Ezekiel 33:8
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Dim 18 Nov - 21:22
Tout dans le sac. La cagoule, la matraque télescopique, les chaussures et les fringues gorgées d’eau de pluie. J’essaye de plier et d’organiser sommairement tout l’équipement afin de pouvoir le remballer en entier. Billy entre soudainement, ce qui me fait tressaillir et tourner ma tête derrière moi à 180°, comme une chouette. Le jeune hacker me regarde de la tête aux pieds, les yeux écarquillés, et reste là, bouche bée.

« Quoi ?
– Tu pourrais t’habiller au moins ?
– Roh fait pas chier, genre t’as jamais vu un mec à poil, t’étais pas dans une équipe de foot à la fac ?
– J’ai pas eu le fric pour aller à la fac gros malin. »


Il est pas content parce que je suis entièrement à poil, comme Dieu m’a fait. Il est marrant lui j’ai pas eu le temps de me changer. Il fallait pourtant vite que je me débarrasse de mes fringues de cambrioleur : Se balader dans la rue avec des vêtements noirs de sport ça le fait moyen. Je ferme la fermeture éclair du sac et me dépêche de sortir un calbute pour retrouver un peu de pudeur, le but étant d’éviter de faire faire une syncope à ce triple crétin de Billy, j’ai encore besoin de lui.

« Tiens. Prends ça. »

Je lui tends le papyrus que j’ai enroulé et que j’ai protégé dans du papier cellophane que j’ai astucieusement caché dans un emballage de pâte à pizza. C’est un grand manque de respect envers un artefact historique, mais ça assure une sacrée discrétion. Billy l’attrape et le cache dans son propre sac à dos à lui.

« T’as ton ticket ?
– Ouais il y en avait encore en vente… Mais faut que je me dépêche et que je parte maintenant.
– Ok. Répétez-moi toutes les instructions que je vous aies données, monsieur Snipes.
– Roh, bordel…
– Maintenant.
– Ok. Je vais à la paroisse Saint Éloi, j’ai cherché le plan sur google maps parce que tu es marrant avec tes noms de quartiers mais je connais pas trop Cleveland. Je contourne l’édifice et cherche un panneau de signalisation pour les passages d’enfants qui sortent des écoles. Je longe les buissons et je compte sur l’angle gauche, 3e pierre à partir du bas, 12e en marchant vers la gauche. Je pousse un peu la pierre pour y mettre le papyrus et je referme.
Tu sais sinon je pouvais juste le donner à Niece, elle fait partie de la Légion hein et-
– Niece ? Non, écoute je… C’est le Malleus qui veut le papyrus, ils vont s’en occuper, c’est important pour la Légion mais on a des archives on saura mieux l’utiliser. C’est ça ou alors tu peux t’occuper de la bagnole et de récupérer l’émetteur moi tout ce que je te demande c’est de planquer le papyrus mais si t’es pas capable de faire ça je-
– Hey ! C’est bon, c’est bon, pas de mauvaise foi hein, je m’en occupe ! Je… Je m’en occupe, c’est bon, wesh.
– Je vous souhaite bonne chance monsieur Snipes. Faites très attention à vous et aux forces de l’ordre. »


Il agite la tête de haut en bas puis s’éloigne. Je me signe et prie légèrement pour son Salut, et surtout pour qu’il arrive à rentrer à Cleveland sans se faire pincer par les flics.
Je remet la pièce en état. Je m’habille complètement avec une paire de jeans trop grand (Le but c’est de pouvoir courir avec), une veste chaude en cuir et un très vieux t-shirt avec écrit « Louisiana State Police » dessus. Je fais bien le lit. J’enroule le magnifique coffret en ivoire que j’ai subtilisé dans un sac poubelle, encore une fois une atroce hérésie, imaginez qu’un jour je vais peut-être mettre la Joconde dans un sèche-linge. Et une fois terminé, j’éteins toutes les lumières, sort et ferme à clé derrière moi. La location de la chambre continue jusqu’à demain, mais je ne dormirai pas dans cette pièce. En fait je n’ai pas prévu de dormir du tout. Coffret sous le bras, sac à dos sur le dos, capuche sur la tête, je descend jusqu’à une machine à café dans laquelle je fous quelques cents pour avoir un gobelet. Je traverse le parking du motel pour aller jusqu’à ma voiture. J’ai du boulot.

Je fais le tour du pâté de maison, en roulant au pas. J’ai très très peur. Je suis parano. Au moindre croisement d’une avenue, je prends le risque de voir un véhicule de police. J’ai été flic, je sais comment ça fonctionne. Le CPD a dû recevoir un signalement à l’heure qu’il est, et tous les officiers du secteur peuvent devenir suspicieux. Je ne peux pas changer la peinture de ma bagnole malheureusement, mais on avait plus-ou-moins prévu le coup. Je me gare sur le parking d’un magasin qui vend des portes et des serrures, je sors sous la pluie fine et je vais dans le coffre pour récupérer deux petites plaques d’immatriculation, qui sont bien sûr volées. Je remplace les deux petites plaques, celles de devant et celles de derrière, avec une petite lampe torche dans la bouche pour bien voir ce que je fais. Une fois fini, les deux plaques qui ont probablement été découvertes par le con qui filmait, je les prends et vais vers la poubelle du magasin de porte, où je les balances. Il faut très vite que je me barre de Chicago.
Je remonte dans la voiture et retourne au motel. Je me gare sur le parking et éteins les phares. J’allume le poste radio, ne m’attendant qu’à entendre de la musique en boucle et rien d’autre ; et c’est là que j’apprends les exploits accomplis lors du braquage du musée.
Il y a eut un meurtre.
Je commence à avoir des acouphènes en entendant ça. Je remet plus fort la radio pour savoir si j’ai bien entendu. Il y a eut un meurtre. J’ai des sueurs froides. Un meurtre.
Un meurtre.
Un vol dans un musée c’est une affaire moyennement importante. On ne le prend pas à la légère, mais ce n’est pas la priorité du CPD, surtout dans une ville qui a pas mal de criminalité en tout genre. Un meurtre ça devient la priorité numéro un. Monsieur Whitefield pouvait se taire tant qu’il s’agissait juste d’un vol de vieilleries sans importance pour un boulot qu’il détestait : On vient de tuer un de ses collègues. Il va probablement parler, et donner des infos. Un meurtre ça va choquer, ça va faire que le CPD va traquer toutes les bagnoles et mettre les moyens, avec recherches d’empreintes génétiques et digitales. Un meurtre.
C’est quelqu’un qui est mort. C’est ça le truc le plus terrifiant, au-delà de tous les détails pratiques du crime. En fait toutes ces réflexions c’est ce qui vient en deuxième position. Je m’en fous royalement d’avoir plus de problèmes pour cacher mon crime. Un homme vient d’être tué. Je suis emparé d’une profonde torpeur, alors que tout un tas de voix se mélangent dans ma tête. C’est d’alcool dont j’ai besoin, pas de café. Au bout d’un moment je hurle. Je hurle de toutes mes forces, heureusement que mon hurlement est contenu dans ma voiture aux vitres fermées. Je cogne plusieurs fois le tableau de bord, avant de subitement m’arrêter quand ma main commence à sérieusement me faire mal.
J’ouvre la portière. Je retourne sous la pluie devant le coffre. Je l’ouvre, et je récupère un holster avec un pistolet 9mm dedans. Heureusement ma licence de conceal carry est encore valable dans l’État de l’Illinois, j’ai dû payer 300 dollars pour l’avoir. Je retire mon imperméable pour mettre le holster sous mon aisselle gauche, remet mon vêtement, ferme le coffre, et retourne sur le siège passager. Je reste là, prostré, et sors mon pistolet pour le garder en main.
J’attends.
J’attends jusqu’aux lueurs du jour. Je commence à voir des mouvements du motel, des gens qui, un par un, alors que les quarts d’heures défilent, sortent de chez eux pour aller déjeuner, certains avec beaucoup d’affaires car c’était leur dernier jour. Je suis exténué. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Profitant de l’averse qui se calme, je range à nouveau mon pistolet et retourne dans le hall d’entrée pour aller aux toilettes, afin de me vider, et de prendre à nouveau du café. C’est ce qui émaille ma matinée, les allers-retours entre la bagnole et le hall où je me resserre en café. Je suis en train de retrouver mes vieux réflexes de planque.
J’attends le moment où la meurtrière va à nouveau se pointer.
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Lun 19 Nov - 17:17
Quelle laborieuse soirée qu’a été celle d’hier. Obligée de fuir une scène de crime comme la pire des couardes, tout ça à cause de ce cambrioleur.
Oui, vous remarquerez que je me suis levée du mauvais pied en ce début de soirée. Cela m’avait certes presque amusé sur le moment, mais les conséquences de ce martèlement ont été du pain béni pour la presse de ce matin. Sans compter que sans le hurlement strident de l’alarme et l’empressement des gardes qui s’en est suivi, je n’aurai peut-être pas succombé aux avances de la bête et serait gentiment rentrée chez moi, en ayant toutefois proposé à ce cher Robert de m’accompagner histoire… Disons… Que nous passions une sanglante nuit.

