'incontournable obstacle de s'intéresser toujours à trop de choses simultanément – et de ne donc toujours que voleter de l'une à l'autre, ne prêtant qu'une très relative attention à celles-ci, et oubliant très rapidement jusqu'à la raison de son intérêt. Lorsqu'elle oublie, il lui arrive de se figer, de longues minutes durant, et de contempler à la fois le silence et le vide, comme si elle été un ordinateur parvenu au bout de la liste de ses commandes. En réalité, ces instant témoignent d'une tentative de l'irlandaise pour remettre le dessus sur la "maladie" se propageant au creux de son crâne, écrasant toutes ses pensées jusqu'à ce qu'elle ne parvienne plus à s'entendre.

Ce mal, qu'elle nomme généralement "fièvre", prend d'ailleurs pour elle bel et bien la forme d'un implacable brouhaha. Depuis son étreinte, Manea n'est donc jamais seule, soumise à l'armada de voix beuglant directement dans son esprit, lui donnant fréquemment conseils et même ordres. Des paroles qu'elle suit toujours aveuglément, souffrant potentiellement d'un syndrome de Stockholm à leur égard les élevant au rang de "personnes de confiance" avec lesquels elle a fusionné purement et simplement. Ainsi, la Malkavienne, à la frontière de ne plus exister, semble d'avantage être un amas de personnes qu'une seule d'entre elles, ne se considérant elle-même pas comme un individu unique puisqu'elle parle d'elle à la première personne du pluriel.

Ce "nous" n'est d'ailleurs pas la seule excentricité de son vocabulaire. En digne Malkavienne, la façon de communiquer de Manea est très particulière, usant de-ci de-là de mots désuets, d'autres langues, d'effets de style inédits, et d'une incroyable panoplie de métaphores. Il arrive très fréquemment que ses interlocuteurs soient laissés bouche-bée par ses paroles, puisque parfaitement incapables de les comprendre. Le lui préciser, d'ailleurs, ne résulte jamais que par une aussi abracadabrantesque façon de dire qu'elle ne comprend pas pourquoi personne ne saisit ce qu'elle tente de dire. Toutefois, face à Heine qui est la personne qu'elle fréquente le plus, il lui arrive de préférer le silence aux paroles, lui répondant de mouvements des mains, du corps, ou bien de regards.

Malgré d'être si souvent laissée sur la touche du fait de sa grande différence, la vampire ne s'en offusque pas. Lorsqu'une personne la repousse, ou fait montre d'agacement en sa présence, elle ne fait que passer son chemin, la tête basse comme si elle avait été réprimandée. Un comportement qu'elle adopte tout aussi souvent lorsqu'elle s'esquive à la surveillance de son Sire pour aller se balader dans les rues nocturnes mal-éclairées et partir à la recherche de choses inconnues qu'elle surnomme des "papillons". Si vous la rencontrez, au détour d'une rue, soyez certains que vous n'avez pas de réelles raisons d'avoir peur d'elle. Après tout, Manea ne semble être hostile envers personne en particulier. Il serait toutefois mensonger que de dire qu'elle est inoffensive, puisqu'il lui arrive lorsque la soif se fait trop forte d'agresser des passants qu'elle ne relâche que parce que la voix de la bête, gagnant en intensité lorsqu'elle se nourrit plus que de raison, lui fait peur. Il lui arrive aussi, bien qu'étant majoritairement calme, de subir de violentes sautes d'humeur altérant brutalement son comportement et pouvant survenir à n'importe quel moment, généralement après une trop longue période de tranquillité.

La peur, une très grande émotion chez la Malkavienne. Bien qu'elle soit parfaitement capable de jongler d'actes dangereux à mouvements suicidaires, Manea semble craindre profondément de changer, de devenir "autre chose", ainsi que d'être "seule". Lorsque les voix se calment, bien que lui permettant alors de penser, l'absence d'Heine la plonge dans un innommable état d'angoisse pouvant s'avérer risqué aussi bien pour elle que pour toute personne aux alentours. Un état, second, dont seul le Tremere peut d'ailleurs la sortir.

