Patient #6729 : Elias Lavander
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Mar 11 Déc - 20:00
Un fin froncement de sourcil, presque imperceptible.

Bien heureusement, mon attention ne l’ayant pas quitté, j’avais remarqué ce léger rictus. Première majeure divergence, en effet. Se placer d’égal à égal, vivre parmis eux et même les aider, les humains ne le méritaient pas.
C’était le simple ordre des choses, la manière dont les meurs devaient être.
Ne me jugez pas si vite, mortel. Rappelez-vous qu’avant même que vous vous soyez accordés sur une manière de vous exprimer, vous domptiez déjà des animaux pour qu’ils servent vos fins et satisfassent vos faims. Quelle est donc la différence entre ceci et ma relation avec vous autres mortels, en fin de compte ?

De toute manière, si un jour vous vous élevez en devenant des nôtres, vous comprendrez mon point de vue…

Mais abrégeons.
Dès lors que j’avais libéré mon invitée, Elias s’était avancé vers moi avec un air bien moins charmeur qu’à la coutume à laquelle il m’avait habitué. La soif était certes toujours visible dans ses mimiques, mais il avait un air plus grave que je n’aurais pas soupçonné devant son repas tout frais servi.
Lentement, il s’approche de mon oreille et entrouvre la bouche. Je jette un rapide regard sur son cou, par pur instinct, avant d’apposer à nouveau mon regard sur la serveuse, puis sourire légèrement à l’entendre.

Son ton, accordé avec son air, trahissait une déconvenue. N’était-elle pas à son goût ? Faisait-il partie des fines bouches qui choisissaient avec attention le sang qu’ils buvaient ? Préférait-il charmer ses victimes au lieu de simplement les avoir servies sur un plateau ? Tout ceci était probable, et me gênait légèrement.
J’aimais tout prévoir, et que chacun m’entourant le ressente. C’était comme cela, mon pire ennemi se trouvait dans l’imprévisible et l’impondérable, et afficher la faiblesse de l’imprévu m’agaçait. Comment aurais-je pu savoir me direz-vous ? Et bien en étant tout simplement plus maligne.

D’ailleurs, cette légère déconvenue s’était trahie sur mon visage, aussi discrètement que le rictus d’Elias qui l’avait causé.

Peut-être l’avait-il vu, ou non, mais il poursuivit sa phrase d’un ton qui m’était bien plus familier. Sa voix était redevenue malicieuse et son regard pétillant. Ils les aimaient donc excitées.
Soit.

Cela répondait aux interrogations évoquées précédemment, et j’avais plaisir à constater que mon idée d’appeler une représentante de la gente féminine lui plaise, en fin de compte. Toutefois, je pris note de ce détail. A vrai dire, sa proximité avec certains humains avait failli me faire penser qu’il ne chercherait même pas à se jouer d’elle. Car autant la charmer pourrait être facile, autant l’exciter…
J’étais forte curieuse de voir sa manière de procéder.

Il la fixa un instant, puis énonça son nom.
A vrai dire, je m’attendais à ce qu’elle lui saute ou cou, mais non. Il souhaitait la jouer subtile visiblement, ou alors ses disciplines ne lui permettaient pas un tel envoutement. En tous cas, peu à peu, je m’effaçais dans un coin plus sombre de la pièce, sans même user d’aucune discipline.
Non, simplement qu’haïssant la lumière forte, mon bureau n’était qu’éclairé par la lampe tamisée de mon bureau, et une seconde postée près du divan. Ainsi, je pus très vite trouver une place parfaite pour assister à la chasse de l’artiste, adossée à une armoire.

Ou en étais-je déjà… Ah oui.
Son nom.

Très vite, presque surnaturellement, il sut la rassurer, se présentant comme un client occasionnel. Je voulais bien croire à une verve exceptionnelle, mais de là à rassurer une humaine dont j’avais ouvertement présenté comme notre repas était… disons… Surnaturel.
Je n’étais pas experte dans le monde vampirique, je devais bien l’admettre. Mon clan n’avait que faire des affaires qui occupaient actuellement le monde des ténèbres, je n’avais donc pas pour coutume de côtoyer les autres créatures de la Mascarade.
C’est pourquoi il m’avait fallu recourir à un moyen que même un humain aurait su utiliser pour deviner sa nature,
C’est pourquoi j’avais manqué de prudence envers son ascendance,
C’est pourquoi je n’arrivais pas à identifier sa discipline.

Quelques mots encore, l’invitant à boire.
Au moins, il semblait que nous avions des goûts similaires sur ce point. C’était certainement dû à ma passion pour ce genre de breuvages alors que je n’étais qu’une jeune humaine et que je buvais quelques gorgées en cachette dans les verres de mes parents. D’ailleurs, étant vampire, il m’avait probablement menti sur ses origines. Prévisible, certes, lui-même m’ayant caché sa nature, et je serais bien hypocrite si je défendais la vérité entre ces quatre murs, mais tout de même, cela remettait en doute tout ce qu’il avait pu me dire précédemment.
C’était bien ça le problème désormais. Les hommes étaient aussi fragiles que nous autres pouvions être vicieux, surtout entre nous. Son geste avait-il été longuement calculé ? S’était-il servi de disciplines ?

Trop.
Bien trop de questions s’entassaient dans mon esprit. Cela aurait pu rester un si basique jeu de séduction et de langues, mais c’était devenu, pour moi en tous cas, une joute intellectuelle opposant mes craintes et mon scepticisme, ma méfiance et ma raison.

Devant mes yeux se tenait une bien étrange scène d’ailleurs. Tous deux installés, trinquant et se cherchant du regard, Elias refermait peu à peu le filet sur elle, et je devais bien l’admettre, c’était assez plaisant à regarder. Quelques mots encore et son expression changeait. Les pommettes rouges, le regard scintillant et ses lèvres légèrement entrouvertes contrastaient tant avec son attitude apeurée d’il y a une minute à peine que l’intuition sur son clan me vint enfin.
Il était très probablement Malkavien.

C’était certes possible d’efficacement modeler un esprit pour bon nombre d’entre nous, mais un tel changement dans l’esprit relevait d’un tout autre niveau de manipulation. Celle qui brise tous les codes, qui pousse à perdre la raison et qui déboussole l’esprit. Celle de la folie.

Un sourire était alors instinctivement né sur mon visage. Pas carnassier, ni même charmeur. Non. C’était celui du challenge intellectuel que représentait désormais Elias, l’artiste Malkavien qui semblait si sain d’esprit.
Car la folie brute, celle qui fait prononcer des phrases sans queue ni tête et qui pousse à des risques inconsidérés, est si barbante et anecdotique, alors que la sienne, silencieuse, représente un mystère bien plus sombre à percer. En avait-il lui-même conscience ? En quel mesure en était-il le maître ? Était-il toujours celui qu’il était ce soir ? Tant de questions, et tant de réponses à lui faire égrener.
Par chance, par un hasard qu’il avait provoqué, je tombais probablement sur un des cas les plus intéressants depuis des décennies.
Moi qui avait été déçue de sa nature quelques minutes auparavant, je me rendais compte à cet instant d’à quel point je l’avais vite jugé, et ne regrettais aucunement le moment d’égarement dont nous avions été victime près du divan.

D’ailleurs, la dénommée Sarah s’était également égarée en ce même lieu, découvrant passionnément les lèvres d’Elias avec les siennes. Lentement, ce dernier glissa le long de son cou et quelques baiser humain plus tard, elle découvrit notre baiser.

A ce moment, un sourire se dessina sur chacun de nos visages. Celui de Sarah, rempli d’extase, celui d’Elias, assouvissant sa soif dans la même luxure, et le mien, carnassier, sachant que bientôt, j’allais aussi y planter mes crocs.
Quelques secondes de pure extase donc, qui laissèrent la serveuse enivrée tétanisée par cette vague de plaisir. Durant cet instant, je m’étais rapprochée du duo et ma main s’était posée sur l’épaule d’Elias qui avait pris le temps de se redresser après son étreinte. A la voir, il m’en avait laissé bien assez pour me repaître, et comme signe distinctif de cette soirée, je me permis d’essuyer les macules de sang qu’il avait au bord des lèvres avant de poser mes yeux sur l’amorphe Sarah.

Lentement, mon corps passa au-dessus du sien et ma tête survola ses haches, puis son ventre et sa poitrine avant de s’arrêter à la base de son échine. Elle n’avait surement même pas remarqué ma position si audacieuse, moi même si ignorante de l’attitude d’Elias en cet instant, elle se passant probablement en boucle l’instant qu’elle venait de vivre.
Toutefois, l’horreur se joint à l’extase lorsque lentement, je bus de ma langue sibylline le sang d’avait laissé s’échapper l’artiste après son étreinte. Si sensible, si précise. Cet atout propre à mon clan était en tout point enviable, d’autant lorsqu’il accompagna la finesse de son cou pour fermement l’enserrer.

Rapide, brusque, brutal retour à la raison de la serveuse donc le souffle se voyait restreint par une force insoupçonnée.
Inopinée, plaisante et enivrante vague de plaisir pour toutes deux lorsqu’enfin mes crocs se plantèrent dans sa nuque, un brin plus bas où Elias s’était repu quelques instant plus tôt.

Durant ces quelques passionnants instants, je me retrouvais toute à la merci du regard et des crocs du vampire sous mon toit, mais c’était un risque que j’étais prête à prendre tant le jeu en valait la chandelle. Gorgées après gorgées, je sentais son sang tiède me parcourir et ses ongles griffer le divan. C’était bien trop pour un si faible esprit… et visiblement pour un si faible corps.

Peu à peu, le monstre en moi se taisait, satisfaisant son irascible soif...
Peu à peu, je sentais la vie quitter la serveuse, mais cela ne me dérangeait pas...

Ma bête était un problème, un très sérieux problème chez moi. L'adage précisant que dès lors que l'on chasse le naturel, il revient au galop, semblait trouver sa définition en mon comportement. Moi qui souhaitais toujours tout contrôler, tout maîtriser dans les moindres détails, se retrouvait à la merci de mes désirs bestiaux, même adjectif dont je qualifiais les humains.
Ironie du sort, malédiction, ou fatalité, c'était en réalité ces trois éléments entremêles.

Fort heureusement, je sentis un calme irrationnellement plat soudait m'envahir. Un mot avait atteint mon oreille, et la tempête était redevenue mer d'huile, me faisant lâcher mon étreinte.

Pour sûr, Sarah pouvait se sentir redevable.
Il venait de lui sauver la vie.
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Mar 11 Déc - 22:52
Désaccords, visions de monde opposées, confrontées dans l'enceinte de ce petit cabinet, avec la frêle Sarah en guise d'exemple qui sert à illustrer chacune de leur conception.L'un pense comme ceci, l'autre pense comme cela. Au final, les deux sont des monstres. Des créatures surnaturelles de la nuit, du sang.

Mais tous les monstres n'ont pas à être mauvais.
Pas totalement.

Mise en confiance, désamorçage, séduction. Toute une série d'étapes pour arriver jusqu'à la Récompense Finale, le Baiser, le rouge de vie qui passe des veines de l'une à la bouche de l'autre. S'il n'était pas emporté par le feu de l'action, Elias maintiendrait ces gênes qui ont été les siennes au tout début. Il n'aimerait pas la façon qu'a eu Amaria de gérer les choses, détesterait avoir dû hâter sa façon de procéder pour en faire une parodie de ce qu'elle est normalement. Il serait contre d'imposer ça à cette inconnue, cette humaine, de rendre leur méfait si évident, si traumatisant. D'habitude, il fait les choses de façon à ce que ses victimes oublient, ou rationalisent. C'est souvent ce qu'il se passe naturellement avec les morsures, mais certains cas sont difficiles à oublier, à ignorer. Certains traumas ne se cachent pas si aisément. Après tout, les Vampires sont capables d'effacer leurs marques de morsure. Alors, commettre son méfait au détour d'un orgasme, jusqu'à ce que l'autre personne ne s'évanouisse, pour ensuite se réveiller sans marque de crocs... C'est simple. Très simple pour cet humain, de ne pas se rappeler. De confondre, de douter, d'être confus. Surtout avec l'aide des Disciplines. Ceux qui maîtrisent la Domination parviennent plus aisément à tromper leur prochain de la sorte, mais n'importe quel Vampire a les outils pour rendre l'expérience plus supportable, dans les faits. Tout particulièrement Elias.

Tous ne le font pas.

Lui, il y est, là, au-dessus d'elle, imposant sa présence masculine contre son corps, le poids d'une envie charnelle, avant le poids d'une soif surnaturelle. Pour amener les choses au fur et à mesure, pour que Sarah soit confrontée a quelque chose qu'elle connaît, avant de subir autre chose de nouveau, d'inhabituel. D'anormal. Lèvres qui flirtent, langues qui jouent, mains qui se baladent, corps qui frottent. Elle est là, dos collé contre le moelleux du divan, prise d'envies qu'elle ne se connaît pas, ne se comprend pas. Mais c'est tant puissant qu'elle ne se pose pas la question : elle le veut, c'est tout. En quelque sorte, Elias l'embarque dans le même schéma que le sien : s'oublier, s'abandonner aux plaisirs, pour supporter l'insolite, l'insupportable, l'inexplicable. Pourquoi est-ce qu'elle est venue ici ? Pourquoi est-ce qu'Amaria a parlée d'elle comme d'un objet, lorsqu'elle est venue ? Pourquoi est-ce que cet homme provoque si soudainement, si facilement ces sensations déraisonnées chez elles ?

Beaucoup de questions, peu de réponses. Et pour fait : ces questions, elle est trop occupée à être conquise pour se les poser.