De toute manière, dès lors qu’il avait fait parti de mon plan, son sort était scellé. Mais bon. Si j’avais pu profiter de ses quelques instants en privé à mon cabinet pour lui extorquer des informations sur Artémis, qui sait, il aurait presque pu avoir la vie sauve. Asservie, mais sauve.
Nia nia, je sais Freud, une vie aliénée ne vaut pas la peine d’être vécue. Mais bon, il aurait fait avec, il n’aurait pas eu le choix de toute manière, et ce n’est pas comme s’il aurait eu le choix de toute manière. Mais revenons-en à nos machinations.

Rapide bilan de la situation. Je devais retrouver ce cher Arsène dans un miteux motel aux abords de la ville. J’avais, comme toujours, un assez mauvais pressentiment, mais je n’avais pas le choix. Une piste de ce genre, cela ne se croise qu’une fois par décennie, et ma vie vaut beaucoup, certes, mais la cause vaut la peine de prendre ce risque. S’il est de la légion, j’aurais un avantage sur lui, sauf s’ils se ramènent à 50, mais c’est peu probable. Encore faudrait-il qu’il ait deviné ma nature mystique. De toute manière je n’avais plus le temps pour cette réflexion. Demain, mes consultations reprenaient, il me fallait régler définitivement cette affaire ce soir.

Je sortis donc de mon lit, non sans mal, courbaturée par ma sortie de la veille et ma course folle en talons, puis pris une douche en écoutant la radio. Ils parlaient encore de l’attaque d’hier soir aux infos locales, évoquant l’incompétence d’Artémis et le cadavre retrouvé dans la salle de commandement, mort par strangulation après avoir perdu beaucoup de sang. Ils qualifièrent sa mort de brutale, sans surprise, et cherchaient désormais un homme d’une forte corpulence qui aurait pu broyer une nuque avec une simple corde. Pour le coup, j’avais légèrement couvert malgré moi mon collègue en plus de moi, ces misogynes enquêteurs ne pensant pas qu’une femme si frêle puisse faire preuve d’une telle violence. D’ailleurs, je ne me trouvais pas tant inquiétée dans cette histoire. Ils mentionnaient une femme, certes, mais la description qui avait été donnée était si absurde que celui qui l’avait prononcée avait été placé en cellule psychologique. Dernier point, concernant ma disparition précoce de la soirée, et bien Mogray avait docilement suivi mes directives, mentionnant une urgence personnelle. Comment le savais-je ? Simplement car j’avais eu un joli message de sa part accompagné d’un petit cœur en me réveillant ce matin, s’inquiétant pour moi et me demandant si ma soirée c’était bien déroulée.
Bien entendu, je l’avais laissé sans réponse, histoire de le faire psychoter un peu. Ohh ne me jugez pas, c’est toujours amusant, et au moins grâce à cela, j’aurais un beau bouquet sur mon bureau ! Et Oui !

Mais trêve de balivernes sous la douche, me voilà à en sortir et à choisir mes apparats. Question bien plus que purement esthétique. Y retourner en tenue de gala serait absurde, certes il me reconnaîtrait facilement, mais cela ferait tâche et suspect dans ce genre d’endroits. Non. Je décidais alors d’opter pour un bête pull à col roulé uniformément noir, un pantalon en cuir et des bottes. Rien d’original, et c’était bien le but. Il me fallait, ne l’oubliez pas, toujours cacher mon corps d’une hypothétique lueur assassine, c’est pourquoi je me saisis également de lunettes de soleil.

Une fois arrivé dans mon cabinet, adjacent au studio où je vivais, je pris la direction d’une grande armoire qui faisait face au canapé d’examen. Oui. Le fameux « Canapé du psy » ! Cliché, certes, mais indispensable pour que les gens libèrent leur esprit… Et… Pratique pour leur sauter au cou sans qu’ils puissent efficacement se débattre. En l’ouvrant, je me saisis d’une dague finement ciselée à l’effigie d’un serpent entourant la lame. Cette arme, je n’avais évidemment pas pu m’en équiper la veille, contrôles de sécurité obligent, mais de coutume, je ne m’en séparais jamais. J’étais cependant une bien piètre assassine, malgré ce que les médias en disaient, mais elle représentait bien plus un symbole qu’un outil pour moi. Mais passons, il est l’heure. Je pris au passage, bien évidemment, la clef USB de mon cher camarade, dont l’analyse n’avait malheureusement été que peu probante par manque de temps, tout en rangeant la lame enfourée dans ma botte droite.

J’ouvris la porte de mon cabinet où mon ami Martin m’attendait. Ah… Mais oui, je ne vous ais jamais parlé de Martin le taximan bipolaire. Cela sonne comme un personnage comique, vous ne trouvez pas ? Pourtant, c’est un homme qui a tué son épouse de sang froid l’année dernière, et qui est venu me consulter pour ma discrétion. Bien évidemment, je m’étais tue, cependant, en jouant sur cette corde au combien sensible suivi de quelques baisers, il était devenu mon chauffeur attitré, que je n’avais qu’à convoquer pour que sa berline s’arrête dans ma ruelle. Un bien utile talent qu’est celui de la convocation d’ailleurs, mais là n’est, une nouvelle fois, pas le sujet.

