Patient #6729 : Elias Lavander
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Dim 18 Nov - 4:03
Avez-vous déjà péché ?

Non pas d’un point de vue religieux, rassurez-vous, car je connais déjà la réponse à cela, mais plutôt pratiqué l’activité ? Si oui, vous connaissez cette excitation si particulière qu’est celle de la remontée de la ligne ? Cette lutte parfois acharnée pour épuiser le fretin et le ramener à vous pour qu'il finisse achevé d'un adroit coup à la tête.
Pourquoi suis-je en train de vous parler de cela ?
Vous verrez.

C’était la fin de l’après-midi, et la seule chose qui me l’indiquait dans mon cabinet était bien l’horloge qui y trônait, l’obscurité y régnant pour mon bien m’empêchant de distinguer la moindre lueur solaire. Une très belle pièce de collection d’ailleurs cette pendule, ciselée d’or et d’un bois dont l’import est aujourd’hui illégal. Je me souviens du riche banquier qui me l’avait offerte durant les trente glorieuses, prétextant un simple cadeau amical alors qu’il envisageait bien plus mais… Excusez-moi, je m’égare, j’ai une histoire à vous conter après tout !

A vrai dire, ces dernières semaines avait été d’un ennui mortel tant mes avancées étaient au point mort. Aucune nouvelle piste et aucune nouvelle de mes serviteurs, quelle poisse… Seul élément intéressant, un journal. Enfin… Pas le bout de papier en soi, mais bien son contenu. On y parlait dans les potins d’une directrice de cabinet bancaire… Une certaine Mélinda Neverwinter, passionnée d’histoire, qui avait accepté de garder des pièces antiques inestimables, et cela avait suscité mon intérêt. Pour l’art ? Vraiment ? Mais me prenez vous pour une matérielle Toréador ? Bien sûr que non, il ne s’agit pas simplement d’une question d’art.
Tout simplement, un tel amas d’objet pourrait dissimuler une relique, un artefact ou même de simples textes mentionnant des recherches sur le Dieu Rouge, et aux vues des découvertes actuelles, cette option ne pouvait être négligée mais…
Revenons-en à nos poissons.

Cette femme m’intéressait, et il me fallait la ramener sur ce divan. Toutefois, hors de question de me rendre dans ce genre d’endroits ouverts en plein jour, craignant bien trop la lumière de l’été. Non… Pourquoi utiliser ses jambes et sa discipline quand on peut utiliser sa tête et sa langue n’est-ce pas ?
D’un geste lent, alors que j’étais affalée sur ma chaise en débardeur, je me saisit du combiné posé au coin du bureau et après consultation des pages jaunes, pris contact avec la banque.

Un hôte d’accueil me répondit d’une voix mollassonne. Après tout, il était bientôt 19 heures qui sonnait la fermeture, moment idéal pour pêcher, lorsque le soleil dissimule au mieux le pécheur au bord de la rive.
C’est ainsi qu’après un bâillement et quelques secondes d’attente, je pus enfin entendre la voix non moins charmante de la banquière, bien que tiraillée par la fatigue physique… et nerveuse.

Hmm oui ? Qui est-ce ?

Je me présente, Amaria Al’Afeaa, je me permets de vous appeler concernant l’offre de crédit à taux réduit pour les professions libérales.

L’hameçon est lancé, au bout duquel pend un délicieux petit asticot. L’économie, je n’y connais rien, mais alors rien du tout, je remplis mes impôts à la va vite, me prends des majorations comme n’importe quel crétin inattentif et ne comprends rien à tous ces complexes acronymes mais… Quelques termes techniques bien arrangés… Quoi de mieux pour redonner de l’appétit à un banquier qui aux dents qui raient le parquet à la fin de sa journée ? Cela valait la peine de me taper ce bouquin de Bill Gates au final… Maintenant, il fallait attendre que ça morde…

Oui je suis tout à fait disposée à vous renseigner… Vous êtes cliente chez nous ?


Absolument pas,
dis-je en riant légèrement, j’ai simplement entendu parler de vous aux infos et je me suis dit. Amaria, pourquoi pas, toi qui as envie de refaire ton cabinet, ça te permettra peut-être d’éviter de faire des consultations gratuites aux souris !

Elle se mit à rire à son tour. Normal devrais-je dire, tant cette émotion est contagieuse même si la blague reste mauvaise, je l’admets. Ainsi, doucement par une discussion des plus banales, le l’amenais à s’approcher de l’hameçon, par d’adroits petits coups de canne rendant l’appât d’autant plus vivant, si bien que la discussion quitta rapidement les rails de la finance pour entrer dans quelque chose de plus personnel.

Ah vous avez des enfants ? Moi aussi… Mais avec ma grande, je n’arrive plus à rien. Elle me ment et redouble d’insolence… Je me sens assez coupable à vrai dire…

Je vois… Vous avez essayé de lui en parler ? De savoir pourquoi elle le fait…

Oui mais… Je n’arrive pas à trouver les bons mots… Elle ne veut plus m’écouter…


Vous le sentez là ?
La faiblesse, la plaie encore douloureuse que l’on tente tant bien que mal à dissimuler sous un linceul de professionnalisme. Je la tiens, dès lors, le fretin est à deux doigts d’avoir croqué dans le juteux ver qui semble si vivant, mais qui cache un crochet dont elle ne pourra pas se défaire. Si le baiser n’était pas une telle extase, probablement que ce genre de pratique téléphonique serait ce qui me ferait le plus prendre mon pied. Mais revenons-en à notre coup de téléphone, il est déjà sept heures et demi.

Ecoutez… Pendant longtemps j’ai eu du mal avec mon frère qui prenait de l’héroïne, mais après quelques séances avec un professionnel qui vaut tous les livres que vous avez pu lire, j’ai su lui faire arrêter, alors… Brève inspiration, petit frisson dans l’échine… Si vous veniez vous asseoir dans mon cabinet je… Je serai prête à vous offrir une ou deux séances si vous considérez mon dossier bancaire, cela vous va ?

Oui.

Trois lettres, une syllabe, mais tant de satisfaction. Au bout du fil se tient maintenant un poisson qui ne peut s’en défaire.
J’ai créé le besoin, j’ai créé l’envie de pousser mes portes pour que tout aille mieux, que tout soit comme avant, quand tout allait si bien.
Après une bonne heure de banalités, elle raccrocha enfin et, tout doucement, je fis marcher le moulinet pour ramener la ramener jusqu’à moi. Un appel le lendemain, pour demander si cela allait, un le jour suivant pour parler banque… Et enfin, la première séance.

Est arrivée dans mon cabinet une splendide, je dois bien l’admettre, brune aux yeux clairs. Très organisée, bien habillée, elle avait posé son sac parfaitement aligné avec le coin de la table et n’avait pas le moindre pli à son chemisier. Ses yeux respiraient la jeunesse et la bienveillance, dissimulant toutefois une fatigue physique certaine.
Car oui, elle était venue me voir à la sortie d’une épuisante journée… Comme par hasard disons. Je l’enquis de s’installer confortablement et notre discussion débuta. Elle parla de ses études qui avaient été un vrai calvaire, de sa famille absente, de ses bonnes amies et de son homme qui l’avait laissé avec un jeune enfant à charge. A cela, je répondais toujours qu’il s’agissait de lourds passifs, qu’il lui en serait difficile de s’en défaire et qu’il fallait mieux essayer de les mettre au clair dans son esprit pour ne plus en souffrir.
Vous voyez ? Quand je veux, je peux faire consciencieusement mon métier !

Les séances semblables s'enchaînèrent, auxquelles j’ajoutais progressivement mes grains de sels. Mettre le doute sur la franchise d’une amie, laisser supposer que ses parents pouvaient avoir une mauvaise estime d’elle, lui parler des remarques que faisaient éventuellement ses collègues sur sa récente prise de poids, de la tristesse que pouvait éprouver son fils à la voir rentrer tard chaque soir… Tant de petits grains  qui affaiblissant la machinerie de l’esprit, si bien qu’elle venait de plus en plus souvent, remplaçant ses rendez vous amoureux ou ses soirées entre amies par des lugubres consultations, et ce sans que je n’aie apposé aucun pouvoir surnaturel sur elle.
Jusqu’à maintenant.

Nous étions désormais au début de l’automne. En deux mois à peine, elle m’avait consultée plus de 40 fois, et je savais presque tout d’elle. Les détails de ses derniers rapports sexuels, les tartines beurrées que lui faisait chaque jour sa mère en rentrant de l’école primaire, le nom de son premier amoureux. Elle agonisait au creux de ma main et il fallait maintenant la mettre dans le panier, avec tous les autres poissons.

C’était un jeudi soir, jour que la plupart des gens détestent, pas encore le weekend, mais à la fin de la semaine tout de même. Alors qu’elle était rentrée sans même frapper à la porte, bien trop habituée à cette routine, elle s’était avachie dans le canapé en desserrant sa ceinture et puait l’alcool bon marché. Une cuite si tôt dans la journée, certes, mais il était difficile de lui en vouloir. Elle avait perdu la garde de son enfant pour possession de drogue il y a deux semaines, quelle malchance qu’un homme dont elle ne connaissait rien lui ait glissé un paquet de poudre dans sa poche.
De plus, l’éloignement social avec ses amis lui avaient fait détester la plupart d’entre eux. Soi-disant qu’ils lui envoyaient des messages subliminaux dans les conversations de groupe et qu’il ne l’invitait plus à la majorité des soirées.
Elle était désormais si faible, si délicieusement faible, qu’il était temps pour elle de mettre son corps au service de mon esprit.

Ainsi, lentement, alors qu’elle était ivre sur mon divan, je fis glisser ma chaise jusqu’à elle me parlant de sa journée merdique. Délicatement, mes mains se posèrent sur ses joues et descendirent le long de son cou. Elle ne réagit même pas oralement, et je sentis même en elle un léger frisson, comme si elle savait ce qui adviendrait. Une fois mes mains recouvrant ses épaules, je fis descendre lentement ma tête le long de la sienne, écoutant les battements de cœurs sur sa tempe et ses douces paroles au creux de mon oreille.
Je sentis alors sa main enserrer ma taille. J’était devenue pour elle sa seule et unique réelle source de bonheur désormais, si bien qu’elle exprimait désormais tous les désirs imaginables à mon égard. Elle me surprit alors en apposant ses lèvres sur les miennes. A vrai dire, même si ce genre de plaisirs mortels ne m’intéressaient guère, j’acceptai ce baiser, témoin de l’influence dantesque que j’avais désormais sur elle. Toutefois, ce qui m’intéressait se situait un peu plus bas.
Laissant alors parcourir ses mains le long de mon corps, j’ouvris ma bouche bien plus que la nature ne l’autoriserait à un humain et en fit sortir des crocs, ou plutôt des crochets, qui se logèrent profondément dans sa nuque.

Tout son corps se raidit et se crispa alors, et son rythme cardiaque doubla quasi instantanément. Même si j’avais envie de me perdre dans le plaisir de l’assécher de tout son sang, il ne me fallait pas oublier mon objectif initial. Récupérer les pièces égyptiennes de collection dans la banque, c’est pour cela que j’avais consacré tant d’heures à l’écouter, mais que sont tant d’heures quand on a l’éternité, n’est-ce pas ? Pour ce faire, et alors que son sang chaud me pénétrait, je fis ressortir en elle un vice prépondérant que j’avais facilement détecté dès les premières séances : Le besoin de reconnaissance.

Un vice assez vaste me direz-vous, mais lorsqu’il n’y a plus qu’une seule personne qui vous attire et que vous souhaitez impressionner dans votre vie, tout devient plus clair. Je dois avouer toutefois que briser l’amour maternel était plutôt ardu… Elle y tenait à son petit.
Mettons maintenant que cette personne grave au plus profond de votre esprit que vous souhaitez vous emparer absolument d’une… disons… cargaison d’objets égyptiens… N’aurait-elle alors pas envie de venir gentiment vous les apporter au pied de chez vous ? Je pense que si… J’espère que si… pour son fils en tous cas.

Retirant lentement mes canines de sa nuque, j’eu un pervers plaisir à observer l’épanouissement macabre qui emplissait son regard. Elle était désormais à moi, et m’obtiendrait tout ce que je désire.
Lorsqu’elle quitta la pièce après m’avoir à nouveau embrassé, je sortis d’un tiroir de mon bureau un vieux carnet, m’essuyant la bouche de l’autre main. Il comportait pages et pages de noms rayés, et il me fallut en dépasser la moitié pour enfin trouver la place d’écrire le nom et une brève description de la demoiselle.