Une bouche quitte une autre, Elias se perd à son menton, son cou. Quelques baisers, quelques suçons, quelques bruits de peau malmenée qui se mêlent à leur mélodie faite de râles de plaisir et souffles courts. Elle essaie de parler, mais n'y parvient pas. Yeux fermés, lèvre mordue, elle n'est plus vraiment là, dans cette pièce. Pas complètement. Avant d'être dans la pièce, elle est entre les bras d'Elias. Avant même d'être un être vivant entre ces quatre murs, elle est une femme à la merci de l'artiste. Ca avant toute chose.

Et bien assez vite, arrive le moment de sceller leur passion trop précipitée.

Des crocs qui mordent, des corps qui se raidissent. Les yeux de Sarah qui s'ouvrent grand, puis roulent sous les paupières tandis qu'une décharge traverse leurs deux corps. En un rythme lent, le sang passe de sa gorge à la bouche d'Elias. A cet instant précis, tout est un concentré de contrastes : d'un côté, la morsure passionnée, presque brutale, de l'autre, les mains masculines qui maintiennent la femme d'une douceur précautionneuse. D'un côté, ce que cette morsure devrait amener : douleur et effroi, de l'autre, ce qu'elle procure réellement : plaisir et euphorie.

Intimement, les deux corps se mêlent. Les deux êtres, les deux âmes. Et peu à peu comme à chaque fois, ça commence. Yeux fermés, à apprécier son festin, les images commencent à défiler. Il voit le bar, les habitués et employés que Sarah côtoie. Il voit quelques-uns de ses souvenirs, qui passent en une succession de flash rapides. Il voit son ex, et l'enfant qu'ils ont eu ensembles, celui dont elle s'occupe désormais seule. Ca ne dure que quelques secondes.
Juste ça, mais ça suffit pour qu'il ait une fenêtre ouverte sur sa vie. Sur ce qu'elle est, qui elle est.

Depuis toujours, lorsqu'il s'abreuve, il y a ces visions qui le prennent. Parfois, des flash, parfois, des voix. Parfois les deux. C'est aussi en partie une des raisons qui justifie sa façon de faire. Quand il mord ces gens, il les voit. Voit ce qu'ils sont au-delà d'un sac de sang, lance un œil dans leur vie, sans même le vouloir. Il voit leur vécu au-delà de leur rencontre.
C'est toujours plus facile de faire du mal à un inconnu. Lorsqu'on apprend à connaître, et peut-être même apprécier, par contre...

Les visions cessent. En même temps que son esprit lui rappelle de ne pas trop boire, tout s'arrête. Petit à petit, il se reprend, se remet. Puis se redresse, et tourne le visage pour voir Amaria toute proche. Il remarque la main sur son épaule, la femme désormais non loin de lui et Sarah. Un moment, ses yeux restent dans une confusion extatique, trahissent qu'il n'est toujours pas redescendu de son petit nuage. Lorsqu'elle essuie sa bouche, il laisse faire, fixe, sans dire un mot.

Puis, en un accord tacite, il se lève pour lui laisser la place. Il reprend ses esprits, observe. Observe d'un voyeurisme malsain, plus stimulé par la situation que la morale voudrait qu'il le reconnaisse. Le spectacle se déroule, et il l'observe non loin, une lueur d'intérêt visible dans ses prunelles.
Petit à petit, cette lueur change.

Elle boit trop.

C'est facile à estimer, pour un Vampire qui regarde d'un point de vue extérieur. Trop de sang qui passe d'un corps à l'autre, trop de temps penché sur sa proie, trop de tout. C'est courant, pour de jeunes Vampires, de mal doser leur soif et tuer sans le vouloir. Et à vrai dire... Lorsque la soif est grande, c'est facile même pour les anciens. Là, il les sent. Ces secondes de trop qu'elle passe à la gorge de la serveuse, ces dangereuses secondes de trop.
Un fin soupir s'échappe de ses lèvres, alors qu'il commence à revenir prés des deux femmes.

D'un geste, il se penche, jusqu'à être dans le dos d'Amaria, jusqu'à ce que son torse vienne peser contre elle. Il passe prés de sa nuque, sans pouvoir s'empêcher un regard à sa gorge. Un regard qui revient rapidement à son oreille. Et les mots sortent de sa bouche sur le même ton de miel qu'ils sont sortis, lorsqu'il a parlé à Sarah. Une voix douce, chaude et apaisante. Et un simple mot :

- Doucement...

Et avec ce mot, il s'en va chercher l'empressement sans raison qui s'empare d'Amaria en l'instant, cette soif gourmande qui la pousse à boire plus qu'elle n'en a besoin, pour le diminuer drastiquement, ce en même temps que sa main va chercher sous son menton pour délicatement ramener son visage vers le sien, plutôt qu'enfoncé dans la plaie de Sarah.

Un simple mot, une simple discipline, et un tout aussi simple geste. Trois simples choses pour empêcher un malheureux événement qui aurait potentiellement de bien plus complexes retombées.

Ce n'est pas rentable de tuer en tant que Vampire, dans cette époque. Pas si l'on est pas précautionneux, en tout cas. Dans cette ère, tuez quelqu'un, et les proches se demanderont où il est passés, appelleront la police, et si la chance n'est pas de votre côté, une enquête sera ouverte. Et si elle ne l'est toujours pas, d'une façon ou d'une autre, ils remonteront peut-être à vous. Et les conséquences peuvent être... explosives.

Non, c'est bien plus simple, de laisser vivre que de laisser un corps. De laisser un esprit confus pas sûr de ce qui lui est arrivé la nuit dernière, plutôt qu'un vide que les gens vont finir par remarquer. Quelque part, il lui rend service en ce moment : qui sait ? Son patron qui la voit partir du bar, qui voit dans quelle direction. Une suite de caméras qui tracent son itinéraire, pour désigner l'endroit comme sa dernière localisation...
Et quelques jours plus tard, un homme en badge toque à la porte d'Amaria. Et les choses deviennent plus compliquées.

Car qu'on ne s'y trompe pas : les Vampires, leur influence et leurs pouvoirs finissent toujours par trouver leurs limites. Toujours. C'est pour ça que les plus sensés d'être eux restent cachés, et utilisent leur force avec précaution.
Il l'a appris à ses dépends, les limites du pouvoir Vampirique, fut un temps.
Un temps oublié.
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Mer 12 Déc - 0:46
Une soif inextinguible, un désir inarrêtable, une bestialité monstrueuse.

Tout ceci, et bien plus encore, un simple mot avait suffi à l’arrêter. J’avais tant été absorbée par ma macabre tâche que je n’eusse su me méfier de ma nuque découverte, ni même du poids de son corps qu’il apposait sur mes épaules.
La bête qui m’avait langoureusement chuchoté la gourmandise et à la luxure avait laissé sa place à un artiste à la voix satinée. Cet ordre… Non… Juste cette suggestion, bienveillante, m’avait extraite de mon carnage intime et irrationnel.

Sa main, douce, m’avais saisie doucement à la mâchoire, sans crainte d’une volte-face, et m’avais coupée du plaisir infini du baiser. De coutume, j’aurais sûrement envoyé valser son maigre corps avec mon ascension divine, mais là. Rien. Juste le calme plat, une mer d’huile écarlate au centre de laquelle je me tenais, avec lui qui réfrénait mes envies.
Je n’avais plus soif, non pas parce que j’avais assez bu, mais parce qu’il me l’avait demandé.

Peu à peu, mon esprit se rapproche du rivage. Je distingue toujours du rouge, mais c’est celui du divan. De mon divan, au centre duquel trône une femme à la gorge sanguinolente, pâle, mourante, mais un sourire d’extase aux lèvres.
Violent est l’instant où l’on relativise. Où l’on prend conscience de l’irréparable, de ce que la bête à fait… Non… De ce que j’ai fait.

A vrai dire, cela n’était pas pour sa condition d’humaine. Non. Il y a quelques semaines encore je tuais un innocent gardien de musée sans la moindre hésitation. De sang froid si je puis me permettre. Mais c’était mesuré, presque nécessaire, et cela m’avait fait manquer un élément qui aurait pu servir nos intérêts. Aujourd’hui, comme je l’ai dit, ce n’était pas non plus le fait de tuer qui me causait un souci, loin de là. C’était d’avoir eu ce comportement si pathétique, manquant tant de maitrise et de prudence.

Coup de chance, coup du destin qu’était la présence de l’artiste en ces murs. Il était tout autant la cause et la conséquence de tout ceci, mais il était préférable pour nous et son amie que cette dernière n’a pas été la cible de mon repas. Là, pour sûr, j’aurais perdu la faveur qu’il m’avait promise avant même de l’obtenir, mais tout de même, à l’instant présent et en cette version de la réalité, ne pas me voiler la face devant lui allait être compliqué.

Compliqué car l’image que je lui avais renvoyée n’était pas celle que je souhaitais. Même quand il s’était mis en colère à cause de ses souvenir, c’était resté tout en retenue. Comment allais-je pouvoir lui donner des conseils à ce propos alors que j’avais moi-même laissé libre court à ma première envie ?
Le pire dans tout cela était que ce n’était pas anecdotique. Plusieurs fois par an, plusieurs fois de trop, la bête s’emparait de moi, sans même crier gare. J’étais pour sûre un peu moins sage que la majorité de mes congénères, et ce, mes pairs me l’avaient confié. A cause de ma longue période passer à courir après le sang tel un animal. Cela n’excusait toutefois en rien mon comportement indigne d’une pluri centenaire, et cette honte, je la portais désormais sur mon visage.

Fuyant ainsi pour la première fois le regard d’Elias, mon visage couvert de sang, tel un masque de honte, peinait à regarder bien haut. J’étais ridicule, pour sûr. Il m’avait suffi de quelques gouttes de sang pour m’assoiffer, et d’un simple mot pour me calmer.
Pathétique. Ah qu’elle était belle la psychologue manipulatrice maintenant, la tête entre les mains de l’artiste Malkavien dont elle n’osait même pas croiser le regard.

Cependant, mais je ne me l’avouerai qu’un peu plus tard, j’avais une dette envers lui désormais. Pas ce genre de dette que l’on énonce à haute voix comme dans une pièce de théâtre. Non. Une dette morale, comme un remerciement que l’on n’oserait prononcer. A la place de cela, je préférais simplement lui confier…

Mes excuses Elias…


Des mots, j’aurais pu en déballer encore plusieurs centaines au moins. Expliquer le pourquoi du comment, me justifier de sophismes et virer tout ça au drame de série B. Mais au contraire, m’accordant avec le thème de la consultation, je choisis de la jouer plus sobre.
Dans mon ton, uniforme.
Dans mes mots, simples et essentiels.
Dans mon allure, peu fière et honteuse.

Un souffle court, presque un gémissement, mais pas de plaisir cette fois ci.

Quelques secondes après ce face à face avec Elias, la serveuse, livide et tremblotante, se mit à respirer difficilement. N’osant même pas avoir la moindre idée de la réaction d’Elias en conséquence, ma tête se tourna vers le corps privé d’une part de son sang de l’humaine qui gisait sur le dossier ou tant de patients s’étaient retrouvés.

D'ordinaire, je l’aurais probablement achevée. Mais le contexte l’empêchait, et je n’en avais pas envie. Pas envie d’à nouveau décevoir Elias, pas envie de boire plus…
Elle était pour sûr aux portes de la mort. Si elle mourait, Elias n’oserait peut-être même pas me confier Mélinda, il ne reposerait plus jamais les pieds ici et je ne pourrais plus ni étudier sa psyché, ni obtenir de nouvelles somptueuses esquisses.
Toutefois, mes très maigres connaissances en médecine n’étaient d’aucune utilité et je pris enfin le courage d’aller chercher le regard de mon hôte à la recherche d’aide cette fois ci. La soumission intellectuelle qu’était la demande d’aide, je n’étais plus à ça près désormais, car je n’avais aucune idée de comment, naturellement, il serait possible de lui venir en aide.

Il resterait éventuellement des manières bien moins naturelles, mais à cela, mon esprit n’y était pas vraiment préparé
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Mer 12 Déc - 18:39

Un mot, pour faire se dissiper la brume sanglante.
Un mot, pour que l'excès disparaisse de l'esprit d'Amaria.
Un mot, pour sauver une vie des crocs de la mort.

Un mot, et pourtant, il est peut-être trop tard.

Il s'y penche, dans son dos, pour murmurer le calme à son oreille. Pour apaiser la faim, calmer la bête, et réinviter la raison à son esprit. Il détourne son visage du festin de sang plus bas pour le tourner vers le sien, pour lui donner autre chose à voir que cette plaie de rouge où il est tentant de s'engouffrer plus avant. Et il voit, voit son regard. La façon dont il évolue, au fur et à mesure qu'elle réalise. Que l'instinct de soif se tait, s'en va, et redonne ses droits à l'esprit rationnel.

Ca n'est jamais ni facile, ni agréable, de se rendre compte que l'espace d'un instant, on a été un pantin entre les fils de marionnettiste de notre Bête.

Bien des Vampires sont capables de le prendre avec Philosophie. Ceux de la Voie de la Bête, qui s'assument en tant que Prédateurs bestiaux et acceptent entièrement leur part primale. Les plus insensibles, les plus forts mentalement, peu importe. Chacun a ses raisons. Mais bien d'autre ne le sont pas. Bien d'autre ne supportent pas perdre leur individualité pour juste devenir ce que n'importe quel autre de leur congénères devient quand il succombe à ses lubies : une Bête assoiffée de Sang. Lorsque l'on s'y abandonne, l'on est plus nous. L'on est plus quelqu'un. On est « ça ».
Et quand on revient de notre épisode frénétique, « ça » a pris quelque chose, ici-bas dans le monde physique. Quelque chose qu'on ne peut pas toujours récupérer. Une vie, par exemple.

