Ocean's Two
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Sam 10 Nov - 16:11
Collé contre le mur en pierre de la résidence, caché sous un petit porche, je ne peux plus résister et me met à toussoter. Mon camarade à mes côtés est en train de griller sa quatrième cigarette de la soirée. Il fume comme un pompier, taffe sur taffe, et ne peux pas s’empêcher de recracher sa fumée dans mon visage. Comment il fait pour autant s’encrasser les poumons ? Je serre les dents, mais finalement ma toux subite me fait railler :

« Pourquoi tu t’encrasses les poumons comme ça ? Ça t’apporte quoi ? »

Mon collègue lève ses yeux vers moi, un peu surprit. Mais il me fait ensuite un grand sourire sardonique, qui affiche ses incisives qui commencent à jaunir à cause de sa sale addiction au tabac.

« Tu as peur de mourir d’un cancer, mon frère ?
Crois-moi, c’est pas ça qui nous enterrera. »


Je souffle du nez. Mon regard se dirige à nouveau plus loin, vers la porte qu’on est censés surveiller, et c’est sans le regarder que je continue de parler :

« C’est une mauvaise chose pour ton souffle, surtout. T’es encore capable de faire trois tours de terrain sans mourir d’ailleurs ?
– Ah… Ne t’en fais pas pour ça, mon frère. Laisse ma cigarette, on a tous un vice. Même toi, je suis sûr.
C’est quoi ton vice ? »

Les femmes. L’alcool. Le cannabis. Je me suis déjà fais quelques rails de cokes mais je suis jamais devenu accroc à ça. Les beignets et les pizzas 4 fromages aussi, je suis sûr que le cholestérol est capable de me tuer avant un Nosferatu. Il me fait rire, avec ses yeux brillants, mon collègue. Et devant mon manque immédiat de réponse, il ne peut pas s’empêcher de me pointer du doigt et de ricaner d’un air satisfait.

« Ah ah ! Toi même t’es pas au-dessus de ça, mon frère.
– Si tu insistes pour fumer, ne le fais pas dans ma face.
– Je le ferai pas sous la pluie.
– Alors tu ne le feras pas du tout. »


Et avec ma dernière phrase je le fusille du coin de l’œil, sans pour autant changer ma posture. Le collègue me regarde, une lèvre retroussée. Puis il ricane à nouveau, laisse tomber la cigarette par terre et se relève pour l’écraser sous son talon.

Dix minutes de plus à attendre. Enfin nous sommes illuminés une fraction de secondes par les phrases d’une voiture qui passe sous le garage de la résidence. Une fraction de second d’éblouissement complet suivie par mes yeux qui observent la trajectoire de la voiture qui se gare sur le parking de la résidence. Je reconnais le modèle, mais pas la plaque.

« C’est lui ? Demande le collègue pour avoir confirmation.
– Oui, j’assure alors que je n’ai pas vu la plaque.
– Tu montes et je te suis ? »

J’acquiesce d’un petit mouvement de tête. On se retourne alors ; Mon collègue pousse la grosse porte de la résidence, qu’on a déverrouillée de l’intérieur et bloquée avant de sortir, sinon on aurait eu l’air con à attendre aussi longtemps dehors sous le porche avec toute la pluie qui tombe. Une fois à l’intérieur, on n’allume pas les lumières de la grande cage d’escalier. Moi je me met à sprinter marche après marche tandis que mon collègue continue tout droit pour se cacher près de l’entrée de la cave et du local à poubelles. Je monte les marches deux à deux, pour bondir jusqu’au troisième étage. J’ouvre la porte dont on a forcé l’entrée plus tôt dans la soirée, et alors que je suis très essoufflé, j’entre à l’intérieur et tourne le verrou dans la targette (Pas la serrure parce que j’ai pas la clé). Je regarde vite autour de moi, puis je décide d’aller dans la cuisine pour l’effet dramatique le mieux conçu. Tout ça c’est que du théâtre, vous allez vite comprendre, mais l’important dans une scène c’est la mise en place. J’attends. Un long moment, dans le noir complet. Grande inspiration. Lente inspiration nasale. Je reprends mon souffle et me détend lentement, le but c’est de faire baisser mon rythme cardiaque. C’est à moi de foutre la trouille à quelqu’un, pas l’inverse. Finalement, je vois sous le pas de la porte d’entrée un fin filet de lumière qui vient du couloir. Un peu moins d’une minute plus tard, j’entends des bruits de pas faire un petit écho très peu audible juste derrière, le bruit de semelles qui claquent contre les marches. Bruits de clé, verrou qui se tourne, puis la serrure qui elle tourne dans le vide. La poignée est poussée et un mec entre à l’intérieur en poussant un peu fort sa porte. Il cherche un interrupteur et met un peu de lumière dans l’entrée. Je l’entends trifouiller ses clés et les jeter dans un coin. Je ferme les yeux et compte jusqu’à cinq, puis je me tourne, sors de la cuisine, et me retrouve nez-à-nez avec un pauvre type en uniforme qui écarquille les yeux et bondit en arrière en me voyant.

« Bonsoir, monsieur Whitefield.
– Vous êtes qui ? Comment vous êtes entré chez moi ?! »


Faut quand même avouer que c’est des questions légitimes. Dites-moi, vous réagiriez comment si vous rentriez chez vous tranquillement et que d’un coup de la chambre sort un inconnu ? Mais le type a pas le temps de réagir. La porte d’entrée s’ouvre à nouveau, et mon collègue fait irruption. Il ferme derrière lui et vient installer son dos contre un mur ; Il surveille pour pas que monsieur Whitefield essaye de s’échapper en courant et se mettre à hurler dans la cage d’escalier, ce qui est une voie de sortie en fait très intelligente si vous voulez faire capoter notre plan et nous obliger à nous aussi nous enfuir en courant.

« Calmez-vous, monsieur. Calmez-vous. Nous ne vous voulons pas de mal. Tout à l’inverse, on ne veut rien d’autre que votre bien.
C’est pas facile d’être divorcé, hein ? C’est quand la dernière fois que vous avez vu Rachel et Tom ?

– Que… Quoi ?! »


Cette fois-ci par contre il n’y a plus une trace de peur dans sa voix. Mais une trace de colère. Monsieur Whitefield serre un poing et me fusille du regard, sourcils froncés, lèvre retroussée. C’est souvent ce qui arrive quand l’inconnu qui est entré chez vous donne le prénom de vos enfants.
Pauvre monsieur Whitefield. Il n’a absolument pas le profil pour subir des menaces. Il est cinquantenaire, il a un gros ventre, et il est habillé comme un prolo. Je dis pas ça pour l’insulter, j’ai horreur des bourges, mais c’est ce qu’il est, un prolo : Son appart’ est sale, il a pas dû passer l’aspirateur depuis un moment, il y a de la vaisselle qui a pas été faite dans la cuisine, sa brosse à dent doit être vieille de trois mois, ses chemises sont froissées… Tout un tas de petits détails que j’ai pu noter quand moi et mon collègue on a fait la visite domiciliaire plus tôt dans la soirée. Et ce pauvre monsieur Whitefield, il est là, dans son uniforme de vigile, son sac de gym sous le bras, sa casquette encore sur son crâne qui commence à devenir chauve. Ses yeux inspirent un mélange de terreur et de colère instinctive. Moi je lui souris. Il faut surtout pas lâcher la tension.

« Je vais vous donner de l’argent, monsieur Whitefield. Je sais que vous en manquez, le boulot d’intérimaire ça paye mal, et de toute façon vous allez bientôt être viré, votre hiérarchie vous supporte plus. Si je le sais, c’est que vous le savez aussi. De l’argent, comme ça vous pourrez amener Rachel et Tom en vacances, vous n’aurez qu’à aller près du Lac Michigan, c’est très joli et il y a des endroits où faire du sport.
En échange, tout ce que je vous demande, c’est, heu... »


Je pointe du doigt le sac qu’il a sous le bras, et qui fait qu’il le regarde.

« Je vais avoir besoin de votre pass d’entrée au musée de Chicago. La petite carte de votre société aussi, s’il vous plaît. Et heu… Votre casquette également. Je vais aussi avoir besoin que vous n’alliez pas au travail pour les 3 prochains jours, vous n’avez qu’à prétexter que vous êtes malade, faites un certificat. »

Mon collègue sort de sa poche une petite enveloppe. Il la montre à monsieur Whitefield et l’envoie par un petit jet sur la table basse. Il y a pas une fortune là-dedans. 400 dollars en cash, franchement on a fait plus comme enveloppe pour corrompre des gens. Mais c’est déjà une somme franchement pas mal quand on a du mal à payer la facture d’électricité et qu’on a coupé le téléphone, comme c’est le cas pour monsieur Whitefield ici présent.
D’ailleurs, celui-là n’ose pas trop répondre. Il regarde moi, puis le collègue, puis à nouveau moi, avant d’à nouveau balbutier :

« Et heu… P-pourquoi vous voulez tout ça ?
– Monsieur Whitefield. Je suis persuadé que vous êtes quelqu’un d’intelligent. Je vous prierai donc de ne pas insulter votre propre intelligence en posant des questions aussi vides que pourquoi. C’est moi qui vais vous poser une autre question, et formuler le problème autrement : Avez-vous envie d’avoir de l’argent contre des objets qui sont la propriété d’une entreprise de services de sécurité qui vous traite comme de la merde et qui de toute façon va vous licencier dans la semaine qui va suivre ?
– C’est que…
Il balbutie derechef. Je pourrais avoir… Avoir des ennuis. »

Je fais un pas en avant, avec un sourire doux et chaleureux. Je marque un temps de silence, pour bien faire peser cette tension qui est bien utile. C’est comme quand j’étais flic et qu’on devait faire cracher le morceau à un type qui est menotté à une table. Tout est dans la tension.

« Vous n’aurez pas de problèmes. À moins que vous vous arrangiez pour en avoir. Donnez-moi ce que je demande. Passez les 3 prochains jours en congé, à rester chez vous à regarder la télé, puis vous retrouverez votre équipement de travail, et vous pourrez profiter de 400$. Si vous vous taisez, et que vous baissez la tête, vous ne serez pas mis en danger, je vous le promet. »

La promesse d’un inconnu qui vient de débouler de votre cuisine vaut bien peu de choses. C’est ça l’intérêt de l’intimidation et de forcer à fond. C’est aussi pour ça qu’il y a l’intérêt de le bloquer ainsi, physiquement. Vous savez, je suis pas fin psychologue, mais je crois qu’il y a un peu de psyché qui est à l’œuvre dans tout ça. Votre maison, c’est votre cocon, c’est votre caverne d’homme préhistorique, c’est l’endroit où vous vous sentez en sécurité après une journée éprouvante moralement. Si un inconnu arrive et défonce votre porte, vous vous sentez apeuré, certes, mais généralement vous êtes sur la défensive, surtout dans un pays comme les États-Unis où vous aurez tendance à avoir une arme à feu chez vous, à tirer dans l’intrus, et à être félicité par tout le monde pour ça. Par contre, si l’inconnu était déjà chez vous, les pieds sous la table, à se servir un petit café, là c’est quelque chose de différent qui joue. On a envahi votre caverne, on a mit fin à votre base de repli où vous pouvez vous défendre. Y a de quoi terrifier quelqu’un.
Et d’ailleurs, il ne faut pas s’y méprendre. Un peu d’hésitation, puis Whitefield retire sa casquette.

« Vous… V-Vous promettez que je retrouverai mes affaires et que je n’aurai pas d’emmerdes ?
– Comme je vous l’ai dis vous n’aurez pas d’ennuis, à moins que vous vous arrangiez pour en avoir.
Donnez moi ça… Votre carte de société est à jour ? »


On dépouille monsieur Whitefield. On lui prend son identité d’esclave employé, les petites cartes magnétiques qui lui permet de franchir les portiques de sécurité, et de pointer quand il va au boulot. Bien sûr, il y a le nom de Whitefield et sa tête dessus, et le problème c’est que Whitefield a un IMC qui l’approche de l’obésité et qu’il est chauve. Mon collègue est noir, et moi je suis trop mince, donc ça exclu un peu le plan de juste se pointer au musée déguisé en lui. Mais ça veut pas dire que la carte ne va pas avoir d’utilité.
Je rassemble tout dans une petite sacoche, bien à l’abri, puis commence à m’éloigner.

« Merci pour tout, et bonne soirée monsieur Whitefield. »

On se dépêche de s’enfuir, et de le laisser là, tout seul, comme un con. Le collègue et moi nous retrouvons à nouveau dans la cage d’escalier. On appuie sur l’interrupteur pour y mettre de la lumière, et une fois qu’on est descendus au 1er étage, collègue se met à me parler.

« On aurait quand même pu aussi lui dire l’adresse de son ex-femme, histoire de bien le terrifier…
– Cela sert à rien. Il dira rien.
– T’en sais quoi ? Tu lis dans les pensées mon frère ? Hey, tu sais que ça peut dégénérer n’importe comment cette histoire, tu t’en rends compte ? « Il dira rien ». T’es trop drôle, bouffon va.
– Ah, ferme-la. Si on doit s’inquiéter de quelqu’un dans cette affaire c’est pas d’un intérimaire qui va perdre son job. »


***

Le musée Armand de Montcalm de Printer’s Row est encore allumé, quand bien même l’heure est tardive. Il y a une conférence où les gens sont invités à venir, un jeune architecte qui fait des plans en 3D a réussi à recréer tout un plan de la  ville d’Al-fustat à l’époque des émirs Toulounides. C’est le clou final d’une très belle exposition, intitulée L’Égypte, le Maghreb et l’Espagne après la conquête musulmane (VIIe-Xe siècle). Il faut avouer que ça change de ce qu’on a l’habitude de voir dans un musée ricain, avec comme d’hab la guerre d’indépendance et la guerre civile comme seuls marqueurs nationaux. Puis les deux guerres mondiales où on a sauvé le monde et dont on fait tout un culte. Après, tout ce qui est histoire qui sort de l’Amérique, c’est plus compliqué de se mettre quelque chose sous la dent, mais Armand de Montcalm, mort au XIXe siècle, était un européen à la base, un franchouillard de compét’ qui a cherché à développer son musée en quelque chose, avec des expositions temporaires qui varient beaucoup et qui fonctionnent grâce à des partenariats et des dons d’autres musées. L’année dernière le musée a réussi à faire une exposition sur les Mongols et la Chine, vous imaginez comment c’est dur d’avoir des artefacts à montrer au public ?

Je vous dis pas ça pour étaler ma culture. Je suis là parce que c’est lié à cette exposition. Mais c’est pas juste pour aller m’asseoir au premier rang et être tout content de regarder un architecte un peu boutonneux vous balader dans une ville virtuelle. C’est pas non plus pour le petit gala fait de chercheurs, d’archéologues, mais aussi de néophytes passionnés en tout genre qui vont venir avec leurs robes de cocktail et leurs beaux costumes pour boire du vin et manger des petits fours. Il y a quelque chose que je dois voir, un objet en particulier. C’est pas pour ma curiosité historique, bien que j’ai une bonne curiosité historique. C’est ma hiérarchie qui est obsédée et qui veut récupérer cet objet, le plus vite possible, et elle ne peut pas l’obtenir en l’achetant comme si c’était une œuvre d’art, ça fait partie du patrimoine de l’Humanité, donc ça n’a pas de prix, donc pour l’obtenir il faut procéder autrement.
C’est un rouleau de papyrus. Enfin non, pas un rouleau. Retrouver un rouleau complet dans le désert d’Égypte et vieux de plusieurs siècles ce serait un exploit tel qu’on ferait pas voyager un tel objet jusqu’à un musée de Chicago. C’est un morceau de papyrus, plutôt, gribouillé en langue copte. S’il s’agissait juste de ce qui est écrit dessus on m’enverrait pas, on prendrait une photo comme tout le monde et ça serait tout ; Ce qu’il y a gribouillé dessus, c’est juste des bêtises du VIIIe siècle, un relevé de feux fiscaux pour foutre des impôts à des habitants de la ville d’Al-fustat (Aujourd’hui Le Caire). Mais vous savez ce qui est marrant avec les papyrus ? On peut ré-écrire dessus. Ce qui compte c’est la matière, on peut la réutiliser, et un papyrus qui date du IIIe siècle, on l’a nettoyé pour écrire des inscriptions bibliques au IXe ensuite, vous voyez ? Et quelqu’un, au sein de la Légion de Cleveland, un petit geek qui passe ses journées dans les archives, est maintenant persuadé de quelque chose. Ce manuscrit bien particulier, qui a un intérêt historique très important, doit être récupéré. Parce qu’il est persuadé qu’il a appartenu à un chrétien copte, Athanase (ⲁⲑⲁⲛⲁⲥⲓⲟⲩ en copte) qui déjà en son temps avait rédigé deux ou trois choses sur les monstres du Levant qu’il avait rencontrés.