Rangeant ensuite ces notes à l’endroit où je les avais saisies, j’éteignis la lumière et me saisit de mon téléphone.

Il était bientôt sept heures, heure parfaite pour aller à la pêche.



*****

Elias.
Lavander.

Un dessinateur de Webcomics avec sa petite renommée. Ne croyez pas que je m’intéresse à cet art pour enfants qu’ils adaptent désormais en film prônant des valeurs qu’eux même ne corroborent pas. Non… Disons simplement que j’aime savoir qui pose le pied dans mon cabinet et surtout… Pourquoi il le pose, ce pied. Et sur ce point, j’ai eu assez peu de choses à me mettre sous la dent.
Si je puis dire.

Certes, de tout temps des artistes ont été en proie au spleen, ou même d’autres sont angoissés par la page blanche mais… Avec une situation de couple stable, un boulot fixe et une voix assurée comme la sienne, mon premier diagnostic est bien peu fourni. Quelque-chose lié à son enfance ? Probablement. Je n’ai rien su trouver sur le passé de cet homme, et je trouverai rapidement des réponses à mes questions de toute manière. Il est ma toute dernière consultation… Et oui… Il est déjà dix heures du soir passées et cette journée m’a ex-té-nuée…

Des prolétaires, des chômeurs et autres américains moyens, tous ont défilé entre ces murs aujourd’hui. Rien à en tirer, hormis peut-être quelques onces de sang, plus par plaisir que par réelle nécessité, on ne se refuse rien après tout ! Mais voilà que je me mets encore à épiloguer, seule entre ces quatre murs, alors qu’un beau et gentil jeune homme attend derrière ma porte. Me parlera-t-il de ses problèmes au lit ? Ou bien de son stress au travail ? Ou… Oh… De sa pauvre maman qui était si dure avec lui alors qu’il était si jeune et fragile ? Ahah...  Voilà alors que je me mets à rire toute seule, là, affalée dans mon fauteuil.
Mais bon, il est également possible qu’il connaisse quelqu’un qui connaisse quelqu’un qui pourrait m’être utile au cas où je… chercherai à faire ma propre BD… Non vraiment, je ne sais pas, mais nous verrons bien, voilà qu’il frappe à ma porte.

Après avoir fait doucement craquer mon cou, je trouvais la force de m’extraire de ma confortable chaise pour aller lui ouvrir. Toutefois, une étrange ambiance embaumait la pièce éclairée à la bougie alors que je la parcourais de part en part et apposais ma main sur la poignée.
Un pressentiment ? Une crainte ? Ou simplement mon imagination.
Peu importe.

J’aillais vite le savoir.
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Dim 18 Nov - 9:35

Tac, tac. Il revient encore et encore, ce son, à agresser le silence de cette petite chambre muette, éclairée que par la lumière de la lampe de chevet sur le côté droit du bureau. Devant ce bureau, un siège, et sur ce siège, un jeune homme concentré. Entre ses mains, un crayon qui frappe et glisse contre le papier, à marquer le blanc d'une page de toutes ces nuances de gris qui vont jusqu'au noir profond.

Tac tac. Même son, nouvelle source. Cette fois-ci, le crayon est posé sur la table, tandis qu'index et majeur se joignent en un concert de tapotements sur le bois de la table. Un air pensif se dresse sur le visage du jeune homme, circonspect. Ses yeux d'abysse fixent le dessin. Une sublime jeune femme drapée d'une robe semblable à celles de nobles dames de la renaissance. Brune par ses cheveux, bleue par ses yeux couleur océan, pâle par sa peau laiteuse, immaculée de ce teint blanc blafard. Des couleurs dans du dessin au crayon, dites vous ? Oui, certes. Mais ces couleurs, ce ne sont pas celles du dessin. Ce sont celles dans la tête d'Elias. Celles qu'il imagine sans même avoir jamais prévu de faire ce dessin en couleur.

Il y a cette petite voix, dans sa tête. Ce murmure, cette litanie qui répète, doucement, terriblement doucement, les mêmes simples mots. Tu la connais.

Knock knock. Son différent, quoique similaire, et encore une nouvelle source. Mais Elias ne l'entend pas, ou en tout cas n'y fait pas attention, absorbé par sa réflexion. Ce n'est pas la première fois qu'il la dessine. Des fois, il y a ces moments où il ne sait pas à l'avance ce qu'il veut représenter, alors il laisse les crayons le guider. Il se laisse aller, donne les commandes à son instinct, son subconscient. C'est toujours lorsqu'il procède de la sorte qu'il finit par la voir. La faire. L'imaginer. Elle hante le pinceau de sa créativité, comme une ombre, comme un souvenir perdu. La pièce d'un tout qu'il ne parvient plus à rassembler. Ca le rend... Songeur. Il garde son œil sur la feuille un instant, une main sous son menton, à soutenir la tête qui se laisserait presque tomber sans ça. L'autre main, occupée à passer sur la surface de son esquisse.

- Encore elle ?

La voix féminine s'élève presque en même temps que deux mains passent d'abord à ses épaules, puis se joignent autour de lui alors qu'un buste se penche dans son dos. Voûtée au-dessus de lui, Sally regarde le bout de papier, une moue presque jalouse au visage.

- Hm. Désolé, je t'ai pas entendu arriver.
- Tu n'as pas sursauté, pourtant.
- Ai-je la moindre raison d'avoir peur de toi?

Lentement, il fait pivoter le siège pour se retrouver face à elle, tandis qu'elle se redresse. Il la fixe, de deux perles noires, une teinte d'amusement dans le fond de ses yeux, un sourire de flirt à ses lèvres. Elle capte son regard, de ses prunelles noisette, une lueur malicieuse qui y brille. Mais aussi autre chose. L'espèce d'amour inconditionnel, irraisonné et irrationnel qu'est celui des Goules asservies par le Lien de Sang.

Elias remarque cette nuance, dans les yeux de sa Goule. Sans qu'il ne s'en rende totalement compte, son sourire s'élargit. Satisfaction, plaisir. La petite lubie malsaine cachée au coin de son inconscient, ce désir de ressentir la dépendance chez l'autre. Ils restent là un court instant, sans qu'elle ne réponde. Car ils connaissent tous deux la réponse à cette question rhétorique. Lentement, la jeune apprentie artiste s'assied sur les genoux de l'homme assit, ça alors que ses yeux se recentrent sur le cou masculin. Il rit.

- C'est ça qui t'amène réellement, n'est-ce pas?
- Ca fait longtemps...
- Je sais. Viens là.

Et d'un geste doux, presque paternel, il passe la main derrière sa tête pour l'attirer contre son cou, puis la laisse mordre, aller cherche le sang à la source. Souvent les Maîtres préfèrent tendre le poignet vers leurs Goules. Le simple geste impose une certaine distance, un certain rapport hiérarchique tacite, une allégeance renouvelée par le biais du langage corporel. Lui a toujours préféré comme ça. Plus intimiste, plus... Humain, presque. Peut-être que cette douce ironie le fait rire, aussi.

Et elle se régale, se laisse aller, la jeune et frêle petite Goule trop gourmande. Sans être brusque, mais d'un mouvement tout de même ferme, Elias soustrait Sally à son festin de rouge. Désorientée, perdue dans l'extase sanguine, elle garde un air hagard une poignée de secondes, envahie par le plaisir impur de la Vitae. Difficilement, elle finit par reprendre pied. Elle regarde la plaie, et ouvre grand les yeux.

- Ok, je... J'ai peut-être un peu ab-
- Pas grave. On va dire que c'est ma tournée pour aujourd'hui.

Il l'interrompt d'une voix bienveillante, se voulant rassurant. Oui, elle a un peu tirée sur la corde, cette avide demoiselle. Mais il ne peut pas lui en vouloir. Et puis... Il a connu pire. Elle répond alors d'un sourire reconnaissant, le remerciant silencieusement. Ils restent dans cette proximité un autre moment, plus sagement. Et il sait ce que ça veut dire. Il connait Sally. Si elle est toujours là contre lui après qu'il l'ait nourrie, et qu'elle ne l'aguiche pas ni ne prend congé, ni ne prend parole, c'est qu'il y a quelque chose. Quelque chose qu'elle veut lui dire, mais elle n'ose pas. Parce qu'elle attend qu'il remarque, puis qu'il demande. Alors...

- Quelque chose ne va pas? Alors il demande.
- Non, ça va, j'suis juste... Inquiète.
- Sally.

Il la fixe, avec ces traits sur son visage. Cet air qui dit « Tu sais que je sais. Et je sais que tu veux en parler. Dis-moi ». Elle semble hésite encore cinq ou six secondes, pour enfin lâcher un soupir.

- C'est rien, c'est... Rah, c'est Mélinda. Elle me fait peur. Elle allait pas bien depuis quelques temps, alors elle a finie par aller voir un psy. Mais depuis qu'elle va là-bas, elle est...
- Elle est ?
- Elle est flippante. Distante

Elias adopte un visage plus sérieux. Il met un moment avant de répondre, essayant de peser le pour et le contre de ce dans quoi il est en train de lentement s'embarquer, puis de deviner le pourquoi du comment de cette affaire.

- Tu veux que j'aille voir ?
- ... Tu sais, t'as tous ces trucs que tu peux faire, du coup je me disais que...
- Tu veux que j'aille voir.
- ... Ouais. Steuplai.

Il souffle doucement du nez, vaguement moqueur. Ses bras se lèvent en un long étirement, et il fait signe à Sally de le laisser se lever d'un signe de tête. "T'es pas possible." Il se redresse, quitte sa chaise, puis referme le carnet de dessin sur sa table. Quelques pas, et il se dirige vers la porte de sa chambre, puis lance un coup de menton vers son bureau.

- Chope un stylo et note-moi adresse/numéro sur un bout de papier. J'vais jeter un oeil.
- Ok. Merci Elias.
- J'ai aucun doute que tu me le rendras plus tard.

Il ouvre la porte, s'apprête à partir. Mais avant, une dernière exclamation dans son dos.

- Eh !
- Hm ?
- Tu pourras pas esquiver la question indéfiniment, tu sais ?

Elle lui déclare ça en regardant le carnet de dessin sur la table. Un silence plus tard, il rétorque d'un rictus désabusé.

- Je sais.

Sans un mot de plus, il se dirige vers la salle de bain. Quelques minutes passent, et sa voix résonnera prés du combiné du téléphone.

- Allo ? Je suis bien au cabinet du Docteur Al’Afeaa ? Oui, ce serait pour consulter, effectivement.

Et plus si affinité.

***

Noir et blanc, comme tout droit sorti d'un vieux film.

Noir, par ces yeux de ténèbres, ces mèches de sombre et ce costume d'obscur, de la veste jusqu'au pantalon en passant par le manteau et les chaussures.
Blanc, par ce teint de lune et cette chemise de nuages, puis ce sourire de publicité à dentifrice.
Seule nuance traître : le rouge. Rouge, par cette cravate solidement nouée, et cet appétit sanguin qui se glisse doucement sous la peau du Vampire.
Un appétit qu'il va pour le moment ignorer.

Alors le voici. Tout fin prêt pour le rendez-vous qu'il a lui-même demandé, au cabinet de cette mystérieuse psychologue, drapé dans son plus bel habit de jeune apollon moderne, bien loin du style plus décontracté de son habitude. Le but est simple : faire bonne impression. Pour être précis, la bonne impression de quelqu'un dont on ne s'attendrait pas à ce qu'il consulte chez un psy. De quelqu'un dont on ne pense pas avoir lu sur son dossier qu'il est simple petit dessinateur au succès grandissant, mais encore timide. Gagner du temps, en soi.

Il a parlé de Mélinda avec Sally. Un intérêt commun a lié les deux femmes, dans un premier temps : l'art. Puis leur lien s'est consolidé autour d'un groupe d'amis, une petite compagnie qu'Elias connaît pour certains. Elle, moins, bien moins. Peu importe, toujours est-il qu'arrivé un moment, Mélinda a jugée bon de consulter. Pas que ce soit une femme anxieuse, dérangée ou excessivement stressée de façon très générale, mais il y avait Ce petit détail gênant, cette chose qui reste au coin de la tête, et agace, frustre, attriste. Quoi donc ? Les relations avec sa fille. Alors oui, ce n'est que ça. Mais que sentir la chair de sa chair s'en aller peu à peu loin de soi, c'était déjà trop pour elle. C'est pour ça qu'elle s'est décidée à aller chercher de l'aide, selon les dires de Sally.

