Tombent et tombent les gouttes. || Ft. Dio (Heine).
Ancilla de la Camarilla
Ancilla de la Camarilla
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Jeu 15 Nov - 1:21
Nos yeux entament aujourd'hui encore – ou aunuitd'hui, de pourlécher les murs de l'étroit logis dans lequel nous résidons. La colombe l'ayant trouvé n'a jamais prit la peine, la grande peine pour lui, d'y apporter une quelconque touche d'artifice. Quelques meubles paressent : il s'agit uniquement du "nécessaire", selon les mots de la perle d'ivoire. Nous ignorons l'utilité de certains, auxquels il nous a vivement ordonné de ne pas toucher. Nous n'avons pas non plus obtenu le droit de nous introduire dans l'espace de sa zone de travail : l'amas de tout ces papiers pollués par son écriture ancienne demeure un mystère, détrempés de le même mysticisme que tous les ouvrages s'empilant sur le sol. Certains, ouverts, affichent les entrailles de leurs récits, parfois illustrés de dessins détaillés. Des sceaux, des plantes... Il paraît impossible de discerner le vrai du faux, l'utile de l'inutile.

Et tout autour, enveloppant cette cachette secrète : les mûrs, blancs. Ils nous hypnotisent parfois des heures durant. Des heures ? Peut-être même d'avantage, ou alors moins. Le temps nous paraît distordu. Lorsque nous les fixons suffisamment longtemps, des spirales se créent au milieu de la blancheur, cercles rotatifs chamarrés d'armadas de points aux couleurs souvent indescriptibles. Et lorsque le silence accompagne ces valses, il nous arrive de l'entendre. D'entendre la mort, savamment dissimulée derrière nos voix. Ces accalmies, cette plaie, qui nous effraient tant, tordent alors notre existence comme dans l'envie diabolique de nous déchirer. Lorsqu'il n'y a plus le moindre son, lorsque tout est mort, que reste t-il de nous, et des autres ? Nous n'existons plus. Et lorsque nous n'existons plus, de terribles choses se produisent.

Nous tournons la tête, pour observer un fait courant : La colombe lutte. Son éternel combat, celui qu'il mène chaque nuit sans que nous ne le comprenions jamais, le tient penché au-dessus d'un bureau sur lequel il a amassé vieux carnets aux reliures craquelées et notes griffonnées à la hâte, consultés minutieusement lorsqu'il lui prend de tourner sa fragile tête sur la rive d'un côté. Le dos voûté, comme s'il était prêt à se briser sous le poids du temps, il ne démord jamais de sa quête. La faible lumière quelque peu jaunâtre d'une lampe donne une couleur délavée à sa chevelure, déforme les teintes de ses vêtements. La scène, à l'aspect nous paraissant si coutumière et pourtant si dramatique, baigne dans un clair-obscur presque inquisiteur, traçant d'un coup de crayon net la frontière entre la raison et... nous. Entre ce qui peut se mouvoir sous les éclairages même factices, et ce qui doit se tapir dans les ténèbres.

Et nous nous ennuyons. Nos pas, alors, naissent. Un premier, d'abord, puis un second. Marcher nous donne envie de marcher. Le bout de nos orteils bouge sur le sol lisse, alors que nous nous hissons sur la pointe de l'un de nos pieds. L'autre se jette vers l'arrière, levé, et nous pivotons. Le mouvement est agile, discipliné, il nous rappelle une sensation familière que nous ne savons pourtant pas nommer. En tournant, la pseudo fourrure de notre toison défraîchie roule. Les lourdes boucles, emmenées par le mouvement, défilent sous notre regard, et il nous prend un temps de recommencer encore et encore, enchaînant les pas comme s'ils nous apparaissaient clairement, fil argenté de l'inexplicable retrouvaille de quelque chose de connu. Bien vite, toutefois, nos pieds jonglant de l'un à l'autre pour pivoter à répétition s'éloignent de notre position initiale. Et, par une fenêtre devant laquelle nous défilons, un éclair de lumière nous gifle le visage. Alors nous nous figeons, éblouis, obnubilés également.