Et puisque nous parlons de lui, qui Heine Hohenhart est-il pour elle ? Si la question lui était posée, l'égarée répondrait probablement si elle se souvenait de lui sur l'instant qu'il s'agit du corbeau blanc, ou de la colombe, qu'elle suit généralement docilement et selon les principes duquel elle tente de se comporter. Il lui arrive également de préciser "notre" au-devant du sobriquet lorsqu'elle parle de lui, comme si elle parvenait à se rappeler être étroitement liée à lui, et ce bien malgré de ne jamais l'appeler par son prénom. Pour sûr, cela dit, Manea a aimé Heine. Elle l'a aimé à en mourir, et l'aime encore suffisamment pour revenir toujours à lui. Pourtant, elle ne se souvient pas même rien que clairement du sacrifice de son humanité, ni des raisons l'ayant poussée à agir de la sorte, pas plus qu'elle ne comprend de toujours le retrouver. Malgré d'être tout aussi incapable de mettre le doigt sur leur lien, ou de le voir pour ce qu'il est, Manea dépend grandement de lui, qui croit dur comme fer pouvoir la sauver du néant qu'elle crée et dans lequel elle s'engouffre lentement, creusant inexorablement l'écart entre eux.

Histoire
Annabeth O'Sullivan, fille de William et Elizabeth O'Sullivan, est née durant l'hiver 1890. Second enfant issu de ce mariage puisque précédée de trois ans par sa sœur, Margareth, Annabeth a toujours eu la place de l'enfant que l'on espère voir grandir dans la sagesse qui semblait avoir échappé à son aînée. Ainsi, très jeune, ses parents lui inculquent les rudiments de la vie en communauté, la faisant participer à son échelle aux corvées quotidiennes que Margareth esquive avec une efficacité toute particulière que l'on ne saurait lui retirer.

Très protectrice envers son aînée, bien que celle-ci ne le lui rende pas vraiment, Annabeth est dotée d'un cœur bon et compatissant qui la pousse à croire que chacun a le libre choix de ce qu'il souhaite faire. Elle couvre donc, très tôt, toutes les bêtises de Margareth, finissant parfois réprimandée à sa place sans plus s'en sentir vexée. Après tout, Margareth est le genre d'enfant qui aime bouger, remuer, à faire du bruit et agacer les gens autour d'elle. Là où sa cadette, plus tranquille, aime simplement se rendre utile et rester dans le confort de ce qu'elle connait : leur petit logis toujours en travaux. La maison familiale, dans un état discutable, se voit toujours rafistoler au mieux, avec les moyens du bord, lesquels sont maigres du fait de la quantité de dettes que monsieur O'Sullivan a hérité de son propre père.

Malgré quelques frayeurs lors des rudes hivers et les caprices de Margareth, la vie suit le lit du fleuve sans jamais trop en déborder. Jusqu'à ce jour, ou plutôt cette nuit. Alors âgée de dix-neuf ans, Annabeth se laisse tirer par le poignet par sa sœur qui veut emmener avec elle la blonde pour aller danser dehors entre les bras de quelques idiots se prétendant soldats. Leur honneur exhaustivement noué à leur cou, ou glissé entre les boutons de leurs redingotes, ils ensorcellent les jeunes filles et les jeunes femmes qu'ils abandonnent aussi vivement qu'ils ne les embrassent.

Aucune de ces filles ne finira mariée à l'un de ces soldats. Peut-être est-ce mieux ainsi, d'ailleurs, c'est là l'idée qui naît dans l'esprit de la jeune irlandaise qui refuse farouchement de se marier à quelqu'un qu'elle n'aimera pas. Ce n'est pas ce que souhaite Annabeth, ce n'est pas ce qu'elle pense être le véritable amour, mais ses pas, à la suite de ceux de sa soeur, l'emmènent malgré tout dans les ténèbres.