Mais – puisqu'il y a un mais -, ce qui devait être une aide s'est semble-t-il avéré être une mauvaise influence, en tout cas selon la lecture de la jeune Ferguson. Au fil du temps, Mélinda a perdue d'abord le sourire, puis la confiance, puis la patience. L'amitié, même. Plus sombre, moins présente, et les rares fois où elle l'était, soit désagréable, soit paranoïaque, soit déprimante. Parfois plusieurs de ces choses en même temps. Certains parmi le petit groupe de connaissances refusent aujourd'hui d'entendre parler d'elle. Pas Sally. Tu as toujours été trop bienveillante pour ton propre bien, pensait Elias. Oui, elle, plutôt que de s'exaspérer, elle s'est inquiétée. S'est posée des questions. Elle a remarquée une drôle de concordance entre cette descente aux enfers et le début des consultations chez cette Psy. Ca, et le nom de ladite dame qui revenait machinalement dans la bouche de Mélinda, arrivé un moment.

Elle ne sait pas pourquoi, ni comment. Mais elle est persuadée que cette Amaria a quelque chose à se reprocher. De fait, inquiétude. De fait, malaise, jusqu'à ce qu'Elias le remarque.

Jusqu'à ce qu'Elias soit là, devant cette porte.

Il aurait pu procéder autrement. Trouver l'adresse de cette femme, agir dans la rue, chez elle, user de ses perceptions mystiques pour en apprendre plus, la traquer... Mais... Mais Elias est plus curieux que ça. Plus vicieux. Plus intéressé, aussi. Après tout a-t-il déjà envisagé de consulter sérieusement par le passé. Ses interrogations, ses drôles d'impressions ça et là, ses moments d'errances... Les choses liées à sa nature aussi, qu'il pensait aborder par métaphores et formules détournées. Il a toujours été curieux de ce que pourrait être l'avis d'un professionnel. Qui sait. Peut-être trouvera-t-il matière à faire d'une pierre deux coups.

Deux phalanges qui viennent frapper sur le bois de la porte. Patiemment, le jeune Vampire attend.

C'est une ravissante jeune femme à qui il peut deviner des origines orientales, qui finit par lui ouvrir. Quoiqu'elle ait la peau un peu plus pâle que ce que suggérerait cette intuition, mais le nom ne trompe pas. Un contact visuel établi par ses perles sans fond, il finit par lui tendre la main en un sourire confiant, puis parler de sa voix tout autant assurée.

Bonsoir, docteur  Al’Afeaa. Merci de me recevoir aussi tardivement.

Propre sur soi, il attend patiemment qu'on lui offre de s'installer pour aller trouver sa place sur le fameux divan. Le rictus à ses lèvres prends une teinte plus amusée, lorsqu'il s'y assied.

Tseh. Alors ce n'est pas une légende, le divan du psy, hein. Désolé, c'est une première pour moi, comme vous avez certainement pu le deviner.

Débarrassé de son lourd manteau, le patient se met plus à son aise, une œillade vers la professionnelle de santé. Vu d'ici, rien de plus qu'une femme relativement agréable à regarder, semblant plutôt bienveillante de prime abord. Ca, c'est au premier abord. La vérité est souvent plus complexe que ce que donnent à voir les premières impressions. Il est bien placé pour le savoir.

Quelques banalités plus tard, il est temps d'entrer dans le vif du sujet. En tout cas, celui apparent. Aborder les intrications qui se mêlent dans l'esprit fragmenté d'Elias Lavander.

Donc ? Par où commencer ? Je.. Hem. Présentons la chose comme ça, oui.
D'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été du genre émotif, sous un masque de décontraction. Mais certaines choses, sans que je l'explique... J'sais pas. Ca me fait sortir de mes gonds bien trop vite, bien trop fort pour ce que c'est. Sans que je ne comprenne l'origine.

Je hais les religieux, par exemple. Je ne parle pas d'être Athée, et de trouver la croyance en un être supérieur absurde. Tseh, pas seulement, en tout cas. Je parle de haine. Quand un témoin de Jéhovah passe à ma porte, j'ai besoin de faire un réel effort pour pas le cogner. Quand les gens me parlent religion, sûrs de leur vision du monde et de leur Dieu, je sers le poing, avec une envie de devenir mauvais à l'excès, de leur parler comme aux dernières des merdes. Pourtant... Pas de trauma de jeunesse avec je ne sais quel prêtre, pas d'antécédents du genre, rien. Rien pour justifier ça. J'ai ce truc qui me broie la tempe, me prend les nerfs, mais je ne suis pas même capable de dire pourquoi. Et ça depuis toujours.

Je pourrais donner d'autres cas. Mais s'il faut commencer quelque part, je parlerais de ça : Ces réactions disproportionnées, en certaines circonstances précises, sans motif à ce que mes nerfs se mettent à subitement chauffer. C'est pas tous les jours facile, de garder ça pour soi. Et... Honnêtement, j'ai peur d'un jour faire une connerie pour quelque chose que je comprends même pas.


Il parle, longuement, l'air serein, fluide dans ses mots, sans avoir honte ni être inquiet à parler si librement de la chose. Tout ce qu'il dit ici est vrai : il ne supporte pas les gens de foi. Quant à savoir s'il est vrai qu'il n'a aucun trauma lié aux religieux...

Disons, aucun dont il se souvient.

Il commence avec ça, simplement, un regard interrogatif vers la femme. L'air de dire, « une idée d'où ça pourrait venir » ? Les yeux fixent alors qu'il est maintenant allongé. Fixent, pour capter un regard, mais pas seulement.

Pour percevoir une âme, également. Percer les secrets et sentiments, le temps d'un échange.
Soyons donc deux à consulter, Docteur  Al’Afeaa.
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Lun 19 Nov - 1:19
Après une petite seconde d’hésitation due à ce pressentiment, je choisis enfin de faire pivoter les gonds de la porte, et là, quelle étrange et fascinante surprise. Un jeune homme, propre sur lui, bien loi du cliché un peu négligé qui colle à la peau, se tenait au pied de ma porte. J'avais certes eu l'occasion de le voir durant mes recherches, mais il avait quelque chose en plus.
Quelle fascinante rencontre, surprenante de surcroît, avec cet homme au teint bien pâle. Il avait l’air étonnamment bien dans sa peau pour quelqu’un qui venait me consulter. Aucun tic nerveux de prime abord, une mine confiante et assurée, sans dissonance avec notre conversation téléphonique préalable. A vrai dire, cela ne faisait que confirmer mon pressentiment tout autant que stimuler ma curiosité. Mais bon, il serait bien impoli et dommage de ne pas l’inviter à entrer.

Bonsoir monsieur Lavander, heureux de vous rencontrer, dis-je en lui serrant fermement sa main, fixant ses prunelles brunes qui ressortaient obsidienne en cette heure avancée de la soirée.
Je vous en prie, entrez, installez-vous confortablement sur le divan, assis ou debout, tant que cela vous convient, cela ne m’importe pas !

Oui, en effet, quelle manière fleurie de m’adresser à lui, je sais. Toutefois, je discerne en lui quelque-chose de noble. Dans sa démarche peut être, dans son attitude nonchalante et élégante de traverser mon cabinet pour s’asseoir, dans la manière qu’il a eu de regarder sans honte mon corps dans l’embrasure de la porte, dans son petit sourire malicieux accompagné de sa réflexion sur le canapé. Fascinant, hors du commun… et bien élogieux, je sais, mais comprenez-moi. Un individu comme ça, c’est la goutte d’eau dans la masse grasse et insipide de l’humanité, et après plusieurs moi à croiser des fruits pourris, croiser un fruit seulement cabossé laisse exagérer nombre de traits que je n’aurai pas amplifié de coutume. Mais trêves de justifications. Place à la consultation.

Il s’installa doucement dans le divan donc, après un petit trait d’esprit non moins informatif qui me fit sourire, j’appris que c’était sa toute première fois dans ce genre de cabinet. Étonnant donc qu’il y présente une attitude aussi décontractée pour une première fois, alors qu’un cabinet comme le mien, en pleine rue des quartiers malfamés et simplement éclairé aux faibles lueurs de bougies n’inspire la confiance que chez les plus lugubres humains. Ainsi peu à peu, cette admiration devenait méfiance. Il avait quelque chose de plus… Ou plutôt quelque chose de trop. Probablement de la confiance. Mais voilà encore bien trop de jugement hâtif, il me faut faire mon métier consciencieusement après tout…

Ecoutez, s’il s’agit de votre toute première fois, je vous rappelle que tout ce qui sera dit entre ses murs restera sous le sceau du secret professionnel. Que je ne suis ni ici pour vous juger, ni pour vous condamner, mais bien pour vous aider. Si à tout moment vous souhaitez stopper la consultation, je n’y vois pas d’opposition, cependant sachez que ma facturation compte pour une heure de mon temps et que tout heure commencée est due. En espérant que tout ceci vous convienne, je vous invite à vous livrer, nous avons toute la nuit tant que votre porte monnaie et votre envie vous le permet. Toutefois, sachez que je fais toujours cadeau de la première heure à mes nouveaux patients, alors sentez vous libre de parler, je suis désormais toute ouïe.

Durant ce relativement long monologue, en tous cas bien trop long pour un lieu où c’est aux patients de parler et non au médecin, je pris place dans mon confortable fauteuil satiné. Une pure merveille d’équilibre et de confort, sur mesure bien évidemment, et bien entendu imperméable au cas où… Disons… Je sois un poil trop assoiffée. Elle me permet ainsi, en quelques mouvement de pieds par un adroit système de roulettes, de me retrouver au niveau de la tête du divan où mon patient avait choisi d’apposer sa tête. Mais… Nous ne sommes pas ici pour parler chaise non plus, mais bien de cette consultation qui, vous le verrez assez tôt, s’est révélée bien au-delà de l’ordinaire.

Bien.
Maintenant, vous allez vous plonger dans mon cerveau le temps de cette première phrase, et bel et bien concevoir ma manière de sonder sa pensée. Tout d’abord, très important, l’angle d’attaque de la présentation. Premier psychologue, premiers mots, ce qui ressort est souvent ce que l’on à sur le cœur, ce pourquoi on est venu et qui occupe inconsciemment notre esprit depuis que le rendez vous est pris. Ou alors, à l’opposée, une longue hésitation, de stress, un méli-mélo de soucis et de craintes qui bloque la langue et l'esprit.

Mais là... Eh bien un exposé propre, calme, où l’hésitation fait presque office d’introduction. Une émotion, un cas particulier, auquel se raccroche un exemple, la haine de la religion. Bien trop limpide et trop bien amené pour un discours qui n’est pas réfléchi. De plus en plus, comme mentionné précédemment, cette fascination devient inquiétude en moi. Ce n’est pas de la paranoïa… Non…
Non…
Juste de la méfiance.

Toutefois, il est aussi possible que le stress préalable l’ait poussé à concevoir ce petit speech dans sa tête. Qui sait, je me fais surement des frayeurs pour rien, ou alors il s’agit d’un humain particulièrement confiant… Mais dans ce cas, il n’aurait pas dû faire de dessin.
Quelque chose ne colle pas.

Je me permets alors de déplacer ma chaise le long du divan pour capter son regard tandis qu’il poursuit son discours. Je ne fais cela que très rarement à vrai dire, cela bloque la plupart des gens, mais lui, il reste calme, soutenant même mon regard, comme s’il cherchait à le plonger en moi. Si c’est une technique de drague, elle est fort audacieuse, si c’est pour chercher la confiance dans mon regard, c’est bien maladroit. Non. C’est différent, mais je ne sais quoi. De plus en plus intriguant.
Le voilà d’ailleurs qui épilogue sur ses crises de colère, ce qui me fait instantanément, probablement par conscience professionnelle, revenir sur un discours bien plus terre à terre.

Résumons voulez-vous.
Un ton confiant, un look impeccable, un discours mesuré et construit.
Un aveu de faiblesse, un exemple menant à une auto-analyse, l’expression d’une crainte.