Amaria expérience ça, en ce moment. Elias peut voir la honte sur son visage ensanglanté, cette façon de détourner le regard qu'elle n'a très certainement pas eu jusqu'ici. Quelques mots lancés d'une voix basse, alors qu'Elias reste dans un premier temps impassible. Il jette une oeillade vers Sarah, affiche un air inquiet, quelques instants. Puis, finalement, il ferme les yeux. Sans plus de mots dans un premier temps, il se redresse, et aide Amaria a faire de même. Une fois debout, il sort un mouchoir de sa poche, puis entreprend d'essuyer le sang à son faciès.
Cette fois-ci, la quantité est trop importante pour s'amuser à simplement passer de la main par-dessus.

- Capricieuse, cette chose qui nous murmure des insanités à l'oreille quand la soif s'invite, hm? La Bête, sauvage et manipulatrice. Mais d'une manipulation brutale, sans tact ni douceur. Un sourire désabusé trouve sa place sur son visage désolé. Un instant à regarder dans le vide, il finit par revenir vers elle. Reprends-toi. C'est encore trop tôt pour être désolée.

Trop tôt, car il reste possible de la sauver.

Il lui dit ça, d'une voix qui se veut compatissante, celle qu'il sait si bien adopter. Il songe, et quelques secondes après le début de sa réflexion, Sarah montre les premiers signes d'un état qui s'aggrave. L'artiste tourne les yeux vers elle, une grimace d'inquiétude sur son visage. Inquiétude, puis colère. Pas envers Amaria, pas envers qui que ce soit. Envers cette situation. Il a déjà vécu ce genre d'expérience, et il en garde un souvenir amer, terriblement amer. Le genre de souvenir qu'il déteste. Pas un trauma qu'il gère par l'oubli ou la mélancolie, mais bien par l'indignation, la fureur. Sourde, froide et cachée, mais grande tout de même.
Ce n'est pas agréable, de se retrouver avec une vie entre ses mains, avec la responsabilité d'une existence à soit achever, soit sauver. Pas dans ces circonstances, en tout cas. Pas quand c'est imposé, quand la Bête a présentée ce dilemme, pour s'en dédouaner. C'est ce qu'elle fait, la Bête. Elle cause tout un tas de soucis, et s'en va lorsque vient le moment de les confronter, redonne le contrôle au Vampire.
Manipulatrice, et lâche, également.

Dissimulé au coin de sa poche, le poing d'Elias se serre, sa mâchoire fait de même. Il reste pour le moment immobile, mais dans sa tête, toute la machinerie s'active. Que faire ? Comment ? Combien de temps reste-t-il ? Beaucoup de questions, peu de réponses. Et toutes celles qui lui viennent à l'esprit ne lui plaisent pas.

Il reste dans une forme d'indécision un instant, jusqu'à croiser le regard implorant d'Amaria. Elle ne le dit pas par les mots, mais ses yeux se chargent de le dire à leur place : elle a besoin d'aide.
De nouveau, un soupir. Pas d’agacement cette fois, mais de résignation.

- Je connais quelqu'un.

Il commence de la sorte, puis réfléchit un moment avant d'élaborer. Est-ce une bonne idée ? Il ne sait pas... Ce qu'il sait, ce que les alternatives n'en sont clairement pas. L'amener à l’hôpital, et les questions commenceront à pleuvoir, on se demandera la nature de ces blessures à l'origine inconnue. Lui donner de son sang, et elle serait sauve le temps d'une nuit, mais serait alors liée à son Domitor, frappée par la malédiction des Goules, celle qui les pousse à en vouloir toujours plus. Et Elias ne veut pas d'autre Goule, pas plus qu'il ne pourrait en gérer une, en fait. L'alternative serait de ne lui donner le sang que cette fois-ci, puis ensuite l'aider à combattre l'addiction via ses Disciplines, pour qu'elle finisse par s'évanouir en même temps que la Vitae quitterait son métabolisme. Ce serait un travail long de plusieurs semaines, peut-être mois, fastidieux autant pour lui qu'elle. Puis, au finir de ça, elle ne serait plus une goule, et sera capable de se passer du sang.
Mais c'est risqué. Incertain. Et Elias n'aime pas laisser de place à l'incertitude lorsqu'il s'agit de la vie d'autrui.
Alors.... Alors il élabore.

- Un des nôtres, qui tient une clinique en ville, médecin de son vivant. Il gère ses affaires courantes le reste du temps, mais... Il peut aussi s'arranger pour soigner les victimes « d'incidents Vampiriques » sans qu'on ait à se soucier des questions que poseraient un hôpital. Il crèche à quelques kilomètres d'ici, par chance. C'est soit ça soit...

Il regarde Sarah, revient vers Amaria. Ne finit pas sa phrase. Soit ça, soit elle boit du sang Vampirique. Non, Lucien est une bien meilleure alternative. Qui est Lucien, comment est-ce qu'il l'a rencontré ? Ca, ce sont des détails qu'il sera bon de préciser plus tard. Pour le moment, contentez-vous de savoir que l'on parle d'un Anarch versé en médecine, et que lui et Elias ont un certain passif.

Déjà, le Malkavian se retourne, commence à remettre sa veste. Une question lui vient, ceci dit...

- T'as une voiture?

Tout serait bien plus simple, avec une voiture.
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Ven 14 Déc - 14:45
Un geste d’une tendresse égale à la sauvagerie qui l’avait précédée.

Lentement, méticuleusement, Elias nettoyais mon visage empli de gêne, un simple doigt ne suffisant pas à masquer les traces de mon festin. Toutefois, peu à peu, le calme revenait en moi, effaçant les dernières pulsions de la bête. Étais-ce encore l’œuvre de sa discipline, ou simplement celle de sa présence, qui sait ?
La seule chose certaine, c’est que j’étais désormais apaisée, subissant sans broncher son geste tendre.

Quelques mots suivirent, tout aussi doux, compatissant de ma situation. Cette situation, nous la connaissions tous. La soif, monstrueuse, suivant l’étreinte qui nous élève au-dessus des hommes, cette bête qui nous investis et qui se déchaîne jusqu’à avoir bu au-delà du raisonnable…
Toutefois, cette fougue, comme vous avez pu le voir, je la retrouvais bien trop fréquemment, ce qui allait entraîner la suite de ces événement qu’une maîtrise de soi aurait pu éviter. Elias était bien gentil de se montrer compatissant, mais quoi qu’il en pense réellement, mon acte restait inexcusable.

Il avait d’ailleurs une nouvelle fois raison. Il était inutile de se lamenter tant qu’il restait quelque chose à faire pour elle, même si cela signifiait aller à l’encontre de mes principes dans l’instant. Cependant, je n’étais pas prête à en faire ma goule. Elle n’était pas digne de cela, ivrogne et inconnue serveuse de son état, et même si cela n’était que pour sauver sa vie ce soir, je n’étais pas prête à lui offrir une once de mon sang.
C’était comme cela, mais parfois les principes vont au-delà de toute raison.

Un visage tourmenté, puis des paupières qui s’immobilisent et une mâchoire qui se serre. L’inquiétude sourde et la colère tout aussi bruyante qui la suit, puis la culpabilité qui une nouvelle fois transperce mon être.
Il s’appliquait toujours à essuyer mon visage au regard fuyant, mais désormais, son attention était portée ailleurs, au même titre que la mienne. Sarah agonisait, exsangue, et Elias semblait en colère. Contre moi probablement, il avait clairement ses raisons, d’autant qu’une de ses connaissances allait passer entre mes mains d’ici peu. En si peu de temps j’avais réussi l’exploit de le charmer et de l’enrager, très fort Amaria, très très fort…

Au point ou nous en étions de toute manière, le peu de considérations qu’il devait garder pour moi, mon regard croisa le sien à la recherche d’aide. De coutume, je ne l’aurai jamais fait, mais dans la situation actuelle, je n’étais plus à ça près. Précédé d’un soupir, il répond à mon appel à l’aide avec une solution et je retrouve en son visage agacé ses discrètes expressions trahissant une intense réflexion.
Dans un sens, cela me soulage, dans l’autre, cela me met derechef en colère contre moi-même. Comprenez-moi. De coutume, je suis celle qui maîtrise, qui décide, qui élabore, qui prévoit, qui gère. Bref, je suis celle qui décide. Lorsque l’on a tout précautionneusement préparé, on a un ascendant sur les autres, ils deviennent dépendants, même les plus éminents représentants du monde des ténèbres, tout cela simplement car on sait.

Ici, dépourvue de solution, je deviens comme ceux que j’aime tant diriger. Faible, nécessitante d’autrui et spectatrice de ma propre incompétence.
Cela m’use, cela m’agace.

Mon hôte mentionne alors un médecin, un des nôtres, qui pourrait gérer cette affaire, puis me demande si j’ai un véhicule apte à le transporter. La réponse est… Non.
A vrai dire, j’ai un chauffeur pour la plupart de mes déplacements en la personne de Martin. D’abord patient, il s’est très vite attaché au baiser et est devenu mon coursier attitré dès lors que l’envie me prenait de faire une escapade. Comment lui faire confiance allez-vous de demander ? C’est simple. Il m’a confié tant de ses crimes que je pourrais lui faire passer le restant de ses jours en prison, loin de sa petite fille. Toutefois, hormis cette pression, j’apprécie fortement sa discrétion et son honnêteté lorsqu’il s’agit de ne pas révéler les secrets de notre monde. Il ne m’a jamais fait défaut, mais son travail de taxi à très bien pu l’emmener à l’autre bout de la ville à cet instant.

Mes yeux se révulsent toutefois un instant, je l’ai appelé avant même de répondre à Elias.

Non désolée… D’habitude, j’ai mon chauffeur qui m’emmène où je le souhaite, et de manière plus générale, je quitte trop rarement ces murs pour en avoir une réelle utilité. Il pourrait arriver maintenant comme dans une heure, mais il viendra.
Reste encore la possibilité d’arrêter une personne en pleine rue pour qu’il nous emmène mais… Il faudra ensuite s’assurer de son silence.
Après j’ai mon propre moyen de me déplacer mais… Il ne peut être utile qu’à ma personne, sauf si je la gobe.


Ce second moyen, je l’ai hérité de mon sire. Une forme cauchemardesque pour certains, fascinante pour d’autres, celle d’un grand serpent me permettant d’aisément me déplacer via les égouts desservant toute la ville. Un moyen plausible donc, mais risqué en son état. Avaler quelqu’un de la sorte, je l’avais déjà fait une fois pour cacher un de mes congénères séthites en pleine torpeur. Une longue histoire que je me plairais à vous raconter un jour, mais fort de sa nature, il avait su récupérer. Ici, et bien que cette situation puisse être fort incommodante, son corps svelte entrerait parfaitement dans mon corps, mais la pression de mes côtes et les ondulations permettant le mouvement auraient probablement raison d’elle dans son état.
La porter avec l’aspect du Dieu… Terriblement peu discret, même si cela me permettrait sans encombre de la transporter par les toits… Décidément, aucune solution n’était idéale, et cette intense réflexion se trahissait sur mon visage. J’avais encore bien du mal à regarder Elias dans les yeux, et ce regard fuyant allait et venais entre sa direction et le cou de Sarah sur lequel j’avais apposé mon mouchoir écarlate pour limiter l’hémorragie.

Elle était tremblotante, paniquée. Avait-elle peur de moi désormais ? Probable. J’avais encore du sang sur le bord des lèvres, et bien que je n’aie plus soif, mon regard préoccupé restait posé sur son cou désormais.

J’attendais le fin mot d’Elias pour agir…
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Mer 19 Déc - 4:51
Pas de voiture.
Pas de voiture, mais des propositions. Des idées.

Certaines pertinentes, viables. D'autres, beaucoup moins. Et Elias fait le récapitulatif, mentalement.
Attendre le chauffeur, et être soumis au hasard, au bon vouloir du destin quant à savoir si l'homme va arriver en une minute ou une heure. Il y pense, puis lance un regard vers l'humaine agonisante. Dés cela fait, cette alternative saute aussitôt de ses plans en un froncement de sourcils stressé. Le temps presse.

Ensuite, le... « propre moyen de locomotion » d'Amaria. Arrive la notion de « gober », et Elias pense comprendre partiellement de quoi il est question. Sans pouvoir deviner la forme ni les exacts tenants et aboutissants de la transformation, il peut se douter qu'elle pense à une arcane de Serpentis. Il y pense, soupèse l'idée. Puis bien assez vite, de nouveau, son regard revient vers Sarah. Non, trop risqué. La première solution est trop risquée à cause du temps, l'autre l'est à cause du voyage.
De fait, il faut un compromis entre les deux. Trouver vite un moyen de déplacement qui ne lui sera pas fatal.

De fait...

- Mouais. On va chercher à se faire un ami là-dehors, en ce cas. Donne-moi un moment.

Il lance sa décision, l'air décidé, puis de nouveau, revient vers Sarah. La fixe. Par chance, sa position allongée est telle que seul son veston est tâché de sang, le lui enlever pour la laisser avec son chemisier est donc viable. Mais il reste le problème de cette plaie. A problème Vampirique, solution Vampirique.