A peine avait il commencé à raconter sa journée que nous étions déjà partis et que j’ignorais déjà ses palabres. Il ne comprenait pas qu’il était chauffeur et non patient hors de mon cabinet, si bien que je ne retins pas le moindre mot de son discours durant tout le trajet. Il était maintenant huit heures de cette nuageuse soirée de Novembre et la berline atteignait la périphérie de la ville. Durant ce long trajet, je m’étais immiscé dans la tête de Martin pour qu’il m’accompagne comme un homme de main durant l’entrevue, rendant ma couverture de lady cambrioleuse bien plus crédible.
Il était parfait dans ce rôle, ayant déjà tué, une effusion de sang ne briserait pas le contrôle, et de toute manière, tant que je ne lui révélais pas ma nature surnaturelle, il n’avait pas de raison de me trahir. En effet, malgré le secret professionnel, je pouvais parfaitement confier le crime qu’il m’avait avoué à la police même si cela me couterait temporairement ma licence de médecine, ce qui rendait notre relation malsaine, certes, mais fiable au moins.

Après encore quelques épuisantes minutes à l’entendre, la voiture se gara enfin sur le parking boueux du complexe hôtelier. Evitant avec adresse les flagues de boue, remerciant d’ailleurs Martin qui ouvrait la marche à quelques mètres devant moi et qui avait mis le pied par inadvertance dans quelques d’entre elles, j’atteignis enfin les abords de l’escalier menant aux chambres.
Je sortis alors d’une de mes poches le post-it froissé contenant le numéro de chambre exacte, le montra à Martin, qui ouvrit la marche devant moi.

C’était étrangement calme, et comme dit l’adage, surement le calme avant la tempête.
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Mar 20 Nov - 23:31
Nuit blanche.
La privation de sommeil est toujours une expérience d’une douleur étrange et insidieuse. Cela fait plus de vingt-quatre heures que je n’ai pas dormi, et les symptômes typiques d’un manque de sommeil de vingt-quatre heures commencent à se faire sentir. Je n’ai pas bougé de ma voiture, toujours alerte. Je m’attendais à l’arrivée plus rapide de ma complice. Je m’attendais à la voir débarquer sitôt enfuie des forces de l’ordre. J’ai hésité, un long moment, le pied sur la pédale, à moi aussi rouler le plus loin possible d’ici pour me casser de Chicago, en traversant l’Illinois en prenant des petites routes minuscules, quitte à devoir dormir dans un autre motel dans les environs de Vincennes ou de Terre-Haute avant de foncer jusqu’à Colombus en changeant de voiture sur le chemin, ou en prenant carrément l’autocar ou le train. Je m’étais même déjà mis à fouiller sur mon smartphone ou avoir d’éventuels points de sortie, mais en tout cas, je ne me suis pas résigné à dormir. On m’a habitué à veiller de toute façon. C’est une très mauvaise habitude, notez bien : Veiller va augmenter vos risques d’accident cardio-vasculaire, de contracter le diabète, et d’avoir des maladies. Moi-même, qui commence à approcher de la quarantaine, je ressens déjà quelques petites palpitations, des instants où mon cœur semble sautiller. C’est à coup d’exercices de respiration et de petites prières que je parviens à reprendre mon organisme. Heureusement que j’ai un mode de vie plutôt sain, si on excepte mon amour tendre pour les beignets fourrés au chocolat qui doivent commencer à bien encrasser mon cœur malgré mes pratiques sportives. Veiller. On m’a fait veiller dans les Alpes. Le but c’est pas juste de garder les yeux ouverts, c’est surtout de rester alerte et attentif, aux aguets, c’est ça qui épuise. Rester alerte un petit laps de temps avec l’adrénaline qui est sécrété, c’est facile, mais au bout de vingt-quatre heures sans sommeil, ça picote. Je me sentais déjà retirer le frein à main et partir d’ici, je me donnais simplement quelques petites heures de plus avant de finalement me tirer le plus vite possible de Chicago en cherchant un autre moyen de supprimer mes traces ici. J’en avais déjà laissées trop. Tenez, rien que là, je zieute de l’autre côté du parking une caméra de surveillance avec un joli angle qui est très ennuyante et qui a dû me filmer entrer deux fois dans la matinée pour prendre un café. Lorsque hier j’ai changé les plaques numérologiques de la bagnole, j’ai bien pensé à m’enfiler une cagoule sur la tête, mais je dois encore prier pour être sûr de ne pas avoir été filmé. Je déteste ce monde actuel. Des caméras il y en a partout, on se sent parfaitement épié, surtout quand on a quelque chose à se reprocher.

Et puis elle est arrivée. Je vous dis, je suis alerte. Depuis toute la journée chaque fois que je vois une voiture se garer ne serais-ce qu’à cinq mètres du motel, tous mes sens s’éveillent et je regarde qui descend. C’est éreintant. Mais là cette fois c’est pas pareil. Je vois bien une voiture se garer, je me redresse et regarde tout droit en plissant les sourcils malgré la fatigue. Elle ne porte pas sa robe ouverte sur ses cuisses, et elle met des lunettes de soleil en pleine nuit (C’est bien un signe de bâtardise ça), mais je crois que je la reconnais au bout de cinq secondes d’observation, alors qu’elle grimpe avec un sbire en direction du motel. Je prend une grande, grande inspiration, et susurre une minuscule prière alors que j’ouvre la boîte à gant pour sortir un suppresseur.

« Gloria in excelsis Deo. Et in terra pax hominibus, bonae voluntatis.
Laudamus Te.
Benedicimus Te.
Adoramus Te.
Gorificamus Te.
Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam ;Domine Deus Rex caelestis, Deus Pater omnipotens, Domine Fili unigenite Jesu Christe, Domine Deus Agnus Dei Filius Patris »


Je dis suppresseur et pas silencieux. Silencieux ça fait Hollywood, ça vous fait croire qu’un flingue avec un silencieux dessus c’est magique, ça ne fait plus aucun bruit. C’est totalement faux. Ça fait un sacré bruit une arme avec un suppresseur dessus, assez pour qu’on entende le tir dans une autre pièce ou même un autre étage. Le but c’est simplement d’éviter de réveiller le quartier entier avec une détonation qui se répercuterais dans un gros écho. Et là je vais vous apprendre un truc rigolo : Les suppresseurs d’armes sont légaux presque partout aux États-Unis. Ils sont légaux dans le Michigan, ils sont légaux dans l’Indiana, ils sont légaux dans le Wisconsin, et il y a un des rares endroits où ils sont illégaux, hormis chez les grosses putes démocrates de Californie : Il sont illégaux dans l’Illinois. Juste où je me trouve. Le pire c’est que c’est en train de changer à cause du lobby American Suppressor Association (Cherchez sur internet ça existe vraiment), mais ils ont pas réussi à faire passer leur loi à cause d’un sénateur véreux qui a oublié de redemander un vote. Moi je suis sûr c’est les Vampires de Chicago qui font exprès de tout faire pour faire chier les chasseurs comme nous, exactement comme le fait que l’Illinois est l’un des rares États à interdire les cartouches « Haleine de Dragon », les armes automatiques, ou les fusils à canon scié. C’est donc avec le risque d’être arrêté par la police que je fixe le suppresseur sur le canon de mon arme, puis que j’ouvre la portière de ma voiture, et retourne dans la rue.
J’ai rendu les clés de mon motel dans l’après-midi. Je ne comptais pas rester de toute manière. Tout le reste de ma planque, je l’aie passée dans une rue en face, que je suis obligée de traverser à un pas rapide pour ne pas me faire écraser par une voiture, le flingue calé dans mon caleçon (Une mauvaise utilisation d’une arme à feu que je ne conseille à personne). Je m’approche du véhicule de l’assassine. Je regarde rapidement dans l’habitacle au cas où il y a quelque chose de suspect. J’hésite sur la façon avec laquelle procéder. Y a différentes manières de faire. Il est clair que le meurtre du vigile m’a légèrement coupé l’envie de lui rendre ce qu’elle cherchait, mais j’ai encore besoin de ma clé USB. Je songe à crever les pneus de la bagnole, mais le problème c’est que faire ça provoque en général un gros bruit, une sorte de détonation qui alerterait le motel. Tant pis. La manière forte et brutale est souvent plus simple.