Maintenant que vous avez tout ces éléments de contexte en tête, je crois que vous comprendrez mieux pourquoi je me retrouve, en pleine nuit, sous une pluie battante, sur un toit. Et pourquoi je porte une tenue noire moulante, une cagoule sur ma tête, et que j’ai enfilé des chaussures d’escalades très flexibles aux pieds. Je fais quelques exercices d’échauffement sur un bâtiment adjacent celui du musée Montcalm, histoire de bien préparer mes genoux de futur quarantenaire à l’exercice. Soudain, mon talkie-walkie se met à grésiller, et mon collègue, Billy Snipes, qui est tranquillement à attendre dans une voiture gris métallisé sur un parking tout proche, se met à me parler :

« Y a un petit peu de monde quand même… Enfin, un petit peu de monde pour un musée d’histoire ancienne je veux dire. T’attends pas à voir débarquer le maire.
– Oui bah ce soir y a un match important de baseball, je comprend que les gens soient occupés à rester chez eux
, je lui répond en saisissant mon talkie qui est attaché à mon gilet noir. J’espère surtout que la carte va fonctionner…
– C’est pas Fort Knox. C’est même pas le musée du Louvre. Les vigiles c’est 4 intérimaires. Le plus chiant c’est les caméras et les alarmes, pour ça qu’il faut que tu t’en occupes avant d’essayer d’accéder à ce qu’on est venus chercher.
– Et il faut aussi que j’arrive à le trouver, cet objet… Parce que soit il est exposé, soit il est dans la réserve. J’espère ne pas avoir à faire trop d’allers-et-retours…
Bon. Je m’y colle. »


Billy a vraiment eu le boulot facile. Caché dans une voiture, protégé de la pluie, il ne peut même pas m’aider en hackant comme par magie les caméras ou le système de sécurité du musée. En plus je suis un peu une brêle en informatique, on m’a offert un iPhone j’ai du mal à l’utiliser. Une fois à l'intérieur, je pourrai certes effacer les enregistrements des caméras de surveillance, et je pourrai également tenter de désactiver les alarmes physiquement, mais ce n'est pas le procédé le plus discret au monde. Tant pis, faudra faire avec.

« Allez, j’y vais.
– Bonne chance. »


Je souffle. 38 piges, et je me retrouve à faire ce genre de conneries. Je suis même pas expérimenté dans les cambriolages. Enfin si, je suis très très expérimenté dans les cambriolages ; Mais d’habitude je suis expérimenté sur comment prévenir les cambriolages, pas pour en commettre. J’ai une carrière de flic, ça me donne des prédispositions théoriques à devenir criminel, mais qu’on m’y colle pour passer à la pratique ça m’ennuie un peu. Vous savez ce que c’est, le pire ? La Légion considère que c’est un boulot facile. Je les comprend, il vaut mieux ça que traquer un vampire, et d’ailleurs pour une fois sur moi je n’ai aucun équipement normalement prévu pour me débarrasser des rejetons de Satan, ni pieux en bois, ni grenades aveuglantes, ni cocktails Molotov artisanaux. J’ai même pas ma petite fiole d’eau bénite, juste un chapelet autour du cou. En revanche, j’ai une paire de gants en cuir dont je recouvre mes doigts, et je fais tomber sur mon nez et mes lèvres la grosse cagoule. Je m’éloigne un peu du toit pour prendre un peu d’élan, après avoir évalué la distance de saut. Je suis un peu nerveux je dois avouer, j’ai le ventre qui se resserre, mais si j’ai peur c’est le meilleur moyen de s’écrouler en contrebas et de ne faire qu’un avec l’asphalt. Il n’y a qu’une seule chose à faire dans ce genre de situation.
Prier.

« Saint Joseph de Cupertino, protecteur des aviateurs, intercède pour moi auprès du Seigneur. Je crois au Père, au Fils, et au Saint-Esprit, mon âme Lui est dédiée et mon corps n’attend que de servir ; Épargne moi de faillir et ne me fait souffrir que pour mieux me battre ; Envole-moi et épargne moi de m’écraser comme une merde sur le pavé ! »


Je m’élance. Mon sprint fait que de l’eau est balancée autour de mes chaussures fines d’escalade qui s’humidifient un peu trop. Je bondit au bout du toit et fait un saut en longueur. J’arrive à m’accrocher à la rambarde en bronze du toit du musée et passe au-dessus le plus vite possible. Je fonce pour me coller à un mur. Je le longe sous la caméra qui surveille la porte de service. Comme je l’ai dis, c’est vraiment pas discret, et si j’étais doué avec les outils informatiques nul doute que j’essayerais d’appliquer une boucle ou une connerie de ce genre pour pouvoir passer discrètement. Là malheureusement je n’ai pas trop le choix. Je sors un petit tournevis pour faire sauter le clapet qui protège le système de la caméra, et détruit les fils avec un couteau. La caméra se coupe, mais maintenant ça veut dire que, premièrement, un vigile va peut-être aller voir ce qui se passe (Il faut espérer qu’il ait trop la flemme et qu’il préfère regarder le match à la télé), et que, deuxièmement, si effectivement il vient voir, il va immédiatement se rendre compte qu’il y a eut une dégradation malicieuse, et donc suspecter qu’un cambrioleur est entré. Si seulement j’avais pu faire autrement, ça aurait été mieux.
Au moins maintenant je suis débarrasser de la caméra. Cela me permet de m’approcher de la porte de service. C’est là que je sors la petite carte magnétique de monsieur Whitefield qu’on a prit en filature pendant une semaine. Il a fallu un peu trafiquer sa carte pour que le système n’enregistre pas l’heure d’entrée et le numéro de la carte, parce que sinon un policier viendra dans les jours qui suivront chez monsieur Whitefield, qui bien sûr passera à table et dira tout ce qui s’est passé. Lorsque je passe ma carte devant le système, la porte ne s’ouvre pas tout de suite. Elle bug. Elle met du temps à réagir. Le serre les dents, en même temps que mes poings. Mais la délivrance ultime : La porte fait un bip désagréable, puis se déverrouille pour que je puisse passer. J’entre à l’intérieur. Ça fait un bruit d’enfer, surtout quand la porte claque et se verrouille juste derrière moi. On a bien fait de choisir un jour où il y a un gala, et que plein de gens bien habillés sont entrés avec leur parapluie : Les 4 vigiles intérimaires du musée Doivent pas faire attention aux bruits vu qu’il y en a plein dans la salle de réception. C’est une question de timing maintenant.

Je descend les escaliers de service pour arriver jusqu’à une nouvelle porte. Je l’entrouvre un tout petit peu pour me rendre compte du nombre de caméras qu’il peut y avoir. Je soupire un peu en voyant qu’effectivement il y en a une qui est très mal placée. J’hésite. J’y vais au culot ? Je passe comme ça en me disant qu’il y a pas un type qui regarde attentivement toutes les caméras du musée en même temps ? Franchement ça se tente, comme l’a dis Billy, cet endroit c’est pas le musée du Louvre non plus. Mais je sais pas trop, et j’ai pas le temps d’hésiter.
Au final je décide de fermer la porte et de trouver autre chose. Je continue de descendre. Je pourrai peut-être contourner la caméra et accéder à la salle de surveillance à partir d’un autre étage moins surveillé. Je franchis donc une nouvelle porte et je me retrouve dans une aile du musée. J’ai beaucoup étudié le plan avant de me retrouver ici, je sais que pas loin on a une aile « Révolution Américaine » avec des mousquets et des uniformes de Minutemen, et qu’il doit donc y avoir pas mal de caméras. Mais là je suis surtout près des toilettes et d’un local d’entretien où il y a des serpillières et des sacs poubelles. Je fais très gaffe. Heureusement personne erre dans le musée, tout le monde doit être dans la grande salle de réception prévue, avant qu’ils n’aillent dans le cinéma-projection où ils assisteront à la visite virtuelle. Tout ce que je crains, c’est, comme je vous l’ai dis, les caméras et les éventuels vigiles qui se déplacent avec leurs lampes-torches. J’en vois pas dans le coin, donc il faut que je me fasse chier à éviter le plus que possible le champ de vision des caméras pourries.
Et bordel il y en a plein. Je déteste ça. Tout ce qui me fait chier c’est les angles où elles sont posées. Certaines sont au-dessus des portes, d’autres plus éloignées mais du coup leur champ de vision est justement collé à une porte ou un lieu où je veux passer. Donc, à nouveau, il faut que je longe un mur pour glisser juste sous la caméra, et à nouveau sortir mon tournevis et mon couteau pour la désactiver. Une caméra qui tombe en panne comme ça, le vigile qui les regarde se dit : « boah, c’est du matériel pourri, je m’en fous je verrai plus tard ». Deux caméras qui tombent en panne subitement ça commence à devenir suspect. Faut vraiment que je me mette à suivre des cours d’informatique pour les nuls, ça peut plus continuer comme ça.
Mais au moins, j’ai maintenant une occasion d’entrer dans l’étage du musée. J’entends effectivement beaucoup de rires et du bruit, mais à l’étage en-dessous. Je regarde au-dessus de ma tête. Il y a effectivement une occasion pour moi d’accéder en haut par une rapide escalade, donc ça me permettra de trouver la salle de surveillance. Allez hop, courage.
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Lun 12 Nov - 1:52
La porte de mon cabinet claqua, lui faisant recouvrer le calme bien opposé à la tempête et à la pluie battante qui faisait rage dehors.

Plus qu’un, songeais-je alors que d’un geste délicat je sortis un fin linceul rouge écarlate de mon veston et l’apposa sur mes lèvres. Ces dernières, sans la moindre gerçure, avaient tendrement embrassé il y a moins d’une petite minute le cou de cet pauvre ère auquel j’avais ponctionné au passage un petit dixième de son sang. A vrai dire, je n’en avais pas spécialement l’envie, mais ma bête en avait ressenti le besoin. Me voilà donc les veines pleines de cholestérol et d’antidépresseurs, mais si cela me permet d’éviter de tuer le prochain à passer ma porte sous le coup de la frénésie, cela m’arrange plus qu’autre chose.

Il s’agit en effet d’un certain Docteur Oswaldo Mogray, directeur adjoint du musée Armand de Montcalm et éminent égyptologue, mais surtout un de mes clients réguliers. Un homme de lettres et de culture, certes, mais tout de même un pion au service du système comme tous les autres, qui devait toutefois s’avérer utile à mon plan… En soi, n’importe quel prolétaire ou sans domicile fixe sera amené à servit le Destructeur le moment venu mais… Me servir est déjà en partie servir sa volonté et… Je m’égare à nouveau et de toute manière vous comprendrez bien vite où tout cela va nous amener.

Après avoir méticuleusement nettoyé mes pommettes et mon menton des macules de sang qui les recouvraient, je pris une grande inspiration et me leva, rangeant au passage le mouchoir dans un des tiroirs de mon bureau. Ces heures de consultations m’avaient tout autant rassasiée qu’engourdie, et l’entrevue avec ce dernier humain allait probablement m’accorder la scoliose du siècle si je n’en faisais rien. Mais courage voyons, ce soir n’était pas comme tous ces soirs à potasser des ouvrages poussiéreux, mais bien celui où j’allais enfin pouvoir vérifier l’une de mes théories et m'emparer d'une relique millénaire.

Ainsi, me donnant partiellement l’aspect d’un serpent pendant quelques secondes, je fis retentir chacun de mes os dans des mouvement relativement inhumains alors que lentement, je me dirigeais vers la porte de ma remise. Le docteur Mogray pouvait bien attendre, à vrai dire nous sortions ensemble ce soir. En effet, sous ses airs nobles et raffinés se cachaient un véritable miséreux sexuel à la limite du pervers, et la simple idée de sortir avec la femme sublime que je suis l’avait enchanté avant même que j’use de mes ruses surnaturelles pour en faire mon larbin. Ces dernières pensées me firent sourire de mes dents encore légèrement effilées par ma métamorphose prenant fin et d’un geste ample et mesuré, je fis glisser la lourde porte du vestibule, révélant une pièce remplie de vêtements et de robes hors de prix.

Découvrant entièrement mon corps une fois arrivée en son centre, je choisis tout de même de faire rentrer le docteur Mogray qui depuis probablement quelques minutes maintenant patientait sous une pluie battante devant l’entrée comme un petit caniche que mamie aurait oublié de faire rentrer. Il s’exécuta, bien entendu, et s’écria de sa misérable voix fluette.

Bonsoir madame, comment s’est passée votre journée ? J’ai tellement hâte d’être ce soir ! Oh comme je suis heureux de sortir avec une femme comme vous… Quelle grâce quelle éleg…

A peine avait-il fallu quelques secondes pour que déjà sa présence m’agace et que je l’envoute alors que mes doigts parcouraient ma garde-robe…

Tais-toi, assieds-toi sur le divan et fixe le mur devant toi, m’écriais-je alors que mon choix se porta sur une robe bleu nuit échancrée au niveau de la cuisse droite et offrant une vue non moins attrayante que mystique sur mon splendide tatouage scarifié à l’effigie d’une vipère.
Comme prévu, il s’exécuta, posant son derrière de bureaucrate sur le canapé usuellement utilisé pour mes consultations et fixa la décoration hétéroclite de mon bureau pendant que je terminais mes préparatifs.

Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvions tous deux dans son automobile en direction du musée où une conférence sur l’Egypte avait dors et déjà débutée. Alors que sous mes yeux les rues défilaient, je resongeais à tout ce que j’avais du faire pour aller à cette soirée, depuis ma première consultation avec Mogray jusqu’à la convocation de ce dernier à mon bureau en passant par la publication d'un livre sur l'Egypte antique. Le plan était plutôt simple. Arriver au gala, supporter les mortels durant quelques dizaines de minutes, m’éclipser durant la projection de la reconstitution 3D, aller à l’étage dans la salle d’exposition du parchemin, allez dans le bureau de la vidéosurveillance, en faire momentanément sortir le vigile, puis désactiver les vitrines, me saisir de l’artéfact, m’éclipser par la porte de la réserve au cas où ils pratiqueraient une fouille à la sortie et rentrer sous ma forme reptilienne. Simple me direz-vous, mais j’ai toutefois une étrange intuition, probablement grâce à mes 3 siècles d’existence, que tout cela ne se déroulera pas sans accrocs… Mais suffisamment parlé, voilà que la berline du docteur en histoire antique s’engage dans l’avenue et entame sa décélération vers le parking.