Elias se penche sur le corps faiblissant de Sarah, puis passe dans son cou, une nouvelle fois. Doucement, il passe la main sur son front en lui chuchotant de se calmer. Sûrement n'est-elle pas vraiment là, perdue dans une semie-inconscence, perdu entre les portes de la mort et l'avant-goût de paradis procuré par le Baiser, mais il reste vigilant. D'un geste précautionneux, il se met à lêcher la plaie. Lorsqu'il se redresse, la dite plaie n'est plus visible, comme s'il n'y avait pas eu de morsure pour commencer. Très pratique petite faculté possédée par chaque Vampire : leur salive scelle les plaies causées par la morsure. L'intérêt est double, masquer leur méfait, et limiter les hémorragies, une sorte de presque soin mineur, en quelque sorte. Un énième garde-fou qui permet à la Mascarade de subsister. Malgré tout, l'hopital reste difficilement envisageable : comment expliquer tout ce sang perdu sans plaie ? Et puis il y aurait des noms à donner, des papiers à justifier, des questions à répondre... Tant de choses très dispensables aux yeux d'Elias.

Ca de fait, Elias enlève son veston à Sarah, puis l'examine, cherche une zone exempt de sang. La trouve, et déchire le tissu d'un geste sec. Son regard se penche vers la bouteille de Cognac encore à moitié pleine, et rapidement, il imbibe le tissu d'alcool et le passer sur le sang encore présent à là où la plaie subsistait encore, pour ne laisser qu'un peu de sang seulement, et une forte odeur d'alcool, qui couvrira celle sanguine qui s'était élevée jusqu'ici. L'objectif ? Faire passer sa grave hémorragie d'il y a quelques minutes pour un simple malaise après trop de boisson. Une tromperie simple, mais efficace, tout du moins l'espère-t-il.

Une fois son labeur achevé, il passe une main dans le dos de l'humaine, et une autre derrière ses jambes, pour lentement la soulever, et la porter contre soi. Fin prêt, il se retourne vers Amaria, un sérieux renouvelé dans son regard.

- Bien, je pense qu'on peut y aller. Si tu peux ouvrir la porte, j'ai les mains pleines... Quelques pas vers la porte, quelques pensées qui lui traversent l'esprit. Et juste avant qu'ils ne se retrouvent là-dehors, Elias tourne son visage vers elle, sans tourner son buste, de manière à être proche d'elle sans que le corps entre ses mains ne gêne. Et il le lui dit, avec ce même perturbant sérieux qu'est le sien depuis ces événements. Avec cette attitude bien éloignée du naturel insouciant qu'il a démontré jusqu'ici. Soyons très clair tout de suite : on fait les choses à Ma manière.

Il reste un moment, à la sonder, voir s'il y a quelque chose à lire dans son regard. Puis il ré affiche un sourire, bien que mince.

- J'ai eu à faire ça plus de fois que je ne voudrait bien l'admettre. J'aime penser que je sais m'y prendre.

Un aveu fait sous le sigle d'une sorte d'humour noir plein d'autodérision. Oui, il sait ce que c'est, de chercher l'assistance parmi les mortels avec un corps sur les bras. Lui aussi, n'a pas su se retenir par le passé. Et... Et parfois, ce n'est pas la soif, qui l'a mise avec des corps mourants entre les bras.
Parfois, c'était l'émotion. Parfois, c'était une erreur. Parfois...
Parfois c'est plus facile, quand c'est la faute de la Bête. On peut lui remettre tout sur le dos. Mais quand on sait que l'on est le seul responsable du mal qui a été fait...

Il y pense, et les souvenirs reviennent doucement le hanter en un désagréable rappel de choses qu'il aimerait oublier. Mais celles-là, il n'a pas encore effacé. Elles sont ses erreurs de sa vie de maintenant, pas de ses vies passées. Un songe, et il secoue la tête, se remet. Passe le seuil de la porte.

Dehors, il pleut. La lune est périodiquement couverte par d'épais nuages de noir, et lorsqu'elle ne l'est pas, l'ombre des géants de béton là partout dans les rues est projetée sur le bitume humide et ses rues malaisantes, inquiétantes. L'endroit n'a rien de très accueillant, au départ de ces quelques mètres de ville. D'un pas rapide, Elias évolue. Et, arrivé sur un trottoir droit qui dure de longs pas, il ferme les yeux.

Les ferme, pour ouvrir grand ses oreilles.

Il entend le bruissement des nuages, les bruits de la ville jamais vraiment endormie, de la vapeur dégagée des cheminées industrielles plus loin au grésillement des néons, en passant par les lointains klaxons et les sons de grillage malmené. Il entend le ciel, la ville, la nuit. Mais surtout, il entend les gens.

Les gens qui sont là, aux quelques dizaines de mètres environnants, certains aux rues non loin, certains à une fenêtre. Les rues ne sont pas pleines, pour le moment, bien loin de là, si bien qu'il n'y a pour le moment aucune cacophonie susceptible de lui ruiner l'audition. Il ne fait que passer, et il écoute. Il entend.


              Oui j'arrive, deux minutes
                                 
                                                  Encore en retard ?
             FERME-LA
 Eh merde...   
                          Waw, c'est cher       
                     Pourquoi ?  
      CALME-TOI         Vide tes poches.
                           Putain de pluie...  
                                           J'suis crevé
                C'est de la pure ?            Encore un qui regarde pas devant lui
                                                  Tais-toi
                             Parle moins fort          
                                                        NON !
     
                                Ce sera quinze dollars.
   Non, je peux pas, Amy doit pas savoir
                         


Amy.
C'est ce qu'il retient, dans cette cacophonie de transactions, disputes, discussions banales et autre commentaires lancés à voix haute. Un nom, un secret à garder, une contrainte. Les gens avec des secrets et des contraintes sont plus faciles à manipuler.

Elias tourne la tête dans la direction de la voix, et ouvre les yeux sur un homme entre deux ages, habillé simplement au volant de sa voiture à l'arrêt, téléphone en main. Bingo.
D'un pas toujours autant pressé, il traverse le passage clouté, se retrouve devant cette voiture garée au pied d'un immeuble. D'un regard, il vérifie qu'Amaria le suit toujours, puis ensuite, se déplace jusqu'à la fenêtre côté conducteur. Toque dessus. L'autre ne voit pas. Retoque. Voit, jauge Elias, une moue agaçée au visage. Ne répond pas, reprend sa conversation. Elias toque, une dernière fois.
L'homme baisse sa vitre.

- Écoute jeunot, j'suis au téléphone là, tu vois ? Donc t'es gentil, tu vas voir ailleurs si j'y suis, j'ai pas le temps.
- Bonjour, Henry ?
- Qu-
- Mon ami ici est blessée, elle a... Légèrement abusée sur la bouteille, j'ai peur qu'elle ait besoin de soins. Pourriez-vous nous conduire à la clinique moi et mon autre amie ?

Circonspect, l'homme a un air confus sur son visage, sans trop comprendre comment ce type connait son nom. Puis, la confusion s'en va, laisse place à cet air grognon, encore une fois.

- Y a écrit ambulance, peut-être ? Appelle l'hosto, j'ai pas qu'ça à foutre mec.
- Que dirait Amy si elle savait, Henry ?

L'homme qui avait commencé à quitter Elias du regard se fixe sur lui, une peur soudaine visible dans son regard. La main qui tient le téléphone à son oreille se met à trembler.
Elias sourit.

- Je pense qu'elle serait largement déçue. Vous formez un joli couple, après tout. Vous n'êtes pas d'accord ?
- Comment est-ce que tu s...
- Nous disions donc. Me conduire moi et mon amie à la clinique, n'est-ce pas ?

L'homme est perdu, décontenancé, apeuré. Un fond de colère, aussi, étouffé. Elias a écouté la conversation, lu la surface de son esprit, et deviné la suite. Un homme qui trompe, qui parle à sa maîtresse au téléphone, le plus naturellement du monde. Et maintenant, un homme pris au piège.
Il fixe le Vampire un moment, sans trop savoir qui répondre. Puis il penche sa bouche vers le téléphone.

- J'te rappelle.

Il dit ça, raccroche, puis presse le bouton prés de lui. Les portes à l'arrière se déverrouillent.

- Merci, Henry.

Et sans un mot de plus, il ouvre la porte pour Amaria, et passe de l'autre côté pour s’asseoir, garde Sarah sur ses genoux, à moitié emmitouflée dans son manteau qu'il a ôté pour la recouvrir avec. Un regard vers l'autre Vampire, avec un rictus satisfait sur son visage, il donne l'adresse à Henry, qui commence son trajet.

Henry se posera longtemps la question de comment Elias a eu toutes ces informations. Mais vous savez ce qui supplante la curiosité ? La peur. Il a trop peur pour se poser des questions. Pour être rationnel. Il ne pense pas "comment est-ce qu'il a su", ni "est-ce que cette femme s'est vraiment juste blessée toute seule ?", il pense "elle ne doit pas savoir".

Manipulables, les gens avec des secrets et contraintes.

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Jeu 20 Déc - 0:13
Il avait donc choisi l’aide des humains.

Peut être la solution la plus risquée pour nous, mais la plus sage pour elle. Mon regard, toujours empli de honte, le suit déambuler dans la pièce vers Sarah. D’un geste adroit de la langue, il efface les traces de nos baisers. J’aurais pu également le faire bien avant, mais je n’osais plus m’approcher de son cou, au risque que la bête souhaite y boire à nouveau. Ensuite, délicatement, il la soulève, et je vois bien que son corps peine à retenir la lueur de vie qu’il lui reste.
Cette froideur, je la retrouve également dans le regard de mon hôte. Il a certes conscience de la situation, mais il y a autre chose que je cois discerner. Cette colère froide, probablement envers moi, qu’il dissimule derrière un écran de sérieux.

Ses lèvres s’entrouvrent, me demandant d’aller lui ouvrir. Sans un mot, le regard fuyant, je m’exécute, commençant à faire lourdement glisser la porte sur ses gonds. Il m’ordonne ensuite de faire les choses dans le calme d’un ton moins courtois qu’à son habitude. Ma réaction, mutique, est simplement de lui adresser un regard désolé, alors que je me dérobe de la porte pour lui laisser ouvrir la marche.
Une vague de froid entre dans mes murs, l’air glacé de l’extérieur, une nouvelle épreuve pour l’humaine dans cette situation. Situation à laquelle Elias semble quelque peu habitué. Il était certain que lui aussi se retrouvait parfois à boire bien plus que de raison. Cependant, j’avais pour ma part l’habitude d’achever mes repas, et ces derniers n’étaient jamais membres de ma patientèle. N’ayant jamais ni mobile, ni lien quelconque avec ces eres, j’avais tout au plus une visite de police à mon cabinet pour quelques questions. Toutefois, après un brin de manipulation et grâce à quelques serviles dans les rangs de la police, je me retrouvais toujours blanchie de mes accusations.

Mais cette fois, ce gentil Elias avait souhaité sauver l’humaine. Il avait choisi l’option la plus difficile.

Après qu’il soit sorti, je fis de même, fermant à double tour la porte de mon cabinet. Rapide coup d’œil de part et d’autre de la ruelle. Déserte, comme d’habitude. Ce n’était pas le genre d’endroit que les mortels aimaient fréquenter la nuit pour sûr, ce qui constituait un endroit idéal pour une créature de la nuit attirant les égarés dans son antre.

Durant ce trait de pensée, j’avais pressé le pas pour rejoindre Elias, et me trouvais maintenant à la hauteur de la tête de la jeune femme. D’un geste étonnamment bienveillant, je me surpris même à replacer sa tête dodelinant contre le cou d’Elias, afin que les soubresauts causés par la démarche du vampire ne lui blessent pas le cou.
Je la vis même légèrement serrer de ses dernières forces Elias contre elle. Sa discipline devait encore faire effet, la poussant à peine consciente à ce geste de tendresse.

Quelques pas plus tard, il s’arrête et ferme les yeux, bougeant très légèrement la tête dans différentes directions. C’était la pratique d’une discipline pour sûr, si bien que tout mon être se figea, ne souhaitant faire aucun bruit qui pourrait le déranger, et scrutait les environs à la recherche d’une solution et méfiante d’un danger.
Rien à vrai dire. Un couple ivre, à quelques dizaines de mètres. Un peu plus loin un homme sans toit dormant sur un seuil, en face une bande de jeunes ne semblant pas porter d’attention sur nous à côté d’une voiture.

Après sa courte concentration, Elias se dirigea vers cette dernière, traversant d’un pas prudent la route cabossée de banlieue. J’emboitai le pas, prudente, et ne manqua pas de remarquer les regards des jeunes qui s’étaient posés sur nous. Pas besoin d’user de disciplines pour attirer leurs regards, pour sûr. Il suffit d’avoir un physique avantageux et de faire partie d’une scène loufoque… Quoique… Pas si loufoque que ça pour le quartier.

J’entends d’une oreille distraite Elias entamer ses pourparlers avec le chauffeur. Henry donc, voilà le nom de notre sauveur. Visiblement, il a des choses à cacher, ce qui me fait lâcher un léger sourire.

Premièrement car ce genre de cas était bien plus courant que l’on pouvait le penser. Le mari, volage, qui cherche à fuir la routine pour quelques heures ou quelques billets verts était toujours amusant à entendre, tant ils cherchaient à se justifier. Toutefois, il ne semblait pas préoccupé par le fait de se justifier, mais bien plus par la manière donc Elias avait percé son petit secret à jour.

Deuxièmement, car Elias exploitait, tout comme moi, faisait pression sur les gens non pas directement via ses disciplines, mais bien simplement grâce à son esprit. Un secret, un mystère… Rien qu’un doute. Cela permettait de lentement tirer les ficelles de l’esprit de n’importe qui de censé et de le faire servir nos fins.