Nos yeux, émerveillés, se jettent à la poursuite de cet éclat. Peut-on le rejoindre ? Peut-on partir à sa recherche ? Une dernière œillade sur la colombe, qui ne semble pas avoir bougé d'un iota depuis le début de notre danse, et nous nous glissons hors de la bâtisse, notre tête vissée entre nos épaules penaudes, nous donnant l'aspect d'un voleur dérobant sa propre liberté. Et dehors, la nuit est maîtresse des terres. La Lune, depuis le trône des cieux, illumine ce voile semblable au plumage des traîtres de corbeaux, un drapé bleu marine, que nous distinguons mal derrière la muraille irrégulière des géants de béton. Un instant, nous restons plantés au pas de la porte d'entrée. Où sont les étoiles ? La Lune les a t-elles dévorées ? Ou sont-ce toutes ces lumières humaines, les coupables ? Elles blessent nos yeux. Elles nous pointent, lorsque nous nous cachons. Elles sont les alliées des mortels, et la colombe nous a dit nous semble t-il de nous méfier de ces derniers.

Pour quelle raison ?, est notre interrogation. Le souvenir d'un instant aux contours imprécis émerge dans les méandres de notre psyché, pour toute réponse. Ce brasier, ce feu, que celui du contact des autres. Tant d'eux. Dans un instinct d'auto-préservation, l'une de nos mains frappe sur l'autre, comme si la mémoire seule avait su réveiller les réminiscences enfouies de ces affres que celle de l'immolation. Nos yeux descendent rapidement vers nos phalanges, si pâles, dans une légère crainte de ne les voir enflammées. Mais, rien.

Et c'est le vide. Un temps mort, un temps creusé. Un temps... Inoccupé. Nous ne comptons pas les secondes, nous restons là, contemplant béatement les grains de temps chutant de la taille du sablier vers ce pseudo bas-ventre. Que voulions-nous faire ? Dans notre tête, il y a cette case qui a sombré, et toutes les autres semblent scintiller à tour de rôle. Que devons-nous écouter ? Que devons-nous faire ?

Les passants, épars, que nous suivons du regard dans l'espoir d'obtenir une réponse semblent tous avoir une idée précise d'où aller, connaître parfaitement leur destination. Leurs silhouettes, nous paraissant si fragiles lorsqu'elles traversent le rideau du rayon clair des lampadaires, glissent dans l'existence de pas tous si différents ; lents, ou rapides, une infinité de rythmes. Un ballet confus, désordonné, resplendissant de son anarchie. Alors notre propre marche s'y mêle. Nous suivons, âme sage – pour le peu que nous soyons toujours dotés du présent de l'âme, nous glissant çà et là sans le moindre mot.

Parfois, un pincement fait tomber notre champ de vision. Quelque chose de solide tente de soumettre la forme de la plante de nos pieds à sa présence. Un caillou, un trou dans le bitume des trottoirs, un déchet abandonné là et suis lequel nous marchons. Nous fixons alors nos orteils, nus, questionnant cette sensation sans réel intérêt. Une constatation, l'espace de quelques secondes : celle d'une pointe de douleur foudroyant notre cheville et striant quelque peu plus haut, en direction de notre genou, avant qu'elle ne disparaisse et ne nous laisse à nouveau dans notre errance.