… Voilà donc pourquoi ma fille refuse toujours de me parler… Je suis là pour elle mais rien ne va…


Entendis-je alors que la voiture se stationnait et qu’à se discours auquel je n’avais aucunement prêté attention s’ajoutais la mine déconfite de l’historien. Quelque piètre psychologue je faisais certes, mais ces deux siècles de pratiques m'avaient fait perdre l'intérêt pour ce genre de cas classiques. Mon regard se posa alors vers lui, et je vis son teint rougir même sous la faible lueur de l’éclairage publique. Il le savait aussi bien que je le savais, et alors que j’avançais tout mon buste vers lui, je vous demande de visualiser une porte menant à une pièce… Oui vous qui lisez ces lignes…

Derrière cette porte se tient votre conscience, et imaginez que je sois un cambrioleur. Je pourrais parfaitement en forcer l’entrée avec divers explosifs, mais préfère de loin cet aspect de gentleman qui consiste à rentrer par pure effraction sans briser la moindre chose. Saisir sa nuque d’une main et sa clavicule de l’autre en expirant un souffle froid comme la mort est comme s’équiper des plus fins et fragiles outils de crochetage pour entamer l’ouverture d’une porte qui, durant de longs mois, a été étudiée dans les moindres détails. Ouvrir amplement la bouche, en révélant des dents fines et effilées telles celles d’un cobra au-dessus dans jugulaire tandis que dors et déjà, ses mains griffent son siège et que son souffle devient court revient à insérer ses outils dans chacune des serrures. Enfin, le mordre au plus profond de sa chair, déclenchant dans chacun de nos corps une utopique extase représente ce son si satisfaisant qu’est celui de de son ouverture, révélant un trésor auquel je dédie ma vie à l’étude.

A mesure que son sang devient mien, je déambule dans cette pièce que représente ses songes que je ne peux certes lire, mais desquels je peux faire varier l’importance. Ainsi, il y a bien ce lointain désir profondément enfoui en lui qu’est de garder des œuvres pour lui-même, si simultanément je pousse son désir de luxure qui revient à me faire l’amour ici et maintenant, j’obtiendrai un être tout à fait servile qui m’aidera par tous les moyens à obtenir ce que je désire ce soir. Mais… Voilà qu’à m’adresser à vous je m’égare à nouveau et que sous ma langue s’est déjà écoulée non moins d’un demi litre de sang. Ne souhaitant pas avoir à ma botte un caniche anémique, je mets tendrement fin à ce baiser. Je tombe alors littéralement nez à nez avec un homme en sueur et haletant, un peu perdu dans ses pensées.

Vous avez bien compris, vous ferez comme si je m’étais absentée pour une urgence personnelle et je serai votre collègue et amante durant toute la soirée. Ne répondez pas lorsque l'on vous demandera des détails sur moi, dites juste que je suis égyptologue pour l’institut national du Caire, compris ?

Il acquiesça simplement, le regard encore hagard et écarlate. Je me permis, pour appuyer mon discours, d’apposer ma langue devenue pour quelques instants celle d’un serpent dans son cou et de lentement remonter son échine jusqu’à son oreille. Il sourit comme un benêt, s’imaginant probablement d’autres choses encore, et se réveilla de cette absence seulement lorsque, violemment, j’eu claqué la porte de sa berline. Se prenant bras dessus bras dessous, nous marchèrent sous la pluie diluvienne jusqu’à l’entrée du musée qui, je dois bien l’admettre, était glorieusement à l’image de Sa civilisation. Le vigile nous laissa passer et devant notre burlesque duo se dévoila après un couloir une grande salle remplie d’objets inestimables et d’éminents égyptologues.

En toute modestie, j’en connaissais la plupart, bien que cette connaissance ne soit pas réciproque. Heureusement, songeais-je alors que nous atteignions le centre de la pièce où trônait un sarcophage dans une vitrine offrant une perspective sur deux vigiles postés dans les coins de la pièce. Avec les deux autres gorilles, cela faisait quatre, comme prévu. Tout se passait sans accro, ce qui me permis de me détendre avant que la seconde partie du plan ne s’enclenche, bien que mon mauvais présage soit toujours d'actualité.

S’ensuivirent de longues minutes d’attente à patiemment écouter des discours lascifs sur des connaissances que j’avais acquis il y a cela plus d’un siècle. En même temps il serait bien difficile de leur en vouloir, la plupart n’ayant même pas un cinquième de mon âge et n’étant que trop peu sortis de leurs bureaux. Mogray, pendant ce temps, m’avait quitté quelques minutes pour s’empiffrer de petits fours, probablement à cause de la légère anémie qui le saisissait. Peut-être, à l’avenir, devrais-je prendre un sandwich pour lui, comme au don du sang… Je souris à cette bête pensée alors que la lumière se coupa et qu’aux quatre coins de la pièce des vidéo projecteurs se mirent bruyamment en route. L’assemblée se tût, enfin, et la projection débuta pile à l’heure, ce qui fit débuter la phase suivante de mon plan.

Profitant de l’obscurité, j’entamai une marche vers un grand escalier surplombant l’assemblé qui allait me mener à l’étage supérieur. Seul hic, un des vigiles, ne détachant que très rarement son regard de l’édifice pour scruter la salle. Toutefois, son regard ainsi que son corps se figea quelques secondes durant cette manœuvre, me permettant de grimper quatre à quatre les marches vers l’étage tandis que mon regard ne lâchait pas son crâne dégarni.

Une dépense d’énergie imprévue, certes, mais nécessaire. J’étais enfin arrivée à l’étage, plus qu’à atteindre le vigile chargé des caméras, et à moi l’artéfact…
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Lun 12 Nov - 13:38
Je souffle. 38 piges et encore à faire ce genre de conneries. À mon âge je suis censé avoir du cholestérol et un souffle au cœur. Collé au mur de la salle d’exposition « Révolution Américaine », je sautille un peu sur mes pattes. Si je n’avais pas des gants aux mains, probablement que je me serais mis du talc dessus afin de faciliter la manœuvre, mais là je dois m’en passer. Un petit élan, un saut contre le mur, et je tente de me raccrocher à de la vieille pierre pour avoir une prise. J’attrape d’une main la barre métallique sur laquelle est accroché le drapeau des Treize Colonies (Damné je sois, manquer de respect comme ça au Drapeau!) et me semi-suspend dessus pour pouvoir relever mon corps et passer une jambe sur l’alcôve en pierre du troisième niveau. Je continue à grimper comme un chat, en râlant un peu au fond de ma gorge, pour finalement passer tout mon corps à l’horizontal au-dessus de la rambarde en granit et y asseoir mes fesses. Je sens un peu de sueur dans mon dos et mes aisselles, mais l’effort en valait la peine : J’ai une jolie vue plongeante sur tout le musée d’ici, j’ai de la chance que toutes les salles d’exposition sont éteintes, les seules sources de lumière viennent des petits indicateurs des sorties de secours. Je songe un instant à me reconvertir en jeune débile qui se filme en escaladant des monuments pour faire des milliers de vue sur youtube, mais je me rappelle subitement que je suis ici pour une affaire importante où la survie de l’Humanité est en cause, alors je fais valser mes jambes au-dessus de la rambarde et je fais une petite chute sur le sol de l’étage de service.

Je ne vais pas vous décrire toutes mes cabrioles. Il s’agit encore de marcher lentement, à pas feutrés, pour pouvoir découvrir aux angles où sont les caméras et limiter autant que possible mon exposition. Je dois avouer que ce n’est pas possible d’avoir pu toutes les éviter, j’ai forcément été filmé à un moment. L’idée me fait un peu peur, heureusement que je suis tout en noir et que j’ai une cagoule, parce que quand on en aura fini ici le CPD va forcément mettre ses pattes sur les enregistrement. Les supprimer est un objectif secondaire qu’il faut que je garde en tête.
Mais pour l’heure, je retrouve la salle de surveillance. Elle est derrière une grosse porte blindée avec estampillée dessus « Artemis Security Solutions », et le beau logo de chien rottweiller stylisé qui fait peur que la compagnie a choisi juste à côté. Si seulement Artemis Security Solutions engageait des employés permanents et bien payés plutôt que des intérimaires traités comme de la merde, le casse du musée Armand de Montcalm aurait été bien différent. Parce que la porte blindée a beau pouvoir résister à tout ce qui n’est pas une charge de C4, moi j’ai juste à sortir le petit pass d’entrée de monsieur Whitefield, la glisser devant l’émetteur, et après un petit instant, il y a un gros « biiiiip » strident et une lumière rouge qui devient verte. Je pousse la grosse porte et entre dans la pièce de surveillance, où un 5e homme de sécurité est les pieds sur la table, un sandwich poulet-mayo dans les mains, en train de regarder le match de Baseball à la télé. Il tourne subitement la tête comme une chouette, et ouvre grand sa bouche qui a des miettes de pain polaire et de poulet aux antibiotiques pour me parler. Il devait s’attendre à voir l’un des 4 vigiles qui sont de ronde. Mais à la place il voit un mec tout en noir et avec une cagoule qui entre comme ça, au calme.

« HEY ! »

Il crie et tente de bondir de sa chaise. Mais, pris de panique, et alors qu’il avait les pieds sur la table, il ne parvint qu’à tomber en arrière. Ne vous moquez surtout pas, le pauvre type n’est pas incompétent ; C’est juste un gars normal sans emploi qui a vu une offre de « veilleur de nuit », qui a payé cher une formation auprès de la société d’Artemis, et qui pensait que cela voulait dire qu’il allait pouvoir faire des horaires de nuit pour pouvoir payer ses courses et ses factures d’électricité sans avoir à trop se mouiller. Billy a raison, cet endroit c’est pas Fort Knox, et les vigiles ne sont pas des mercenaires d’une société militaire privée. Malgré tout, je ne laisse pas l’occasion au pauvre type de se mettre à hurler, ou d’utiliser un bipeur pour sonner l’alarme et appeler ses collègues en renfort. Je sors de ma ceinture une petite matraque télescopique que je déploie et bondis en avant.

« Viens là ! Bouge pas ! »

Heureusement en tant que flic j’ai de l’expérience dans la matraque. Casser des gauchos à la Nouvelle-Orléans pendant une manif’ anti-Président-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom, ça m’a rendu un peu habitué. Je vole presque vers le pauvre vigile et alors qu’il vient à peine de se dresser sur ses deux pattes je lui file un bon coup de tonfa dans la mâchoire pour qu’il tombe. Je l’écrase, mon genou tombe sur son rein gauche sur lequel j’exerce une très forte pression tandis que je lui tabasse très fort et plusieurs fois le crâne contre le sol avec le bâton.
Il faut que vous compreniez. Je suis le gentil. Ok, vous avez peut-être énormément de mal à vous en rendre compte puisque je suis en train d’exercer de la violence physique extrême contre quelqu’un qui n’a absolument rien demandé et qui est totalement innocent. Je ne veux même pas penser aux semaines ou aux mois qui lui seront nécessaires pour parvenir à une vraie convalescence physique et psychologique (D’ailleurs je réduis très vite mes coups quand je sens que le vigile sous moi n’a absolument pas envie de résister et que j’ai mis des bleus sur son visage). Mais je suis le gentil. Il le sait peut-être pas, il en a aucune idée, mais je le protège. Je suis un Chevalier de l’Humanité, un gardien de l’existence de notre race et de notre survie contre l’Engeance du démon en personne. Soyez pas cynique, vous devez juste vous rendre compte que faire saigner du nez un employé à mi-temps pour voler un vieux papier tout poussiéreux ça va servira peut-être à sauver des tas de vie.
Je suis le gentil.

Je retourne complètement le vigile et écrase maintenant mon genou contre ses cervicales. Pas trop non plus, il s’agirait pas de lui casser le cou. Je le soulève par le col tout en lui donnant des ordres :

« Bouge pas. Crie pas. Bouge pas ! Laisse-toi faire. Enculé… Sale… Bouge pas ! »

Je vous avoue que c’est pas des ordres bien caractérisés et qui sortent bien. Mais hey, la rixe ça ressemble souvent à ça. Et d’ailleurs le pauvre type est en train de sangloter un peu, sûrement à cause de la terreur qu’il  vient de subir. Je le comprend totalement. Mais c’est pas le moment pour avoir de la pitié. Je soulève son fauteuil à roulettes qu’il a fait tomber, je l’assois de force dessus, et je l’attache avec des liens en plastique dessus. Malheureusement, cela lui laisse l’occasion de balbutier quelques trucs avec une voix de canard, probablement à cause de son nez cassé.

« Qu’est-ce… Qu’est-ce… Hmm… Qu’est-ce ?
– Ferme ta gueule. »

Et je sors un nouvel accessoire de ma panoplie de cambrioleur : Un rouleau de gros scotch gris. Décidément, entre la cagoule, la matraque, les menottes et maintenant un bâillon artisanal, vous devez vous dire que j’ai toute la panoplie pour faire des soirées BDSM dans les backrooms d’une boîte de nuit. Je vous demande à nouveau de ne pas être cynique et de garder à l’esprit que tout ça revient à une organisation minutieuse depuis maintenant plusieurs semaines. Je vous ai épargné les soirées de filature, les achats dans des magasins de bricolage, et tous les petits détails idiots auxquels il faut penser avant de faire un cambriolage de musée, quand bien même ce n’est « ni le Louvre ni Fort Knox ». J’enroule le scotch autour de la bouche du vigile et coupe. Je file un vif coup de talon dans le fauteuil, et voilà que notre ami roule au loin au fond de la pièce, en pleurant et en gigotant dans tous les sens. Je peux enfin me concentrer sur la salle de sécurité qui m’a donné tant de fil à retordre.
Je vous avoue que je me sens un peu perdu. Il y a plein de matériel. Des écrans où je vois des caméras de sécurité en marche, des casiers, des petites boîtes, des trucs qui font bip un peu partout. Je me sens dans un lieu familier et en même temps perdu ; Je vous l’ai dis, j’ai une expérience de flic, je suis déjà allé dans des salles de contrôle de sécurité, surtout pour récupérer des enregistrements. Mais je suis pas un expert en technologie, et ça évolue un peu trop vite pour moi, vous vous rendez pas compte mais je suis entré dans la police y a genre vingt ans. Alors je regarde partout dans tous les sens, les trucs qui font bip, la télé (Les White Socks sont en train de gagner), le sandwich poulet-mayo qui est écrasé par terre.
Au final j’appelle à l’aide. Je sors mon talkie-walkie et reprend le contact avec monsieur Snipes qui doit s’ennuyer tout seul à écouter de la musique à fond dans la voiture sur un parking pas très éloigné.

« Billy.
– Yo, mon frère ?
– Je suis dans la salle de sécurité.
– Parfait mon frère ! Dites donc tu t’en sors bien. Je-
– Je suis au milieu de tout un tas de truc je comprend rien !
– Ah…
Heu. Tu vois l’alarme ? »


On a étudié le plan. J’ai vu des photos de à quoi ressemblaient des boîtiers de sécurité d’Artemis Security Solutions. Je crois savoir à quoi l’alarme ressemble. Je la visualise, ouais, pas de soucis. Je me baisse en position de squat devant, en faisant la moue.

« Ouais. Mais du coup, je peux pas juste la démolir avec une clé à mollette…
– Surtout pas !
Crie Billy dans le Talkie en croyant que je vais le faire. L’alarme communique en permanence avec les bureaux d’Artemis, si ça coupe quelqu’un va appeler pour savoir ce qui se passe, et après ça risque d’appeler le CPD. »

On a étudié les temps de réaction de la police dans ce quartier. Déconnez pas. Y a sept jours, avec Billy, on s’est approché, pas du musée, mais des locaux d’une société qui vend des photocopieuses à deux rues d’ici. On a tiré au pistolet sur la vitre avant de s’enfuir, juste pour voir combien de temps la police de Chicago allait mettre à venir. Eh bah, je vous dis, ça se voit que Printer’s Row c’est un quartier qui a subi la gentrification et qui maintenant attire des bobos riches et des touristes ; On a vu une voiture de police débarquer au bout de une minute quarante-sept, et une seconde en renfort au bout de deux minutes vingt-quatre. Si le CPD est contacté, j’active le plan de fuite, avec ou sans le papyrus sous le bras, ça c’est obligé.