Vous vous rappelez de monsieur Whitefield ? Je lui avais demandé son pass d’entrée électronique, sa carte de société, et, une casquette. La casquette, vous vous êtes vraiment pas demandé à quoi ce machin allait me servir ? Je suis débile mais je sais encore faire des plans. C’est maintenant que sa casquette à la con va m’être utile. Je la fixe sur mon crâne et la baisse un peu pour me camoufler le visage des caméras du motel, sans pour autant avoir le soucis d’une cagoule qui alerterait immédiatement le réceptionniste qui doit jeter un œil distrait à ses vieilles caméras de surveillance pourries, loin du matériel hard-discount d’Artémis Sécurité qu’on a aussi facilement forcé. Je me retrouve dans les petits escaliers sur le côté du motel, et monte le même étage que la folle et son sbire ont emprunté pour aller jusqu’à la fausse pièce que je leur ai indiqué.

Ils sont tous les deux en train de poireauter devant, en plein extérieur. En me voyant arriver, ils tournent tout deux leurs têtes vers moi. Immédiatement, j’ouvre un peu mon manteau pour qu’ils voient mon super pistolet qui est juste à portée de ma main et prêt à être dégainé. Je laisse mon manteau ouvert de la main gauche et ma main droite juste à ma ceinture, mon corps à semi-posté près d’une ouverture qui donne lieu vers les chambres de derrière, afin de pouvoir sortir le gun et me mettre à couvert en un mouvement si elle ou si le sbire a la bêtise de sortir de l’artillerie. Au moins, là, les choses sont parfaitement claires. Mais il faut quand même que je m’en assure.

« Vous êtes armé ? Vous ? Vous ? »
je demande en désignant l’un puis l’autre des intrus. S’ils ont des flingues le but c’est pas de les désarmer (Je vous l’ai dis, y a des caméras dans le coin, j’ai pas envie que le réceptionniste appelle le 911), mais de rester très suspicieux. Je suis toujours suspicieux de toute manière.

« Vous allez m’expliquer immédiatement ce qui s’est passé dans le musée hier soir. Parce qu’il y a un gouffre énorme et imprescriptible entre le vol et le meurtre. Je suis un Américain Craignant-Dieu, même si j’en ai pas l’air.
Vous avez pris la vie d’un être humain. Vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait ? »
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Jeu 22 Nov - 23:30
Précédé du chauffeur, les marches défilaient et craquaient sous mes bottes qui n’avaient pu éviter quelques macules de boue. Un étage défila alors sous mes yeux, lorsqu’enfin, nous arrivâmes à l’étage désigné par les notes de mon collègue. Avec ce peu de hauteur, mon regard balaya le panorama urbain qui se tenait alors devant moi. Une rue assez fréquentée me faisait face. Plus loin, quelques façades d’immeubles d’à peine quelques étages, une ruelle dans laquelle s’étaient garées quelques voitures. Plus près, le parking du motel, désert, hormis un routier prenant sa collation en fumant une cigarette.

Mon regard pivota alors un peu vers la droite où se tenait l’accueil de la résidence, le côté gauche était largement dépourvu d’intérêt, ne comprenant qu’encore quelques chambres donnant au bâtiment une forme de « L » se recourbant sur vers la rue. De ce côté donc, on pouvait distinguer la femme en charge de prendre les réservations des voyageurs, qui d’ailleurs, ses mes yeux ne me jouaient pas des tours, était en train de discuter avec un couple. Ils n’avaient pas l’air de mariés de longue date, probablement des amants donc. Mais là n’est pas le sujet, nous sommes bien trop loin de mon cabinet à l’heure actuelle, dans tous les sens du terme. Mon regard se posa sur le numéro de la porte qui faisait face aux escaliers extérieurs que nous venions d’emprunter.
201. Logique.

La référence notée était 214, il fallait donc marcher un peu à découvert. Il allait probablement nous voir, moi et mon cher chauffeur, mais peu importe. Se cachait-il dans une des chambres ? M’attendait-il au tournant de l’allée menant aux chambres, cette dernière étant assez mal éclairée d’ailleurs ? Était-il resté toute la nuit et le jour passé en m’attendant ? Ou s’était-il douté de ma venue en cette heure ? Beaucoup… Mais alors beaucoup trop de questions sans réponses. Tout ça parce que je lui avais fait confiance. J’avais commis une erreur en omettant la méthode pour désactiver les alarmes, certes, mais il avait merdé. Oui, j’ose le dire, en plus d’affirmer qu’il avait perdu à mes yeux toute l’estime que j’avais pour lui. Désormais, je le nommerai « mon collègue », et non plus Arsène, car Arsène aurait cherché à crocheter la serrure, pas à la fracasser à coups de maillet. Mais trêve de palabres, me voilà déjà à la chambre 210. Juste devant moi se tient une bifurcation, dont l’une mène à des toilettes, et l’autre braque à 90 degrés vers la droite.

Peux-tu repasser devant je te prie ? enquérais-je à mon cher chauffeur, qui s’exécuta dans la seconde.

J’étais surement un brin trop paranoïaque, je vous l’ai d’ailleurs déjà fait remarquer, mais soit, disons que je ne suis pas comme cela, que je suis juste prête à toute éventualité. Il passa le pignon, se tourna vers moi et acquiesça. Après quelques pas, je ne vis effectivement rien. A vrai dire, ce motel était un brin sordide, cela ne m’étonnait pas qu’il soit presque désert. Je repris donc ma marche dans l’allée dépourvue de tous témoins jusqu’à la porte de ladite chambre. Je m’assis alors sur la rambarde et demanda à mon cher Martin d’aller jeter un œil à la fenêtre. Il m’obéit et regarda au travers d’une fenêtre, puis de l’autre. Personne, les lits étaient faits et aucune trace de passage n’était visiblement à signaler d’après ses dires. Après cela, nous attendîmes ce cher cambrioleur en discutant de choses et d’autres. Je vous avoue que si nous n’avions pas été en extérieur, j’aurais bien planté mes cocs dans son cou… Pourquoi pas au retour à vrai dire, à un feu rouge. A voir.

Soudain, je vis Martin tourner la tête. Il avait une bonne ouïe le bougre, si bien qu’il avait perçu les pas de mon collègue bien avant qu’il ne passe le coin de la bâtisse. Toutefois, lorsqu’il le passa, je découvris enfin son visage. Il avait l’air… fatigué, très fatigué et aussi un peu stressé. J’avais donc bien fait d’attendre un peu et de profiter d’une bonne journée de sommeil avant de venir. Dans la seconde qui suivit, il ouvra son manteau, dévoilant une arme à feu. Quelle déception, à nouveau, de le voir armé, cela faisant maintenant une seconde tache sur son CV de gentleman cambrioleur… Mais passons… Je sentais étrangement que je n’en étais pas à ma dernière déception. Mon regard croisa alors celui de Martin qui semblait prêt à lui bondir dessus. D’un léger geste de la main, je le fis reculer de quelques pas, descendant de mon promontoire au passage. Je fis alors très lentement glisser ma main dans la poche de mon pantalon, puis la ressortit et éleva mes deux mains en l’air jusqu’au niveau de ma tête, quelques instants avant que Martin en fasse de même.