Le paysage, peu à peu, au fils de nos pas, change. Les structures perdent de leur suprématie, leurs murs sont pour certains endommagés, les écailles de peinture dessinant de curieux motifs que nous nous arrêtons pour grattouiller, l'esprit occupé par l'envie folle de trouver quelque chose en-dessous. Un léger tapotement sur notre peau, au bout de quelques temps, nous étonne et nous fait lever le nez vers le plafond du monde. Il y a tant de choses à voir. Il doit bien y avoir quelque chose d'utile ici, là, quelque part. Cherchons. Cherchons, et trouvons. Quelque chose dont nous avons besoin ? Une goutte, un peu plus loin devant nous, s'écrase au sol. Son cadavre, informe, ne laisse sur le bitume qu'une sorte d'ombre sombre, inerte. Morte. Nous pressons le pas, pour tenter de rattraper et de sauver la suivante. Celle-ci chute alors entre nos mains, réunies en forme de bol comme foyer de fortune aux larmes célestes. Une nouvelle, encore, et nous suivons leur déchéance jusqu'à ce qu'elles ne soient trop nombreuses. L'averse, nous ayant surpris, prend alors d'assaut de plein front le tissu de notre chemise de nuit, lequel comme lâche vient se coller contre nos courbes ; épousant les lignes de nos cuisses, celles également de notre poitrine. La couleur s'évapore, le blanc parfait du vêtement laissant transparaître un blanc presque grisé, celui de notre peau.

Alors, laissés perplexes de notre impuissance, nous nous posons. Nos yeux voyagent, entre les filaments plaqués de notre chevelure, cherchent à reconnaître quelque chose. Mais tout nous paraît si flou. Où sommes-nous ? Que faisons-nous là ? La pluie fait naître d'épaisses draperies blanches, recouvrant les rues au-devant du banc glissant où nous nous sommes assis. Nous sommes perdus., dit l'un d'entre nous. Non. Nous ne pouvons pas nous perdre sans itinéraire., rétorque alors un autre. D'un commun accord, nous hochons de la tête, causant la chute de nouvelles gouttes venant s'effondrer contre nos genoux serrés l'un contre l'autre.

« -Elle ! »

Une voix. Heine ? Une autre, à l'arrière de notre crâne, comme un souffle glacial glissé contre notre nuque : Qui est-ce ?

Nous l'ignorons. C'est un mot.
Un mot que nous connaissons ?
Quel... mot ?

Nous penchons la tête, désarçonnés. Et bientôt le mouvement chute vers l'avant, alors que quelque chose se saisit de nos épaules. Le feu. La fin. Celles-ci se hissent, pour nous cacher, dans un parfait réflexe de défense, notre canine droite venant s'enfoncer dans la chaire de notre lèvre inférieure. Et notre opposant nous secoue, faisant hoqueter notre champ de vision en coupant le faible court de nos faiblardes suppliques. Arrêtez. Ne nous touchez pas. Alors nous tentons de comprendre. Une connaissance ? Les traits de son visage, sur lesquels nous jetons les pupilles, sont épais, presque grossiers. Ses yeux, coupés par la ligne d'une capuche, nous apparaissent comme deux morceaux de charbon.

« Mam'zelle ! »

La prise disparaît. Avec elle, le brasier. Nos mains recouvrent la cicatrice invisible laissée par celles de notre opposant, frottant vigoureusement dans l'effort d'éteindre cette fournaise infernale. Un grand coup nous percute le dos, celui d'une paume grande ouverte. Et le sol nous murmure de le rejoindre, alors que nos jambes cèdent face à l'absence de notre support du moment. En rencontrant le béton, une nouvelle décharge fait trembler le niveau de nos hanches, nos mains se cramponnant à nos bras. C'est douloureux. Mais qu'est-ce, d'ailleurs, que la douleur ? Est-ce mal ? Autour, nous les voyons se ruer. Un, puis deux. Trois. Leurs visages dissimulés sous leur couvre-tête, nous nous demandons la raison de la présence d'un tel artifice. Leurs silhouettes, en contre-jour de la lumière intermittente d'une enseigne, nous paraissent bien grandes. Est-ce parce que nous sommes au sol ?