« Bon. Bon du coup je fais comment ?
– Envoie moi une photo. »

Je soupire et me met à grommeler des insultes dans ma barbe. Le vigile qui pleure à côté de moi ne m’aide pas à me concentrer.

« Ta gueule ! »

Debout en un petit bond, je sors mon iPhone dont je sais à peine me servir et le met en mode « photos ». Je prend deux, trois clichés de l’alarme et les envoies à Billy. Sur le talkie-walkie, je l’entends me répondre la bouche pleine.

« Att’, deux minutes.
– T’es en train de bouffer ?
– Bah ouais. J’ai faim.
Deux minutes je te dis. Je réfléchis. »


Je me mord la lèvre inférieure et me retourne pour regarder les caméras de surveillance. Les invités sont en train de très lentement vider la salle de gala pour atteindre la salle de projection, un petit cinéma dernier cri où ils vont pouvoir se balader virtuellement dans une cité égyptienne de l’ère de la conquête islamique. Ça doit être passionnant en vrai, si je n’étais pas venu pour faire un casse peut-être que l’exposition m’aurait intéressé. Je me détourne soudain des caméras quand Billy me parle à nouveau.

« Hm. C’est joli comme système en vrai. Je crois pas que je puisse y faire grand-chose…
– Enfoiré ! Je croyais que t’avais fais des études d’informatique !
– Ouais bah ça veut rien dire. T’as fais des études de… Des études de prêtre, ça veut pas dire que t’es… Que tu sais où est Jésus et-
– Qu’est-ce que je fais maintenant ? Concentre-toi, Billy.
– Donne moi un instant ! Juste… C-Cinq minutes, d’ac ?
– Tu réfléchis trop Billy. Tu réfléchis trop ! »


Je sens un peu de colère monter dans ma voix. C’est une mauvaise chose parce que ça fait stresser mon collègue, il résiste pas tellement à la pression. Je l’entends toussoter et faire « Hmmm » un peu long pour m’empêcher de parler. Je le hais tellement. Je ne l’ai jamais autant haï qu’à cet instant.

« Ok. Ok j’ai peut-être une idée.
Tu peux… Tu peux me refaire une autre tof’, là derrière le boîtier ? »


Y a de quoi soupirer, non ? Je rage dans ma barbe tandis que je suis obligé de rallumer mon portable, de re-rentrer mon code pin, de re-mettre le mode photo, le tout avec le vigile qui crie et qui se débat. Je l’insulte de nouveau, d’ailleurs, et finalement je fais la photo que j’envoie.
Billy la réceptionne, puis finalement me dit un truc qui n’est pas totalement de la merde.

« Ok. Ok j’ai une idée. Je… ‘fin je sais pas. Je dois pas pouvoir la désactiver à proprement parler, mais je peux peut-être encombrer le réseau pour que l’alarme se déclenche après un intervalle de temps. T’sais juste pour que tu puisses voler le papyrus et courir jusqu’à la bagnole avant que Artémis n’appelle le téléphone de la salle de sécurité pour savoir ce qui se passe.
T’as réussi à localiser le papyrus au moins ?
– Pas encore.
– Bah alors fous-toi au boulot ! Connecte-moi à l’alarme, et surtout fait gaffe que personne débranche mon récepteur avant que j’aie terminé mon boulot.
– Je peux pas être partout à la fois, Billy, merde… Et les enregistrements ?
– Plus tard ! Plus tard ! »


Je rebondis vers l’alarme et sort le petit récepteur à port USB que je place sur l’alarme. Billy va enfin devoir bosser. Par contre ce petit récepteur il faudra surtout pas que je l’oublie sur place : Encore de la vidéosurveillance de moi en train de bondir dans tous les sens dans ma tenue SM la police de Chicago aura du mal à l’exploiter, autant ça ça risque de les mettre beaucoup plus sur la piste. Sur une échelle d’incrimination de 1 à 10, 10 étant « une photo de vous en train de tuer quelqu’un au couteau en pleine rue à visage découvert devant 600 personnes », c’est quand même un joli 6, même si on a prit des précautions en l’achetant. Une fois que ceci est fait, je peux continuer ma mission tranquillement, surtout que maintenant je sais que personne est en train de surveiller les caméras. Je n’ai plus qu’à prier et faire vite pour que l’un des 4 vigiles qui fait la ronde n’ait pas la bonne idée de retourner dans la salle de sécurité, genre, pour savoir où en est le match.
Il faut maintenant que je trouve le Papyrus. Mon idée c’est de passer par la salle d’exposition en trombe, en profitant de l’obscurité et de l’absence de tout le monde. Si il n’y est pas, alors il va falloir que je me fasse chier à atteindre la réserve, où il doit y avoir minimum un pingouin qui se ballade avec sa lampe torche, peut-être deux. Et là il faudra que je consulte le registre, que je cherche dans la collection, et ça va me prendre du temps… Je me signe en retournant près de la grosse porte blindée de la salle de sécurité, et je l’ouvre lentement avant de mettre les pieds dehors.
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Mar 13 Nov - 0:28
Alors que je déambulais dans l’allée obscure menant à la salle d’exposition, je profitais enfin de cette obscurité totale qui sciait si bien a mon teint. A vrai dire, être littéralement sous le feu des projecteurs ne m’allait guère, d’une part à cause de ma nature surnaturelle, mais également a cause de tous ces regards insistants sur ma personne. Il y a de cela deux siècles, j’appréciais jouer de mes charmes, certes, mais aujourd’hui, me faire aguicher par des bureaucrates pervers cinquantenaires était loin de mes objectifs. Mon objectif, il était au bout de cette allée que je parcourais d’une démarche déterminée. Avec ce petit bout de papier, relique d’une époque révolue, j’allais peut-être pouvoir, selon les dires de certains, entrer en contact avec les âmes des défunts. Quelle aubaine fantastique de pouvoir peut être converser avec notre Dieu en personne, qu’il puisse constater ma dévotion, celle que je porte littéralement à même ma peau et au plus profond de mon cœur inerte.

Mais voilà que je perds encore dans d’inutiles tergiversations tandis qu’enfin j’entre dans la somptueuse pièce ornée de moultes parures et autres parchemins antiques. Emplie d’obscurité, cette dernière n’était mise en lumière que par une fin liserée provenant d’un lampadaire à l’extérieur tombant exactement sur le parchemin. Quelle beauté, quelle simplicité efficace qu’est ce simple bout de papier… Mais voilà que je me prends pour un de ces extravertis de Toréadors… L’important ne se situe plus qu’à quelques mètres de moi désormais : la salle de surveillance. Probablement gouvernée par un seul prolétaire devant son match ou sa série télévisée débilitante, il me suffirait simplement de frapper à la porte, qu’il m’ouvre, que je le paralyse d’un regard et que je lui demande tel un bon toutou servile d’effacer mes traces et de m’ouvrir la vitrine. Simple, efficace, sans bavure…

Je fis donc progresser mon corps svelte au travers de quelques pièces, me méfiant tout de même des caméras au nombre de seize qui couvraient tous les angles. Comment le savais-je ? Simplement en le demandant à Mogray, qui en plus de cela, m’avait donné les noms et adresses de chacun des membres du musée, au cas où j’aurais besoin de leurs servitude… Dire que certains devraient payer des sommes monstrueuses ou bien torturer des dizaines de gardiens pour obtenir ces maigres information… Il m’a suffi d’un baiser sur le bon idiot et me voilà maintenant devant la porte du poste de garde, qu’il me suffit de délicatement tapoter de mes doigts avec un air de demoiselle perdue pour que mon plan devienne le crime parfait, et… voilà qu’elle s’ouvre.

Merde

Ce fut le seul et unique mot qui traversa mon esprit quand j’entendis le bruissement de ses gonds. Il m’avait vu via la vidéosurveillance. Dans l’absolu je ne risquais pas grand-chose, une petite déflagration mentale et son corps grassouillet serait à mes pieds mais… Il me fallait désactiver toutes ces machineries informatiques et mes compétences dans ces nouvelles technologiques étaient bien inférieures à celles du premier rejeton humain auquel on offre désormais un téléphone avant l’entrée en primaire. Donc l’étourdir, non… Mais lui laisser le moindre libre arbitre serait un risque inconsidéré… Ahhhh réfléchis Amaria, la porte est presque capable de laisser passer le corps d’un homme. Mais… S’il me traque à l’entrée, il ne peut simultanément avoir les yeux sur son moniteur… Je n’ai donc qu’à subrepticement me cacher, même l’espace d’un instant, dans l’embrasure formée par le mur et la porte s’ouvrant, et, quitte à dépenser encore plus de mon pouvoir, briser son esprit…

De toute manière, plus de temps pour réfléchir, il peut désormais me faire face à tout moment. D’un adroit mouvement de pied permis par l’échancrure de ma robe, je glissai vers ladite embrasure dans provoquer un bruit suffisant pour être remarquée. Je remercierai d’ailleurs l’humain qui a eu l’idée d’y poser une moquette. Ainsi, bandant mon esprit en direction de la silhouette qui s’apprêtait à franchir l’ouverture, j’était sur le point de forcer la porte de son esprit lorsque dans la plus grande des surprises, j’aperçut un homme vêtu de noir s’en extirper furtivement.

Mais non… C’est pas possible… songeais-je, partagée entre le soulagement et l’amusement. Un cambrioleur, là, juste devant moi, exactement à l’instant où je m’apprêtais à moi-même commettre un vol… Improbable, inespéré, burlesque… bien trop d’adjectifs assaillaient mon esprit en cet instant, si bien que je commis probablement une erreur, celle de ne pas faire plier son esprit à ce moment de faiblesse, bien trop intriguée par cet humain qui sortait du lot, et conservant tout de même un léger doute sur sa présupposée nature de mortel.

Je le vis ainsi tranquillement s’extirper de l’embrasure, vigilant et tout de même légèrement stressé, lorsque la bête décida de se manifester. Ne pensez pas qu’il s’agit d’une simple soif de sang chez moi, j’ai réussi à la… disons… canaliser, mais tout de même, elle a une drôle de tendance à pousser au vice, dont un des majeurs est l’arrogance. Malgré moi, je ne pus donc m’empêcher de prononcer ces quelques mots à messe basse, que, croyez-moi, j’allais amèrement regretter…

Bonsoir, vous cherchez quelque chose, monsieur le cambrioleur ?
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Mar 13 Nov - 3:13

Le chat met un pas dehors. J’ai la faveur de la nuit et de l’obscurité pour moi, l’ombre dans laquelle je peux me mouvoir sans même plus craindre les caméras de vidéosurveillance. Je ne baisse pas la garde pour autant. Je m’attends à voir, au détour de n’importe quel couloir, un vigile avec sa lampe torche qui fait sa ronde de manière très professionnelle ; Du moins, autant professionnelle que peut l’être celle d’un intérimaire, mais je pense que je vous ai déjà assez brossé le portrait des pauvres employés du coin. Je ne ressens pas le besoin de vous fatiguer plus que nécessaire à vous ressasser les mêmes petits détails sur la main d’œuvre employée par Artémis. Pas étonnant que monsieur Whitefield m’ait filé sa carte sans broncher, même si j’ai dû un peu lui faire peur.

Mais les plans se passent jamais bien. C’est la vérité. Vous pouvez faire le plan le plus élaboré au monde, vous pouvez prévoir le moindre petit détail, penser au moindre équipement dont vous allez avoir besoin, ce n’est que ça, un plan. Et les plans ils sont faits pour capoter. Aucun d’entre eux résiste à l’épreuve de son exécution. Alors oui, j’ai pensé aux portes. J’ai pensé aux caméras. J’ai pensé aux alarmes. J’ai pensé aux invités, à la fréquentation du musée, au nombre de vigiles. J’ai même pensé à la réponse éventuelle de la police, à la voiture de sortie que Billy conduit et qui est prête à débouler devant le musée pour me permettre de m’échapper. Tout est prévu. Tout doit se dérouler comme sur des roulettes. Mais ça ne résiste pas à l’épreuve de l’exécution, à cause d’un minuscule, petit détail.
Y a un invité du gala qui a décidé de pas aller voir l’exposition comme tout le monde.

En entendant la voix m’appeler derrière moi, je vous jure que j’ai bondis. Je n’arrête pas de faire des comparaisons avec des chats, eh bien là, c’est plus vrai que nature. Je me suis retrouvé à hérisser mon poil et à me retourner tout-de-go, à 180°. C’est pourtant pas une brutasse criant « Qui va là ?! », c’est une voix peu audible et un peu rocailleuse. Et, taquine.

Je bondis donc, pour faire face. Je porte une main à ma ceinture et dans un réflexe instinctif plus qu’autre chose, je sors la matraque télescopique que je déploie. J’ai pas pris d’arme à feu. C’est con, mais en même temps le but était pas de descendre des gardes, ni qui que ce soit d’ailleurs, et cette priorité n’a pas changé. Mais maintenant que j’y pense, amener une arme à feu aurait peut-être été utile, moins pour l’utiliser que pour le côté dissuasif. C’est absolument trop tard maintenant, j’ai juste le temps de me jurer un juron personnel alors que je me met en position de combat.
Comme je vous disais, c’est pas un vigile devant moi. C’est une femme. Il fait noir mais mes yeux s’adaptent plus-ou-moins à la légère obscurité, et je décèle au moins sa silhouette à défaut de bien voir les traits de son visage. Elle porte des talons, et je devine une robe. Jolie silhouette, d’ailleurs. Ah, si seulement j’étais dans un cliché de film d’espionnage, je me sentirais bien, mais malheureusement la vie n’est pas ainsi faite. Je sue. Et je sue pas à cause de l’effort de tout à l’heure. Je sue de stress, par tous les pores. Je crois que je perds 4 kilos instantanément. Et pourtant je reste là, prostré, pendant trois secondes. C’est long trois secondes. Comptez, là, dans votre tête. « Une. Deux. Trois. » Trois secondes où vous devez m’imaginer là, tout fixe, la matraque en main, devant la demoiselle qui vient de me parler. C’est qu’il y a des milliers de pensées qui me viennent dans le crâne en même temps, toute une analyse de la situation, de la menace, à court et long terme. Tout un tas de théories et d’imaginaire anthropologique qui se mélangent. Une cohorte de six milles voix qui en même temps me hurlent une idée. Sortir ma matraque et me mettre en position de combat ça a été l’instinct, l’instinct gagné par ma carrière de flic, par mon entraînement auprès du Malleus, par mon expérience de la Traque face à quelques vampires très coriaces. Mais réagir ? Réagir ça me fait bugger. Comme votre téléphone ou votre ordi quand vous lui en demandez un tout petit trop.

Un petit échantillon de tout ce qui me vient à l’esprit :
J’aurais dû amener un flingue je suis trop con.
Il faut que je lui fonce dessus avant qu’elle hurle !
Elle ne hurle pas. Pourquoi elle hurle pas ? Elle n’est même pas bouche bée, elle t’a vu et elle t’a alerté.
Il faut foncer dessus et l’assommer d’un mouvement, meilleur moyen d’éviter les emmerdes.
Bordel mais je rêve ou elle se fout de moi ? On fait pas ça quand on trouve un cambrioleur.

Je suis vraiment foutu. Faut que je réagisse. Que je dise un truc. Quitte à ne serais-ce que faire qu’elle s’enfuit pas en hurlant. Je fais un pas en avant. Un tout petit pas subtil qui m’approche d’elle, en même temps que j’ouvre ma bouche pour tenter de lui répondre, d’un ton certes bien rauque, mais peu assuré.