Il est préoccupé, c’est certain. Ou alors c’est un des meilleurs manipulateurs que j’ai pu croiser. Non. Il semble franc, même s’il y a ce petit truc, cette petite fausse note, qui me perturbe dans cet ensemble. Prenant une grande inspiration et soutenant son regard, je pris la parole. Si j’avais su à ce moment là que mon aura pâle était d'un vert clair bordé de bleu sombre, j’aurai probablement brodé un tout autre discours.

Très bien Elias… Vous permettez que je vous appelle Elias ?
Je repris quelques secondes plus tard, attendant son approbation.
Je ressens que vous avez déjà fait la part des choses de votre côté sans toutefois avoir même une fois consulté. C’est bien. Toutefois, j’ai senti dans votre discours une réelle préoccupation concernant vos excès de colère, et mon but aujourd’hui va être d’en chercher avec vous la source.
Comprenez bien que je vais peut-être vous sommer de banalités insipides mais l’objectif est de vous amener à tirer des conclusions, à dévoiler ce que vous vous cachez à vous-même, des problèmes que vous croyez avoir laissé derrière vous. Ou plus simplement, de votre passé.

Comment s’est déroulée votre enfance ?

Durant chacun de mes mots, il n’avait pas, même l’espace d’une seconde, détaché mon regard du sien. Quelle assurance. C’était louche. C’était comme si…

Il lisait en moi.
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Lun 19 Nov - 8:45
- Je devrais pouvoir m'en tenir à allongé, dans un premier temps.

La réplique est lancée sur le même ton léger qui lui a été adressé, sans qu'il ne se départe de ce visage qui respire la décontraction, pas même une seule petite seconde.

Bien assez vite, ses gestes viennent faire écho à sa parole. Allongé, jambes croisées, mains derrière la tête, ses yeux dans un premier temps fixes sur le plafond ne cessent de faire des allers-retours vers la silhouette de la psychologue. Vers son environnement aussi. Détailler son lieu de travail, chercher ce qui sort du lot, ce qui mérite mention. Perdu entre l'analytique d'un œil observateur et l'impudique d'un autre plus appréciateur, il semble toutefois ne pas être dans la confusion. Il sait ce qu'il regarde, et pourquoi il le regarde. Alors ses yeux passent sur le luxueux fauteuil qui se cache derrière le bureau, bifurquent vers Amaria, s'égarent entre temps vers l'horloge suspendue au mur... La petite danse d'yeux qui défilent dure un moment, avant qu'il finisse par revenir à elle et uniquement à elle, lorsqu'elle prend parole. Il écoute, sans interrompre de quelconque façon, sans rien montrer d'une réaction aux différentes notions abordées. Des paroles faites pour rassurer jusque à celles pour lui rappeler les détails monétaires, il ne cille pas. Tout ça, il le sait, pour avoir fait ses recherches auparavant sur comment se passent les choses dans un cabinet de Psy qui se respecte. A vrai dire, la surprise se serait plutôt invitée à son regard si elle avait dit quoique que ce soit de différent de tout ce qu'elle a récitée ici. Quand la conclusion arrive, il cligne une fois des yeux, Puis le lui dit, simplement :

- Tout cela me convient parfaitement.

Viens alors le moment de se confier. Il ferme les yeux, respire profondément, puis commence. Encore et toujours, calme, affreusement calme.

Son discours débute sur des mots d'hésitation. Pas l'hésitation d'un homme incertain qui peine à trouver ses mots, non. Plutôt celle qui ne sait par où aborder un problème plus vaste que tout. Il y pense, puis se décide à se lancer, aborder le thème qui lui apparaît à la fois le plus facile et le plus évident : celui de ces émotions curieuses qui lui prennent parfois le cœur, face à certains stimuli.

Un exemple, celui des religieux, pour aborder les choses qui prennent place dans sa psyché, lorsqu'il leur est confrontés. Irritation, colère, pulsions violentes difficilement refrénées. Quelque part là, entre ses sourires et paroles calmes, cachée derrière son naturel décontracté, il y a de la haine. De la haine aveugle et intense, assez forte pour qu'il ait ces tics, face au sacré : Des mains qui tremblent, la mâchoire qui se ferme, les tempes qui grondent, se resserrent contre son crâne compressé. Ici et maintenant, il aborde le sujet sans crainte, sans peur. Mais il décrit tout ça avec trop de précision, trop de conviction, pour que ça ne soit pas vrai. Et cette façon qu'il a de le dire avec ces mots et cette organisation...

Oui. Oui, sans aucun doute s'est-t-il longuement posé la question par le passé. Ce ne serait pas impertinent, de se dire qu'avant d'avoir ce dialogue avec elle, il l'a avant tout eu avec lui-même.

Il clame son discours, sans s'arrêter lorsqu'elle approche, pas plus qu'il ne détourne le regard. Bien au contraire, ses yeux vont chercher les siens. Quant à savoir ce que ça signifie ? Les hypothèses sont nombreuses. De celle d'un jeune homme qui cherche à séduire, à celle d'une sale habitude de toujours fixer les gens, en passant par le fait qu'il puisse essayer de la sonder. Plusieurs possibilités, toutes logiques. Et... Et pas incompatibles, également.

Peut-être qu'il n'y a rien de tout ça, qu'il y a quelque chose d'autre. Ou peut-être qu'il y a un peu de tout ça, au contraire.
Une seule et unique certitude, dans cette foule de « peut-être »  : il l'a bel et bien sondée.

Il l'a regardée, et il a vu quelques une des nuances de son âme, capturée en une image de l'instant présent. De ce qu'elle est, là maintenant.
Là maintenant, elle porte le vert plus clair des gens méfiants, et le bleu plus sombre de ceux qui suspectent. Elle est ça, en l'instant présente. Méfiante et soupçonneuse. Peut-être pas que ça, mais au moins majoritairement.
Il l'a regardée, et il a vu autre chose, également. Quelque chose de plus permanent, plus décisif. Il a vu le pâle d'une aura d'arpenteur nocturne, de prédateur des nuits.

Une Vampire.

De suite, tout devient plus clair. De cette peau plus pâle à ses horaires fortement restrictifs, en passant par l'évolution drastique du comportement de Mélinda... Oui, il l'a pensé dés sa discussion avec Sally : un psychologue peut faire bien des choses, instiller bien des doutes et planter de nombreuses graines de Discorde dans le terreau d'un patient assez fertile, pour peu que ce soit là son objectif. Mais il y a des limites à ce que le temps et de simples mots peuvent accomplir. Il devait y avoir quelque chose de plus, par-dessus l'expertise d'un professionnel de la psyché. Une petite touche de magie comme il a aimé ironiser lors de leur discussion.

Subtilement, ses lèvres s'étirent en un sourire plus large. Ce en même temps qu'elle lui demande pour son prénom. Un sourire double. Celui d'une découverte qui attise son côté joueur, et d'une demande qui titille sa nature extravertie.

- Tant que vous permettez que je vous appelle Amaria.

Un accord tacite, doublé d'une liberté prise presque de force en retour. Mais ce n'est que de bonne guerre : s'il permet la familiarité, aucune raison qu'il ne se l'accorde pas lui-même, non ? Un juste retour des choses, en somme. Il continue ce jeu du funambule, en équilibre sur une corde d'assurance, à tanguer les mots et attitudes d'un Mâle sûr de lui, et ceux d'un homme qui exerce une espèce de pression invisible.
Encore et toujours, il écoute. Il acquiesce lorsqu'elle parle de l'effort qu'il a déjà dû faire avant d'arriver ici, et renouvelle lorsqu'elle le prévient quant au possible banal des questions à venir. Puis, la première question arrive, banale, effectivement. Mais tout à fait pertinente.

- Bien, à peu de choses prés.
Mes parents étaient tous les deux Américains. Un père passionné de dessin et Comics, d'arts en général. Ma mère partageait ces intérêts, sans en avoir fait une vocation. Ils se sont trouvés, ont montés quelque chose ensembles. Puis ils ont finis par avoir un fils.
C'est... Là que j'interviens, j'imagine.


Il laisse échapper un doux rire, fait une pause dans son récit. Puis rassemble les souvenirs d'un passé nostalgique. Agréable, mais... Difficile à revivre, car vestiges de ce qui ne sera jamais plus.

- Les vieux ont jamais été très portés religion, peu importe la culture chrétienne du pays. Alors j'ai pas eu de réelle éducation à ce propos. Je sais ce qu'on sait grâce à l'école, et c'est à peu prés tout. C'était des gens terre-à-terre, pas intéressés par un hypothétique au-delà. Ils voulaient bien vivre, c'est tout. Papa rassemblait un salaire plus que convenable malgré que les métiers de l'art soient... Hasardeux, maman s'occupait de la maison. Cliché de mère au foyer qui fait le ménage et la cuisine, vous me direz, mais elle était bien plus que ça. Bref...

J'ai eu mes bons et mauvais moments, comme tout le monde, mais j'pense pouvoir dire être né du bon côté de la roue du karma. Je suis pas débile, alors j'ai su ramener de bonnes notes. Je suis pas coincé, alors j'ai su m'entourer d'amis qui pensent comme moi. Je suis pas moche, alors j'ai su avoir mes amourettes de jeunesse.

J'ai su faire pas mal de toutes ces choses qui font un ado épanoui. Même si... Même si j'ai eu mes égarements. Comme tout le monde, hm ? Chacun ses bêtises de gosse.
Moi, j'ai été trop franc par moments. Trop rebelle par d'autres. J'aime pas l'autorité, pas quand je l'estime illégitime. Vous savez, le genre de gosse à problème plutôt individualiste, pas méchant, Mais... Mais putain de chiant, quand il s'y met.


Comme disait papa. Les mots sont plus libres, les formulations se teintent de l'informel d'une discussion sans artifices. Son regard lui, de son côté, pars un peu plus loin. Il regarde toujours Amaria, mais semble passer au travers pour revivre des situations de son enfance.

- Puis la drogue, bien sûr. Mon père m'a pas raté sur cette connerie. Et cette fois-ci, il rit de bon cœur, se rappelant encore des crises et revers de la main qu'il a pu prendre. Quoique si, il m'a raté, puisque j'ai continué après. De nouveau, un rire. Mais... Un rire qui finit en une moue plus amère. Bien plus amère. Après, ouais...

Pour la première fois, sourire et attitude insouciante disparaissent au profit de sourcils qui se froncent et mine maussade. Pouce et index se joignent à sa tempe, alors que le souvenir lui revient. J'suis bien obligé d'en parler, hein...? Il le faut, pense-t-il. Alors il le fait, sans épiloguer, cette fois-ci. Sans aucune envie de s'attarder trop longtemps là-dessus.

- Mes parents sont morts dans un accident de voiture, peu après la fin de mes études. Un dîner en couple, un retour sur la route, un connard ivre dans la chevrolet en face... Mon père a pas pu contourner. L'autre est arrivé vite, a enfoncé le pare-choc avant de son pick-up dans la petite voiture des parents. J'étais en soirée, le jour où c'est arrivé. J'ai pas répondu au téléphone, quand l'hopital m'a appelé. Pas les cinq premières fois. J'ai appris que le lendemain matin.

La description reste succincte. Doucement, mais dangereusement, la Bête s'invite au coin de son esprit, à force de se rappeler de désagréables souvenirs de la sorte. Son poing se serre sur le cuir du divan, et ses yeux se ferment en une grimace coléreuse. C'est visible : il n'aime pas évoquer ça. Et le naturel impulsif dont il a tant parlé sans le montrer jusqu'ici fait sa première apparition auprès de la psychologue. Une longue inspiration, ses yeux restent fermés, alors que le silence revient une poignée de secondes. Finalement, il rouvre les yeux, et son visage se débarrasse des traits de fureur qui s'y étaient invités rapidement. Il reprend son sourire, plus neutre qu'avant.

- Donc ouais. Bien, à peu de choses prés.

Il réitère, avec un ton différent, mais des mots qui ne changent pas. Devoir parler de ce sujet a entamé en partie sa carapace de stoïcisme tranquille, mais peu après s'être confié, il semble la reprendre lentement.

Et toujours, en filigrane de la consultation, son objectif de base : en apprendre plus sur ce qui est exactement arrivé à Mélinda, et trouver un moyen d'inverser le processus. Mais ça... Il ne compte pas se presser. Aller trop vite, c'est trop vite se trahir, et donc échouer. Alors pour le moment, ni questions louches, ni perceptions surnaturelles supplémentaires. Pas aussi vite... Plutôt, jouer le jeu de la consultation, et éventuellement forcer des erreurs de sa part à elle.