Sur ce dernier point, Elias était étonnant. Lui qui paraissait si ouvert à aider les humains, prêt à s’exposer en pleine nuit pour sauver une humaine mourante qui lui est inconnue, à prendre tant de risques pour une créature inférieure… Il se retrouvait toutefois à manipuler un homme qu’il ne connaissait pas plus, achetant son service en lisant et perturbant son esprit… Répugnait-il tant que cela la simple imposition de sa présence ?
Insinuer quelques graines de folies dans son esprit, lui faire déraisonnablement prendre la route où bon lui semblait et gagner de précieuses secondes pour l’agonisante Sarah n’était-il pas plus simple ? Non.
Il devait agir purement pacifiquement, simplement l’influencer, ce qui était à mes yeux bien plus pervers que simplement lui forcer l’esprit.
Au final, même à cet instant, je ne pouvais m’empêcher d’exercer mon métier.

Soudain, un petit claquement, celui de portes qui se déverrouillent. Elias, poliment, m’ouvre la porte. Malgré ces réflexions, mon visage restait assez fermé. J’étais inutile de A à Z, et je ne sais pas s’il tirait un plaisir de cette situation, de me voir finalement dépendante de lui, mais en tous cas, je ne la trouvais personnellement aucunement confortable. Un furtif regard vers les jeunes qui ne nous avaient pas quitté du regard, et je m’engouffrais dans la voiture.

Laisser ces jeunes nous voir, cela pourrait constituer un risque, mais il n’y avait pas vraiment d’autres choix, et quand bien même, leurs activités assez louches ne les mèneraient pas à témoigner au commissariat.

Merci Henry, vous nous sauvez !

Quelques mots, dissimulant un remerciement également adressé par Elias, entraînant un rapide regard de notre chauffeur sur ma personne au travers du rétroviseur. Un regard intrigué, circonspect, mais aussi quelque peu stressé. Je le comprenais, tant cette situation pouvait être intrigante. Une paire d’élégantes personnes baladant le corps comateux d’une serveuse ivre en pleine nuit dans un quartier mal famé, il y avait de quoi se poser bien trop de question pour un simple esprit comme le sien. D’ailleurs, j’aperçut le regard satisfait d’Elias dans ma direction.

Oui, je l’avais bien compris, il n’était pas peu fier de lui, et en conséquence de me laisser face à mon impuissance. Cela m’agaçait d’autant plus pour les raisons évoquées plus tôt, si bien que mes lèvres mimèrent simplement un « Merci », mon orgueil retenant tout son qui aurait pu s’extraire de ma bouche. Mon regard toutefois, se posa dans le sien une longue seconde, puis descendit vers Sarah, qui grelottais contre lui.

La voiture tourna doucement vers une rue un peu plus fréquentée et ré-accéléra en direction de l’adresse donnée par le caïnite. Mes mains parcoururent les poches de mon veston et y trouvèrent une centaine de dollars, en espérant que cela soit suffisant pour financer les services de son collègue.

Quelques minutes plus tard et rues plus loin, le véhicule s’arrêta à l’adresse donnée et la voix d’Henry s’éleva pour nous l’indiquer.

Il était maintenant minuit, et je n’aurais jamais pu deviner en me levant ce matin que cette banale consultation me mènerait à une telle péripétie.
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Ven 21 Déc - 15:06
Il n’aime pas devoir adopter ce genre de comportement.

Il n’aime pas, quand ce sérieux froid et impersonnel s’invite dans ses manières. Mais c’est automatique : certaines problématiques, certains sujets, ne peuvent que provoquer cette réaction chez lui. Par réflexe, mais aussi par nécessité : c’est plus facile, d’imposer le respect de la sorte. Sur le court-terme, du moins. Un respect fragile, mais facile et rapide à obtenir. Et la situation du moment est celle de l’urgence. Alors l’espace de quelques mots, d’un regard et d’un ton, il a ce parler plus direct à Amaria, cette demande. Oui, faire les choses à sa manière. Qu’est-ce que c’est, sa manière ?

C’est ce qu’il a fait, quelques minutes plus tard. C’est chercher, fouiller, sonder la foule à la cherche d’une faille, d’une ouverture, une opportunité. La trouver, s’y engouffrer, saisir sa chance tant qu’elle est encore là. Aujourd’hui, la chance d’Elias s’appelle Henry. Henry est un petit ouvrier modeste qui trompe le morose de sa vie routinière avec une autre femme que la sienne. Il trompe sa femme, pour tromper l’ennui. Pas un homme mauvais, pas un homme malin. Simplement un homme fragile. Un homme de peu de volonté, brisé par le quotidien, ramolli par une difficile routine. Peut-être a-t-il été plus que ça, meilleur que ça, jadis. Aujourd’hui, Henry n’est plus que ça : l’ouvrier au parler fleuri qui ramène le nécessaire à vivre dans son foyer, pris entre ses doutes et pulsions, jusqu’à aller se perdre entre les cuisses d’une femme plus jeune que la sienne. Pour oublier les soucis, les disputes, la tension qui s’installe parfois, entre les quatre murs de leur appartement.
Henry n’est qu’un homme. Manipulable et manœuvrable., au plus grand avantage d’Elias.

Le Vampire n’a pas même porté grande attention à leur environnement direct, avant de rentrer dans la voiture. Pas d’intérêt, pas l’envie : il pense pouvoir deviner à quoi ressemble tout ça au seul son des conversations qu’il a entendu plus tôt. Puis, ce n’est pas sa préoccupation première. Sa préoccupation première, c’est la femme inconsciente contre son torse, encore incertaine dans son sort.

Mais il faut garder les apparences intactes. Alors il remercie Henry, et lance son sourire vers Amaria, confiant. Confiant dans sa façon de faire. Les yeux se croisent, puis reviennent chacun vers la silhouette amorphe plus bas. Dés lors, le sourire s’efface, laisse place à une expression plus peinée, inquiétée. Ce n’est pas ce à quoi il s’attendait, quelques heures plus tôt, en se préparant à aller voir le psy. Pas le moins du monde, même. Mais il y est, là, à faire pression sur le pauvre hère au volant pour sauver cette inconnue. On pourrait lui reprocher sa méthode, mais il est sans aucune hésitation capable de toutes les petites manipulations possibles du genre s’il s’agit de sauver une vie. Parce qu’avant d’être bienveillant, Elias est pragmatique : s’il faut causer quelques petits maux pour guérir un grand mal, il le fera. S’il faut intimider un Henry au volant de sa voiture pour sauver une Sarah au bord de sa mort, il le fera. Mieux, il l’a fait.
Plus discret qu’une utilisation de Discipline trop évidente. Et Elias aime passer pour un humain bien renseigné plutôt qu’un surnaturel, autant qu’il le peut. Bien renseigné, bien né. Mais bien vivant.
Après tout, même lui fait des erreurs. D’ailleurs… Ah.

Rapidement, il sort son portable de sa poche. Un bref message. « je te ramène quelqu’un, urgence ». Sans mot de plus, ni de moins, il remet le téléphone dans sa poche.

La réflexion lui passe un moment par la tête, alors qu’il jette un regard distrait à la fenêtre. Elle est dangereuse, cette Vampire à côté de lui. Elle maîtrise mal ses instincts. Ca passe, reste, s’instille dans son crâne, alors qu’il repense à Mélinda. Oui. Il faudra s’assurer à ce qu’elle tienne sa part du marché jusqu’au bout. Ce n’est pas sa parole qu’il remet en doute, c’est sa capacité à maintenir la Bête en laisse.
Tseh. Qui sait ? Peut-être que je pourrais l’aider à ce propos.
Il garde cette idée en tête pour plus tard, amusé par cette perspective. Ironique, non, un patient qui apprendrait le Self-Control à sa psy ? Enfin… Les choses sont plus compliquées que ça.

On pourrait presque avoir l’impression que tout est plus compliqué qu’il n’y paraît, ici bas.

Perdu dans ses pensées, Elias ne remarque pas être arrivé à destination avant de sentir la voiture s’arrêté. D’un coup, son regard se réinvesti d’une lueur vigilante, alors qu’il va le perdre au niveau du rétroviseur, pour fixer le conducteur à travers.

- Merci Henry, et encore désolé pour le dérangement. Disons qu’à situation désespérée, mesure désespérée. Il ouvre la portière à son côté, puis sort en gardant la jeune humaine contre soi. Quelques pas pour faire le tour de la voiture, et il se retrouve à la vitre d’Henry. Bien évidemment, j’estime pouvoir compter sur la même discrétion de votre part que celle qu’a été la mienne à propos de votre… Appel, n’est-ce pas?

Un sourire entendu, sur cette phrase lancée d’un ton neutre, mais à la double-lecture évidente. L’homme se contente de hocher la tête nerveusement, le visage paniqué.

- Parfait. Bonne fin de soirée, en ce cas.

Et l’homme s’en va, vite, sans demander son reste, cherchant mettre le plus de distance possible entre lui et ce trio macabre. Une fois la voiture perdue à l’horizon, Elias regarde le bâtiment qui se dresse devant eux. Modeste, vétuste, mais bien ancré dans le béton de la ville, solide. Plusieurs étages, et à l’un d’entre eux, un néon visible prés d’une fenêtre, un Caducée lumineux. Il lève le regard vers le sigle, puis le redescend vers Amaria.

- On monte là-haut. Ca devrait pas prendre bien longtemps.

Et d’emboîter le pas jusqu’à l’intérieur du bâtiment. Il ouvre la porte, normalement fermée magnétiquement, mais visiblement cassée. Quelques pas dans un long couloir, jusqu’à appuyer au bouton d’un ascenseur qui arrive vite. Il s’y engouffre, appuie à l’étage de Lucien.
Et il attend.

Regard fixe sur Amaria, il attend. Il pourrait rester comme ça, à la regarder en silence, le même silence qu’est le leur depuis l’incident, à laisser la tension latente continuer à s’installer. Pas l’agréable tension des premiers regards, non. Mais… Mais il n’aime pas ça.

- Le prend pas pour toi, mon changement de comportement. J’suis juste… Heh. C’est un sujet difficile. J’ai juste de mauvais souvenirs avec ce genre de situation. Ca me fout les nerfs.

Mauvais souvenirs, qu’il ne va pas pour le moment prendre la peine de ressasser. Ils sont bien là où ils sont : loin.

J’ai toujours droit à ma prochaine séance?

Il le lui demande d’un air joueur, comme en une façon d’alléger l’atmosphère devenue chappe de plomb, quelques minutes durant avant ça. Puis, le bip de l’ascenseur résonne. Dés lors, il en sort, marche un autre couloir, se retrouve face à une porte. Sonne.

Un silence. Quelques secondes sans bruit. Puis, le son de serrures qui s’ouvrent. Plusieurs.

Le temps passe, et la porte s’ouvre sur un homme habillé à la mode de l’ère industrielle, de son béret à son costume, en passant par ses lunettes rondes et ses chaussures d’un cuir marron. Tempes grisonnantes, moustache d’époque, yeux d’acier, quelques rides sur son visage droit. Mâchoire carrée, stature droite, physique sportif sous ses vêtements, l’homme a l’allure d’un quarantenaire bien conservé venu d’un autre temps.

- Bonsoir, Lucien.
- Bonsoir, Elias. Et madame…?

Salut double, teinté d’un rapide questionnement. Le silence ne perdure cette fois-ci pas.

- Entrez vite, vous m’avez dit que c’était urgent.
- Effectivement.

Et de presser le pas à l’intérieur, alors que le médecin invite tout le monde à entrer. D’ici, un couloir tout fait de tapisseries et meubles d’un bois ancien. Sur les murs, divers tableaux et diplômes d’époques différentes. Le même nom, mais avec un prénom différent à chaque fois. Lorsqu’on lui pose la question, Lucien dit que ce sont ceux de son père, arrière-grand père et ceux avant, car le métier se transmet de génération en génération.
Doux mensonge camouflé dans une semi-vérité.

Ils passent plusieurs portent qui restent fermées, des pièces qu’ils ne découvriront pas lors de cette visite, jusqu’à arriver en fin de couloir vers une double-porte robuste. Lucien s’y penche, sort une clef de sa poche, ouvre.

Une pièce hors du temps, à l’image de l’homme, mais de façon plus perturbante encore. Outils de médecine de tous les siècles depuis le dix-neuvième jusqu’à l’actuel se confondent ça et là, disséminés dans une large pièce bien rangée, ordonnée, propre et classieuse. Prés du mur, un lit et d’autres outils de médecine, d’opération, de bien d’autres choses. Un lit que Lucien ne tarde pas à désigner.

- Déposez-là ici.

Elias s’exécute, puis s’éloigne vite une fois cela fait. Peu de temps après, l’homme d’apparence plus ancien se penche sur le cas de l’humaine. Sans se détourner du début de son auscultation, il lance sa phrase.

- Vous pouvez rester ou attendre dans une autre pièce, ou même passer la récupérer plus tard. Je saurais vous dire pour combien de temps elle en a ici après un petit moment.

L’artiste acquiesce, puis lance un regard vers Amaria, l’air interrogatif. Pour lui demander sa préférence.
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Sam 22 Déc - 16:24
Les quelques mots du chauffeur sortirent Elias de ses pensées.

Je le vis se réveiller de ses réflexions, récupérant le regard du chauffeur. A quoi pouvait-il bien songer ? Il m’avait souri, mais tout aussi vite détourné le regard, il avait regardé son téléphone, mais tout aussi promptement reposé son regard sur notre victime.
Moi, parallèlement à tout cela, je me contentais d’observer la scène, un peu comme vous qui lisez ces quelques lignes. Simple spectatrice d’un acte que j’avais déclenché, et qui me mettais mal à l’aise. J’ai suffisamment épilogué sur mes ressentiments pour vous les représenter, mais retenez que je ne suis pas plus fière maintenant qu’il y a quelques minutes, d’autant plus que je constatais peu à peu l’état de santé de Sarah se dégrader.