« C-Cambrioleur, vous dites ? »

Petite inspiration nasale.
Je vais le jouer au culot. Dommage que j’aie une cagoule sur la tête, elle peut pas voir mon sourire taquin que je pourrais lui lancer. J’ai plutôt une tête typique de truand qu’autre chose. Mais c’est bien, c’est fonctionnel. Je veux surtout pas qu’on puisse voir mon visage. Déjà que reconnaître ma voix c’est moyen…

« Je crois que vous faites erreur, je susurre avec une toute petite voix, qui se transforme en une sorte de long semi-miaulement amusé. C’est un... déguisement. Voyez-vous, je suis un touareg de l’armée d’ibn al-As. »

Bordel. J’ai 38 ans. J’ai jamais rien cambriolé de ma vie. Je suis pas fait pour ce genre de connerie. Moi je sais taper dans les cervicales des gens, pas leur parler. Et pourtant, voilà que je suis en train de sortir la carte de la blague. Oui, je blague. Je lui fais une blague. J’essaye de déceler sur son visage un sourire, j’ouvre grand mes oreilles pour entendre un petit rire : Il faut ça plutôt que de la voir détaler en courant. Oui, je suis pas un cambrioleur je suis un touareg, ah ah ah, trop marrant. Dépêche-toi de rire.
Et je fais un deuxième pas en avant.

« Vous savez, le musée est fermé à cette heure-ci, mademoiselle, vous n’êtes pas censée vous éloigner de la salle de projection…
Mais maintenant que vous êtes là, c’est un peu trop tard pour cela... »


Je lève ma matraque, et je pose la pointe contre la paume de ma main. En un mouvement, je rétracte le bâton et le range à ma ceinture.
Pourquoi je fais ça ? Il doit peut-être y avoir un reste de chevalerie hétéronormée dedans. En termes clairs, je frappe pas les femmes. Mais c’est un peu faux en fait. J’ai déjà frappé des femmes. Aux abords de manifs, justement. Elles jetaient des cailloux sur des mecs de la police de la Nouvelle-Orléans, c’était normal. Non, je crois que, au-delà du fait de ne pas avoir envie de tabasser une femme, il y a surtout le fait que j’ai pas envie de tabasser quelqu’un tout court, ici. Dans la salle de surveillance ça allait parce que c’était insonorisé, et mes tabassages, mes hurlements, et les hurlements de ma victime n’étaient pas entendus. Ici, si je me rue sur la demoiselle, elle va crier, et ça va faire écho à travers toutes les salles d’exposition du musée vide, ça ne va pas y manquer. Notez d’ailleurs les décibels de ma voix ; Je chuchote. Je chuchote assez fort pour qu’elle puisse m’entendre mais certainement pas assez pour que ça aille plus loin. Et je serre les fesses surtout. Je serre les fesses de voir comment elle va réagir.
Il ne faut pas qu’elle hurle. Si elle hurle je suis foutu.
Le premier homme à être entré au paradis à la droite du Seigneur était un voleur, le bon larron. Je me raccroche à cette pensée pour faire une minuscule prière silencieuse avant de continuer de parler, brièvement, en serrant les dents, pour tenter de pas faire transparaître ma peur.

« Je vous en prie.
Ne. Criez. Pas. »
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Mer 14 Nov - 1:33
Je sentis tout à coup une puissante haine remonter mon échine. Non pas contre cet hurluberlu qui venait de bondir sur lui-même, mais bien contre moi-même. Oui, moi, la soi-disant Amaria Al’Afeaa, éminente psychologue et incapable de contrôler ses propres pulsions. A vrai dire, c’était bien un trait humain, celui de toujours vouloir se sentir au-dessus en ridiculisant les autres… Mais bon, ce qui avait été fait avait été fait, et il me fallait maintenant faire ce que je détestais tant faire. Improviser. Et comment la jouer ?

Première option, la jouer violente, mais je doute que je puisse réellement gagner. A vrai dire, je devine dans la pénombre une silhouette certes svelte, mais non moins suffisamment musclée pour me mettre à mal. Il me faudrait alors me transformer mais… cela serait bien trop de risques pour pas grand-chose, surtout que s’il cachait une arme bien plus efficace, je me retrouverais dans une bien mauvaise posture désormais dépourvue de bras et de jambes… Réfléchis… D’autant plus qu’il semble se saisir de sa matraque… Oserait-il frapper une femme lui ayant bêtement adressée la parole alors qu’il s’était refusé à tuer il n’y a même pas une minute, à en entendre les gémissements du garde dans la pièce voisine, non. A moins qu’il ait découvert ma vraie nature… Peu probable, trop peu probable pour être étudié dans cette situation… bien que sa matraque soit désormais bien empoignée et sur le point de gagner en envergure…

Deuxième option, la jouer vierge effarouchée… Mais une fois encore, bien trop risqué… Il lui suffirait d’avoir un complice qui tente de m’assommer pour que cela dérape radicalement… Et puis en toute franchise, faire la faible demoiselle me ferait bien suer. Depuis quand une reine devrait se plier devant le premier vaurien venu ? Non c’est inenvisageable mais… Enfin peut être un humain intéressant dans son libre arbitre… Ici, un soir de match, en pleine nuit de gala, à risquer ses fesses seul et simplement armé d’une matraque, je dois dire que cela à un certain charme, tel un Arsène Lupin des temps modernes. D’ailleurs, j’aime bien ce nom… Appelons le Arsène désormais, qu’en pensez-vous ?

Toutefois, ce gentil Arsène me menace désormais avec sa matraque… Je dois vous avouez que s’il se ruait maintenant sur moi, je devrais consumer de bien trop de sang pour le mettre à mes genoux, ce pourquoi je préfère anticiper toute action négative en le paralysant d’un simple regard. Vous pensez qu’il va s’en rendre compte ? Vraiment ? Pour qui me prenez-vous donc ?

Je pratique assidûment la discipline de notre culte depuis presque trois siècles désormais, et croyez-moi qu’avec autant de pratique et un soupçon d’inspiration de l’hypnose médicale, j’ai réussi à grandement affiner cette compétence en y ajoutant un brin de manipulation mentale. Ainsi, en plus de ne pas pouvoir se mouvoir, un cancrelas humain est littéralement persuadé que c’est son souhait de rester immobile. C’est certes gourmand en vitae, mais cela m’accordera quelques secondes de plus de réflexion pour trouver le moyen optimal de me sortir de cette fortuite situation que, rappelez-vous, j’aurais clairement pu m’éviter… Bref où en étais-je, ah oui !

Troisième option, jouer franc jeu. Enfin « franc », à la Al’Afeaa… Bien au-delà de lui révéler ma nature ou même mon objectif ultime, bien entendu, cela consisterait à tout simplement me présenter en tant que voleuse désirant un simple petit bout de papier dans une jolie vitrine un peu plus loin. Usant si besoin d’un brin de magie pour augmenter ma crédibilité, je n’aurai qu’à tranquillement troquer mon silence contre un bête papyrus sans considérable valeur marchande, chacun rentre chez soi, tout le monde est content et la Mascarade perdure. Quels choix difficiles… A vrai dire… Pourquoi ne pas le laisser choisir lui-même après tout ?! Détournant mon regard de son corps vêtu de noir, je tendis donc l’oreille alors qu’il entreprit un pas en avant. Audacieux, mais le prochain sera ton dernier mon cher si tu poursuis sur cette voix. Toutefois, cela devait probablement être bien plus dans l’objectif de m’intimider, car une fois ce léger mouvement effectué, il se mit à feindre l’innocence.

Attendez… « Cambrioleur, vous dites ? » ? Quel cran, quelle audace !! Cela entraina ainsi quasi instantanément un léger sourire en coin sur mon visage qui depuis de longues secondes maintenant était resté d’une neutralité parfaite. Qu’allait-il me dire ensuite, qu’il s’agissait d’un ninja ? d’un obsédé sexuel ? d’un garde secret ? Non d’un…

Touareg… Vraiment ? Cela réussit à m’arracher une seconde petite moue, vous vous rendez compte, deux fois dans la même minute, cela n’était pas arrivé depuis peut être 10 ans voire plus ! Je me retrouvais, moi, servante de Seth, au cœur d’un musée en pleine nuit face à Arsène Lupin, le ninja touareg ? C’était trop, même pour mental d’acier, si bien que oui, je l’avoue, il réussit à me faire sourire. Toutefois, je ne sais pas ce qu’il espérait réellement en faisant tout cela, et rapidement, j’avais recouvert ma pure clarté d’esprit.
Il n’avait clairement pas l’air méchant, c’est clair, et ce n’était certainement pas un vampire, au quel cas soit son esprit aurait été bien plus complexe à pénétrer il y a quelques secondes. A l’entendre me supplier de parler bas, il semblait juste vouloir que je garde mon calme et finir sa mission pour rentrer chez lui, tout comme moi à vrai dire. Sortant alors de mon silence, je pris la décision d’entamer la conversation avec ce cher Monsieur Lupin, parlant tout bas comme il me l’avait indiqué…

Bonsoir mon cher, et avant tout, mes excuses pour vous avoir surpris aussi vivement ! Loin de moi l’intention de vous glacer le sang, bien au contraire…

Tout en prononçant ces quelques mots, je mis mes mains bien en évidence, contournant le cambrioleur pour m’approcher très lentement de la salle de vidéosurveillance…

Je pense que nous avons des intérêts communs voyez-vous ?! Je souhaiterais également m’emparer d’une des pièces du musée, qui, autrefois, était notre trésor familial. En contrepartie, je vous laisserai prendre tout ce qui vous chante sans alerter personne… Deal ?


Sur ces beaux mensonges, je franchis enfin la tranche de la porte de la salle de surveillance, m’offrant alors une vue sur un bureau sale sur lequel trônaient des bouts de sandwich et au fond du quel, tout gigotant, se tenait un garde. Cet homme, c’était… Attendez une petite seconde… Richard Leonberg, 37 ans, un prolétaire sans histoire, hormis quelques petits délits dans sa jeunesse. Pourquoi je vous dis ça ? Car tout d’abord je le sais, merci Mogray, et ensuite car tout cela n’aura bientôt plus aucune importance, vous verrez !

En posant le premier pas dans ce miteux bureau, la bête renifla toutes les macules de sang qui avaient tacheté le sol durant, je suppose, l'altercation entre Arsène. Ce gentleman était donc bien plus violent que ce que j’avais pu imaginer… L’option 1 n’était donc clairement pas envisageable, j’avais bien fait de choisir la ruse. De plus, cette délicieuse odeur de sang me fit frissonner l’échine, un repas si délicieux, si près, si faible emmailloté comme un beau rôti dans sa ficelle d’adhésif, c’était du pain béni mais…  J’avais avant tout besoin d’être absolument certaine de ne laisser aucune trace.

M’agenouillant alors devant ce pauvre Richard qui peinait à garder une once de calme en lui, je fis doucement glisser un de mes ongles le long de son visage transi par la peur et obscurci par les coups du légionnaire. Il était, dans tous les sens du terme, au creux de ma main, suant à grosse gouttes, comme si devant lui se tenait la mort en personne…
Amusant.

Toutefois, cet océan déchaîné qu’était son esprit devint mer d’huile en l’espace d’un clignement de cil. Il était à moi, il était désormais mon joli petit pantin et serait mon savoureux et copieux repas du soir, comme en avait décidé celle qui se tapissait en moi. Dans le même instant, je retirai la bande d'adhésif couvrant ses lèvres, action qui précéda une longue inspiration de la part du gardien durant laquelle je dis ces quelques mots, également audibles par mon collègue Arsène.

Mon pauvre Richard… Ton si joli visage abîmé par ce méchant cambrioleur… Il fallait être plus vigilent n’est-ce pas, pourquoi je te paie après tout ?


Il acquiesça hagard alors que des pouces de mes mains enserrant de part de d’autres de sa mâchoire, je caressais délicatement ses joues humides…

Allez, au boulot ! Efface-moi toutes ces vilaines vidéos où mon collège et moi apparaissons, et ouvre-nous les vitrines, après tout, pourquoi se priver…


Ces derniers mots, je choisis de les prononcer en regardant ce cher Touareg cambrioleur, et alors que l’employé d’Artemis commençait à pianoter sur son clavier, je me permis de poser un regard perçant et volontairement mystérieux sur ce cher M. Lupin, accompagné d’un léger clin d’œil…
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Jeu 15 Nov - 0:40
Il n’y a pas dans la vie de coïncidence. Sortez-vous cette idée de la tête. Tout a toujours une raison, tout est logique, il faut toujours tout voir sous le prisme de la fourberie humaine dont elle est pétrie. Accusez-moi de complotiste si vous voulez, mais pour moi c’est évident que le 11 septembre est un complot, comme la Révolution Française de 1789 était dirigée par les loges des vampires et que le Prince Noir était un Garou. Une voleuse la même nuit que moi, dans le même musée, qui est si accorte et si malléable avec moi ? Ça pue la merde. Ça pue, ça pue grave la merde. Je ne suis pas quelqu’un d’intelligent, mais j’ai quand même encore un minimum de capacité de réflexion. Sitôt qu’elle passe devant moi, mon petit sourire caché derrière ma cagoule disparaît, et je fronce très fort des sourcils.
Ça pue. La merde.

Maintenant qu’elle entre dans la salle de sécurité qui est parfaitement éclairée, je suis capable de mieux voir à qui j’ai affaire. C’est une dame oui, je peux confirmer (Did you just assume my gender?!). Cheveux longs de jais, svelte, assez grande (Avec ses talons elle me dépasse un tout petit peu), elle m’a l’air un peu âgée, disons qu’elle est dans le palier parfait entre la chieuse de l’université et la MILF. L’échancrure à sa robe me fait remarquer un tatouage assez bizarre que je prends pas le temps d’identifier : Mes yeux ont simplement louché un petit instant, mais je me rappelle rapidement que je suis un diacre catholique ordonné, même si je ne vous en veux pas de ne pas vous en rappeler vu que je suis en train de faire le braquage d’un musée et que je viens de finir de tabasser un pauvre homme jusqu’au sang et par surprise.
Parlons-en, d’ailleurs, de ce pauvre vigile. Parce que la demoiselle elle s’agenouille devant lui, et elle se met à lui parler. Elle connaît son prénom. Ça pue terriblement la merde. J’aime pas du tout ça. Je sens une boule se former dans mon ventre alors que la demoiselle prend une voix toute accorte pour lui parler, et se relève. Le pauvre vigile, le nez cassé dégoulinant de sang qui se mélange avec des larmes, lève ses yeux pour me regarder. Moi je l’observe dans le blanc de ses yeux humides de chien battu qu’un petit instant, avant de re-regarder la semi-MILF.
Elle a des yeux étrangement hypnotiques. Je sais pas pourquoi mais c’est ce mot qui me vient subitement à l’esprit tandis qu’elle se met en marche et suggère à « Richard » de bien vouloir supprimer les bandes. Pour une raison qui m’échappe, je ne me met pas à lui hurler dessus, ou bien je ne profite pas d’être dans un endroit insonorisé pour la tabasser elle aussi et régler le problème. Non. Plutôt que de faire ça, je lui répond, honnêtement.

« Il ne peut pas ouvrir les vitrines depuis cette salle. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas vous être utile, mais j’attendrais avant de le détacher.
Il faut des clés, qui doivent sûrement être dans le bureau du conservateur du musée. Ou bien, il y a une autre solution, mais qui implique alors le problème de l’alarme... »


Je sors de ma poche mon dernier et ultime gadget. Une sorte de bâton avec une houlette que je lance en l’air et rattrape aussitôt. Un bâton tout idiot en acier, mais avec, en-dessous, un petit caillou scintillant que je retire pour présenter à la demoiselle.