Son laïus terminé, il passera une main à son col pour faire sauter un bouton et laisser son cou respirer.Le doute n'est pas permis : certes, il s'est repris, mais le sujet de plus tôt l'a secoué.

Une faille cédée, donc. Une parmi tant d'autres plus profondes, plus cachées. Plus réelles. Puisque après tout... Si tout cela constitue Sa vérité, ce n'est pas pour autant La vérité.
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Mar 20 Nov - 2:33
Quel mystérieux jeu de regards.

A vrai dire, j’aime bien ce petit air joueur et malicieux qu’il a à le soutenir. Chez bien d’autres, j’aurais surement pris cela pour de la provocation, mais là, il s’agissait de bien autre chose. Oui, tant de mystères n’est-ce pas ? Si seulement j’avais connu sa nature à ce moment, j’aurais surement agi différemment, mais là, nous étions juste en pleine discussion en sous texte. Ces regards mutuels qui chuchotaient…

Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Me caches tu quelque chose ? Non… Ne réponds pas… Tu me caches quelque chose !


Oui, que de messes basses de l’esprit, si peu de choses sont dites et pourtant !
C’est tout comme il y a quelques instants, avant même que je donne mon premier bilan sur ses premières paroles. Juste en subtilité, rien d’extravagant, juste l’essentiel : Un trait de répartie, simple, efficace, ne se perdant pas en mille et mille formules ou autres justifications. Juste un trait d’esprit, et un individu de plus en plus mystérieux. J’avais d’ailleurs simplement répondu à cela par un léger et franc sourire, ce qui est assez rare pour le noter, avant de poursuive mon à-propos sur ses premières confidences.

Il ne fit qu’acquiescer durant ces quelques lignes d’ailleurs. Aucun désir de s’opposer, aucun souhait de remettre en question ma parole. Cela me convenait, je n’avais pas envie de jeter ce petit regard mu d’un soupçon d’influence qui faisait fermer son caquet au premier contestataire. Toutefois, il me fallait noter, et ce jeu de regard avait failli me faire perdre la métrique d’une consultation habituelle. Je perdis ainsi la première manche de ce jeu de regard, regard qui se posa après avoir décrit un arc de cercle jusqu'à mon bureau où se tenait mon calepin de consultation.
Ne vous attendez pas à une pièce de collection en cuir serti d’or. Non. Juste un banal bloc note que j’allais chercher à la libraire du coin, au même titre que mes stylos ou encore mes livres d’histoire. D’ailleurs, tous trônaient fièrement au dos de mon bureau dans une immense étagère sans grandes fioritures. Pourquoi vous dis-je cela ? Tout simplement car j’aime beaucoup tous ces livres qui la composent et que j’ai tous dévorés maintes et maintes fois. Je serais presque capable de vous les citer à la ligne près mais… Cela serait de la vantardise et ce n’est pas le moment d’en faire la preuve.

Je me saisis donc du petit bloc de papier et du stylo, mouvement qui m’avait arqué le dos qui épousait alors la forme du dossier qui, lui-même, s’était bombé pour épouser cette forme exotique. Une pure merveille cette chaise, je vous l’avais dit !
Ramenant alors lentement ma main à moi, mes deux derniers doigts récupérèrent dans la corbeille un crayon de parier que je fis lentement passer d’un geste de doigts au-dessus de mon annulaire, puis au-dessous de mon majeur, pour enfin le positionner à l’écriture, alors que ma stature était redevenue bien droite. Le jeune homme, lui, ne m’avait pas lâché du regard. Voyant son regard malicieux, je ne me doutais pas qu’avant de commencer sa longue catharsis, il en avait profité pour jeter un regard sur mes courbes… Surement son instinct de dessinateur disons.
A nouveau confortablement installée, je repris alors son regard et toute mon attention à son égard.

Tout d’abord une rapide présentation de sa famille. Toujours aussi synthétique dans la manière d’aborder ses problèmes, ce qui me laisse alors penser qu’il est peut-être comme cela de nature, puis un léger trait d’humour, à nouveau, qui m’arracha un léger sourire, à nouveau.
Il enchaîna sur la religion, cohérent à sa première prise de parole. Une éducation éloignée de la religion qui aurait entraîné un rejet ? Possible. Comment adhérer à des dogmes parfois stricts lorsque l’on n’y a pas été formé dès son plus jeune âge. Même si maintenant, certains se convertissent bien tard… Mais c’est un autre sujet. De toute manière, ils plieront tous quand Seth reviendra et fera comprendre la réelle définition de Dieu.

S’ensuit une ouverture sur quelque chose. Le « bien plus que ça », probablement révélateur d’un attachement plus fort pour sa mère que pour son père, qu’il a tous deux outre cela défini de manière très rationnelle, sans jamais virer dans le sentimental. Il clôt cette première approche par un bref, laissant deviner qu’inconsciemment, il souhaite peut-être revenir sur ce point.
Sans même regarder ma feuille, toujours en travers de son regard, je griffonne « Famille » sur mon calepin et poursuit mon écoute attentive.

Première légère dissonance dans son discours, enfin ! Enfin pseudo-dissonance tant le terme de Karma, initialement lié au bouddhisme et à l’hindouisme, fait aujourd’hui parti de la culture populaire. Oui, je l’avoue, c’est un brin tatillon, mais il se trouve que mon interlocuteur aime être précis sur les mots, et que j’aime être taquine face à ce genre d’individus. Toutefois… Je m’abstiendrai de dire quoi que ce soit, pour ne pas le braquer. Cela serait dommage. Ainsi, après une fraction de seconde d’hésitation, j’omis d’écrire cet élément.

Il continua alors par une approche plus globale de son enfance, allant une nouvelle fois dans son discours du plus précis au plus global, toujours si méthodique. De plus, je le sentais de plus en plus à l’aise, se permettant des vulgarités que je n’aurais pas soupçonné en le voyant arriver. Quel homme plein de mystères et de surcroît de surprise, décidément !

Mais au-delà de la simple forme, le fond était très intéressant, d’autant plus si on prenait ses premières phrases dans leur globalité. Il y avait quelque chose avec mon passé, j’y devinait du regret, voire peut-être même un brin de colère, non pas vis-à-vis de quelqu’un, mais vis-à-vis de lui-même. En tout cas, son regard semblant pour la première fois un peu détaché, bien que toujours lié au mien, corroborait ma théorie. Sur mes notes, toujours sans regarder, je notais alors « Passé » juste en dessous du mot précédent en l’entourant plusieurs fois.

Il continua alors, mentionnant la drogue et la violence de son père à ce sujet. Quelque chose d’un brin plus problématique encore. Sous mes yeux, il changeait, il devenait un brin plus sombre à chaque seconde. Je ne me permis pas répondre à ses rires, cette fois ci, gardant ma mine grave, que, de coutume, je ne quittais pas durant les consultations. Ce n’était plus le moment de jouer de rires ou de charmes, mais bien d’écouter attentivement.
Je le sentais, d’ailleurs, en écoutant  son discours, qui jusque là était une partition à la métrique parfaite, peu à peu s’emplir de notes un peu trop hautes ou trop basses. Pas vraiment fausses, mais moins harmonieuses. Ces craintes se confirmèrent bien vite lorsqu’il évoqua le décès de ses parents dans des circonstances si violentes et brutales. C’était surement ça ce que je ressentais dès le début. Très certainement qu’à la seconde où il avait passé ma porte, ou surement bien avant même, il avait inconsciemment prévu d’en arriver là, et que la position, l’ambiance, ma question, l’avait simplement poussé sur la voie dans laquelle il s’était déjà engagé. Elle venait peut être aussi de là, sa haine de Dieu. Bon nombre sont ceux qui se demandent juste « Pourquoi ».
Pas simplement à celui qui ôte la vie, mais bien à la vie elle-même. Pourquoi donner si c’est pour reprendre si cruellement, et cette réponse mystique, cette accusation envers le divin, est quelque chose de bien malheureusement naturel.

Cette confidence, il se l’était très clairement arrachée à lui-même pour l’apposer au centre de la table. Je la voyais, dans le moindre de ses gestes. La colère. Sa colère, qui remontait lentement le long de son échine. Sa colère qui lui avait fait perdre son jeu de regard. Sa colère, qui embrouille les notes de sa partition. D’ordinaire, j’aurais surement pris plaisir à contempler ce spectacle pitoyable, mais là, j’étais juste déçue… Quoique…
Non.

Il ne s’agissait pas de déception, ni même de pitié. Non. C’était une forme très diluée de compassion. J’aurais tant aimé qu’il reste si mystérieux, qu’il ne révèle aucune faille, d’être tombé sur l’être pleinement conscient de lui-même. Une singularité mentale, une clairvoyance spirituelle absolue. Mais toutefois, je me trouvais là entre ces quatre murs et n’avais aucunement envie de faire de lui mon servant. J’avais presque envie de l’aider à aller mieux, comme mes enseignements me l’avait dictée, comme un vrai psychologue quoi. Ainsi, alors qu’il reprenait le sourire qu’il avait arboré en entrant quelques minutes plus tôt, mais qui désormais sonnait bien faux, je repris la parole d’un ton rassurant, même un brin compatissant, en rapprochant d’un mouvement de mollet ma chaise du divan.

Ecoutez Elias. Tout d’abord, je tiens à vous féliciter pour avoir, sans filtres ni détours, parlé de vos douleurs. C’est une démarche bien courageuse que peu de gens font de but en blanc, c’est pourquoi j’ai bon espoir pour la suite de cette séance. Si vous souhaitez déjà faire une pause histoire de respirer, boire un peu d’eau ou tout simplement profiter du silence, je n’y vois pas d’inconvénients.

Durant ces quelques mots, j’avais apposé ma main gauche sur son épaule qui me faisait face tandis que de l’autre main, je tenais mes notes.

Toutefois, quand nous reprendrons, je souhaiterais vous faire plus amplement parler de votre vison de l’homme. Vous avez évoqué votre figure paternelle en simplement quelques traits et un acte, celui de la violence, tout comme votre mère d’ailleurs pour laquelle vous n’êtes pas rentrés dans les sentiments. Je descelle en vous… Comment dire… Une rage existentielle contre chaque homme, qui se traduit même sur le fait que vous ayez mis tant de temps à venir entre les murs d’un professionnel. Parlez moi aussi des humains qui comptent pour vous, de vos amis, de leurs amis.

Je pris une légère pause, cherchant des mots justes. Mon regard était à nouveau à la recherche du sien, avec des yeux bien moins joueurs que précédemment, je cherchais surtout à capter chacune des émotions qui s’échappaient de ses prunelles, ma main toujours posée sur son épaule...

Ecoutez, pour être franc, je pense tenir quelque chose, mais je n’en suis pas certaine. C’est pourquoi vos réponses vont surement encore faire remonter chez vous une rage, car cette rage provient de ces non-dits, de ces secrets ancrés que vous vous arrachez. Plus vous en direz, meilleurs vous irez. Vous m’en voudrez peut-être de vous poser ces questions, mais c’est un mal pour un bien, et au final, j’ai la sincère conviction que vous sortirez systématiquement d’ici en y ayant laissé une part de vos souffrances.
Prenez votre temps pour poursuivre, mais sachez que je suis désormais à nouveau à votre écoute, et ouverte à toutes les questions.

Je décollais sur ses mots ma main de son épaule et, m’accoudant au bord de la chaise, j’apposai ses doigts sur mes lèvres, ne lâchant pas son regard, toujours à la recherche de réaction.

L'étude de son cas devenait de plus en plus intéressante.
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Mar 20 Nov - 9:59

Et ça continue.

Les mots parlent, les yeux discutent, la communication est à plusieurs niveaux : dans la parole, puis dans le langage corporel. Et elle ne peut pas le savoir, cette prédatrice psychologue, mais elle donne bien plus à voir qu'elle ne voit elle-même. Parce que sans qu'elle en soit encore au courant, son patient possède des yeux qui voient loin, bien plus loin que quiconque d'autre a-t-elle pu recevoir dans ce cabinet. Deux prunelles d'obscur qui font lumière sur le mensonge, percent les apparences pour montrer le vrai, dévoiler la tromperie. Et il n'a fait pour l'instant que gratter la surface, mais déjà, il sait sa nature. Et déjà ça, c'est un ascendant inestimable.