« Sérieux, mec, regarde ! Elle a l'air complètement HS, elle sort d'une maison d'fous ! Et mate un peu : elle ressemble à ma grand-mère, avec sa robe ! », lance le premier, dans un rire gras.
« Bordel j'me taperais bien ta grand-mère si elle est comme ça. », rebondit un second, venant frapper du coude les côtes de son allié.

Et un troisième, dans un soupir, lève une main près de son visage avant de ne s'éclaircir la voix, s'exprimant alors à la suite des autres d'une voix lente et lassée :

« Eh. Elle a pas du fric sur elle ? »
« Ouais tu parles, elle a rien sur elle. », reprend alors à nouveau le premier.
« C'est p'êt'e bien caché. »

Parlent-ils de nous ? Avons-nous quelque chose ? Avons-nous cacher quelque chose ? Le doute, assaillant, nous pousse à tapoter le tissu englué de pluie de mains curieuses, griffant de la pointe de nos ongles pour nous assurer ne pas rencontrer de solide, ne pas oublier un objet dissimulé. Mais nous ne trouvons rien. Alors nous levons le visage, pour faire face aux inconnus, revenus bredouilles de notre chasse.

« 'Gaffe. Elle va t'cracher du pétrole à la gueule si ça s'trouve. On sait jamais c'qu'y peuvent faire les malades comme ça. »
« Tu veux de l'aide pour te tripoter, ma belle ? », questionne le meneur, ayant ignoré son acolyte.

Une poigne, la seconde suivant l'interrogation, s'empare de nos cheveux. La main d'un étranger se fraie un chemin entre les mèches grises, la sensation de phalanges rappant contre notre crâne nous faisant ouvrir des yeux étonnés. C'est familier. Notre tête suit le mouvement suivant, qui nous tire vers le haut et nous fait nous relever, alors qu'une voix siffle entre nos murailles : Disparaissons. Mais comment disparaître ? Nos genoux claquent, répétitivement, peinant à tenir le poids de notre corps, et ce rythme nous donne envie de le suivre. Nous nous étirons, pour tenter de faire un pas vers une direction nous plaisant mais la poigne s'affirme alors, et nous tracte cette fois-ci vers l'arrière. Le geste, vif, fait tanguer notre maigre équilibre, et nous chutons à nouveau. Notre fessier atterrissant dans une flaque d'eau nous donne l'impression de patauger dans un très petit bain. Une situation qu'ils observent sans retenue. La main tenant nos cheveux fermement descend, à l'instar du propriétaire de ce membre venant s'accroupir face à nous. Pourquoi nous regardent t-ils de la sorte ?

« Bah alors, princesse ? Il est où ton prince charmant ? »

Jamais loin.
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Lun 10 Déc - 16:02
LIVRE 1 - CHAPITRE N°1
Tombent et tombent les gouttes.
Heine Hohenhart, Dio & Manea A. O'Sullivan
Cette sensation était si étrange. Étrange, et désagréable. C'était comme s'il disparaissait, lentement, attiré par une voix singulière mais douce. Un chant, ou bien une prière. Quelque chose qui prenait le pas sur sa propre conscience, sur son propre être. Il le sentait. Il le savait. Heine y était même habitué. À cette sensation, celle de perdre pied, de ne plus avoir le contrôle. Au contraire d'une frénésie, où colère et violence s'entremêlent dans un cocktail épicé et dangereux, ici c'était un calme et une fatigue qui prenaient le pas sur tout ce qu'il était. Effaçant sa personnalité, sa volonté, pour ne laisser place qu'à une seule chose.

La torpeur.

C'était comme s'il s'enfonçait au fond d'une mer bien trop calme pour ne pas vous en vouloir. Le chien errant se laissait bêtement porté par les flots, qui l'enfonçaient, l'enfonçaient petit à petit tout au fond des abysses. C'était comme un appel. Une voix étrange, rauque, qui résonnait dans son esprit. Un appel au sommeil. Un appel à la fin. Un appel qui n'arrêtait pas de sonner, de se répéter, inlassablement. Jusqu'à qu'une idée germe dans l'esprit du chien errant, une sensation, une prémonition. Un visage, un nom, une personne.