« Je vous offrirai bien ce diamant, mais son intérêt principal est de pouvoir découper le verre. Le problème, c’est que ça risque de déclencher immédiatement le système de sécurité, qui ne peut pas être désactivé. Je… Je suis en train de mettre en place une contre-mesure pour ralentir son déclenchement, mais une fois que ce sera le cas, ça va hurler dans tous le musée. »

Je pointe du doigt la petite clé USB attachée à un récepteur que j’aie branchée dessus. Vas-y Herbert, dévoile tout ton plan à cette inconnue. Je me demande un instant ce qui peut bien me prendre.
Un vent de jugeote s’empare finalement de moi, alors que je fais un pas en avant vers elle, et que je reprends mon discours.

« Dites-moi… Puisque nous sommes à présent collègues, puis-je savoir quel est l’artefact familial dont vous souhaitez retrouver le plein usufruit ? Je sais que le moment ne s’y prête peut-être guère… Je fais en faisant un tout petit signe de tête à Richard, ce qui fait que je m’approche à nouveau et que je baisse beaucoup plus la voix, lui chuchotant presque à l’oreille, pour que ça reste entre nous. Voyez-vous, j’ai un sain(t) respect pour l’Histoire, je ne suis pas ici pour faire un pillage d’objets rarissimes de sociétés passées… Je suis présent à cause d’un mandataire qui souhaitait également retrouver la possession d’un artefact, un qui n’a rien à voir avec une possession familiale. Je pense qu'il serait un bon plan que je m'occupe de retrouver les deux biens que nous souhaitons nous approprier, tandis que, vous restez ici avec ce bon vigile, afin de vous assurer de la suppression des enregistrements, et, au cas où l'alarme se déclencherait, afin de "convaincre" notre cher intérimaire de la non-urgence de la situation lorsque les gens qui ont fait installer cette alarme appelleront le téléphone de cette salle afin de savoir ce qui se passe. Pour éviter aux forces de police de retrouver ma trace, je suis de toute façon obligé de revenir ici et de reprendre le petit récepteur que j'ai branché à l'alarme, je ne peux donc pas juste m'enfuir en vous laissant sans reste, je pense que c'est donc un arrangement qui nous satisfait tous les deux, non ? » Je termine en me reculant pour ne plus souffler tout près d'elle.
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Ven 16 Nov - 0:26
Ahhh que la ville est belle quand tout se déroule sans que l’on ait besoin de ne rien faire. Ce pauvre Robert, dont même son agresseur semble avoir pitié, recouvre de sang et de larmes son pupitre tout en exhaussant docilement mon désir. Mon collègue, quant à lui, a le cran de soutenir mon regard perçant, même si je discerne quelques légers signes de stress en lui. Il n’est pas serein, et il a bien raison… après tout, les humains, comme tous les animaux, ont un instinct, et quelque-chose me dit que le sien est affuté. Certes, j’ai tout de même surpris son regard furtif sur ma cuisse, mais il est bien loin de n’avoir d’yeux que pour ma poitrine ou mon postérieur comme la plupart de l’assemblée il y a quelques minutes encore… Je ne sais pas vraiment quoi en penser, mais une chose est sûre, il me plait.

Enfin, me plaire ne signifie évidemment pas qu’il m’attire mais… Entre son audace, son contrôle de lui-même et sa franchise, il ferait un bon allié à notre Cause, et cela serait presque du gâchis de le rendre servile comme cet idiot d’Oswaldo Mogray… D’ailleurs, ce gras égyptologue pervers doit être encore dans la salle principale, malgré le début de la projection, à s’empiffrer d’amuse bouches… J’ai presque envie de redescendre pour constater ce pitoyable spectacle mais… voilà que mon esprit s’égare à nouveau, ce qui est bien dommage tant la situation à l’étage est bien plus intéressante…

Il s’y est en effet installé comme un statut quo, où nous nous fixons mutuellement dans un silence de marbre seulement perturbé par un maladroit martèlement de clavier. L’odeur du sang se fait de plus en plus forte au creux de mes narines. La bête souhaite boire, mais elle ne le peut, et la laisser me guider serait aux antipodes de mes plus intimes principes. Je ne sens que cela, la vitae, comme un encens dont la fumée envelopperait chaque once d’air. Il me faut résister, sans quoi toutes ces heures perdues à amadouer ces chiens n’auraient servi à rien. Miracle ! Me voilà sauvée de cette obsession par Arsène qui, sans toutefois que je lui impose via ma discipline, m’a doucement rappelé à ma mission, en me proposant de surcroît son aide et… Comment ?

Aurais-je commis une erreur ? Ou plutôt Mogray m’aurait-il confié de mauvaises informations ? Il m’aurait menti, à moi ? Impossible… Ou alors avait-il peur de me dire simplement qu’il ne le savait pas… Quelle couardise… A moins qu’il s’agisse d’un bluff de mon ami le cambrioleur… Mais prendrait-il ce risque alors que de toute manière il me suffirait d’hurler pour le faire repérer… Hmm… Possible, il ignore ma nature après tout, et vu ce dont il a été capable avec ce pauvre garde, je comprendrais parfaitement qu’il envisage cette option. Enfin bref, je me décidai à le croire, mais alors un autre dilemme s’offrit à moi. Devais-je me risquer à aller chercher la carte d’accès dans le bureau du conservateur, qui se situait, si Mogray ne m’avais pas également menti, qui sait, au rez-de-chaussée ? Ou devrais-je risquer le déclenchement de l’alarme ?

Malgré sa contre mesure… Ou le bidule informatique dans le genre lui faisant gagner du temps… Il ne pourrait ouvrir que peu de vitrines, et pourquoi alors ouvrirait-il la mienne en premier, si ce n’est pour perdre du temps à amasser d’autres trésors bien plus estimables… Hmm… Mais me risquer à descendre dans la salle encore gardée risquerait d’alerter les vigiles, que certes, je pourrais contrôler, mais au prix de la majorité de la vitae qu’il me reste. Il me serait d’autant plus difficile de retenir ma soif de sang une fois les veines vides… Satanée bête, le jour où je diaboliserai un de mes congénères, elle sera à mes pieds. Ahh… et ce satané conservateur à la vie si parfaite… Pas besoin d’aller me voir hein ?! Une femme de lettres, trois enfants, une situation financière stable et une passion indéfectible pour son métier… Si seulement j’avais pu y planter mes crocs, une petite convocation en pleine projection, il me donne les clefs et tout rentre dans l’ordre… Mais non… Quelle poisse.

Mais assez pensé. D’ailleurs cela m’amusera toujours de voir la tendance qu’ont les gens à rapidement se confier à moi sans même que j’use de ma psyché. Sûrement une aura de psychologue, ou une simple tendance à la sympathie… Qui sait, je balance entre ces deux théories… Mais me voilà qui tergiverse, encore… Bref, ceci étant dit, le voilà qui pose à nouveau un pied vers moi après avoir fait un petit topo fort instructif sur cambriolage. Il prend ses aises à ce que je vois, monsieur n’a peur de rien…
Tant mieux. Mais pourquoi s’intéresse-t-il à artefact que je recherche ? A-t-il peur que je m’en empare il qu’il vaille une fortune ? Non, au prix des autres obj…

Et le voilà qui s’approche encore, à presque me susurrer la suite de ses mots… et me dévoilant au passage son cou… Quelle… Quelle… Quelle occasion de se repaître… Allez… Mange, le dîner est servi… Tu n’as plus qu’à te servir Amaria… Tu la sens n’est-ce pas, littéralement sous ton nez, la vitae qui s’agite dans ses veines…
Inconsciemment, ma langue s’était significativement allongée et affinée, et frôlait désormais son échine… La tentation était bien trop forte. Même si tout mon être hurlait de me retenir encore quelques instants, il le fallait, j’en avais besoin. Quelle misère du désir, certes, mais quelle jouissance de le satisfaire… Son discours n’était plus important, et avec son sang et celui de son camarade, j’aurais suffisamment de pouvoir pour ne laisser aucune trace et… que mon oreille gauche venait-elle d’entendre ?

« Saint respect », « sociétés passées », « artefact »… Une nouvelle fois, il venait d’échapper à la bête, mais étais-ce réellement une mauvaise chose si elle l’avait dévoré ici même ? Ces mots, ce champ lexical, je les avais déjà entendus… serait-il… un des miens, un séthite ? Non… Ou alors bien éloigné du sang du dieu Rouge… car mes pouvoirs l’avaient atteint sans même qu’il y oppose la moindre résistance… Ou alors…

Un légionnaire…

Depuis que j’avais entendu ces mots, tout mon corps s’était figé et ma soif de sang, toujours présente, avait été outrepassé par l’ébullition de mon esprit. Ma langue était lentement redevenue humaine et je fixais droit devant moi. Bien trop d’éléments fourmillaient dans mon esprit alors qu’il finissait son discours en reculant d’un grand pas. S’il savait que j’étais un Séthite depuis le début, qu’il avait discrètement appelé ses congénères postés aux alentours… S’ils avaient réussi, par je-ne-sais-quel-moyen, à sortir un de mes sbires de mon emprise… et si tout ceci n’était qu’un immense guet-append dont l’acteur principal serait tout simplement l’humain le plus courageux que je n’ai jamais vu.

Oui, je dois l’avouer, la peur venait entièrement de s’emparer de moi, mais ces hommes qui jadis avaient tué mon mentor, s’il était l’un d’entre eux…. Je lui aurai parlé, j’aurai joué de mes charmes et même envisagé une collaboration avec lui… Quelle trahison… Quelle horreur… Mais il fallait que je me ressaisisse, arrêter la psychose. Cette psychanalyse Amaria, tu l’as faite non ? « La peur t’envahit dès lors que le doute est en toi », c’est bien ton propre diagnostic ? Allez… Tu es celle qui fera renaître Seth et qui régnera à ses côtés… et nul n’est assez grand pour se mesurer à toi. Si cela se trouve, c’est juste un homme ayant foi en dieu mais qui commet des crimes, ou même tout simplement un vestige de son éducation à laquelle il s’est émancipé. Tu vois Amaria, un peu de bon sens se basant sur ta profession, et tout rentre dans l’ordre…
Mais quel ordre ?
Restons méfiante.

Toutes ces pensées ne durèrent que quelques secondes qui parurent de longues minutes, juste le temps qu’il lui fallut pour laisser un blanc suffisamment long pour révéler mon hésitation, le choix de mes mots.
Toutefois, il fallait que je réponde, vite… Mais quoi ? Lui révéler l’artéfact que je convoite ? S’il s’agit du même que le sien, il comprendra tout de suite, et s’il s’agit d’un légionnaire, il appellera ses congénères. Vite… Oui je pourrais les abattre d'un battement de cil, mais au prix d’une soif de sang, brisant alors mon influence mentale sur Richard, dont j’ai également besoin pour effacer les vidéosurveillances au cas où le coup de sa clef serait un bluff… Allez, réfléchis plus vite encore… Si je brise la mascarade, mes congénères me retrouveront et me massacreront, l’option de laisser en vidéo au XXIème siècle d’un vampire en pleine soif de sang étant donc évidemment inenvisageable. De toute manière, plus le temps de réfléchir… Je repris donc la parole et le fil de ma pensée, affichant un léger sourire complice, en espérant qu’il omette cet instant de faiblesse.

Oui, c’est sûr que nous sommes désormais liés par ce petit bout d’électronique ! Ecoutez… Votre proposition me parait valable et vous m’avez l’air d’un gentleman… A vrai dire… dis-je en approchant progressivement mon visage du sien, exerçant ma discipline charismatique…Si vous faites cela pour moi… Je vous en serai très redevable… Comme une idiote j’aurais été sur le point de me faire attraper et vous m’aidez alors que je n’ai rien demandé… Merci à vous…

Nos deux visages étaient désormais si proches qu’à nouveau, je sentais son souffle tiède parcourir mes joues glacées. La bête s’était momentanément tue, ou en tous cas était restée en affût, craignant l’éventuelle nature prédatrice de mon collègue. Plongeant mes yeux dans les siens, je lui dit alors, sans pour autant user de pouvoir plus puissant que le simple rayonnement de mon charisme…

L’objet que je convoite est sous la lumière du lampadaire à deux salles d’ici. Vous ne pourrez pas le rater, il trône fièrement au milieu de la pièce. Faites attention surtout, cela serait dommage que nous nous fassions enfermer ensemble... N'est-ce pas ?


C’était probablement le meilleur coup à jouer, même s’il avait fait de moi pendant ces quelques phrases quelqu’un que je répugnais. Jouer la petite impressionnée et excitée par son grand bandit sauveur avait été comme un coup porté en plein cœur de mon ego, mais rester vague sur la position du parchemin était pour sûr l’option la plus fine. Certes, j’aurais pu en faire mon caniche servile, mais une capacité de ce genre est repérable et partiellement contrôlable pour un esprit entraîné de la légion, et… je ne pouvais pas me résoudre à en faire mon laquais comme cela… Je l’avoue… pour une fois qu’un humain était intéressant…
Mais une chose était sûre, quelle qu’en soit sa réaction que j’attendais patiemment...

Ça puait la merde.
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Sam 17 Nov - 22:51
On accorde nos violons. Je ne sais pas trop quoi en penser, pour tout vous dire. Elle a déboulé de nul part et je reste quelqu’un de très, très suspicieux. Et si elle déclenchait l’alarme sitôt que j’ai le dos tourné ? Heureusement je peux compter sur le petit bidule de Billy, mais il faut que je le récupère à la fin, il ne faut surtout pas qu’il finisse entre les mains de la police. Ça fait que elle elle a un moyen de pression sur moi, mais normalement pour une relation mutuelle on est censés être sûrs d’avoir chacun un moyen de pression sur l’autre. C’est comme ça que le commerce fonctionne, on se créée des relations par la dette, deux personnes qui ont les moyens de couper les couilles de l’autre s’entendent généralement très bien. Elle a un visage découvert, certes, et le pauvre vigile derrière elle connaît son nom (C’est la partie la plus bizarre de l’affaire, je ne peux pas m’empêcher de pencher un peu mon dos pour tenter de regarder dans les yeux de l’agent de sécurité pour voir qu’est-ce qui cloche chez lui), donc est-ce que ça fait de lui un témoin potentiel ? Elle va le tuer quand on en aura fini ? Ou alors elle le corrompt ? C’est son collègue de sa propre tentative de cambriolage qui a lieu la même nuit que la mienne dans un petit musée de Chicago où il y a juste des pièces d’art et historiques sans véritablement grande importance monétaire ? Encore une fois les huit mille hypothèses se confondent toutes dans ma tête. Je peste dans ma cagoule, avant de tourner les talons vers une table de la salle de surveillance, celle juste devant la télé. Après avoir noté que les White Socks sont finalement très légèrement menés, j’attrape l’un des petits post-it du bloc à post-it du bureau, ainsi qu’un stylo de la société Artémis, et je gribouille quelque chose dessus.

« Si d’ordinaire nous sommes séparés, je compte tout de même retrouver le petit objet électronique, tout comme vous vous voudrez récupérer l’artefact que je volerai pour vous, ainsi nous avons chacun quelque chose que l’autre souhaite obtenir. C’est comme ça qu’on nous une relation saine, non ? »


Je lui tends le petit post-it.

« Si les choses tournent mal, saisissez-vous de mon récepteur et fuyez par vos propres moyens, puis retrouvez-moi là-bas. C’est un plan qui vous conviendra ? »


Ce que j’ai écris sur le post-it c’est l’adresse d’un motel, un boui-boui en libre-service à Hickory Hills, une ville dans la banlieue immédiate de Chicago. J’ai aussi indiqué un étage et un numéro de chambre, mais pas le bon, pour éviter la surprise du SWAT toquant à ma porte qui débarque avec un bélier et des gros flingues, ou bien elle m’attendant derrière la porte pour me droguer ou me tabasser, une frayeur comparable à celle de monsieur Whitefield l’intérimaire d’il y a trois jours. Je suis un idiot complet de lui filer une adresse en premier lieu, mais j’ai tout de même un minimum d’astuce.