Fort heureusement, comme mentionné précédemment, nous étions arrivés devant un vétuste immeuble abritant la connaissance d’Elias. La devanture, légèrement délabrée, laissait pour seul éclairage l’insigne d’un médecin donc j’avais vaguement entendu le nom. Non pas que je le connaissais en tant que vampire ou même professionnel, simplement que son nom était déjà venu à mes oreilles au travers du discours de certains patients que nous avions visiblement en commun.
Cependant, j’avais appris avec surprise en cette nuit qu’il était des nôtres, et j’y voyais une bonne occasion, si toutefois il exerçait toujours activement, de ramener de potentiels patients entre mes murs par son intermédiaire.

Mais revenons-en à d’autres préoccupations. Sarah.

Nous étions maintenant dans la rue et la voiture d’Henry avait disparu au coin de la rue. Quelques adroites paroles d’Elias lui avaient poliment indiqué de garder le silence à propos de tout ceci, ce qui me convenait pleinement. Je devais bien lui reconnaitre une certaine verve que j’avais peu de patience à employer. Quand il s’agissait de patients à lentement manipuler, j’éprouvais un plaisir à lentement influencer leur esprit, à le modeler en quelque chose d’utile à mes fins.
Toutefois, hors de mon cabinet, je n’aimais pas perdre du temps en longs et inutiles jeux d’esprits, alors que mes disciplines permettaient simplement de modeler les humains en animaux serviles.
Je devais reconnaitre donc à Elias une certaine classe à opter pour la manipulation même dans l’urgence, ce qui me fit légèrement sourire et le regardant subrepticement.
Ce même genre de sourire qui se dessinait une heure avant entre mes murs.

Quelques pas vers la porte, suivi de quelques mots d’Elias auxquels je réponds simplement en acquiesçant, le regard fuyant.
Quelques pas encore en nous voilà rentré dans le bâtiment. Vétuste, tout comme son extérieur, presque insalubre. A vrai dire, ce genre d’environnement était l’apanage du quartier, et pour ma personne qui passait parfois par les égouts pour se déplacer, je n’étais pas de celles qui crieraient au moindre cafard… Cela serait aussi absurde que si j’avais peur des serpents.

Cette dernière pensée me fit à nouveau lentement sourire. Peu à peu, et vous avez dû le remarquer, je retrouvais pleine possession de mes moyens. Tout autant sa discipline que les effets de la bête se calmaient, et je prenais plaisir à me ressentir à nouveau en pleine possession de mes moyens.
Je me permis donc ce léger rictus, discret, sans même prendre garde à ce qu’Elias ait pu le voir ou non, alors que la situation ne le permettait pas vraiment moralement.

Un tintement, une porte coulissante et quelques pas. Nous nous retrouvions tous trois dans l’étroit ascenseur qui montait jusqu’au cabinet du médecin. Alors que les portes se fermaient et que l’ascension débutait, je sentis le regard d’Elias se poser sur moi, regard que je soutins à mon tour, désormais plus confiante. S’ensuivirent quelques mots qui me rassurèrent. En effet, cette situation n’était pas des plus aisées, et même si ma préoccupation principale était plus celle de l’opinion d’Elias sur ma personne, il était certain que cette dernière était liée au sort de la serveuse, et qu’au final, le moyen d’arriver à nos fins était similaire.
Je lui retournai donc un léger sourire, sans un mot, dégageant même une mèche de cheveux qui s’était collé sur son visage, avant qu’à nouveau, ce dernier se mette à se mouvoir pour me poser une question.

Bien entendu, et aux vues des circonstances, je me contenterai d’une belle esquisse pour paiement.


Vérité énoncée sur un ton tout aussi joueur que le sien. Peu à peu, et cela me convenait fortement, nos astuces verbales et nos jeux de regards retrouvaient leur place au centre de notre relation, et Sarah, muette et dangereusement somnolente, semblait passer au second plan à cet instant. Toutefois, comme un prompt rappel à la situation, la porte de l’ascenseur s’ouvrit sur un couloir tout aussi délabré que le rez-de-chaussée, aboutissant à une porte légèrement éclairée par une lampe apposée sur une petite table.
Vieille salle d’attente improvisée, aux chaises usées, que notre cortège traversa avant d’atteindre la porte à laquelle Elias sonna. Petit regard discret vers Sarah, puis vers Elias, avant que la porte s’ouvre sur un de mes confrères.

Pour le coup, on ne pouvait lui retirer une certaine classe à l’ancienne. Pour le coup, sans que cela ne soit aucunement péjoratif, il semblait venir d’un autre temps, mais son regard trahissait une sagesse bien plus âgée que d’une quarantaine d’année. Sans surprise aucune aux vues de la situation, il se contenta de saluer presque amicalement Elias, avant de se tourner vers ma personne.

Docteur Al’Afeaa, mais appelez-moi Amaria !


Je lui tend une main qu’il serre avec une poigne ferme en me regardant dans les yeux. Pour sûr, de prime abord, il semble fiable, car de moins en moins communs sont ceux qui prennent la peine de soutenir un regard dans ce genre de politesses. Toutefois, conscient de la situation, il reposa vite ce regard sur Sarah, nous invitant à entrer.

Nous passèrent donc au travers d’un couloir bien plus richement orné que celui du passage que nous venions d’emprunter, devant une succession de diplômes médicaux de toutes époques. Ambiance étrange qu’est celle de ce couloir et de ces quelques portes closes, ne manquant pas d’éveiller ma curiosité. J’étais d’ailleurs fort curieuse de voir ce qu’elles pourraient renfermer, mais d’un autre côté je me préférais à rêvasser de ce qu’elles pourraient dissimuler.
Arrivés au bout de ce couloir, une porte elle aussi verrouillée. Décidément, que de sécurités pour un lieu où il semblait vivre seule. Plusieurs cadenas à son entrée et encore une porte fermée dans son propre domicile, cela éveilla à nouveau ma curiosité sur des suggestions bien macabres. Toutefois, le temps n’était pas à la rêverie, et mon regard passa donc rapidement sur les différents ustensiles médicaux de toutes époques dans son cabinet.

J’espérais simplement qu’il ne pratiquerait pas d’obscures techniques médicales comme celle pour lesquelles on m’a formée il y a trois siècles de cela, sinon elle serait réellement en très mauvaise posture. Lui faire une saignée par exemple, ne serait pas une stratégie médicale convenable.
A nouveau, cette pensée me fit sourire alors que mes yeux revirent sur le médecin qui commençait à ausculter Sarah. Il nous suggéra que sa remise en état pourrait prendre un temps non négligeable, et je vis le regard d’Elias m’interroger sur la suite des événements.
Discrètement, sans même un mot, il semblerait que les rôles soient redevenus un brin plus équitable, ce qui ne me déplaisait pas.
Après une seconde de réflexion, je pris enfin la parole.

Pas de souci, nous n’allons pas vous déranger durant votre travail. Il se trouve qu’une de nos amies ne devrait pas tarder à passer dans le coin pour un service. Pas d’inquiétude, nous ne la feront pas entrer entre ces murs, simplement qu’elle… disons… A reçu un appel pour se joindre à nous, qu’importe notre lieu actuel.
Si cela convient à Elias, nous attendrons dans les environs quelque temps, si toutefois l’aube se dessine, vous savez très bien que nous ne pourrons rester.


Guettant l’approbation d’Elias et du médecin, je pris ensuite la direction de la porte, après avoir jeté un rapide regard sur Sarah également.

Ah oui, une dernière chose ! En ce qui concerne vos tarifs, combien vous dois-je ?


Pragmatique, je ne souhaitais en aucun cas qu’Elias finance quoi que ce soit qui aurait pu être du ressort de son intervention. Ainsi, après la réponse du médecin et les remerciements et salutation qui allaient avec, j’emboîtai le pas vers l’ascenseur, jetant un rapide regard vers Elias pour voir s’il me suivait.

La situation de Sarah étant maintenant réglée, il restait toutefois celle de Mélinda à résoudre pour obtenir sa faveur.
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Dim 23 Déc - 0:36

Tout aurait pu être sensiblement différent, sans Sarah évanouie dans les bras du Malkavian.

Sans elle, sans nulle doute que la tension présente au sein de cet ascenseur étroit aurait été d’une nature différente.
Et encore, ils ne seraient pas dans cet ascenseur, sans elle.
Sans elle, Elias n’aurait pu que deviner la part plus sombre, moins contrôlée, que cache Amaria, sans jamais la confronter.
Sans elle, ils n’auraient pas rencontrés Lucien.

Mais elle est là, mourante. Avec son agonie, elle amène son lot de changements dans les projets de la soirée de chacun. Dans les rapports, les impressions. Au moins temporairement.

Mais la vie suit son cours – aussi ironique cette citation puisse-t-elle être concernant les deux Vampires -. Alors dans cet ascenseur, les mots s’échangent, et de nouveau, les sourires. Pas encore tout à fait pleins, mais sincères. Elias lance sa plaisanterie, ou plutôt, sa sérieuse plaisanterie. Lorsqu’elle y répond par la positive, le léger se réinvite à son visage resté grave jusqu’ici.

- Fais attention à ce que tu proposes, je pourrais de mon côté me contenter d’un modèle en guise de séance.

Il lance son malicieux double-sens, trop équivoque pour être totalement innocent. Dans sa voix comme sur son visage, le retour de cette attitude portée au jeu et à la séduction. Puis, l’ascenseur arrive à l’étage souhaité, s’annonce d’une sonnerie qui teinte à l’oreille. Dés lors, il reporte son regard vers la sortie, serre l’humaine un peu plus contre lui, pour réajuster sa prise. Le temps presse, oui. Le temps presse, mais ne l’empêche pas de réfléchir en même temps que ses pas le mènent vers la porte de Lucien.

Il y songe, à ce que représenterait une autre séance. Et peut-être d’autres encore. Ce serait la possibilité d’aborder les façades les plus interdites de sa vie, celles qu’il ne pourrait pas avouer à un psychologue lambda. Ce serait pouvoir parler de la Marque de Caïn, de sa nature, de la soif qui les habite, à la fois tortionnaire et tentatrice. Et peut-être d’autres choses.
Ce serait une suite à leur jeu dangereux, dans tout ce qu’il représente de bon comme de mauvais. Ce qu’il a de stimulant, mais aussi ce qu’il a de dangereux. Ce serait confier ses instabilités à quelqu’un qui s’est prouvé capable de le rendre instable.
Qui s’est prouvé capable d’être instable.

L’un dans l’autre, ce serait globalement une manœuvre hasardeuse. Une de plus.

Une de plus, une de moins...
La phrase résonne dans la tête, alors que la sonnerie à la porte résonne dans la couloir. Furtivement, un rictus trouve sa place au visage d’Elias, quelques secondes. Quelque chose d’étrange. Sur son visage se trahissent impatience et appréhension, mais son regard semble trahir une réflexion plus profonde. Comme si… Comme si sa décision était prise, mais qu’il y réfléchissait encore.
Il reviendra, oui. Est-ce une bonne idée ? L’avenir le dira.
Le présent, quant à lui, les met en face de Lucien.

Les présentations sont faites, sobres et rapides. Lucien a peut-être noté le titre et le nom d’Amaria, mais ne semble pas relever. Elias se contente d’un signe de tête, ses mains étant prises. Et il ne peut s’empêcher de le penser : ce n’est pas plus mal, vu la poigne du Médecin. Bien qu’il se soit sans doute retenu avec une femme, l’homme est habitué à laisser des mains engourdies dans le passage de ses salutations. Surtout celles à Elias, en fait. Comme s’il s’amusait à voir le Malkavian peiner à rester digne sans montrer la douleur, légère mais prompte à marquer le visage.
Elias s’est juré de ne plus jamais lui faire le plaisir de leur première rencontre, où il est massé la main de longues minutes après leur poignée de main. Peut-être est-ce l’origine de ce rituel loufoque ?

Peu importe. Aujourd’hui, ni le temps ni les esprits ne sont portés vers l’amicale taquinerie. Aujourd’hui, ce soir, maintenant, le temps est à l’urgence.

Pas à pas, les gens de la nuit traversent le beau couloir, empli d’un charme rustique venu d’il y a des centenaires. L’endroit semble dénoter du reste de l’immeuble, par son entretien, son allure. Comme s’il avait survécu au temps pour n’en tirer que le meilleur. Ce qui en dit long sur la discipline de Lucien. Tseh. S’ils savaient.

Sans un mot lorsqu’ils arrivent dans la salle d’opération, Elias suit les consignes, puis se met en retrait. Quand les propositions de Lucien quant à la marche à suivre tombent il se retourne vers Amaria. Une façon tacite de lui réaccorder sa confiance. Il l’écoute, puis échange un regard avec le Médecin. Dans les yeux de Lucien, un brin d’interrogation quant à cette « amie », auquel l’Artiste répond d’un simple sourire, d’yeux fermés et d’épaules haussées. Lucien secoue la tête, un presque-air moralisateur au visage, puis finit par répondre.

- Je n’y vois pas d’inconvénients. Si l’aube devait se lever avant votre départ, des chambres peuvent être libérées plus loin dans le couloir.
Veillez à ne pas causer de remue-ménage entre mes murs, cela étant, Monsieur Lavander.

- Est-ce que c’est mon genre?

Un long silence, où les deux hommes se fixent. L’un souriant grand, l’autre, visage fermé, avec seulement l’ombre d’une risette très discrètement cachée au coin de ses lèvres.
Vous devinerez qui est qui. « Monsieur Lavander », cette façon qu’a Lucien de faire comprendre à Elias que ses propos sont sérieux. Les deux hommes se sont déjà rendus service à quelques reprises,  mais il reste cet accord tacite : les ennuis de l’un restent au palier de l’autre, sans jamais s’inviter sous son toit. Les patients étant l’exception, évidemment.
Elias finit par lâcher un rire faussement gêné, face au silence stoïque du Médecin.