« Manea ?... »


Heine s'échappa de l'emprise de la Torpeur pile avant d'y sombrer, retirant sa tête de l'eau, se relevant avec difficulté de son fauteuil. Aucun bruit. Aucune lumière, mis-à-part la petite lampe présente sur son bureau, éclairant faiblement la pièce. De nombreuses notes siégeaient sur le bois usé, et l'odeur du papier enveloppait la pièce. Quelques bibliothèques, pleines à craquer de bouquins, décoraient la pièce, accompagnés d'une légère musique douce et entêtante qui s'échappait d'une baffe présente sur un meuble.

Grognant doucement, l'homme se frotta lentement les yeux, encore à moitié endormi. C'était tout lui, se laisser tenter par l'appel de Caïn aux pires moments. Sur le moment, il ne s'inquiéta pas. Sa douce à la psyché perturbée savait autant faire du bruit qu'être atrocement silencieuse. Néanmoins, par habitude, réflexes, il se dirigea quand même vers le grand salon qui se trouvait juste derrière son bureau.

... Personne.

Écarquillant son regard écarlate, le Tremere observa pendant quelques secondes la pièce totalement vide. Enfin, totalement... Seule une âme était présente : Dio, qui dormait sur un perchoir emménagé, en hauteur. L'animal d'un noir de jais était tout ébouriffé, gonflant ses plumes comme un enfant rabat la couverture et se fait border avant de s'enfoncer dans les bras de Morphée.

La panique vint alors, lentement, enserrer le cœur mort du Vampire. Merde. Son regard se porta alors sur la porte d'entrée... ouverte. Merde, merde, merde. Elle s'était fait la malle. Manea avait quitté la maison et vagabondait à l'extérieur, dans la ville, sans surveillance ni protection. Et c'était un gros problème.

Tout d'abord, pour elle. Même si Chicago restait un territoire contrôlé par la Camarilla, des chasseurs sévissaient néanmoins dans cette jungle de béton. Et même en dehors d'eux, des membres du Sabbat pourraient tout-à-fait être en chasse, cherchant à abattre quelques membres de la secte pour monter en grade. Le monde de la nuit n'était pas sûr pour une jeune femme comme Manea, une Malkavienne dont la folie la poussait à ne pas forcément agir ou répondre comme elle le devrait. C'était comme si cette malédiction détruisait toute trace d'un quelconque instinct de conservation, amenant la belle à foncer droit devant un champ de mine à la simple vue d'un papillon passant par-là.

Et si ce n'était pas elle qui était en danger, c'était le monde lui-même. Heine ne savait pas réellement comment elle pourrait agir face à des hommes, ou des vampires. Le Mathusalem avait envie de tout sauf de devoir s'occuper de nouveaux infants qu'elle aurait créée sans même s'en rendre compte ! Pire, elle pourrait ne pas respecter la mascarade et révéler à quelques passants sa nature caïnite. Se nourrir en public, toute ces choses qui feraient d'elle une criminelle aux yeux du Prince.

Grognant dans sa barbe, il claqua alors des doigts. Usant de sa magie du sang, il fit littéralement voler Dio près de lui, qui paniqua légèrement en secouant ses ailes. Son regard se calma finalement à la vision de son maître, ses yeux reprenant cet air blasé qu'il gardait de d'habitude.

« Manea est partie. On se sépare et on la retrouve, le plus vite possible. »


Remonté comme une horloge, l'oiseau leva alors la plume sur son front, imitant un salut militaire. Montrant ainsi qu'il avait compris sa mission, il s'envola rapidement, quittant la maison en un éclair. Bien plus rapidement qu'un oiseau normal. Après tout, Dio était une goule.