Non, nous ne le sommes pas, à vrai dire, pourquoi le serions-nous ?

Cette question théorique s’accompagna d’un petit sourire en coin, alors que d’un geste rapide, simple tour de passe-passe, je fis surgir la clef USB au creux de ma main. Ne pensez pas à une quelconque forme de discipline, c’était simplement de la magie… Enfin… De la magie humaine. Elle était juste coincée entre mes doigts à l’abri de sa vue… Mais passons, le voilà qui s’énerve !

D’abord baissez d’un ton je vous prie, il y a des gens qui souhaiteraient dormir, et d’autres qui aimeraient que ce genre d’incident ne s’ébruite pas d’avantage, et je pense que vous en faites partie autant que moi.


Les mains toujours bien en évidence, je fis quelques pas vers lui, me permettant de m’adresser à lui à voix basse, tandis que de son côté, Martin était resté près de la porte après avoir abaissé ses mains.

Son meurtre, je l’avoue, est de ma main. Il était nécessaire. Si vous n’aviez pas comme le dernier des abrutis fracassé cette vitre, peut être qu’il aurait la vie sauve. Cet homme, je l’avais soudoyé pour ce travail, une petite fortune, juste pour qu’il garde le silence et fasse comme si les caméras et l’alarme avaient sauté l’espace d’un instant. Cependant, vue la tournure des événements, il aurait certainement subi un interrogatoire musclé et serait à coup sur passé aux aveux en à peine quelques heures, croyez-moi, il transpirait à grosses gouttes rien qu’au moment de la transaction.
Et pour répondre a votre question, oui, je sais parfaitement ce que j’ai fait, et je l’ai fait, une nouvelle fois, car il ne pouvait en être autrement pour le bien de nous deux.


J’étais assez fière de mon mensonge. Je dois l’avouer, je l’avais travaillé, mais tout de même. Enoncé d’ailleurs d’un ton légèrement énervé, pour le rendre plus crédible, et agitant durant tout le discours la clef USB bien en évidence.

Bon… De toute manière, ce qui est fait est fait, et vous n’aurez pas à subir le courroux de votre Dieu ou de toute autre de vos forces divines. Je suis ici pour un marché, et j’ai amené ma part. J’attends la vôtre, et ne tentez pas de me la mettre à l’envers. Compris ?

Sur ce dernier mot, je fis un peu rayonner mon charisme, rien de bien méchant, surtout pour marquer le coup à vrai dire. Toute cette colère d’ailleurs, pour être franche, n’était pas seulement le fruit de mon jeu d’acteur. Son arrivée de Cow-Boy m’avait agacée, et pour être franche…

… je n’avais aucunement l’attention d’être aussi clémente qu’hier avec lui.
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Ven 23 Nov - 23:27
Ce qui est fait est fait.

Je vais vous apprendre quelque chose pour le cas où vous aurez affaire à moi, mes chers lecteurs. Une astuce, ou plutôt non, un conseil, un code de conduite, une maxime.
Lorsque vous parlez de vies humaines, ne me dites jamais, ce qui est fait est fait.

Je vous avoue que j’ai beaucoup froncé des sourcils. Ma première grimace c’est quand je les ai vu lever les mains en l’air comme deux demeurés – si j’ai pas sorti mon gun c’est parce qu’il y a des caméras de surveillances, vous croyez que le type de la réception il va pas trouver ça carrément suspect que deux gus lèvent les mains en l’air devant un autre ? Mais tout le reste de la diatribe verbale n’est pas non plus faite pour m’amadouer et me convaincre d’être plus coopératif. C’est même tout l’inverse. Je me suis mis à écarquiller des yeux.
Qu’est-ce que je pouvais répondre à ça ?

Quand elle a fini j’ai gardé mes lèvres scellées, l’une contre l’autre, légèrement collées parce qu’elles sont gercées par le froid. J’ai hésité à les ouvrir, pour répondre point par point à cet exposé. Y aurait eu matière, si on m’avait donné cinq-dix minutes, à développer une analyse, une problématique et toutes les bêtises du lycée.
Baisser d’un ton ? Il me semblait pas avoir haussé la voix.
Brisé la vitre ? Je l’ai fais pour vaincre l’alarme et le temps de réponse de la police, c’était une éventualité prévisible, la raison même pour laquelle je vous ai donné les moyens de sortir avec la carte d’accès.
Nécessaire ? Pour vous, pas pour moi. Ce meurtre me met dans une position inacceptable et dangereuse.
Il transpirait à grosses gouttes ? Peut-être devriez-vous mieux choisir vos complices alors, si vous n’êtes pas capable de vous assurer de leur fidélité.
Courroux de « mon Dieu » ? J’ignorais que vous étiez abbesse catholique.


Avec le petit paragraphe associé, exemples et citations, tout le paquet cadeau emballé.
Et puis, je n’ai pas senti mes lèvres gercées se décoller, me faisant un tout petit peu saigner et laissant un goût âcre dans la bouche. Non. Je suis resté impassible. Je n’ai pas trouvé l’envie de lui répondre.
Pourquoi ? Parce que ça aurait été rationaliser quelque chose d’inacceptable à rationaliser. C’est ce qu’elle est en train de faire cette grosse pute. Elle est en train d’essayer de se défendre et de mettre sous le tapis le meurtre d’un homme.

Ce qui est fait est fait.

Je suis pas un garçon intelligent. Elle aurait pu tout me dire, je l’aurais gobé. Elle aurait pu inventer qu’elle regrettait, une toute petite fausse larme dans le coin de l’œil ça m’aurait fait baisser ma garde. Elle aurait pu prétendre que c’était de la légitime défense, que ce vigile était violent, qu’il avait essayé de l’étrangler, elle, pauvre femme, et que dans le feu de l’instant elle l’avait mit à mort sans faire exprès. Elle aurait pu même avoir jusqu’au culot de dire que ce n’était pas elle qui l’avait tué, que le vigile était mort à cause de moi, parce que je l’avais quand même bien tabassé et fait saigner – ça aurait été sacrément cavalier de me dire ça, mais vous en savez rien, peut-être que ça aurait marché, au moins un instant, au moins le temps de l’enquête de police et que la presse se mette à révéler les détails de l’affaire.
Mais elle n’a pas fait la moindre de ces choses. Elle n’a pas essayé de m’amadouer, de me convaincre, ou de me faire culpabiliser.

Elle m’a dit.

Ce qui est fait est fait.