- Bon, certes, c’est peut-être un peu mon genre. Pas d’inquiétude, doc, vous avez ma parole.
- A la bonne heure. A plus tard donc, messieurs dames.

Elias lance un signe de la main au Vampire, puis se retourne vers Amaria, prêt à la suivre, tout juste au moment où elle pose sa dernière question. A ce moment, il tourne sa tête vers Lucien, juste sa tête, toujours de dos. Lui avise, l’air de soupeser la question.

- Qui a été l’heureux élu, ce soir?
- Heh.

Sans un mot, Elias montre du pouce Amaria. Le regard du Médecin se pose sur elle, et il garde son air impassible un instant, avant de prendre un air plus bienveillant.

- Le premier « incident » est gratuit. Mettez ça sur le compte de votre Bête, et tachez d’en garder la maîtrise à l’avenir, Amaria.

Puis, de se retourner vers sa patiente.
Elias observe la scène, puis suit Amaria hors de la pièce, loin dans le couloir jusqu’à sortir de l’endroit, et aller vers l’ascenseur. Il appuie sur le bouton.

- C’est d’une ironie assez amusante, de recevoir des leçons de morale sur la maîtrise de soi de la part d’un Brujah, hm?

Il lui dit ça, puis jauge sa réaction, toujours curieux de l’expression du visage chez ceux qui apprennent le clan de Lucien. Curieux personnage. Aytpique. Pour autant, Elias espère ne jamais être l’objet de sa fureur.
C’est souvent ceux qui ont l’air si calmes et si maîtres d’eux-mêmes qui sont les plus dangereux, parmi les Brujah.

- Elle s’en sortira. S’il n’a rien dit qui indique le contraire, c’est qu’il est confiant. S’il est confiant… C’est qu’elle va vivre.

Ca en dit long sur la confiance qu’il accorde au Vampire…
L’ascenseur s’ouvre.
Et cette fois-ci, pas de corps entre la vie et la mort pour les séparer.

Elias entre, appuie au rez-de-chaussée, puis s’adosse sur le miroir au fond de la cabine, l’air plus à l’aise. Débarrassé d’un poids. Le poids d’une vie pour laquelle s’inquiéter.

- Donc.
La suite?


La question part, tandis qu’il passe les mains derrière sa tête, puis repose ses yeux sur elle.
La suite. Dessinnée, si Mélinda arrive vite. Incertaine, si elle est encore loin.
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Dim 23 Déc - 18:17
Je n’y avais répondu que par un sourire, mais sa petite phrase de l’ascenseur ne m’avait pas laissée indifférente.

Sa colère que j’avais devinée plus tôt n’était donc pas dirigée vers moi, mais simplement dédiée à la situation peu accommodante. Cette phrase était donc en premier lieu un soulagement, mais signait également le retour de ces petits jeux de séduction qui me plaisaient tant.
Si nous devions dresser le portrait de nous autres vampires, l’on pourrait évidemment dire que nous sommes des créatures de péché. Même si cela dépendait de la voie que chacun choisissait pour son immortalité, le simple fait de nous maintenir en vie mélangeait luxure, gourmandise et envie. Pour ma part, vous aurez pu le deviner, l’orgueil était aussi un sujet prépondérant, tandis que chez ce cher Elias, un autre péché parfois dominant semblait être la colère.

Tout cela pour exprimer que nous avions pour la plupart tendance à charmer, sans se préoccuper des basses normes morales de sa société, et qu’à sa phrase pleine de sens implicites, il me suffisait d’un sourire en coin en plongeant mon regard dans le sien pour qu’il intègre pleinement le fond de ma pensée, voire encore mieux, que son esprit lui suggère maintes choses que je n’ai même pas envisagées.

D’ailleurs, la douceur de ce regard avait fortement contrasté avec la poigne du médecin. A elle seule, elle ne me donnait aucunement envie de me démettre un membre au risque qu’il me le brise en le remboitant. Une forte poigne, donc, sous la force de laquelle ma main s’engourdit.
Son œil avisé avait certainement pu deviner le pincement de paupière incontrôlable lié à la douleur, mais pour ce qui est du reste, je fis semblant d’aller bien alors que ma main me tiraillait. Rien de terrible cela dit, disons simplement qu’on aurait dit la première poignée de main qu’un beau père ferait au compagnon de sa fille.

Une fois rentrés entre les murs du cabinet, un sourire se dessina sur mon visage à la suite des mots de Lucien.
Il devait en avoir, des histoires croustillantes sur mon patient. Y’avait-il un sous-entendu sexuel ? Possible, surtout lui ayant mentionné des chambres l’instant d’avant. Mais plus précisément, il me semblait que ces deux-là avaient vécu quelques aventures, et m’interrogeais donc sur leur possibles liens.

Durant cette dernière, je me languis du silence qui s’installa un instant. Cela me fit même sourire franchement à la vue des deux expressions faciales si différentes, scène presque hors du temps aux vues de l’état quasi cadavérique de celle que nous avions ramenés. J’étais d’ailleurs proche de le faire remarquer avant qu’Elias reprenne la parole par un mea culpa à demi-mots, mettant sa parole en jeu sur le bon déroulement de la suite des évènements.
A vrai dire, et je l’espérais profondément, toutes les embrouilles étaient passées. La bête s’était tue chez nous deux visiblement, le destin de Sarah n’était plus de notre ressort et même entre de bonnes mains, et nous avions largement encore le temps de finir notre consultation avant l’aube.

Ne restait que Mélinda à soigner, mais cela n’allait pas s’annoncer problématique. Elias ayant pleinement maitrisé la situation, je me trouvais emplie du sang de Sarah et prête à exercer mes disciplines pour réassembler l’esprit de l’amie de son amie.
D’ailleurs, elle était probablement en chemin pour l’adresse de Lucien, tout comme mon cher chauffeur. En effet, la convocation ne s’altérait qu’à l’issue de la proximité du convoqué et du convoquant. Ainsi, tous deux se dirigeaient vers ma position actuelle, mais ne devaient pas forcément connaitre l’adresse et la nature de l’hôte de ces lieux.

D’un rapide signe de la main, je saluai Lucien qui semblait désormais réellement concentré sur le cas de Sarah. Etant de dos, je ne pus deviner sur son esprit la gravité de la situation, mais les quelques mots qu’il avait eu le temps d’échanger avec le vampire m’indiquèrent que ce cas n’était pas d’une absolue urgence.

S’ensuivit d’ailleurs un nouveau silence lorsque j’interrogeai notre hôte concernant ses tarifs. Il posa d’ailleurs une question un peu vague que j’eu du mal à saisir. Oui, s’il souhaitait le savoir, c’était moi qui avais mis Sarah dans cet état, je n’étais à vrai dire plus à ça près ce soir, ou alors parlait il à Elias mentionnant une nouvelle conquête de sa part ?
Peu importe, ce qui me plut principalement quand il prit la parole ensuite fut la mention de la gratuité de tout ceci. Même s’il m’aurait suffi d’un clin d’œil bien placé à un homme d’affaire ou d’un bon dépassement d’honoraires pour rembourser cette dette, le fait qu’il ne me demande pas d’argent restait bienvenu pour moi. Toutefois, j’espérais qu’il ne considère pas cela comme un service rendu, telle une dette morale en sa faveur, auquel cas il ne devrais pas s’attendre à un retour de ma part.
Il avait choisi de m’offrir son service, je ne lui devais donc rien, que cela soit matériel ou non.

Il se permit même de me donner un conseil sur ma tenue et sur ma nature, ce qui m’arrêta imperceptiblement dans ma marche vers la porte. C’était fort osé, même si je méritais un tel conseil, ce qui me révéla également qu’Elias avait dû vendre la mèche quant au responsable de tout ceci. Pour être franche, s’il n’avait pas eu une poigne si ferme ni une vie importante entre ses mains, je me serais permise de rétorquer. Toutefois, ravalant à nouveau mon orgueil, je me mordis simplement la lèvre inférieure, pour contenir quelque peu mes paroles.

Au revoir… Et merci Docteur.


Mon regard se posa sur Elias, et sans mots ni signes, nous rejoignirent la sortie de la pièce.
Mutiques, nous traversèrent à nouveau les couloirs ornés et délabrés avant d’atteindre l’étriquée cage de métal. Durant ce court trajet, je l’avais laissée ouvrir la marche.
Bien que je me sente bien mieux et bien plus fière qu’il y a quelques minutes, je demeurais peu certaine de moi. Fort heureusement, Elias nous sortit de ce calme en s’amusant de la dernière phrase de son ami médecin.

Amusant oui ! C’est… C’est le mot. Il était donc Brujah, ce qui explique sa poigne. Un petit rire se glissa entre mes syllabes.
Tu as l’air d’ailleurs confiant de son sort, tant mieux.

Durant cette fin de phrase, mon regard quitta le sien tandis que ma main massait mon poignet. S’ensuivit une phrase rassurante de sa part, à laquelle je répondis simplement par une mine soulagée, et nos deux corps s’engouffrèrent dans l’étroit élévateur, si étroit que je me demandais presque comment nous avions pu y entrer à trois il y a quelques instants.

Il s’y avance, s’adosse le long de la vitre et tend une main a quelques centimètres de ma taille qui va appuyer sur le bouton du rez-de-chaussée.
Débarrassée de l’angoisse, la tension relative liée au jeu de séduction qui régissait nos actions était lentement revenue. Ainsi, mon regard resta plongé dans le sien, avec un léger sourire aux lèvres qui elles même n’étaient pas si loin des siennes, à cause du volume restreint de la cabine.

Un instant, et nous étions déjà arrivés en bas.
Une question, et un sourire malicieux s’était durablement installé sur mon visage.
Un élégant geste de la main, et la base de sa mâchoire se retrouvait au creux de ma paume, alors que les doits s’engouffraient dans sa chevelure.

La suite… Eh bien… Mélinda ne devrais pas trop tarder à vrai dire, même s’il nous reste surement encore quelques longues minutes à tuer.


Double sens et sous-entendus tout aussi innocents que les siens, dos à une porte qui se ferme à nouveau, forçant la proximité entre nos corps.
Ce jeu de lèvres et de langues, il était certain que lui comme moi souhaitaient le réitérer, si bien que lentement, nous bouches virent se joindre pour n’en former plus qu’une. En quelle mesure étions-nous tous deux victimes des charmes de l’autre, n’y avait-il que de simples jeux de mots naturels, étais-ce sur l’instant ? Une passion sans lendemain ?
Bien trop de questions bien trop romantiques pour vrai.
Je n’avais aucunement besoin de m’en justifier tout comme il n’en avais besoin.
J’en avais envie, tout comme j’avais eu envie de boire dans le cou de notre invitée.

Toutefois, un tintement retentit dans la cage de l’ascenseur.
Un bruit métallique, puis un autre, celui d’une porte qui coulisse lentement.
Mes yeux s’entrouvrent, et une voix s’élève dans mon dos. Une voix rauque, mais tout de même féminine bien que légèrement éméchée.
D’après mes calculs, et depuis la seconde où je l’avais convoquée, une bonne demi-heure s’était écoulée. Elle avait été un brin plus rapide que de coutume. Toutefois, pour sûr, c’était bel et bien la voix de l’amie de son amie.
Mélinda.

Oh excusez-moi… Je… Attendez… Elias c’est toi ? Et… Docteur ?
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Lun 24 Déc - 2:12

Au fil du temps, l’inquiétude se lève, les esprits s’allègent. De nouveau, les regards s’égarent, se croisent, les sourires s’échangent.
Même le plus bon des Vampires finit par avoir un rapport à la mort bien différent, à force de prendre conscience de sa condition.

Elias était inquiet pour cette humaine, le long du chemin. Dés lors qu’ils sont arrivés dans l’ascenseur, cette inquiétude est morte, et de ses cendres se sont ravivées les braises de leur joute de mots et gestes, à ces deux Caïnites.
Parce qu’il sait qu’elle va survivre, maintenant. Il fait trop confiance à Lucien pour en douter. Tout devient plus facile, une fois le poids cette vie retiré de ses épaules. Au revoir, les mauvais souvenirs, Adieu, culpabilité naissante. Tout ça s’en va aussi vite que c’est venu, ne reste que le souci de suivre l’état de Sarah, par plus tard. Bien plus tard.

Pour le moment, ils l’ont confiés au Médecin, et il est déjà en train de s’occuper de son cas.

Quelques phrases échangées, des questions soulevées et des avertissements donnés. Pour sûr, Lucien est au fait du naturel… insousciant d’Elias. Lui, et tout ce qu’il peut amener dans son sillage. D’où son amical rappel, d’où leur rapide échange de regards. Sans doute Amaria est-elle capable de deviner un passif entre les deux Immortels. Sans doute la réputation d’Elias auprès de cette connaissance lui permet de cerner encore un peu plus le genre d’homme qu’il est.
Ce genre d’homme à qui l’on dit gentiment « ne pousse pas l’excès trop loin ». Tseh.

Sans être trop sûr ce si ça va être utile ou non. Les esprits libres sont difficiles à tenir en laisse. Parfois pour le mieux.