« Et, j’ai un cadeau pour vous mademoiselle. Ce n’est pas un diamant, mais je suis sûr et certain que vous allez apprécier l’attention que je vous porte. »

Je lui file alors le pass d’entrée qui me sert à ouvrir les portes, celle qui m’a permis d’entrer par effraction via le toit, ainsi que la pièce de surveillante à la porte blindée. Je n’en ai plus besoin parce que pour la suite je ne vais plus avoir besoin d’un chemin détourné, mais elle c’est différent. J’attends son commentaire et sa réponse, puis une fois qu’on a bien terminé ici, je peux enfin quitter la pièce.
Je traverse le couloir qui reste dans l’obscurité totale pour me rendre jusqu’à l’escalier. Et dès que je commence à descendre les marches, je suis saisi d’une horrible crise de panique que je tentais jusqu’ici de garder en moi. Un tout petit instant, je relève ma cagoule sur mon visage, ce qui couvre mes yeux, afin d’avoir ma bouche et mon nez dégagés. Je prend une grande inspiration, recontrôle mon souffle avec une petite prière, puis baisse la cagoule et me saisi de mon talkie-walkie, dans lequel je parle avec une voix tremblante que je m’efforce de gardée baissée pour ne pas alerter tout le monde dans le musée vide.

« Billy… Y a un soucis. Un gros gros soucis.
– Quoi ?
– Y a… Y a un témoin. Une affaire bizarre. Une meuf du gala, elle… Elle veut que je lui vole un truc, et je vais être obligé de le faire pour son silence.
– Putaiiin… Tu peux pas juste la cogner ?
! Crie presque Billy avec sa voix crépitante sortant du récepteur.
– C’est plus compliqué que ça, c’est pas juste un badaud qui était là par hasard, elle prétend être cambrioleuse. Mec, elle connaît les vigiles.
– Roh ça pue ça… Qu’est-ce qu’on fout ?
– Bah je vais pas avoir trente-six mille choix, hein.
– Oh. Merde… Fait chier, fait chier… Écoute je te fais confiance mais, mais c’est… Bordel. »


Je coupe le talkie-walkie. Ce con attire l’attention en faisant du bruit. Je descend jusqu’à l’étage du musée et en ouvre la porte. Dans la galerie, je note une lumière scintillante d’une lampe torche un peu éloignée. Je reste bien accroupi tout en m’avançant, heureusement que je fais des squats pour pas me niquer les genoux (Essayez de marcher accroupi, vous allez vite vous rendre compte de la peine). En passant sous les présentoirs et les vitrines de la galerie « Années 30 » qui montre de superbes Thompson à chargeur camembert et une grosse voiture Ford B de la police à l’époque de la Prohibition, je parviens à laisser passer le vigile qui fait sa ronde. Je me dépêche d’aller jusqu’à la salle d’exposition temporaire, où je profite du calme et de la présence d’aucun autre être humain pour me relever et arpenter les artefacts.

La première chose que je vois, c’est un mannequin avec une reproduction d’armement d’un guerrier arabe à l’époque de l’extension très rapide des débuts de l’Islam : Il est très peu équipé. C’est pourtant ça qui a fait sa force et sa versatilité, face à des guerriers mieux armé que lui. Tout le long de la salle d’exposition, je remarque des reproductions en 3D qui sont affichées sur des tablettes, des portraits de Rois et des fac-similés de documents avec des textes explicatifs. Des mini-biographies, surtout de Mahomet et des Califes qui se sont suivis. Dans des petites vitrines on retrouve quelques objets très précieux et pourtant peu impressionnants de cette époque : Des pointes de flèches, des étriers (Une petite révolution militaire du moyen-âge, la découverte des étriers), des pièces de monnaie dont on voit l’évolution progressive à travers les siècles et la transformation de l’Islam d’une simple spiritualité semi-mystique en une véritable religion organisée avec un Livre. On voit également quelques traces des ennemis de l’Islam, des cataphractes Byzantins, du guerrier Franc qui l’a endigué près de Narbonne, du Berbère qui a été soumis à la nouvelle religion en abandonnant ses églises pour garder son langage. On note que c’est généralement l’inverse de la plupart des peuples conquis d’ailleurs, puisqu’une petite partie de l’exposition montre les destins personnels de certaines personnes du Levant, de l’Égypte et de l’Irak : Même si on continue de pratiquer des religions chrétiennes ou juives, on voit apparaître de légers changements de prénoms qui s’arabisent parmi les locaux. Une grosse maquette au milieu de la salle montre à quoi ressemblait l’Amsar de Fustat, une ville de garnison où les guerriers conquérants s’étaient installés pour finalement transformer leur campement militaire en cité civile et prospère. Je suis au niveau de la conquête Égyptienne.
C’est exactement ce que je cherchais.

Je tourne autour de la pièce. Je rode au milieu des objets et des preuves du peuplement et des changements politiques qui ont touché la région, d’abord lors de la très grande guerre entre Byzance et la Perse qui a anéanti très fortement le Nil d’ordinaire si fertile, puis lors de sa soumission au conquérant Amr ibn Al-As, avec toutes les pincettes et les relativisations qu’il faut faire, vu le manque de sources écrites qu’on a de la période : Les conquérants musulmans étaient-ils cupides ? Régnaient-ils bien ? Les cloches d’églises sonnaient-elles encore ? Le calife Omar a-t-il ordonné la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie ? Tant de questions auxquelles on aura du mal à trouver des réponses, surtout vu les problèmes historiographiques qui se sont posés par la suite. Perso je suis de l’opinion que les conquérants musulmans étaient effectivement des envahisseurs qui se sont imposés et qui ont écrasé le peuple d’impôts, mais faut pas croire que les Romains qu’il y avait avant eux étaient des tendres, en fait les Musulmans avaient probablement une domination plus agréable et locale que les Grecs orthodoxes qui voulaient supprimer la religion copte et qui volaient le grain du Nil pour le ramener jusqu’à Constantinople. Au moins les musulmans ils imposaient local, l’Amsar du Caire il bouffait sur place et c’est pas les guerriers qui construisaient les maisons et tout, c’était le New Deal du VIIe siècle. Mais combien ils imposaient en vrai, les rebeuhs ? C’est ce que je cherche. C’est ce que je cherche de vitrine en vitrine, jusqu’à ce que je découvre, à peine illuminé pour ne pas l’abîmer, le papyrus rédigé en copte. La petite fiche de présentation de l’artefact le compare bien à des rapports fiscaux à peine plus vieux qui montrent que l’arabe s’impose très vite en Égypte en remplacement des anciennes langues. Moi, je reconnais surtout la texture du papyrus sur lequel on a probablement ré-écrit et qu’on souhaite obtenir, pour je ne sais quelle raison.
Je sors mon talkie-walkie.

« Billy. C’est bon, je l’ai sous les yeux.
– Ok… Dit Billy après avoir très longuement soufflé. Je… Je suis sur la fréquence du musée. Je commence à surcharger dès que tu me dis.
– Dans un instant. »

Elle elle cherche quelque chose qui trônait fièrement. Il y a quelques objets qui sont mis en valeur près de la maquette, et bien éclairés par une faible lumière vu que le reste est éteint. Par contre, elle aurait pu quand même me donner un peu plus de précisions sur c’est quoi ce qu’elle souhaite récupérer. Si c’est le gros vase géant gravé et peint en céramique du VIIIe siècle, ou bien l’icône de saint en ivoire du Xe ça va être compliqué à faire sortir sous le bras. Si c’est les paires de boucles d’oreilles en or ayant appartenu à une demoiselle copte du XIe siècle, c’est déjà plus négociable. Je me retrouve à faire du délit de faciès, en essayant de déterminer l’origine ethnique de la dame qui m’a chargé de son larcin : Elle a plus une gueule de Grecque ou de Bédouine ? Difficile à dire en plus parce qu’ils ont pas arrêté de se métisser sur dix siècles, donc je ne sais pas si ce qui appartenait à ses ancêtres c’était la petite croix pectorale ou les coupelles en argent. Je me retrouve à tourner un peu, hésitant. Je regarde au plafond à la recherche d’un lampadaire qui pourrait éclairer quelque chose.
Et puis ça me semble évident. Pour que ce soit un objet de famille faut qu’il soit facilement identifiable, pas que ce soit juste des boucles d’oreilles quelconque. Je trouve alors un magnifique coffret sous le lampadaire, en ivoire et en os gravé, du bronze d’orfèvre qui sert à la serrure. Dessus on a fait plein de petites gravures sur toutes les faces, avec des danseuses et des guerriers. Les petits symboles entre les images me font vaguement penser à un insigne de famille ou de clan ; Contrairement aux chevaliers européens, les rebeuhs avaient pas d’héraldique, mais certains avaient des symboles qui permettaient de les identifier eux et leur clientèle. Là en l’occurrence il s’agit de petits arcs composites collés l’un contre l’autre, qui sont gravés de façon rectiligne, régulière, et un peu espacées. Pour moi ça fait pas de doute, c’est ce gros coffret qu’elle veut récupérer. Dommage, je tapote la vitre et elle est un peu plus solide que celle du papyrus. Je soupire. Cela va probablement mal se finir.

« Billy ? Je suis prêt.
– Ok, à mon top je commence. »


Je m’approche de la vitrine du papyrus, c’est la priorité. Je place le diamant du découpe vitre sur la façade. Puis j’attends l’ordre de mon collègue.

« Top. »

Je fais tourner le diamant dans un sens circulaire. Ça gratte la vitre dont des petits débris sautillent dans tous les coins, une large rayure apparaissant dans le trou de la vitre. Aucune alarme qui n’est déclenchée. On a reçu des bonnes infos : Le musée de Montcalm devrait franchement investir dans le vitrage de sécurité. Dans les musées nationaux faut au moins y aller avec la massue, si c’était le MET que je cambriolais ce serait pas la même chanson. Artémis Sécurité va également perdre 20 points en bourse quand on parlera du cambriolage dans le journal demain. Parce que après deux minutes de grattage très silencieux (C’est long tout de même deux minutes) je parviens à faire une jolie coupe ronde dans la vitre et à récupérer le papyrus que je me dépêche d’enrouler et de placer dans mon gilet.

« T’as bientôt fini ? Grésille Billy dans ma radio.
– Je suis très loin d’en avoir fini.
– Tu fais chier. L’alarme va se déclencher à un moment ! »

Plus le temps d’exercer de la caution. Je passe direct au plan B. J’approche près de la vitre qui cache le petit coffret magnifique en ivoire. La vitre du coffret est de bien meilleure qualité que la vitre qui protège le papyrus, elle répond aux normes EN356 d’après le document officiel d’Artémis qu’on avait téléchargé sur leur site officiel. Du coup, pas d’élégance digne d’un film d’espionnage. Je défonce la vitre à gros coups de marteaux répétés comme un bourrin. Tout naturellement, le bruit est horrible. Il se répète dans un écho très puissant à travers le musée vide tout entier. Je viens d’abandonner toute notion de la discrétion.
Paf. Paf. Paf. Paf. À chaque coup un gros trou s’enfonce dans la vitre alors que de grosses rayures fragilisent la vitre. Je compte chacun de mes martellements, et les secondes qui passent : C’est beaucoup trop. Au bout du couloir, je note la lumière d’une lampe torche qui arrive. Je me retrouve semi-ébloui par le vigile qui arrive en courant. C’est une femme noire petite et avec beaucoup de ventre, autant vous dire que j’en ai que moyennement peur. Elle sort malgré tout ce qui ressemble à une bombe lacrymogène en me hurlant dessus.

« Hey ! Q… Qui êtes vous ?! »

Elle pose vraiment des questions débiles. Je l’ignore alors que je continue de frapper comme un gros demeuré sur la vitre. La femme sort son petit bipeur pour lancer une alarme d’urgence, dommage que le système de déclenchement soit perturbé. Mais pas pour longtemps.

« Arrêtez ! Lâchez votre arme ! »

C’est trop marrant comment elle pense arrêter un cambrioleur avec sa bombe lacrymogène. J’ai une grosse massue. Je prend une petite pause dans mon travail de BTP pour sortir mon couteau et le montrer dans sa direction, et je hurle comme un fou furieux :

« Dégage gros tas ! Recule ! »

Elle n’a visiblement pas envie de jouer les héroïnes, je la comprend. Malgré la sueur qui recouvre mon dos je recommence à frapper comme un fou. Et c’est alors qu’un cri strident me bousille les oreilles. Toutes les lumières du musée s’allument et toutes les alarmes se déclenchent en hurlant. J’entends à peine Billy qui crie dans son talkie-walkie.

« Artémis Sécurité vient de contacter la salle de surveillance. Attends toi à une réponse du CPD le plus vite possible.
– Trop tard maintenant ! Ramène la bagnole ! »


Trop tard pour aller récupérer l’émetteur. Trop tard pour s’assurer que les bandes soient vraiment HS. Trop tard pour faire un braquage qui se termine rapidement et sans heurts. Une fois la vitre bien démolie, je sors le coffret à travers la vitre, et le détériore un peu avec des morceaux de verre qui tombent dessus. Je suis en train de ruiner un putain de trésor historique avec mes conneries. J’abandonne mon petit marteau sur les lieux, me saisit plutôt de mon couteau, et m’enfuis en fonçant vers le hall d’entrée, contournant la grosse dondon afin de ne pas avoir à me retrouver à portée de sa bombe lacrymo.
Ça hurle de partout dans le musée. Y a des petits flash lumineux. Si le but de l’alarme c’est de faire fuir les intrus ça remplit parfaitement son rôle, je n’ai aucune envie de rester ici plus d’une minute. Mes chaussures d’escalade trop fine couinent sur le parquet trop fin, alors que je cours plus vite qu’Usain Bolt jusqu’à la porte d’entrée, les bras fonçant avec mes jambes, le coffret sous le bras, direct vers la porte d’entrée qui est déverrouillée pour le gala. Je fonce dedans et la défonce, et j’y met tellement de force que je trébuche à l’extérieur et doit vite me retrouver sur mes jambes grâce à mes talents de chat pour ne pas me rétamer sur le gravier et casser le coffret. Je fonce en courant jusqu’à la rue, où je vois quelques passants s’approcher du musée, l’un d’eux ayant déjà sorti son portable pour filmer. Et maintenant il me filme moi.
Billy fonce en voiture juste devant moi. Il freine sec et ses pneus crissent sur l’asphalt. Il retourne en marche arrière à toute blinde et se jette sur le siège passager pour m’ouvrir. Je me jette dedans et lui hurle dessus :

« Allez, allez ! »

Il remet le pied au plancher et nous fait nous barrer le plus vite possible, tandis que je note derrière moi que le connard qui filme est en train de filmer la bagnole. On avait prévu de changer les plaques d’immatriculation, mais quand même une marque et une couleur de voiture ça se découvre. Je hurle intérieurement, et d’ailleurs je donne un gros coup de poing dans le tableau de bord. Billy tourne sec le volant et se concentre sur la route, en regardant la route dans tous les sens comme une poule paniquée.

« T’as le papyrus ?
– Oui !
– Ok, ok… Je… Je vais tenter de nous faire nous barrer d’ici. »
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Dim 18 Nov - 18:42
J’avais merdé.

Mais vraiment, quelle amatrice j’étais… Trois putains de siècles pour ça, tout ça a cause de la peur, de la bête et d’un petit désagrément dans mon plan si parfait. Me faire littéralement mener à la baguette par un humain, quelle honte, d’autant plus que désormais, mon salut dépend partiellement de son talent de cambrioleur. Toutefois, j’ai réussi à semer le doute dans son esprit.
Vous savez, cette terrible et vicieuse hésitation quand vient le moment de décider. Ce moment où milles et milles pensées débordent du flot de votre pensée et vous perdent. C’est ma seule et unique chance désormais pour qu’il ne me la mette pas à l’envers. Certes, il y a ce problème de caméras, mais il voit très bien que ce cher Robert fait méticuleusement son travail en récupérant de vieux enregistrements… Maintenant que nous sommes tous les deux liés par une simple clef USB, je lui accorde un brin plus de confiance, surement encore une erreur de ma part.