Pourquoi vous croyez que je suis devenu flic ? Ok, peut-être parce que j’étais bon en sport et que c’était un boulot accessible. Pourquoi vous croyez que je suis devenu diacre ? Ok, peut-être par l’influence d’un prêtre à moitié fou qui était couvert de sang de vampire des pieds au museau. Mais comment ça m’a forgé, moi, comme personnage, d’avoir été flic et d’être diacre ? Je répugne la mort. Il n’y a pas sur cette terre plus terrible que de s’emparer de l’âme de quelqu’un, même quand on croit sincèrement à la vie éternelle. Tuer quelqu’un c’est arracher à quelqu’un toute possibilité de connaître le moindre sentiment futur ; C’est supprimer tout ce qu’il pourrait faire ou dire ou créer de beau et de bon, et de bien. Ce dernier mot, bien, qui résonne de telle manière dans la bouche de la cambrioleuse que je sens de la bile remuer au fond de mon estomac ; Il n’y a jamais rien de bien dans le fait de tuer quelqu’un. Tuer quelqu’un peut parfois être une corvée nécessaire (Je suis d’ailleurs pour le rétablissement de la peine de mort, je vote Républicain depuis vingt ans hein), mais ce n’est jamais quelque chose de bien.
J’ignore si le vigile qui a été tué avait une femme, des enfants, qu’il vivait chez sa maman, qu’il avait une petite amie qu’il ne voyait que sur internet, des potes de jeu vidéo, des collègues (Est-ce que Whitefield a eu des yeux plein de larmes en voyant la télé?), des piliers de bar pour le pleurer et le regretter. En tuant un homme on impacte tous ceux qu’il y a derrière. En tuant un homme on créée des orphelins qui finiront dealers, des veuves qui finiront sous l’assistance sociale, des amis esseulés qui se suicident. On créée un cercle de haine et de terreur.

Qu’elle aille se faire foutre.

Ce qui est fait est fait ?

Je t’en donnerai moi, du fait et fait.

Si je suis venu ici, si je lui ai donné rendez-vous à cet hôtel, c’était pour avoir la conscience tranquille ; L’émetteur ayant servi au piratage n’est pas une preuve liée directement à mon nom ou celui de Billy. C’est une piste, une piste, aussi maigre soit-elle, est toujours gênante. Un bon flic, un limier attaché à son travail, il sait comment utiliser un émetteur pour tenter de retrouver où il a pu être refourgué ; Il sait remonter une piste à partir de pawn shops et prêteurs sur gages où effectivement on est allé le chercher. S’il fait véritablement son boulot, même si ça va prendre des mois, il va recouper des informations, il va consulter les caméras de surveillance de ces prêteurs sur gages. Il va interroger des témoins. Il va interroger Whitefield, qui, soudainement, vient d’obtenir une raison de parler maintenant qu’on a tué un de ses collègues, et qu’un vol innocent de vieilles antiquités datées et matérielles s’est transformé dans un meurtre bien réel d’un homme qu’il voyait tous les matins. J’ignore si ce bon flic existe, j’étais venu ici pour dormir sur mes deux oreilles la nuit.
C’est trop tard. Maintenant je pourrai plus dormir, pas à cause de ma peur égoïste d’être serré par les condés, mais par ma terreur profonde d’avoir participé au meurtre de quelqu’un.
C’est elle qui devait payer. Elle n’était pourtant pas liée à mon travail, on m’avait pourtant appris à ne pas poursuivre inutilement mes passions, de reconnaître mes fautes, de porter ma croix seul (Et croyez-moi, il y en aurait des coups de fouets dont je me gratifierai une fois de retour à Cleveland). Tout ça je l’acceptais, et de bon cœur même. Mais elle payerait. Je ne sais ni quand, ni comment, mais il le fallait.
Et moi aussi, j’étais prêt à payer. Pas d’hypocrisie.

Alors, qu’est-ce que je lui ai fais ? J’ai lentement agité la tête de droite à gauche. Et j’ai replacé ma main près de ma ceinture, histoire de bien pouvoir dégainer en une seconde. Et j’ai enfin fait saigner mes lèvres en les décollant, uniquement pour murmurer d’une voix rauque.

« Non.
Pas de deal. »


Et, lentement, je m’éloignais vers l’escalier, en marchant en arrière, histoire de pouvoir garder un œil sur elle et son sbire.
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Lun 26 Nov - 22:01
Un sourire se dessina sur mon visage.

Il n’était que fulmination et colère alors, fronçant les sourcils et semblant contenir milliers d’insanités entre ses lèvres gercées. J’aurais d’ailleurs tant aimé à ce moment avoir accès aux disciplines lisant l’esprit, afin de savoir tout ce qui pouvait lui passer au travers de la tête, et m’amuser d’autant plus qu’avec de simples expectations. Ces dernières étaient peu nombreuses d’ailleurs.

Soit il avait irrationnellement peur de se faire attraper, au quel cas, ayant en ma possession la clef détaillant le crime, il ne tentera rien d’imprudent avec moi. Soit il craignait le courroux de son patron, auquel cas nous pourrions faire affaire, et peut être même envisager qu’il travaille à mes fins, ou alors… Ou alors il se refusait à tuer, n’avait jamais eu le cran de passer ce cap, et le fait que j’ai commis ce crime sur cet humain lui importe au plus haut point, indépendamment de tout le reste.
D’autant plus qu’il parlait de foi, même hier… Oui, cela doit être ça…
Mon meurtre le gêne.

Si j’avais le temps, là, maintenant, je vous expliquerais bien toutes mes considérations sur la mort, sur ce que c’est de prendre une vie et comment on finit par s’en lasser quand on l’est déjà. Vous savez, pour nous autres vampires, il s’agit surtout de se nourrir de créatures inférieures… Voyez cela simplement comme vous autres humains qui êtes carnivores et qui vous nourrissez d’animaux.
Toutefois, je comprends pour le coup que cela puisse vous torturer l’esprit, et je pense plus précisément que ce cher Cow-Boy cambrioleur (voici son nouveau surnom, et oui !) se sent responsable. Parce que tabassez quelqu’un et lui faire pisser le sang, là, pas de soucis, mais tuer… Ah ça… Non…
Pitoyable.

Et le voilà qui bougeotte sa tête, qui porte la main auprès de son arme. Tant de complications, tant de considérations inutiles. Tant de temps perdu sur ce qui est fait. Que croit-il d’ailleurs avec son arme ? N’a-t-il pas compris que nous ne faisions que simplement discuter ?
Que de déceptions après tant d’estime de ma part à son égard. Lui qui avait prévu un plan minutieux et presque sans bavures s’était si vite changé en un bourrin nerveux et sans cervelle en l’espace d’un instant. Avait-il souhaité m’impressionner ? Regagner de l’estime de lui ? Un problème d’égo ? Non…
Je pense que sur ce point nous sommes fort similaires : Nous haïssons perdre le contrôle. Lorsque, comme hier, tout est prévu et minutieusement calculé et que quelque chose d’infime vient troubler cette harmonie artificielle. C’était ma personne la veille pour lui, et mon manque d’information sur l’alarme. Aujourd’hui, cela a été pour lui d’apprendre que j’avais tué ce garde, et pour moi, ce fut trois mots. Si simples, si précis, si problématiques.
Pas.
De.
Deal.


Avait-il prévu de me doubler ? Avait-il su trouver un moyen que la clef USB ne devienne plus un problème, étais-je actuellement dans le viseur d’un de ses collègues prêts à m’abattre au moindre mouvement ? Dans un sens, ordonner ma mort, alors que lui-même la répugnait, serait quelque chose de bien paradoxal, mais dans un sens, il avait été capable tout autant de fracasser un garde que de passer deux longues minutes à finement découper une vitre pour ensuite en fracasser violemment une seconde. Me bluffait-il alors ? Peut probable… mais tout de même probable, d’autant plus qu’il affichait une position sur la défensive depuis qu’il était apparu.
D’autant plus il saigne, quelques gouttes a peine le long de ses lèvres, mais tout de même. Il ne faut pas que la bête s’éveille tout à coup, me sentant paniquée et en profitant pour lui sauter au cou. Si les quelques caméras que j’ai constatées en arrivant me prennent dans l’angle de vue à lui arracher la gorge, j’aurai de nombreux problèmes.