Déjà, Elias s’apprête à laisser le docteur à son œuvre, mais Amaria aborde la question des finances. Dés lors, se pose  la question de l’auteur. Car les Vampires qui viennent le voir avec un mourrant sur les bras viennent pour une simple, unique et routinière raison : un excès de soif. Elias le sait, lui aussi, alors l’Artiste lui désigne l’auteure du malheureux geste de ce soir d’un simple geste de la main. Il annonce la gratuité de sa première intervention, puis dispense sa morale, sans condescendance, bien que ça puisse y ressembler. Il offre un simple signe de tête aux remerciements  de la Vampire, puis se replonge dans son exercice. L’homme semble comme dans son monde, plus concentré, depuis qu’il s’est concrètement penché sur l’état de sa patiente.
Elias choisit ce moment pour s’éclipser, soucieux de ne pas déranger l’opération.

Deux silhouettes traversent le premier couloir, orné, fait d’un bois ancien, mais solide. Puis le second, délabré, fait d’un bois ancien, et usé. Une pression de bouton pour appeler l’ascenseur, puis une révélation, lancée comme une croustillante petite anecdote de commère. La réponse ne manque pas de lui arracher un rire, d’ailleurs.

- D’où la poigne, ouais. On s’y habitue.Un peu. Plus détendu, l’artiste semble totalement revenu à son comportement d’avant le petit drame de ce soir. Lorsque la question de la confiance vient sur la table, il prend toutefois un air un peu songeur. Comme se rappelant de souvenirs. Je lui fait confiance. S’il ne m’a rien sorti du goût de « c’est trop tard » ou que sais-je… C’est qu’elle ira bien.

Puis, l’ascenseur arrive. Il y entre, en premier. Elle suit.
Batiment délabré, ascenseur étroit, proximité forcée. Mais pas indésirée, pour autant.
L’inconfortable étroitesse qu’a été celle de leurs deux corps coupés par un presque cadavre au milieu est différente ici, sans cet élément perturbateur. De nouveau, elle est trop prés.

Il appuie sur le bouton, de nouveau, et ne peut s’empêcher de focaliser son regard sur elle alors qu’il se penche pour atteindre le cercle rouge qui désigne le rez-de-chaussée. Puis, il revient contre le verre du miroir dans son dos. Et il pose sa question.
La réponse vient, double. Celle du corps, de cette proximité encore renforcée, de ce sourire et de cette main placée à sa joue. Celle de la voix, et ce qu’elle annonce.

Il reste là, dans un premier temps passif, sans bouger les mains de derrière sa tête. Mais ses yeux le trahissent. L’envie s’y lit, et leur passage entre les siens et ses lèvres se devine aisément. Elias est peut-être un peu trop volontaire, un peu trop vulnérable, à ces pulsions qu’une femme peut imposer chez lui. A ses pulsions, de façon générale. L’on a assez répété cet état de fait : sans être idiot, il est homme d’instinct avant d’être homme de raison.
Quelqu’un d’avisé et mal intentionné saurait exploiter cette faille. Et il le sait. Mais ce n’est pas ce à quoi il pense, lorsqu’il cède à la soif, au caprice, au désir charnel ou à ses émotions.
Ce qu’il pense, c’est « j’en ai envie ».
Rien d’autre.

Alors la mascarade de son corps faussement stoïque cesse. Lentement, il se penche contre elle, approche son visage du sien tandis que les mains dans son dos bifurquent jusqu’à trouver chacun leurs places sur son corps à elle, une à sa joue, puis son cou, ses cheveux. L’autre à sa hanche, qui tire contre lui, attire leurs formes l’une contre l’autre. Et de nouveau, leurs lèvres s’unissent, leurs langues jouent. Cette étreinte, Elias pourrait y prendre goût plus qu’il ne voudrait bien se l’avouer. Peu à peu, une certaine avidité se dessine à l’ombre de ses gestes. C’est progressif, lent. Des mains plus curieuses, plus baladeuses. Une qui se perd un peu plus bas dans le dos, tandis que sa langue s’avère plus gourmande.
Si on lui demandait, il dirait que non, avec un léger sourire malicieux. Si on lui demandait : « est-ce que tu n’étais pas sur le point de pousser l’excès trop loin ce soir-ci, Elias ? »

Peut-être. Peut-être pas. L’avenir ne le dira jamais, car l’avenir est fait d’un bruit mécanique, puis d’une voix familière. D’un regard qui fixe, alors qu’il a son visage mêlé à celui d’une autre, une main prés de son décolleté, l’autre perdue trop bas pour être vertueuse.
Eh merde.

Sur le moment, Elias caresse la possibilité de juste disparaître. Mélinda n’est pas très forte d’esprit, l'Occultation l’effacerait promptement de sa mémoire. Mais… Mais non. Ou en tout cas, pas maintenant.  Plutôt que ça, son regard revient vers Amaria, alors que leurs bouches se désunissent. Alors que ses yeux trahissent un empressement certain. Frustré dans l’élan d’une bêtise qu’il aurait bien eu envie de commettre, il est là, à la fois contrarié et amusé. Son sourire n’est pas parti, il a même quelque chose de prédateur. Mais il se calme, et se penche à l’oreille d’Amaria.

- Je crois que votre patiente est arrivée, Docteur Al’Afeaa.

Espiègle par son ton, Elias lui dit ça d’un murmure, puis passe les mains dans ses poches. Un simple signe de tête vers l’humaine.

- Salut, Mélinda.

Le divertissement qu'il tire de tout ça se lit bien trop facilement sur son visage. Et pourtant, la suite est on ne peut plus sérieuse.
Mais d'ici là...
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Lun 24 Déc - 15:46
Aussi mortel que vous êtes, je pense que vous connaissez pleinement la loi de Murphy.

Tristement appelée « Loi de l’emmerdement maximal », dans cette situation, elle était plus proche de sa définition première qui stipule que sur une durée indéterminée de temps, tout fini par se produire.
Même s’il ne s’agissait que de quelques heures, le désir qui était né entre nos corps régissait nombre de nos actes, et l’avoir contenu quelque temps, préoccupés par Mélinda, n’avais eu pour seule conséquence que de le faire ressurgir au centre de nos esprits. Presque aussi obsédant que la soif, cette envie s’était démultipliée une fois nos corps serrés dans cette étroite boite de métal. La sensation de nos souffles tièdes, nos regard si proches et nos lèvres imperceptiblement mouvantes n’avaient qu’encore plus attisé cette flamme de vice et de luxure qui brulait dès lors qu’il avait franchi le pas de ma porte. C’est pourquoi, naturellement, nos regards s’étaient trouvés, et que, lentement, nos corps se rapprochaient.

Une main entrant dans ses cheveux, une autre passant dans mon dos, encore une autre longeant son échine et une dernière caressant mon visage.
Nos mains, nos lèvres, nos corps tout entiers s’étaient trouvés et ne formaient plus qu’un dans une danse charnelle. Lentement, je sentais son désir croître au creux de ma bouche. Ses mains devenaient plus audacieuses, presque trop d’ailleurs. Ce genre de plaisir humain, cela devait faire une décennie que je ne m’y étais pas égarée.
D’ordinaire, le baiser me suffisait pleinement, mais Elias semblait bien plus attaché à son humanité, c’était probablement pour cela qu’il cherchait se plaisir plus humain. Soit, je me laissais porter par sa fouge et lentement, resserrait notre étreinte, crispant mes ongles dans sa chair et changeant ma langue en quelque chose de plus… disons… agréable.

Je sentis la surprise au creux de ses joues lorsqu’elle commença à le parcourir, mais je sentis aussi le plaisir lugubre qu’il en retirait et qui le poussa, encore, à aventurer ses mains en des lieux bien audacieux.

Une brève sonnerie.
Une porte qui coulisse.
Une femme qui s’exprime.
Dommage, la voilà en avance.

Je sens Elias s’arrêter net. Quand bien même elle se serait abstenue de parler, j’aurais facilement deviné la personne dont il s’agissait simplement en sentant la surprise mêlée à la déception d’Elias. Alors que lentement nos bouches se désunissaient et que ma langue redevenait humaine, un petit rire s’échappa lorsque je vis la frustration d’Elias.
Lentement, mes mains desserrèrent l’étreinte, caressant sa peau de mes paumes et de mes ongles, et sa bouche vint trouver mon oreille.

Il me semble aussi…

Tout aussi bas, suivi d’un léger soupir alors que mes yeux quittaient ceux d’Elias pour se poser sur Mélinda.

Bonsoir Mélinda, j’espère que votre trajet s’est bien passé malgré votre ébriété. Voyez-vous, je vous ai convoquée pour une raison assez simple. Il se trouve que votre connaissance Elias ici présent s’inquiétais pour vous, et qu’il m’a personnellement demandé une consultation supplémentaire afin de prendre soin de votre esprit. Qu’en dites-vous ?


Je… Oui mais… Et vous et le mec de Sally… Et pourquoi ici ?

Bingo.
A vrai dire, Mélinda n’était pas une lumière, même pour une humaine. L’alcool et l’amoncellement de questions aidant, il m’avait suffi de l’embrouiller de quelques questions supplémentaires pour perdre totalement son esprit. D’ailleurs, elle sentait la vodka à plein nez. Ce n’était pas de mes alcools favoris, mais cela allait tout de même être buvable.

Je fis un pas en avant vers Mélinda et apposa une main sur son épaule. Elle avait étrangement chaud, probablement grâce à son ébriété, ou savait-elle malgré son état comment la suite allait se passer.
Ma tête pivota vers celle d’Elias, le fixa un instant, bien plus sérieusement que de coutume, puis poussant légèrement ma patiente dans l’embrasure d’une porte, mes crocs allèrent chercher sa nuque.

Fort heureusement, mes « crises de Bête » marchaient comme tous les désirs. Une fois satisfaits, ils mettent du temps avant d’à nouveau se manifester, ce qui me laissait pleine possession de mon esprit, toutefois enivré par le plaisir du baiser.
Je vous vois d’ailleurs vous demander pourquoi boire de son sang pour jouer avec son esprit ?
En premier lieu, manipuler un esprit, même si celui-ci est aisément manipulable, n’est pas sans coût. Voyez donc cela comme un remboursement partiel de l’intervention. De plus, j’ai pour coutume de lier plaisir et ordre, accomplissement et satisfaction.
Pour en arriver à cette conclusion, j’ai étudié des expériences faites sur des souris, qui ne sont en réalité pas si éloignée de l’humain qu’on veuille nous le faire croire. Cette étude était rudimentairement simple. Plusieurs rongeurs étaient répartis dans différents compartiment, et chaque action devait être faite dans un ordre précis. Si elles exécutaient cette série correctement, elles avaient une friandise. Dans le cas contraire, un choc électrique leur était donné.

Ainsi, ces bêtes petits rongeurs, initialement incapables de comprendre la raison de cet enchaînement d’actions, se sont retrouvés à le maîtriser à la perfection en l’échange d’une récompense. Ce procédé rudimentaire est celui que je répète avec les hommes en apposant mes lèvres et mes crocs dans leur cou, les rendant serviles et dépendants jusqu’à leur prochain baiser mérité.

Toutefois, la manœuvre du jour était un brin différent. Il me fallait reconstruire lentement son esprit, et je devais bien avouer que mes disciplines étaient bien plus utiles pour le briser.
A mesure que ses mains parcouraient mon corps, donc, j’immisçais en elle un désir d’obtenir son enfant à tout prix. Il me fallait cependant le nuancer, car dans l’état, elle aurait simplement attaqué de front la famille d’accueil pour enlever son propre fils. Ainsi, cette nuance naquit dans l’éveil d’un autre de ses torts.
L’orgueil.

Il n’y a en effet aucune fierté à voler ce que l’on peut obtenir par le mérite. Ainsi, tissant le fil de son esprit, je liais l’obtention de la garde de son enfant au retour à une vie cadrée. A ce stade, cela n’était bien sûr qu’une idée. Mais lentement l’insinuer dans son esprit était bien plus efficace que simplement la manipuler pour qu’elle agisse contre son gré. Comme lors d’une greffe, elle allait lentement s’approprier cette idée étrangère et la faire sienne, et retrouver peu à peu le « droit chemin », si tant est qu’il existe.

Quelques instants donc, de manipulation, de plaisir et de gourmandise, avant que ma bouche quitte sa nuque, effaçant toute trace visible de mes sévices physiques et mentales. Les mains de ma patiente s’étaient retrouvées d’ailleurs assez proche d’où Elias avait arrêté les siennes, ce qui ne manqua pas de me faire sourire lorsque mon regard revint sur lui.
Lentement, mon corps s’extirpa de la douce étreinte de ma patiente et revint vers Elias. Bien différent du ton assez joueur habituel, ma voix avait retrouvé le sérieux professionnel donc je faisais preuve de coutume, suffisamment bas cependant pour que le son ne parvienne pas à Mélinda.

Voilà une partie du travail d’accompli. Elle repassera me voir régulièrement pour ajouter des mots à mes disciplines, mais normalement, tout devrait lentement être rentré dans l’ordre d’ici quelques semaines… Dans son esprit tout du moins.

Merci docteur… Mais… T’as quitté Sally ? Et… Du coup… Le Doc et toi…


Comme une enfant, alors que sa prise de parole m’avais surpris, elle joignait le bout de ses index, les faisant légèrement tourner sur eux-mêmes. Un sourire suivi d’un rire étouffé prit place sur mon visage, attendant avec impatience ce qu’Elias allait pouvoir sortir. Pour le coup, c’était une bonne nouvelle. Alcool aidant, elle avait directement assimilé ce que mes disciplines lui avaient murmurée, et préférait se concentrer sur les potins du jour.

Au centre de ce trio, mon regard alternait entre Elias et Mélinda, visiblement curieuse.
M’éclipsant d’un pas en arrière, je comptais bien profiter de cette scène d’explication, quitte à en profiter pour en savoir un peu plus sur les intention de celui qui s’était montré fort entreprenant quelques instants plus tôt.
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