Mais le voilà qui me surprend presque à reprendre la parole, sortant de sa torpeur méditative, et qui prend à nouveau les devants. Il venait de résumer globalement mes pensées, ce qui me plut. Nous étions en accord sur ce point au moins. Parfait. Il y ajouta même un trait d’humour, un peu cynique, qui me fit sourire à nouveau.

Il me tendit par la suite un petit papier sur lequel était écrite une adresse dont j’ignorais tout. Une nouvelle fois d’ailleurs, il me surprenait. Méticuleux, précis, non pas un de ceux qui m’auraient laissé un numéro de téléphone ou autre invitation. Vous ais-je déjà dit que cet humain me plaisait ? Oui ? Et bien il me plait. C’est un bon chien !
Toutefois, ne croyez pas que je suis parfaitement dupe, il pourrait tout à fait s’agir d’un piège. Je porte presque en cette soirée une somme à cinq chiffres entre mes bijoux, ma robe bleue nuit et mes talons, tous de marque bien évidemment. Il pourrait parfaitement se dire que je suis une fille de bonne famille qui commet un simple petit écart pour s’amuser, et qu’une juteuse rançon serait accordée à quiconque l’enlèverait. Hmm… Si toutefois, comme il l’a dit, cette situation tournait au vinaigre, il me faudrait un solide alibi et quelques sbires pour effectuer cette transaction mais…

Revenons en a notre cambriolage voulez-vous, le voilà qui m’offre quelque-chose. Quel gentleman ! Mais le connaissant déjà partiellement par la force des choses, je me doute qu’il s’agisse d’un bijou ou de quelque autre bien purement matériel, c’était… Une carte de sécurité.
Un très bon cadeau, qui valait en ce moment bien plus que n’importe quelle arme ou parure. Ayant appris les plans du musée par cœur, il me serait désormais fort aisé de quitter ces lieux sans encombre. Toutefois, quelque-chose me dérangeait dans son discours depuis tout à l’heure. Le stress, puis l’adresse et enfin la carte de sécurité… C’est comme s’il avait un pressentiment… Ou plutôt la certitude que cela n’allait pas correctement se passer.

Cette pensée me rendit instantanément d’autant plus méfiante à son égard. Je n’avais ni vu son visage, ni vu ce qu’il convoitait. Il pourrait tout à fait, comme je l’ai dit plus tôt, me berner avec sa clef USB, mais cela signifiera alors qu’il avait prévu de se faire surprendre par un autre voleur… Improbable… De même que pour les alarmes, cela s’est révélé ne pas être du bluff, Robert ne pouvant visiblement pas les désactiver depuis son poste de commande. Tout était si incertain, je détestais cela. Parlons-en d’ailleurs de Robert. Peu à peu, je sens mon emprise sur lui s’amoindrir à mesure que mes ressources en vitae s’amenuisent, certes lentement, mais tout de même. La soif de sang est là, et mes égarements spirituels ne font que la repousser temporairement. Il me faut boire, mais bien évidemment, pas devant ce cher Arsène.

Merci beaucoup cher collègue. Ecoutez, je ne prévois pas de bouger, je vais rester avec ce cher Robert qui a dors et déjà fait boucler les vidéo surveillances, donc allez-y sans vous soucier de rien. Et… Au cas où cela dégénère, ne vous méprenez pas, je récupérerai la clef et m’éclipserai jusqu’à vous retrouver à votre adresse.

Je finis ma phrase en massant l’épaule de ce cher Robert, cherchant bien plus un endroit meuble où planter mes dents qu’à réellement le détendre. D’ailleurs, que d’ankyloses dans sa chair, j’ai bien peur que son sang ne soit pas très sain… Mais bon… Il n’est pas l’heure de faire la fine bouche…
Voilà d’ailleurs mon cher M. Lupin qui fait volte-face, l’air déterminé. Je me permets alors de le saisir au bras et lui dire d’un grand sourire accompagné d’un clin d’œil…

Soyez prudent cher collègue, et à bientôt !

Il resta assez neutre face à cela, fidèle à lui-même après tout, et quitta la pièce d’un pas tout aussi certain que son air. Je dois bien le reconnaître, il était fort agile pour un humain, ce qui ne pouvait me soustraire à l’idée qu’il pouvait être un légionnaire…. Ahhh… Surement une idée en l’air, cela serait un malheureux hasard d’être tombé sur l’un d’entre eux, mais bons, restons prudente.
Mais maintenant, trêve de tracas, c’est l’heure de passer à table… Non… Attendons encore un peu… S’il le retrouve exsangue cela éveillera ses soupçons… mais me voilà encore à dépenser de la vitae pour le garder sous mon joug. Ahh quel terrible dilemme, je devrais donc me contenter des onces éparpillées dans la pièce pour le moment.

Ainsi, déployant ma langue sur près d’un mètre, je me mis à lécher chaque petite once de sang dans la pièce. Je le devais, simplement pour ne pas arracher immédiatement la gorge de ce pauvre chien à la gueule ensanglantée qui me tournais le dos. Il avait, comme je l’avais pressenti, un arrière-gout de cholestérol. Du sang gras, pas vraiment ma tasse de thé, mais cela fera l’affaire. Bon, où en est ce cher Arsène ?
Rangeant ainsi ma langue lentement entre les mâchoires, je m’assis auprès de Robert pour scruter les sorties vidéos des caméras. Bien heureusement pour nous, elles n’étaient plus en mode « enregistrement », mais permettaient tout de même de suivre les déplacements de ce cher monsieur Lupin. Ou était-il normalement ? Mes yeux parcouraient les différents postes… La salle pré-colombienne, non. La salle du Japon à l'époque Edo… Non plus… Ah ! Enfin, celle de l’exposition éphémère sur la civilisation de notre Dieu.
Vous vous demandez d’ailleurs peut être pourquoi je le laisse voler d’autres œuvres égyptiennes ? Tout simplement car je n’ai que faire de l’art, et oui, ce genre de fioritures ne m’attirent guère, contrairement à ce que pourrait indiquer mes apparats. C’est… Disons… un outil charme… plus qu’une fin en soi. Mais, excusez-moi, mon esprit se perd à nouveau et… Quel gentleman décidément !

A peine mon regard se pose-il enfin sur lui au travers de la vidéo surveillance que je le vois s’atteler à la tache de se saisir de mon artefact. Je le vois ainsi patiemment découper le verre de la vitrine fort résistante alors que mon attention est légèrement perturbée par un ventilateur d’ordinateur, celui chargé de gérer la sécurité des vitrines. Cela n’était donc pas du bluff, il avait réellement réussi, avec un si petit outil, à mettre à genoux un système professionnel. Chapeau ! Je me perdis ainsi de passion à le regarder à la tache pendant cette centaine de secondes, faisant tourner méticuleusement le diamant rayant la vitre, jusqu’à ce qu’il obtienne son trésor.
C’est dans un sens d’ailleurs assez proche de ce que je fais quotidiennement, me servir du simple petit outil que sont mes cordes vocales pour mettre a genoux des animaux. Nous sommes tous deux des gentleman cambrioleurs après tour, l’un des vitrines, l’autre de l’esprit. D’ailleurs, je…

Merde. Que fait-elle là celle-là ? A déambuler dans les couloirs vides. Non. Elle s’approche trop près de lui et… Mais que fait-il ? Quel est ce soudain empressement à se saisir de cette masse et…

S’ensuivit de ma part un long soupir alors que mes mains glissaient lentement le long de mon visage. Quelle dualité dans sa manière d’agir, capable de patienter deux minutes à dessiner un cercle puis impatient à en fracasser une vitrine à coups de marteau.
Bien évidemment, ces doux bruits de masse sur du verre alertèrent l’afro américaine d’Artemis qui s’empressa d’aller voir ce qu’il se passait et qui, oh surprise, lui demanda de s’arrêter. Et il continue en plus… Mais… Attendez… Ces gardes ne sont même pas armés ? Quelle belle société mais… Oh… Mais qu’avons-nous là… Une résistance psychique… Bien plus forte que précédemment, même quand je l’ai vu jeter un regard sur ma langue démesurée. Un sentiment plus fort que la peur… Serait-ce l’amour qui transit ce cher Robert alors qu’Arsène menace sa chérie de gardienne à l’étage inférieur et qu’il est témoin de la scène via les caméras ? Que c’est charmant, il gardera au moins un si doux sentiment à l’esprit et…

Je l’avoue, à ce moment, j’ai sursauté. Tout est devenu si vite si brillant que mon corps tout entier fut saisi d’une surnaturelle fatigue. L’alarme, un hurlement si strident qu’il brisa instantanément mon emprise sur ce cher Robert. Il était clairement temps pour moi de m’éclipser, mais pas avant d’avoir recouvert mes forces. En une fraction de secondes, ma langue entoura à plusieurs reprises son cou, serrant de plus en plus fort. Il fallait que ça passe pour une agression humaine.
Oui. Je mettais un meurtre sur le dos de ce cher Arsène, mais s’il n’avait pas merdé à jouer au bourrin, je n’aurais pas eu besoin d’en faire autant. Il végétait désormais alors que je ressentis un premier craquement, probablement celui de sa trachée qui s’affaissait, sous la pression de ma langue. L’instant d’après, c'était au tour de ses muscles de se rompre, je plantais mes crocs au point même ou je l’étranglais.

Je pense sincèrement qu’il n’eut même pas le temps de ressentir l’extase de la vie qui le quittait. En quelques secondes à peine, tant ma faim était grande, je l’avais littéralement siphonné de la moitié de son sang et me retrouvais à nouveau pleine possession de mes moyens et de mes disciplines. Quel pied. Je pense que je ne m’en lasserai à vrai dire jamais. Sentir la chaleur de la vitae me parcourir, voir un corps partiellement desséché s’affaler, mort en un claquement de doigt, et se lécher délicatement les lèvres est tout simplement incomparable. Et oui Freud, je laisse libre court à mes passions.

Mais trêve de philosophie, il me faut maintenant me sortir de là. D’ailleurs je viens d’apercevoir mon collègue qui en fait de même, apparaissant chaque seconde sur une nouvelle caméra de l’étage, puis du rez de chaussée, le parchemin très certainement avec lui.

Me saisissant alors de la clef USB (sans éjecter, je sais, mais qui donc le fais, franchement ?), je me trouvais au cœur d’une pièce bien trop éclairée pour mon sang sacré. A ma droite, après quelques pièces, une issue de secours, sécurisée par une carte magnétique. Parfait ! Me saisissant de mes plus intimes forces, je me mis à déambuler sous les rayons assommants des plafonniers jusqu’à l’issue qui s’ouvrit devant moi. Un homme, celui dont j’avais gelé les mouvements pendant quelques secondes il n'y a même pas un quart d'heure, se tenait à bout portant, une véritable arme au poing.

Plus un…

Pas le temps de tergiverser.
En un claquement de doigt, son gras corps s’écrasa violemment au sol et commença à glisser dans escaliers. Cela m’avait coûté bien trop, mais c’était nécessaire. Quatre à quatre, je me mis à gravir les escaliers de service menant au toit. J’entendais les pas pressés d’un autre vigile qui gravissait à son tour les marches, je n’étais pas… Disons… Stressée… Je dirais plutôt… Pressée… très pressée, quand enfin, je la vis devant moi: La porte menant au toit.
Me servant cette fois ci bel et bien du cadeau d’Arsène, je réussis sans mal à atteindre enfin à nouveau un endroit sombre, seulement éclairé par la lumière de la lune. Il me fallait me presser cependant, ce qui ne me convenait guère.

Me déchaussant de mes talons et délaissant ma robe que je pris en main, je me retrouvais complètement nue à courir sur le toit du bâtiment. Oui je vous vois venir, petits pervers, à avoir des images salaces en tête, mais si vous croyez que je me dévoile autant par pur plaisir, vous êtes aux antipodes du compte.
Je pris une grande inspiration alors que je me trouvais maintenant à mi-chemin du toit plat que je parcourais à petite foulée. Je m’étais au passage aussi débarrassé de toutes mes parures. Quelle tristesse, je sais, de froisser tant de si belles pièces. Toutefois, le pire pour moi était à venir. Je prenais de plus en plus longues inspiration, masquant mon essoufflement, et emmaillotant durant tout cela la clef USB ainsi que le reste de mes effets dans mon habit satiné.
Alors arrivé à quelques mètres de la bordure, je me saisis du balluchon ainsi confectionné et le projette en l’air. Prenant ensuite appui sur le rebord du toit du musée donnant sur quinze mètres de vide, à vu de nez, mon corps tout entier devint celui d’un reptile. Il est probablement difficile pour vous, mortel, de vous le représenter. Nos jambes s’atrophient à l’extrême ainsi que nos bras, notre bouche se divise jusqu’à la base de notre cou et notre peau devient des milliers d'écailles verte olive. Rien de très séduisant donc, mais tout de même bien pratique.

D’un adroit geste de la mâchoire, je gobais d’une seule traite de balluchon et entamai ma vertigineuse chute jusqu’au lac Michigan. Je priai pour ne pas me faire voir depuis les fenêtres du musée. Un serpent géant, à coup sûr, cela ferait les gros titres, déjà que cet abruti en Ecosse s’est fait passer pour un monstre, cela ne sera pas moi qui deviendrait la « Nessie » du Michigan. Bref, me voilà maintenant à quelques mètres de la surface du lac, non mécontente d’avoir bien calculé ma trajectoire. De toute manière, si je m’étais écrasée telle une crêpe après ma chute, je n’aurais pas été là pour vous conter cette histoire.

Enfin.
La froideur de l’eau du lac prend contact avec mon sang froid, et je m’enfonce dans les eaux. Après quelques ondulations sur une dizaine de mètres, je ressors le long de la rive et me redresse en faisant siffler ma langue dans l'air. J’aperçois une voiture au loin foncer dans ma direction, faisant moultes dérapages très relativement contrôlés, avant de violemment bifurquer vers la voie rapide. J’y retrouve ce qui me semble être ce cher Arsène, tout à fait paniqué.

Un sacré numéro celui-là. Au moins, il ne s’est pas fait attraper. Je n’ai peut-être pas eu tant tort que cela de lui faire confiance.
Ceci fut mon dernier songe à son égard de la soirée, alors que lentement, je rentrais par la côte vers les bas quartiers de la ville, arpentant les rigoles et autres égouts pour rejoindre mon cabinet...


*****

Le lendemain, les journaux titraient un cambriolage à l’exposition du musée Armand de Montcalm, ayant fait un mort, et soi-disant orchestré par un couple de cambrioleurs. Malheureusement, aucun des portraits n’avait pu être dessiné, le gardien ayant vu la femme affirmant avoir vu un, je cite « reptilien non pacifique ».
Je l’avoue, j’avais sûrement un peu forcé en lui inspirant ma terreur mais… Avec cela comme dernier souvenir, c’était certain que son cerveau n’aurait aucun souvenir précis de mon allure.
Et tant mieux.

Toutefois, cela n’était que la moitié de la mission pour moi. Il me fallait désormais retrouver ce cher Arsène à cette adresse, qui se révéla être un Motel après quelques recherches. Serait-il toutefois fidèle à son marché ? Hmm... Probable... Il serait dommage que la clef se retrouve au pied du commissariat de le ville.
Toutefois, je décidai de prendre la précaution de faire examiner la clef par un, ami informaticien disons... Histoire d'en apprendre un peu plus sur ce mystérieux homme aux allures félines et à l'élégance dans le crime non négligeable...


Histoire à suivre donc…
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