Mais... Mais est-ce vraiment pertinent, de parler d'ascendant ? Après tout, il n'a pas encore décidé de comment est-ce qu'il allait procéder, concernant Mélinda. Faire les choses en douceur, patiemment, méticuleusement. Prudemment. Ou bien... Se risquer à une méthode plus expéditive, moins propre. Plus dangereuse, fatalement. Par essence, Elias préfère la première alternative. Mais même ici, ça n'élimine pas toutes les pistes.
Il considère la problématique, entre deux répliques. Brièvement. On verra bien.

La pensée lui arrive dans une certaine paresse calculée. Il ne s'y penche pas trop, car il a l'intention d'agir à l'instinct, à l'envie. Comme il fait avec à peu prés tout. Arrivera un moment dans la conversation où il décidera propice d'agir. Alors, il agira comme il le pense bon à ce moment-ci. Et s'il avait tort... Eh bien tant pis.

Pour le moment, il prend ses aises, là dans ce divan trop confortable, à laisser son regard glisser là où il lui plaît. Il l'observe prendre un calepin, un stylo, et revenir vers lui. Papier et stylo le ramènent un court instant vers des envies créatives qui lui titillent le crayon, celles-là même qu'il a mis en pause pour Sally, pour cette histoire, cette consultation. Oui, s'il n'était pas là, il serait sûrement penché sur une feuille à dessiner quelques planches. Mais il est là, et n'est pas au bout de sa séance, loin de là. D'ailleurs, il est déjà temps de s'y mettre. La question d'une famille à dépeindre.

Alors il dépeint. Il parle, d'abord simplement, gaiement, à clamer sa jeunesse, la décrire sous le regard d'un homme plutôt satisfait de ses années jeunes. Parler de sa famille, de ses parents, tout ça en des termes très génériques. Des bases, une esquisse... Il construit son discours comme il dessinerai un paysage, d'une certaine façon. D'abord, les formes, puis ensuite les nuances et couleurs, les détails plus ou moins subtils. Les mots s'enchaînent, les aveux partent, ce alors qu'il l'observe griffonner sur son papier. Ce serait mentir que de dire qu'il n'est pas curieux du processus par lequel passent ces professionnels pour dessiner un portrait, faire leurs suggestions et dresser leurs diagnostics. En d'autres circonstances, il aurait pu prêter plus d'attention, d'importance à ça. Mais pas maintenant. Maintenant, il faut commencer à aborder d'autres sujets moins faciles que ceux d'une enfance heureuse.

Il faut parler de drogue, des difficultés que ça a amené. De mort, de la façon abrupte dont elle est survenue. La Faucheuse s'est invitée dans sa vie, a pris son dû, puis est repartie aussi vite qu'elle est venue, ne le laissant qu'avec ses regrets et pensées coupables. Avec ses démons, ses pensées type « j'aurais dû être là », « j'aurais pu faire quelque chose ». Sans surprise, il n'aime pas en parler. Et il  aurait pu ne pas en parler. Il aurait pu ne rien prendre au sérieux de cette consultation, se monter un grand mensonge éhonté, le cracher au visage de la psy, et s'en sortir sans rien dévoiler de son Vrai Moi. Mais ce serait mal connaître Elias. Il a été le premier à voir une occasion double, dans cette rencontre. Des points à mettre sur des I, et des démons à affronter. Puisque après tout, l'un n'empêche pas nécessairement l'autre, oui ?

Le récit de ces morts sort de sa bouche comme une bile haineuse cachée au coin de sa gorge. Un petit temps lui est nécessaire à revenir totalement Maître de soi. Une rapide joute avec le Prédateur qui sommeille dans ses entrailles, en somme.

Une main vient se déposer sur son épaule, au sortir de son monologue. Au geste comme aux mots qui l'accompagnent, il répond d'une risette désabusée.

- J'ai en grande partie fait mon deuil, je vous rassure. C'est juste que... Eh bien, naturel émotif, comme je disais plus tôt. Voire impulsif. Il lui répond de la sorte, toujours avec cette auto-analyse qu'il a démontré être capable d'exécuter jusqu'ici. Tous les deuils du monde ne suffiront pas à m'enlever ce fond de colère, quand je pense à l'absurde de leur sort. A l'absurde d'à quel point la vie peut partir vite et injustement.

Presque philosophique dans sa réplique, il lance ça, une lueur plus sérieuse dans les yeux. Ainsi, cela peut se deviner aisément : cette thématique de la vie qui part trop tôt, sans justice ni équilibre, c'est quelque chose de central dans sa façon de penser. De colérer, pour être précis.

- Ca ira, pas besoin de pause. Il finit par revenir à la proposition, pour la rejeter sans fioriture. Bien sûr, ce ne sont pas les souvenirs les plus agréables à faire ressurgir, mais il n'est pas ici pour parler de choses faciles. Ceci dit oui, il a effectivement soif. Mais il doute qu'elle ait à disposition de quoi assouvir son appétit du moment. L'idée lui passe par la tête, lui arrache un sourire que lui seul peut comprendre, alors qu'il écoute la suite, la demande d'Amaria. Ses conclusions, également. Lentement, une pointe de scepticisme apparaît dans son regard. Un désaccord, une opposition. Divergence. Qu'il ne verbalise pas dans un premier temps, mais ne tardera pas à expliciter. D'abord, il écoute. Puis répond.

- Je ne suis pas ici pour parler de choses faciles. Alors... Parlons.

Il reprend l'exacte formule qui lui est passée en tête plus tôt, sans la changer. Circonspect, il observe porter quelques doigts à ses lèvres, la curiosité au visage. Peut-être aussi, légère et discrète, la lueur d'un intérêt masculin, faiblement luisante dans ses prunelles. Mais l'heure est à la discussion, n'est-ce pas. A revenir sur un désaccord, aussi, d'ailleurs.
Les deux billes couleur charbon reviennent chercher la dame. Il est temps de s'intéresser à la seconde raison de ma venue ici. Sur cette pensée, il commet son intrusion invisible, s'infiltre sans bouger : le voici dans l'esprit d'Amaria, capable d'entendre ce qui se murmure à l'orée de sa conscience.
Son petit délit commit dans le plus grand secret, il se lance.

- Je ne pense pas être un enragé contre l'humanité. L'avis est tranché net, simple, sans plus de tours autour du pot. Puis, le développement vient. C'est différent. Je suis individualiste, c'est tout. Juste qu'à ce « je » que je mets au-dessus de tout, j'ajoute les gens qui me sont chers. Le reste... Ce n'est pas que je ne m'en soucie pas. C'est que je m'en soucie peu. « S'il me faut choisir, les miens passeront toujours avant les vôtres », comme j'ai lu je ne sais plus trop où.

Il ne l'a pas lu. C'est en réalité l'une de ses propres répliques, clamée en 1876 dans l'une des rues de la Londres nocturne qu'il a parcourue de ce temps-ci. Mensonge de l'esprit, souvenirs effacés. Refuge. Quoiqu'il en soi, ça en dit beaucoup sur l'homme et le pragmatisme sous-jacent qui se cache derrière son apparat léger et déconneur.

- Or, je me mets très vite dans tous mes états pour ces gens.
Le passé m'a vu me salir les mains plus que de raison, pour eux.


Il le dit d'un ton grave, qui laisse très – trop – libre cour à l'imagination sur le sens profond de cette phrase. Une simple poignée de mots, et celui s'étant jusqu'ici montré artiste émotif révèle un autre potentiel aspect plus sombre. Sans le détailler, sans en définir les contours. Il n'utilise rien d'autres que quelques mots équivoques, un ton de circonstance, et cet air sur son visage qui rend compte d'un sérieux le plus total.

- Pour en revenir à mes parents... Hm. Si je devais les résumer à des influences, mon père m'a apporté et ma passion pour l'art, et mon pragmatisme. C'était un homme bien, mais un homme très différent selon s'il avait ou non un crayon entre les mains. Un artiste rêveur, mais un homme réaliste. On a eu nos échauffourées, mais je sais que les gifles que j'ai parfois pris étaient nécessaires.
Il m'a appris que parfois, on blesse ceux qu'on aime pour leur propre bien.


Les mots sont dit comme ils sont pensés, les mots sont concis. Il ne s'étend pas, parce qu'il y aurait beaucoup à dire, qu'il va y avoir beaucoup à dire par après. Il se contente de prendre cet air nostalgique, lorsqu'il en parle.

- Ma mère quant a elle m'a apportée mon tempérament plus libre et ma persévérance. Une femme sociable, ouverte, gentille avec tout le monde. Trop pour son propre bien. Mais terriblement protectrice. Elle n'a jamais levée la main sur moi, s'engueulait toujours avec mon père quand il le faisait. Et malheur à qui venait faire trop de tort à quiconque dans le foyer. Elle était très impliquée dans les causes associatives. Elle a donné une bonne partie de sa jeunesse pour les autres. Là aussi, trop pour son propre bien.

Il en dresse le portrait type de cette femme très humaine et généreuse, mais furieusement... Territoriale, faute de meilleur mot. Ça aussi, elle le lui a appris. D'où sa présence ici aujourd'hui.
Aujourd'hui, il est là pour Sally. Quelqu'un qui compte pour lui, donc. Même si leur relation est complexe. Des sentiments véritables, mêlés à des sentiments crées par le lien de Sang. Vrai et factice se côtoient en une déstabilisante union. Mais passons. Ce qu'il faut retenir ici, c'est qu'il a là  sa première occasion de lancer un hameçon.
De pêcher.

- Quelqu'un qui compte pour moi ? 'Serait pertinent de parler de Sally, j'imagine.

Et il cherche. Là, dans les yeux qui fixent, il cherche une réaction au nom que Mélinda a sûrement clamé au cour de ses séances. Voir si ça fait sonner quelque chose, on si elle ne fait pas le rapport. Les choses deviennent intéressantes. Dissimulé au coin de sa pensée, un sourire mental se dessine, amusé par la tournure adoptée. Il n'a pas pu s'empêcher de noter le choix de mots, d'ailleurs. « Les humains qui comptent pour vous ».

- Je l'ai connue grâce à une des associations de ma mère. On s'est vite trouvé des intérêts communs et... Une attirance commune, assez vive pour nous voir vivre sous le même toit aujourd'hui. Elle m'a beaucoup aidée à tenir le coup quand les parents se sont en-allé, et ça a participé à nous rapprocher. Elle suit ses études d'art sur le côté, et j'aide de ma petite expérience en la matière.

Concis et sans réel détail, le résumé se veut impersonnel et flou à dessein, par souhait de ne pas impliquer Sally avant de s'être assuré de quelques petites choses. Pour l'instant, il scrute, cherche dans l'esprit et le regard ce qu'il peut y avoir à soutirer.

Pourquoi est-ce que j'ai cette manie de toujours vouloir tout rendre trop compliqué?
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Jeu 22 Nov - 18:45
A vrai dire, cette consultation me plaisait de plus en plus. Il était intéressant, sa manière de voir les choses et de s’auto analyser était remarquable, et je ne pouvais m’empêcher d’avoir de l’admiration pour ce genre d’esprits.

De plus, son cas développait en moi nombres de théories sur ce qu’il pouvait encore me cacher, ou bien même se cacher à lui-même. Car oui, je devinais dans son discours quelque-chose qu’il avait omis. Cette intuition, qui se révéla par la suite vraie, me taraudait fortement à ce moment. Je ne savais pas trop… Sa manière soutenue de me regarder… Son discours si concis et précis pour décrire ses propres maux… J’émis alors la théorie qu’il put me mentir sur sa profession. Il était peut-être lui-même psychologue et, sous couvert de honte, s’était inventé une vie… Mais alors comment pouvait-il avoir de même un certain renom dans l’édition… Non… Cela ne collait pas… C’était…
Autre chose.

Comment dire. Je ressentais le besoin qu’il avait de parler… ou alors, comme je l’ai dit précédemment, il s’agissait d’un acteur et manipulateur hors pair. J’y avais certes songé il y a quelques minutes déjà, mais… Sa crise de colère, ses changements d’attitudes… Ils sonnaient bien trop vrais, et je n’avais pas, personnellement, envie de me fier à cette théorie. Cela serait tellement… Dommage.