Bientôt séparée de la guillerette dans la foule des danseurs lui donnant le tournis, Annabeth s'isole en s'esquivant. Entre les ruelles, sous la lumière blafarde de la lune, ses yeux au vert rappelant chaque nid de végétation fleurissante distinguent un point blanc. Un flocon de neige, en cette saison ? Au Diable les danses et l'élégance frivole. Ses mains agrippent les pans nombreux de sa robe et elle trottine jusqu'à ce point se déplaçant lentement mais lui paraissant toujours in-atteignable, la distançant sans mal.

Cette éternelle provocation enflammant ses nerfs, son rythme de foulées accélère. Pourtant, comme s'il rejoignait les cieux auxquels il appartenait, le flocon se soulève et disparaît bientôt derrière les carrures des immeubles. Épuisée par cette course, ainsi que parfaitement égarée puisque n'ayant en rien prêté attention au chemin jusqu'alors parcouru, Annabeth se laisse choir au sol. L'une de ses mains venant se loger contre la poitrine bouillante d'un souffle lui paraissant fait de lave glissant de sa gorge droit vers ses poumons, elle contemple encore un long moment ce mystère.

Ce flocon de neige aurait-il été une colombe ?

L'ordinaire reprend possession de sa petite existence. Chaque jour, l'irlandaise s'efforce de soutenir le travail de sa mère, l'esprit rêvassant à cet instant purement inoubliable. Lorsqu'elle rentra ce soir-là, elle douta jusque de la véracité de ce moment, comme si elle craignait que l'obscurité et la fatigue ne lui aient joué des tours. Mais à présent, elle préfère se laisser glisser dans la douceur de l'inconnu, croire que quelque chose qui n'existe potentiellement pas peut très bien être là, dehors, à attendre qu'elle se jette encore à sa poursuite.

Nuit après nuit, Annabeth se glisse aux côtés de sa sœur hors du cocon familial. Parfois, Margareth tente de la retenir, dans la frayeur qu'il ne lui arrive quelque chose et que cela ne soit jeté sur le compte de ses erreurs, mais avec un aussi bon exemple la cadette se crée la capacité de disparaître aisément. Elle danse, entre les bras d'hommes dont elle ne se souvient jamais des visages, puis s'enfuit à la première passation de partenaire, laissant toujours un trou dans le cycle des rondes frénétiques. Elle pourrait très bien rester là, s'offrir à l'ivresse, mais elle n'est pas de ces jeunes filles de petits villages : belles, mais naïves. Pour ne pas dire effrontées pour certaines, à l'instar de Margareth.

Sans vilenie quelconque, si ce n'est peut-être un brin de jalousie pincée et de conversation de frêle fierté, Annabeth avait toujours pensé que sa sœur, bien que d'une grande beauté, n'était pas la plus maligne des protégées du bouclier de Vénus. Elle faisait tourner la tête de ces messieurs, mais converser avec elle n'était jamais très intéressant. La petite-sœur, pour sa part, se gratifiait au moins de savoir tenir un dialogue, appréciant souvent discuter longuement avec son père ou les associés de celui-ci dans une gentille curiosité, un attendrissant désir d'apprendre.

Un discret rire lui échappe, dans cette sensation de malaise au fait de devoir se rassurer sur ses propres capacités. Un rire vite arrêté, pourtant, par la surprise de distinguer à nouveau quelque chose, plus loin devant elle. Le point blanc ! Son cœur rate un battement, peut-être même plusieurs, avant qu'elle ne se lance à nouveau à sa poursuite. A sa grande surprise, bientôt il ne se déplace plus, stagnant là comme s'il attendait d'être saisit. Ses pas ralentissent alors, dans l'appréhension de finalement capturer ce qu'elle recherche si ardemment depuis des jours, des semaines peut-être même. Veut-elle vraiment démystifier cette colombe ?