Quel terrible statu-quo, alors que lentement, suite à ses mots, il s’en va à reculons. Il me fallait agir, et vite, d’une manière non suspecte.
Bandant ma volonté, d’un simple regard, je décidais alors de le figer, ce qui s’exécuta dans la seconde, malgré le stress qui aurait pu affecter ma concentration. Cette fois ci, je n’avais pas l’intention de cacher ma discipline sous un brin de manipulation mentale. Non. Il fallait qu’il sente le poids de mon regard le tétaniser, qu’il ressente qui je suis et ce que je suis.

Je fis alors un pas en avant et entrouvrit ma bouche, dévoilant un de mes crocs acérés. Je le vis instantanément. Son regard, son expression faciale, tout changea sous le poids de ma discipline pourtant si simple. Provoquer l’effroi dans le cœur des mortels… Mais un peu plus encore. Il ne pouvait bouger, mais tout son corps dès lors ne souhaitait que fuir. Il comprenait alors la situation dans laquelle il était alors que je faisais encore quelques pas dans sa direction. Son esprit était encore trop fort pour être efficacement manipulé, mais le briser ne serait qu’une question de quelques instants. Un simple toucher le forcerait alors à me mener à l’objet tant convoité.
Il avait voulu jouer avec moi, mais la récréation était maintenant terminé.

Ecoute Cow-Boy, dis-je alors en faisant un nouveau pas dans sa direction, me trouvant maintenant à une poignée de mètres de son corps tétanisé, tu n’es absolument pas en position de palabrer, ou d’exercer quelconque pression sur moi. J’ai ce que tu veux, et j’espère sincèrement que tu as ce que je veux en retour, sinon tu finiras comme ce pauvre vigile hier.

Un pas de plus encore, qui me fit poursuivre à voix basse.

Des gens comme toi, j’en ai tué tant que je ne tiens même plus les comptes, alors fais ce que je te dis…
Ou crève.
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Lun 26 Nov - 22:37
Un sourire se dessina sur mon visage.

Il n’était que fulmination et colère alors, fronçant les sourcils et semblant contenir milliers d’insanités entre ses lèvres gercées. J’aurais d’ailleurs tant aimé à ce moment avoir accès aux disciplines lisant l’esprit, afin de savoir tout ce qui pouvait lui passer au travers de la tête, et m’amuser d’autant plus qu’avec de simples expectations. Ces dernières étaient peu nombreuses d’ailleurs.

Soit il avait irrationnellement peur de se faire attraper, au quel cas, ayant en ma possession la clef détaillant le crime, il ne tentera rien d’imprudent avec moi. Soit il craignait le courroux de son patron, auquel cas nous pourrions faire affaire, et peut être même envisager qu’il travaille à mes fins, ou alors… Ou alors il se refusait à tuer, n’avait jamais eu le cran de passer ce cap, et le fait que j’ai commis ce crime sur cet humain lui importe au plus haut point, indépendamment de tout le reste.
D’autant plus qu’il parlait de foi, même hier… Oui, cela doit être ça…
Mon meurtre le gêne.

Si j’avais le temps, là, maintenant, je vous expliquerais bien toutes mes considérations sur la mort, sur ce que c’est de prendre une vie et comment on finit par s’en lasser quand on l’est déjà. Vous savez, pour nous autres vampires, il s’agit surtout de se nourrir de créatures inférieures… Voyez cela simplement comme vous autres humains qui êtes carnivores et qui vous nourrissez d’animaux.
Toutefois, je comprends pour le coup que cela puisse vous torturer l’esprit, et je pense plus précisément que ce cher Cow-Boy cambrioleur (voici son nouveau surnom, et oui !) se sent responsable. Parce que tabassez quelqu’un et lui faire pisser le sang, là, pas de soucis, mais tuer… Ah ça… Non…
Pitoyable.

Et le voilà qui bougeotte sa tête, qui porte la main auprès de son arme. Tant de complications, tant de considérations inutiles. Tant de temps perdu sur ce qui est fait. Que croit-il d’ailleurs avec son arme ? N’a-t-il pas compris que nous ne faisions que simplement discuter ?
Que de déceptions après tant d’estime de ma part à son égard. Lui qui avait prévu un plan minutieux et presque sans bavures s’était si vite changé en un bourrin nerveux et sans cervelle en l’espace d’un instant. Avait-il souhaité m’impressionner ? Regagner de l’estime de lui ? Un problème d’égo ? Non…
Je pense que sur ce point nous sommes fort similaires : Nous haïssons perdre le contrôle. Lorsque, comme hier, tout est prévu et minutieusement calculé et que quelque chose d’infime vient troubler cette harmonie artificielle. C’était ma personne la veille pour lui, et mon manque d’information sur l’alarme. Aujourd’hui, cela a été pour lui d’apprendre que j’avais tué ce garde, et pour moi, ce fut trois mots. Si simples, si précis, si problématiques.
Pas.
De.
Deal.


Avait-il prévu de me doubler ? Avait-il su trouver un moyen que la clef USB ne devienne plus un problème, étais-je actuellement dans le viseur d’un de ses collègues prêts à m’abattre au moindre mouvement ? Dans un sens, ordonner ma mort, alors que lui-même la répugnait, serait quelque chose de bien paradoxal, mais dans un sens, il avait été capable tout autant de fracasser un garde que de passer deux longues minutes à finement découper une vitre pour ensuite en fracasser violemment une seconde. Me bluffait-il alors ? Peut probable… mais tout de même probable, d’autant plus qu’il affichait une position sur la défensive depuis qu’il était apparu.
D’autant plus il saigne, quelques gouttes a peine le long de ses lèvres, mais tout de même. Il ne faut pas que la bête s’éveille tout à coup, me sentant paniquée et en profitant pour lui sauter au cou. Si les quelques caméras que j’ai constatées en arrivant me prennent dans l’angle de vue à lui arracher la gorge, j’aurai de nombreux problèmes.

Quel terrible statu-quo, alors que lentement, suite à ses mots, il s’en va à reculons. Il me fallait agir, et vite, d’une manière non suspecte.
Bandant ma volonté, d’un simple regard, je décidais alors de le figer, ce qui ne s’exécuta pas. Son esprit était fort, et ma discipline, surement également en partie à cause du stress de la situation, ne marchait pas contre lui. Soit, je fis alors rayonner lourdement mon charisme via un autre de mes talents.
Il fallait qu'il comprenne.

Je fis alors un pas en avant et entrouvrit ma bouche, dévoilant un de mes crocs acérés. Je le vis instantanément. Son regard, son expression faciale, tout changea sous le poids de ma discipline pourtant si simple. Provoquer l’effroi dans le cœur des mortels… Mais un peu plus encore. Tout son corps dès lors ne souhaitait que fuir. Il comprenait alors la situation dans laquelle il était alors que je faisais encore quelques pas dans sa direction. Son esprit était encore trop fort pour être efficacement manipulé, mais le briser ne serait qu’une question de quelques instants. Un simple toucher le forcerait alors à me mener à l’objet tant convoité.
Il avait voulu jouer avec moi, mais la récréation était maintenant terminé.