C’était d’ailleurs pour cela que j’avais cherché à connaitre sa façon de voir l’humanité, et l’homme dans son individualité, au travers de ses amis. Cette dernière vision, certes souvent erronée par les sentiments que l’on éprouve pour nos proche, me révélerait cependant sa manière de voir ses humains préférés, et ainsi, avec sa vision plus large des hommes, évaluer sa vision de l’humanité en général. Cela, vous ne le trouverez probablement dans aucun livre, sauf si un jour je décide de publier le mien… Peut être lorsque la mascarade tombera sous le joug de Seth, qui sait. Toutefois, cette manière d’évaluer « l’humanité » dans tous les sens du terme était à mes yeux primordiale pour aborder la suite de cette consultation.

M’étant perdu dans mes songes, j’avais failli rater sa reprise de parole, qui me surpris presque tant mon esprit s’était égaré durant cette fraction de seconde. Il avait certes, pris la parole déjà un peu plus tôt, sortant un trait d’esprit fort mature sur la mort pour quelqu’un de son âge. Cela m’avait d’ailleurs fait griffonner une petite question dans mes notes. Mais soit, il n’avait d’ailleurs pas souhaité de pause, d’autant qu’il n’avait pas réagi à l’apposition de ma main au bord de son échine. A vrai dire, vous vous demandez probablement tant de proximité, et bien, c’était tout simplement pour appuyer mon discours.
Une main sur l’épaule, même si c’est bien anodin, capte l’attention, et le voyant s’égarer dans ses souffrances, il m’avait paru bien plus pertinent de lui accorder cette proximité. Les humains diraient que c’est « gentil », mais… c’était plus complexe que cela.

D’ailleurs, comme une touche de peinture dans un tableau déjà bien complexe, j’avais remarqué son petit sourire tout à fait inexpliqué alors que l’on parlait simplement de faire une pause. Une nouvelle piste à explorer, mais pour une consultation ultérieure. S’ensuivit alors le baratin habituel que je sortais à la plupart des consultations. A vrai dire, hormis le thème abordé, les mots qui la composaient était presque toujours les mêmes. Une facilité certes, mais une facilité bien travaillée en amont, comme une petite caresse relaxant les méninges avant de poursuivre. Il n’y porta que peu d’attention d’ailleurs, fidèle à lui-même, le regard toutefois un peu ailleurs… Ou en tout cas fidèle à la version de lui-même qu’il m’avait confiée.

Quand soudait, quelque chose d’intéressant survint. Ayant raccroché mon regard que j’avais maintenant presque pris l’habitude de soutenir, un déni, ou plutôt un refus. Il mentionnait qu’il n’y avait que ceux qu’il appréciait, et rien d’autre autour. C’était une vision bien peu humaniste des choses, que je qualifierais moi-même de pragmatique si je n’étais pas en consultation. J’aimais cette manière de voir les choses, même si à mon échelle, il n’y aurait personne que je ferai rentrer dans ce cercle. En effet, voilà un sujet que j’ai bien peu abordé, mes relations avec les autres vampires, mais qui sera pour une pour une autre fois. Comme le dit l’adage, chaque chose en son temps.

D’ailleurs, en parlant d’adage, il fournit une citation à son discours d’une source que je ne connaissais pas, rien d’impossible en toute modestie, jusque que j’aurais bien vu ce genre de paroles dans une pièce de théâtre antique, ou même à la renaissance qui s’inspirait de cette époque. Qui sait, comme dit précédemment, j’apprécias cette manière de penser, alors pourquoi épiloguer dessus ?

Il embraya ensuite sur un point qui m’intéressa au plus haut point, mais pour des raisons bien plus éloignées que celles de la simple consultation. Il avait mentionné en effet certains moments où il en était venu à se salir les mains, et il s’agissait d’une piste que je me devais de parcourir. Pourquoi ? Pour… Pour son bien ? Non, pas réellement, enfin, cela pouvait y contribuer dans un premier temps, mais il s’agissait surtout d’un moyen de pression qu’il me fallait acquérir, et ce, non pas pour exercer d’immédiates menaces, mais pour garder un moyen de pression… Au cas où.
L’arme la plus efficace n’est-elle pas celle dont on n’a même pas besoin de se servir, après tout ?

Mais revenons-en à ce cher Elias qui poursuit son discours en mentionnant ses parents, à nouveau et selon ma demande. Il présenta alors un contexte familial assez classique, je dois bien l’avouer. Un modèle paternel, une mère protectrice, ce qui contredisait ma première pensée concernant une préférence pour un de ses parents. Je rayais alors famille de mes notes, notant, mentalement cette fois ci, sa nouvelle remarque contre l’humanisme, celui dont sa mère, selon lui, avait fait trop preuve.
Sa pensée s’engagea ensuite sur son amitié, suivant ma demande. Il mentionna une Sally, un prénom bien commun à vrai dire, mais qui lui vint tout de suite à l’esprit. Avant même qu’il le mentionne, je savais qu’il s’agissait de plus qu’une amie, peut être la personne à laquelle il avait confié déjà tant de choses, ce qui lui avait permis d’avoir un discours si clair aujourd’hui. D’ailleurs, cette théorie se confirma après sa petite pause dans son discours, lorsqu’il mentionna ses sentiments pour sa chère et tendre et l’aide qu’elle lui à apporté lorsque ses parents l’ont quitté. D’ailleurs, j’en déduis assez vite que leur relation était durable et sérieuse, cette mort étant survenue à la fin de ses études.

Il finit alors son discours, ses yeux toujours portés sur moi, et mon regard croisant toujours le sien. Ce regard. Toujours si empli de mystère et qui ne m’avait lâché seulement durant son petit accès de rage contenu. Je l’ai déjà dit, certes, mais rare son aujourd’hui les gens à fixer les gens sur une longue durée, je ne sais trop pourquoi d’ailleurs…
Je fis d’ailleurs durer encore quelques maigres secondes le silence qui avait suivi sa prise de parole. J’étais curieuse de sa réaction. C’était plus pour m’amuser qu’autre chose. Le voir rougir peut-être ? Ou bien au contraire maintenir ce regard sans broncher, ou encore le détourner ? Qui sait, cela m’amusait beaucoup de voir les humains dans l’imprévisible, et ce spécimen rare aurait, à coup sûr, de quoi me surprendre. Enfin humain… Je n’en savais toujours rien d’ailleurs, mais cela me décevrait tant qu’il s’agisse d’une créature de la Mascarade que je n’osais pas le chercher profondément en lui, même si j’en avait théoriquement les moyens.

Après cet instant qui parut durer bien plus, je repris une grande inspiration et apposa mes yeux sur le carnet, avant de prendre la parole d’un ton consciencieux.

Une nouvelle fois, je tiens à vous féliciter. Ne pensez pas que votre franchise est ordinaire, la plupart des gens, enfermés dans leur propre vérité, n’énoncent pas en plusieurs séances ce que vous m’avez confié depuis ces quelques minutes.

Mon regard s’égara alors hors du sien quelques secondes, j’avais encore perdu à ce jeu de regards, je l’avoue, mais il me fallait maintenant trouver une approche. D’ailleurs, laisser paraître cette hésitation était volontaire, pour qu’il prenne conscience de mon implication à sur son cas. Des thèmes cruciaux avaient été déjà été abordés, et il ne s’agissait pas de me répéter et d’épiloguer sur des aspects qui ne feraient en rien avancer la consultation. Récapitulons.

Famille, Amour, Humanité.
Ces trois éléments avaient, pour une première consultation, déjà été convenablement abordés, restait alors ses amis qu’il n’avait que peu mentionnés, contrairement à ma demande. Toutefois, je doutais qu’il puisse s’agir d’un aspect pertinent dans le débat. Parler travail… Pourquoi pas. Après tout, alléger le débat, après sa catharsis bien menée, ne serait pas de refus, ni pour moi, ni pour lui. Je pourrais aussi la jouer séductrice et tester son comportement avec les femmes, si toutefois c’est le genre qui l’intéresse… Il y avait aussi cette question que j’avais notée mais… Mais… Cette dernière, je la gardais pour plus tard. Mon regard revint alors sur ses sombres prunelles et je repris.

Maintenant que nous avons abordés quelques sujets difficiles, courrons aux antipodes, si vous le souhaitez ! Parlez moi de vos passions Elias, et pourquoi ne pas commencer par celle du dessin. Cela semble être une partie importante de votre vie, d’autant qu’il s’agit de l’héritage spirituel de votre père et probablement votre moyen de vous exprimer, d’ailleurs… Tenez !

Sur ces derniers mots, j’arrachais la page du calepin sur lequel j’avais écrit et lui tendait une page vierge accompagné d’un crayon à papier que j’avais récupéré, à l’aveugle, durant mon discours. J’étais curieuse de ce qu’il allait faire. Dessiner puis parler, ou l’inverse ? Ou encore les deux en même temps ? Allait-il dessiner ? Et même, qu’allait-il dessiner s’il se décidait à griffonner quelque chose ? Je n’étais dès lors que curiosité, et les mains désormais vides, je les joins sur mes cuisses et pivota le siège vers lui, attendant sa première esquisse avec une pointe d’impatience.

J’avais vu l’homme, j’allais maintenant voir l’artiste !
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Mer 28 Nov - 8:42

Beaucoup de choses peuvent mentir, ici-bas.

Les mots mentent, trompeurs et erronés, fallacieux et malavisés.
Les regards mentent, parfois véridiques, parfois teintés de ce voile de faux qui empêche de lire l'âme d'un autre à travers ses prunelles.
Les corps mentent. Les gestes sont malhonnêtes, les apparences trompeuses, pleines d'artifices perfides.

Une chose ne ment pas, à contrario. Ou alors. Si. Au contraire, ça peut s'avérer être le plus grand menteur de tous. Mais alors, un menteur qui s'ignore.

L'esprit. L'esprit délivre à la fois les plus larges vérités et les plus éhontés mensonges. Un esprit ne ment jamais sur la vérité de celui qui pense, mais peut être d'une fourberie sans nom sur le Réel du monde dehors. Sur les faits objectifs.
Elias est un exemple de ce constat. Amaria en est-elle un. C'est ce qu'il allait bientôt savoir, car déjà, il entreprend d'apprendre à connaître Sa Vérité à elle.

Regard à regard, les miroirs de l'âme se sont croisés depuis le départ, en restant majoritairement opaques à l'autre. Or, Elias a décidée de faire usage de ce talent qu'il possède : voir plus loin que les autres, étendre ses sens là où ils ne devraient pas pouvoir aller. Alors il voit. Il voit la pensée de la psychologue, d'abord seulement en surface. Les contours flous de pensées encore mal définies. C'est un peu comme un flash, une révélation : la lumière permet de découvrir les secrets, mais elle est d'abord éblouissante, aveuglante.
Ainsi, les premières révélations sont enveloppées de cette brume.

Il voit le doute. Doutes, vis-à-vis de lui et de ses discours, de son cas. Une fascination aussi. Un mélange curieux entre méfiance et désir. Méfiance d'un cas trop curieux, trop atypique pour ne pas cacher quelque chose. Mais aussi, désir d'en savoir plus, sur ce fameux « quelque chose », de percer le secret de ce patient trop mystérieux.
En bref, de la curiosité.

Et petit à petit, la pensée se précise, sur certains de ces sentiments qu'il perçoit. Il peut la voir, cette idée qui traverse l'esprit de la psychologue. L'idée de garder ces choses qu'il confie dans un coin, pour éventuellement un jour s'en servir si le besoin s'en fait ressentir. Résultat de la méfiance.

Ca, ce sont toutes les choses qu'il ressent en filigrane de son discours, de son aveu. C'est aussi ce qui explique l'imprécis de sa vision : il doit à la fois penser ses mots, et penser l'esprit d'Amaria. Il a parlé, dit sa vision sur le monde et les relations humaines, dit le portrait de ses parents. Dit ses méfaits, sans les préciser, en se contentant d'en dessiner les contours. Il dit tout ça, puis cesse de dire, pour laisser place au silence. Un silence qu'Amaria tarde à réinvestir, laissant l'instant sans mots se prolonger un plus long moment.
A la recherche de réaction.