Ses pieds s'avancent toujours, l'un après l'autre, jusqu'à ce que la silhouette ne se précise. Terriblement fine, et grande, elle lui paraît prête à s'étendre encore d'avantage et toucher les cieux. Bientôt, à quelques mètres, il lui apparaît clairement que cette colombe... est un homme.

La masse de ses cheveux blancs fait écho à la blancheur de la Lune, sa peau semblant avoir été faite de la même pâleur que l'astre nocturne. Et ses yeux, presque creusés, lui paraissent bien sombres. Bien malgré la situation à l'aspect frôlant l'inquiétant, elle ne peut s'empêcher de le contempler. Ses yeux glissent discrètement le long de cette enveloppe svelte. Rêve t-elle ? Sans plus faire le moindre pas, figée sur place une maigre inspiration se glisse entre ses lèvres avant qu'elle ne lui adresse une malhabile salutation. Quelques petits mots, craintifs, auquel il répond d'une voix scellant son destin.

Les rendez-vous nocturnes se succèdent. A présent, ce mystère possède un visage, un sourire. Encore quelques rendez-vous, et il porte un nom. Quelques-uns encore et la jeune femme découvre la sensation gelée de son étreinte. Sous ce contact de givre, sa peau s'anime, son sang court et son cœur palpite. De fils en aiguilles, les rendez-vous passent de l'exposition de l'extérieur à la gêne entre les murs d'un logis, celui d'Heine. Et là, comme si l'environnement se prêtait enfin à cette éclosion, leurs couleurs s'épanouissent lentement, changeant Annabeth en rose aux pétales chatoyants. Son bonheur encourage l'ouverture de l'albinos, les nichant ensemble dans l'amour.

Il lui fait alors un aveu, celui de sa nature. Si tout d'abord elle croit à une plaisanterie, son assurance sur le caractère sérieux du flocon de neige l'en détrompe très vite. La vérité lui saute au cou, nouant sa gorge qui ne sait quoi répondre. Alors elle comprend, comprend tout. La solitude qu'elle lit dans son regard, toute l'appréhension qui émane de lui lorsque ses bras entourent son fragile corps de jouvencelle. Ce soir-là, comme une promesse silencieuse, Annabeth offre à l'esseulé voyageur le plus précieux présent de toute femme. Celui que l'on ne peut offrir d'une seule fois en toute une existence. Il la dessine alors, du bout de ses doigts froids, son hiver traînassant sur l'été qu'elle lui dédie, qu'il crée en elle et qui la fait vivre, donnant un sens à sa petite vie de villageoise.

Personne ne saura jamais. Personne ne doit jamais savoir. A présent, elle refusera jusqu'à la fin de ses jours de se marier. Si qui que ce soit venait à apprendre qu'elle s'est offerte de la sorte à un inconnu, elle jettera le manteau d'une lourde honte sur sa famille. Entre les bras d'Heine, son regard se soulève pour observer les traits de son visage. Elle ne veut appartenir à personne d'autre, ne porter aucun autre nom que celui du vampire. Un nom qu'il ne peut pas lui donner, de par le fait de ne pas exister dans le monde des vivants. Pourtant dans un recoin de son esprit, la faisant sourire à la pensée, elle sait qu'il est le seul pour elle comme elle est la seule pour lui.

Envolée au lever du jour, Annabeth retourne se glisser dans son lit le cœur terriblement lourd. L'aimer, et qu'il l'aime en retour, est sa bénédiction. Son présent divin. Mais que se passera t-il lorsqu'elle partira, lorsque le temps viendra se saisir d'elle ? Heine a t-il déjà connu cette torture ? Le silence seul lui répond, semant dans le jardin de son âme les graines du doute, de la peur.

Il existe un moyen pour qu'ils ne soient jamais obligés de se quitter.