Ecoute Cow-Boy, dis-je alors en faisant un nouveau pas dans sa direction, me trouvant maintenant à une poignée de mètres de son corps tétanisé, tu n’es absolument pas en position de palabrer, ou d’exercer quelconque pression sur moi. J’ai ce que tu veux, et j’espère sincèrement que tu as ce que je veux en retour, sinon tu finiras comme ce pauvre vigile hier.

Un pas de plus encore, qui me fit poursuivre à voix basse.

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Mer 28 Nov - 23:50
Peur.

C’est un sentiment étrange que la peur. Quand on tente de le rationaliser deux minutes, je veux dire. On est tous pétris de peur. Moi plus que d’autres. Je suis rempli de peur. Si vous aviez vu un dixième de ce que j’ai vu depuis que j’ai rejoint le Marteau des Sorcières, vous comprendriez ce que c’est la peur. C’est tout un tas de peur mélangées, à différents niveaux. La peur de mourir ? Ça je m’en suis débarrassé assez vite, je vous l’avoue. J’ai pas peur de mourir. Mourir c’est rien, je sais qu’à ma mort j’irai à la droite de Dieu. Le problème, c’est que l’ennemi que nous affrontons, il ne risque pas que de provoquer votre mort. Je dirais même, la mort c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver. L’ennemi, les hordes de Satan, elles ont d’autres choses que la peur de la mort à vous instaurer.
Je n’ai pas peur de la mort.
J’ai peur d’être transformé en monstre de chair dont les muscles et les os sont mélangées à d’autres mortels.
J’ai peur d’être attaché à l’envers au-dessus d’une baignoire et saigné lentement pendant des heures.
J’ai peur d’être ouvert en morceaux et gardé encore conscient pendant toute l’éviscération.
J’ai peur qu’on entre dans mon esprit et ma conscience pour m’obliger à trahir et mettre en danger les miens.
J’ai peur de la fin des temps et de l’Apocalypse le jour où nous faillirons et que une foule de démons iront forcer ces punitions sur l’Humanité toute entière.

C’est tout ça qui m’est venu en tête à la vision du petit croc de la vampire. Toute cette réflexion rationalisée, que vous lisez calmement. Imaginez tout ça, toute cette peur qui n’est que théorique et allégorique, mais qui vous vient d’un coup, au plus profond de votre cerveau. Je suis devenu blanc. J’ai vu des mouches devant mes yeux. J’ai senti des frissons me parcourir le moindre centimètre carré de ma peau. J’ai, inconsciemment, fait glisser le talon de mon pied droit de deux centimètres derrière moi – reculer ça ne fait pas très templier chrétien, hein ?
Non. En fait, si je dois être honnête, il n’y a qu’une chose qui m’a sauvé. Qu’une chose qui m’a tiré de cette torpeur atroce qui m’a fait ouvrir mes lèvres et écarquiller mes yeux, qui a augmenté mon rythme cardiaque et provoqué un tremblement incontrôlable dans mes genoux et mes mains.
C’est ses menaces.
Appelez ça comme vous voudrez. Vous pouvez y voir une réaction d’instinct animalier, fight-or-flight ou autre. Je trouve que ça conviendrais plutôt bien à la situation. Parce que j’ai pas répondu un mot à ce qu’elle a dit. En me menaçant de mort, elle m’avait plutôt convaincu de ne surtout pas rester ici, pas une milliseconde de plus.

Je lui souris. Une fraction de seconde. Un sourire sardonique et grimaçant, comme si j’étais malade du tétanos. Et je tire mon flingue de mon holster.

L’Éternel est pour moi, je ne crains rien: Que peuvent me faire les mortels?

Je me suis jeté dans les escaliers tout en appuyant plein de fois sur la gâchette. Cinq fois. Oui je peux le dire : J’ai tiré cinq fois. J’ignore où mes balles ont atterrit. Je sais de toute façon que les balles n’ont qu’une efficacité très relative sur les créatures du diable, et probablement sur son sbire également si c’est une goule. Mais l’important c’était de me faire gagner les précieuses secondes qui m’ont permis de dévaler les escaliers en fonçant, mon manteau volant derrière moi. Je dévissais le suppresseur de bruit de mon flingue tout en sautant hors des marches et en fonçant dans le parking.
En faisant ça, j’enfreignais immédiatement l’un des préceptes que l’on m’avait pourtant enseigné dans la forteresse alpine où j’avais été entraîné : Ne avertaris umbras. Une phrase en latin, bien sûr, qui se traduit plus-ou-moins par « Ne te détourne pas de l’ombre ». Derrière toutes les considérations philosophiques de cette phrase que vous pouvez vous amusez à imaginer en boucle (C’est notre rôle de garder les ombres et d’y amener la Lumière. Ou bien, peut-être que cela signifie que nous devons tout le temps rester cacher, et ne pas avouer à l’Humanité la vérité sur l’existence des monstres...) se cache également un principe militaire très empirique et très ancré dans la réalité : On ne tourne pas le dos à un vampire. On ne tourne jamais le dos à un vampire. En sprintant à travers le parking, je pouvais trop facilement imaginer l’ennemi se jeter depuis la rambarde, me tomber dessus et me massacrer sur place sans aucun problème. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. J’ai l’habitude de ne pas m’enfuir en courant lorsque j’ai mon équipement avec moi : Des cocktails molotovs, un fusil à pompe en calibre 12, des pieux, et quatre ou cinq collègues bien équipés avec des épées, des arbalètes qui tirent des carreaux en bois, voire carrément un lance-flamme qui a été très utile quand on a été dans le manoir d’un vampire Tzimisce qui avait des goûts très particuliers en moquette et papier-peint. La seule chose sur laquelle je pouvais compter dans mon échappée, c’est que j’avais affaire à un vampire suffisamment rationnel pour craindre les caméras et la proximité d’une force de police pour ne pas avoir envie de risquer de voir du jour au lendemain un tas de gens bizarres dignes d’archétypes de personnages de JDR débarquer à l’aéroport de Chicago. Et d’ailleurs, j’allais l’aider un peu à faire son opinion à ce sujet.

Parce que je me retrouvais à passer devant la voiture avec laquelle elle était venue. Et avec mon flingue maintenant sans suppresseur, je vise une des roues du véhicule. Deux tirs. Puis la roue arrière du même côté. Trois tirs. Des détonations bruyantes et lumineuses qui sont assez fortes pour se faire entendre dans tout le quartier. Alors que je me détourne et continue de foncer comme un fou furieux, j’entends un chien aboyer au loin.

Je glisse comme Starsky et Hutch sur le capot d’une voiture qui est mal garée, fonce jusqu’à mon véhicule, et m’engouffre dedans. Sans même prendre le temps de vérifier si une voiture vient derrière moi, et sans même fermer la portière du conducteur, je met le contact et démarre, ne claquant la portière qu’une fois avoir foncé le plus vite possible – mais en faisant très attention de ne pas caler, erreur de débutant – jusqu’au feu rouge au bout de la rue. Je le grille, tourne à droite, et cherche à m’éloigner le plus vite possible de l’hôtel avant l’arrivée du CPD.
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