***


Cela faisait plusieurs dizaines de minutes qu'ils cherchaient. D'un côté, Heine, qui voletait à travers les ruelles. Activant sa détection d'aura, il observait avec attention, cherchant celle particulière de la Malkavienne. Mais sans succès. De l'autre côté, c'était Dio qui parcourait les cieux, pensant voir quelque chose depuis les hauteurs.

Et ce fut, d'ailleurs, lui, qui tomba en premier sur Manea. Qui était entourée d'une bande d'hommes qui ne semblaient pas être là pour lui indiquer le chemin. Les ordres de Heine revinrent alors taper dans l'esprit de l'oiseau, lui rappelant sa mission.

Dio était plus intelligent que la plupart des oiseaux. Dernier représentant d'une vieille race désormais mélangée avec d'autres au fil des générations, il accusait désormais de plus de 500 ans. Plus vieux qu'énormément de damnés, il était déjà, de base, un être qui comprenait aisément les sentiments humains. Une fois le sang de son désormais maître ingéré, ses capacités furent décuplés, faisant alors de la goule un équivalent à l'homme en terme d'intelligence.

Même s'il était incapable de parler, il comprenait. Réagissant, répondant comme il le pouvait. Malgré sa position de goule, néanmoins, Heine ne le traitait pas comme un outil, ou un simple animal de compagnie. C'est un ami, un compagnon, quelqu'un en qui il a mit sa totale confiance.

Et il n'était pas prêt de le décevoir.

D'un mouvement, il entama alors un soudain piqué en direction du groupe. Alors que le "chef" s'apprêtait à, de nouveau, s'attaquer à la jeune femme, l'oiseau l'arrêta net, se posant sur le crâne de la Malkavienne. Bombant son torse aux plumes écarlate, il observait la scène avec ce même air blasé qu'il gardait en permanence. Blasé, oui, car bon dieu que ça l'ennuyait de faire le surveillant. Il gardait une enfant qui n'en faisait qu'à sa tête. Dans le fond, il appréciait Manea. Et malgré son changement, il n'était pas capable de simplement la laisser là, surtout après avoir vu les effets positifs qu'avaient eu sa relation avec Heine. Apportant de nouveau le sourire sur les lèvres âgées du Tremere, Dio priait pour que cela recommence.

Mais l'heure n'était pas aux rêves. L'heure était à l'action. Le groupe d'attaquants observèrent alors avec curiosité l'animal, avant que le "chef" ne reprenne la parole.

« C'est ça, ton Prince ?... C'pas grand chose et ça n'empêchera rien ! »


Il sauta alors presque sur Manea, ne se préoccupant pas de l'oiseau... Avant de soudainement sentir un coup brisant ses côtes. Abaissant son regard, il voyait alors la petite masse de plume enfoncée dans son torse. Sur le coup, le gaillard ne capta pas le lien. Il n'arrivait pas à l'accepter : qu'un simple piaf puisse lui faire du mal. C'était comme s'il venait de se prendre un coup de poing d'un réel humain, comme si la racaille se faisait étaler par plus grand et plus fort que soit.

Sous la violence du coup, l'imprudent fut finalement envoyé en arrière, s'écrasant dans un bruit roque sur une autre flaque, non loin du petit bain où siégeait la Malkavienne. Satisfait, l'oiseau revint alors aux côtés de la vampire... avant de se nettoyer, glissant son bec le long des plumes de ses ailes, dans une petite toilette improvisée. Durant quelques secondes, le groupe ne répondit à cette assaut que par un simple et morne silence. Ils étaient tous décontenancés, ne comprenant pas comment cela était possible.

C'était grâce au sang de Heine. Une goule était un être vivant, nourri du sang d'un damné. Il acquérait ainsi de nouvelles capacités, dépassant sa simple condition. Dio était ainsi devenu un être surpassant les simples oiseaux, développant ses attributs physiques à un point où il rivalisait aisément avec certains vampires.

Alors des simples humains... Ils n'avaient strictement aucune chance.

Écrit et codé par Heine Hohenhart


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