Alors Annabeth demande, ravagée mais entretenue par sa détermination à déjouer l'inévitable. Et Heine refuse. Chaque supplique se voit repoussée, le vampire justifiant ce refus catégorique par le fait de ne pas vouloir infliger cette malédiction à sa belle. Et le froid devient insupportable. Jour et nuit, s'isolant, l'irlandaise pleure son impuissance à sauver son bien-aimé de ce labyrinthe que tôt ou tard il reprendra d'arpenter sans elle. Semblant glisser entre ses doigts, leur amour va faner et tomber en poussières le jour où son corps reviendra à cet état également. Annabeth cesse alors de parler. Margareth, qui l'a vu radieuse, alerte alors leurs parents, qui ne parviennent pas d'avantage à obtenir l'explication de cette dépression.

Une nuit, feignant d'être rétablie d'une futile déception amoureuse, elle demande à sa sœur de l'emmener encore à l'extérieur. Elle ne prend pas même la peine de s'esquiver aux danses, ne s'y mêlant pas en premier lieu, et profite d'un instant d'inattention de sa sœur pour se faufiler hors de la cohue. D'abord égarée, bien que son esprit soit clair, elle erre. Peu à peu les déductions se mettent à la guider, l'emmenant jusqu'aux recoins sombres et peu fréquentés, ou mal fréquentés. Lorsque le ciel se colore de teintes automnales, ayant obtenu ce qu'elle souhaitait, elle se contente de rejoindre la maison familiale et de s'excuser vaguement auprès de son aînée pour avoir encore une fois disparu sans prévenir.

Le soir suivant, après avoir été tourmentée tout le jour durant par ses inquiétudes et ses remords, la visite que lui rend son complice confirme ses états d'âme. Elle refuse alors, n'étant pas prête à aller contre la volonté d'Heine et le trahir de la sorte, demandant donc à l'autre vampire de s'enfuir avant que quelqu'un ne se réveille. Pourtant, l'autre parti ne semble pas décidé à l'écouter. Le temps se précipite alors. Des bras l'entourent, froids comme la mort, la retiennent alors qu'elle frappe de ses poings fermés avec l'énergie du désespoir. Malgré ce combat, pas un seul mot ne sort de ses lèvres. Pas un cri. Si qui que ce soit les entend, ils se lèveront, et le secret des noctambules sera révélé, exposant au danger son amant. Les crocs fondent dans la peau de son cou, la creusant avec violence.

Et sa volonté l'abandonne, ses mains retombant mollement le long de son corps plongé dans une douceur de coton. L'esprit parfaitement blanchi, elle peine à continuer à penser à quoi que ce soit. Il n'y a plus de lumière ou d'ombre, de couleurs, il n'y a que cette béatitude omniprésente. Peu à peu, elle se sent s'alourdir, mais ne parvient pas à s'en soucier. Cette pesanteur, contre laquelle elle n'a pas même l'envie de lutter, la plie entre les bras du Malkavien qui, alors qu'elle est prête à s'éteindre comme une bougie soufflée, lui offre de boire à son tour. Et, égarée, elle obtempère. Le liquide se glissant entre ses lèvres glissent dans sa bouche un goût amer, qui tapisse bientôt sa langue et noie ses papiers gustatives. Alors, elle avale sans le moindre questionnement.

Ce sentiment étrange d'incompréhension, balayant tous les autres, l'empêche de réagir alors qu'elle voit entre le rideau légèrement tombé de ses paupières la silhouette d'Heine se dessiner au pas de la porte. Le blanc de ses cheveux s'agite, sous un mouvement, un long mouvement lui paraissant être une éternité alors que pour elle le temps se ralentit brusquement. Et elle chute, attirée par le sol, tirée vers les abysses.

- - -

Nous sommes nés. Nous, portant la berceuse létale du nom de Manea. Nous parcourons le spectre de cette basse terre, nous fondant parmi les mots et maux des chiens et des corbeaux. Nous suivons la colombe, guidés par les filaments vierges de sa toile éburnéenne. Nous déambulons entre les sanglots des uns et des autres : éternellement à la recherche de ce qui résonne, ce qui raisonne.
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