Un aveu de faiblesse, une gêne, un air interrogatif ? Non, rien de tout ça.
Elias se contente de la fixer. L'ombre d'un sourire équivoque passe même sur ses lèvres, stimulé par ce petit jeu. Amusé, acteur consentant de la petite scène qu'on lui impose, il trouve son plaisir dans le drôle de mélange de leurs interactions. Se confier, parce qu'il en a besoin, sonder, parce qu'il en a envie, jouer, parce que ça l'amuse. Tenir en équilibre sur un fil dangereux, mais rester droit. Car il le sait : cette conversation, cet entretient, c'est un tout fragile, terriblement fragile. Un mot de trop, une révélation de trop... Et tout peut se briser, pas nécessairement de la plus agréable ni subtile des manières. Et ça simplement parce qu'il s'agit de deux vampires.
L'imprévisible fait partie des nombreuses tares que l'on peut attribuer à la bête, dira-t-on.

Toutefois, pour le moment, l'acte se poursuit. Un silence plus tard, Amaria reprend enfin la parole.

- J'ai assez attendu des années durant pour ne pas continuer à faire traîner les choses une fois arrivé, j'imagine.

Simple réponse brève aux félicitations d'Amaria. Il aurait pu ajouter autre chose. Dire que ça tient aussi au fait qu'il soit franc par nature, ou même, plus froidement, dire que s'il est conscient des quelques tares qu'il traîne dans son sillage, il les vit bien et sait s'en accommoder. C'est sûrement ce qui le différencie des patients habituels de la Dame, en dehors d'autres choses évidentes : il n'est pas un malade souffrant, il est un malade conscient. En tout cas en partie. Il sait ses accès d'émotion irrationnels, et ça l'a souvent mis dans de mauvaises situations. Mais il vit avec. Il va de l'avant. Ce qui peut l'intéresser ici, c'est de comprendre, plutôt que de guérir.

Alors quelque part, il est reconnaissant, de sentir l'implication de la Vampire dans son cas. Certes, la reconnaissance d'un Vampire est une chose instable et incertaine, mais... C'est une chose, tout de même.
Elle griffonne, elle note. Elle réfléchit. Elle envisage.

Elias perçoit le contour de certaines de ses idées pour la suite, intéressé. Avant même qu'elle n'arrache la feuille de son calepin, il sait qu'il va pouvoir crayonner, ce qui ne manque pas de le ravir. Il lit aussi l'idée d'une approche séductrice, pour jauger son rapport à la femme, et lorsqu'il perçoit ceci, il ne peut réprimer un rictus. Ne t'engage pas dans des jeux desquels tu ne pourras pas par après te dépêtrer, jolie psy. Oui, si elle s'y risquait, elle découvrirait un homme plutôt réceptif aux avances de l'autre sexe. Après tout... Ce serait mentir que de dire que ce jeu de regards et œillades n'est pas en partie motivé par son « œil d'artiste ».
Elias n'a jamais été du genre à détourner les yeux de ce qu'il trouve agréable à regarder, pour dire la chose subtilement.

Et puisqu'il est question de subtilité...
Lorsque la feuille lui est tendue, et la proposition faite, il se contente de prendre et le crayon et le morceau de papier, puis de fouiller dans la large poche intérieure de son manteau, posé plus loin. D'ici, il sort un grand carnet rigide, propice à servir d'appui.

- Pour être tout à fait honnête, j'ai envisagé de vous demander si ça dérangeait que je dessine un peu, plus tôt.

Il avoue ça, simplement, puis se met assis. Lentement, les traits se dessinent sur le papier. Peu à peu, elle pourra le remarquer si elle y fait attention : Elias passe de sa silhouette à la feuille en alternance, ses yeux moins focalisés sur les siens, mais plutôt sur son corps de façon générale.

- Parler du dessin, donc. Tseh, j'vais pas mentir, mes parents ont évidemment beaucoup joués. Je suis le fruit de mon environnement, et l'art m'a entouré très jeune. Mais je suis quand même capable de vous dire ce qui m'attire dans le dessin, je pense.

Il commence sa réponse, puis continue de dessiner, d'observer, de la parcourir sans honte. Et les mots lui viennent. Il semble avoir mis un peu plus de temps pour les penser, ceux-là. C'est un sujet sur lequel il ne veut surtout pas se risquer à manquer de clarté.

- Le dessin, ça permet d'immortaliser ce que je trouve beau, intéressant, digne de subsister à travers le temps. Parfois, je vois de belles choses, des concepts fascinants, là-dehors, alors je les mets sur papier, pour qu'ils survivent, que ce qu'ils sont à l'instant T puisse être admiré plus tard.
Ca permet de capturer l'instant. J'veux dire... Je préfère les portraits de la Brigitte Bardot de la belle époque aux images que je peux voir si je cherche son actualité sur le net aujourd'hui.


Un léger rire. Drôle de référence, drôle d'exemple. Mais le sien tout de même. Il parle, il dessine, il observe. On pourrait penser qu'il ne s'agit que d'une farce, que d'une flatterie pour voir réaction, qu'Elias la dessine de la sorte. Pourtant, si une lueur espiègle est effectivement visible sur son visage lorsqu'il la regarde, ses yeux regagnent un sérieux déconcertant lorsqu'ils passent sur la page. Une autre facette de l'homme : l'artiste. Il a montré le jeune homme insouciant et malicieux, puis l'impulsif colérique. Maintenant, il montre le dessinateur studieux. Tout le sérieux qu'il n'a pas en temps normal, il l'a ici, crayon en main, appliqué, perfectionniste dans chacun de ses coups de crayon.

- Puis parfois, j'ai des idées, des images et des histoires qui me viennent à l'esprit. Et là aussi, je les trouve soit belles, soit intéressantes, soit... quoique ce soit d'autre qui justifie mon intérêt. Et je me dis que ce serait dommage de les laisser enfermées dans ma tête. Alors je les dessine, je les écrit. C'est comme ça que je me suis retrouvé dessinateur de Webcomics.
Ces petits morceaux de papier, ça me permet d'immortaliser ce que je vois là-dehors, et de matérialiser ce que je conçois là-dedans


Sur ses derniers mots, il tape deux fois sur sa tempe, pour imager. Un geste rapide, avant de recommencer son esquisse. Il est curieux, quelque part. Savoir si elle allait être flattée, ou mal le prendre, ou ne pas trop savoir quoi faire. Gênée, ou confortable avec la situation, ou rien de tout ça. Quelque part, c'est à son tour de tester quelque chose pour voir ce qu'elle y répond.

Si elle s'y penche, elle pourra voir ce qui débute comme une ébauche au style réaliste assez surprenant, considérant son background de dessinateur Comics. Cela fait que quelques minutes qu'il est dessus, mais déjà, quelque chose de palpable sort des traits tracés, quelque chose de relativement beau. Clairement, il connaît son sujet. Il dessine trop bien, trop rapidement. Comme s'il avait un don.
Comme s'il avait des centaines d'année de pratique.
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Sam 1 Déc - 18:15
Un artiste pragmatique.

Voilà les mots que je cherchais pour le définir et qui me sont arrivée à l’esprit dès lors qu’il a débuté son esquisse. N’ayant toutefois pas encore l’occasion de deviner ce que cet ensemble de traits allait représenter, je m’essayais à prévoir ce qu’il pourrait bien représenter alors qu’il reprenait lentement son discours. Allait-il se porter sur un élément du bureau ? Ou bien simplement un dessin d’un quelconque paysage qui lui viendrait à l’esprit au fil de sa parole… Ou encore une personne…

Cela ferait sens d’ailleurs, et il serait même possible qu’il me choisisse comme modèle… Tout à l’heure déjà, il n’avait pas feint mon regard insistant, s’essayant même à un léger sourire. J’avais d’ailleurs été fort curieuse à nouveau de savoir ce qui avait bien pu lui traverser l’esprit durant ces longues secondes. Dans un sens, cela m’avait permis déjà d’émettre une petite théorie sur sa relation avec les femmes. Celle d’un joueur, qui voit la drague comme un vaste jeu de regard et de mots, une partition de la pensée qui cherche à s’accorder avec sa moitié… Mais revenons-en à la consultation.

Suite à cela, il avait rompu le silence avec une nouvelle phrase emplie de pragmatisme et de raison, puis m’avait poliment écouté poursuivre ma consultation. Poliment car je devinais à son regard et à ses moues que son esprit fourmillait d’idées. La question était alors : A quoi pensait-il ? Était-il dans un jeu de séduction ? Cherchait-il à me faire passer un message, comme quoi il commençait à se lasser… Hmm… Difficile à dire, mais en lui proposant de dessiner, j’étais persuadée que je capterai à nouveau sa pleine attention. Cela ne manqua d’ailleurs pas. A peine avait-il saisi la feuille et le crayon qu’il changea de position pour se mettre à griffonner, après m’avoir remerciée de ma proposition, et commença à évoquer sa passion.

A nouveau, il mentionna sa famille, puis me décrit ce qui lui plaisait dans cet art pictural. Un souhait d’immortaliser. D’autres auraient dit qu’il pourrait s’agir d’un moyen de s’exprimer, ou encore d’une échappatoire… Mais ici non, ou en tous cas pas principalement… Qu’était-il donc en train d’immortaliser ?
A vrai dire, son regard qui avait dès lors quitté le mien vacillait entre la feuille et ma silhouette, et j’en déduis très vite donc que c’était moi qu’il croquait. Ces deux dernières pensées me firent d’ailleurs légèrement sourire, immortaliser une créature immortelle, en la croquant qui plus est… Je fis d’ailleurs attention à ce que ce sourire ne se remarque pas trop, pour éviter qu’il le prenne pour une quelconque moquerie… Même si je pense sincèrement qu’il ne doit pas être du genre à se braquer pour si peu.

Toutefois, je ne souhaitais pas épier son travail, j’observais plutôt son infinie assiduité à l’application de son art à mesure qu’il parlait. Ce regard qui parcourt la feuille, semblant presque précéder chaque coup de crayon, cette bouche très légèrement pincée, signe de concentration, et ce même regard toujours dépourvu de gêne à prendre l’allure de mes courbes. Comme dit précédemment, ce dernier élément anecdotique mérite tout de même d’être soulevé.

Le voilà d’ailleurs qui se met à doucement rire, rire que j’accompagne avec un léger sourire. J’avais vaguement entendu parler de cette jolie française il y a une poignée de décennies, et j’en déduit très vite que cette si belle fleur s’était vite fanée… Dommage, si elle avait été vampire elle aurait pu devenir une beauté éternelle. Mais passons, de toute manière elle n’aurait probablement pas suivi notre idéologie…

Voilà d’ailleurs qu’il mentionne sa part purement créatrice. Au temps pour moi alors, moi qui croyais qu’il était surtout dans le réalisme. Toutefois, notre monde n’étant toutefois pas peuplé de héros, cela me sembla alors évident qu’il conservait une part d'invention. Une petite erreur donc, un jugement un brin hâtif… Pardonnez-moi, il se fait un peu tard.

Mon patient termina par une phrase bien construite, voir même bien réfléchie, comme à son habitude avais-je envie de dire, tant ses paroles précises en concises qui semblaient si réfléchies parsemaient son discours. Bouclant ainsi son aparté et ayant répondu à ma demande, j’attendis une petite seconde de silence encore avant de faire quelque peu rouler la chaise, cette fois pour entrevoir son esquisse.
Je fus tout simplement ébahie.

Ma théorie s’était vérifiée, j’avais bien été son modèle durant ces quelques minutes mais… Ce qu’il avait réalisé en si peu de temps était digne de génie. A la fois épuré et détaillé, figuratif et réaliste, on y devinait un talent incroyable à chaque trait, et croyez-moi, cette coutume je ne suis pas si abasourdie par ce genre d’art, et je reconnais ma qualité de modèle d’exception… Mais tout de même. D’ailleurs, comme depuis le début, mon regard, cette fois apposé sur son travail, ne semblait aucunement le gêner. Quel regard d’ailleurs… Je ne pus cacher ma surprise, trahie par mon expression faciale et mon immobilisme passager.
Oui, je le reconnais, j’étais peut-être à ce moment un brin trop expressive, mais tout de même. Je n’étais pas une pro du dessin pour en juger, loin de là, mais son talent relevait du génie, comme s’il avait un talent né pour cela.
Que de surprises décidément, cet Elias.


Pendant de longues secondes alors, je me perdis à contempler ses traits appliqués, sans même porter attention à ses possibles regards sur ma personne, puis, consciencieusement, me remis de face pour ne pas le déranger. J’affichais alors un léger sourire en coin, partagé entre admiration et envie de jouer le jeu du modèle, ce qui me fit décaler et ébouriffer quelques mèches de cheveux aux abords de mon visage.

Je me rendis compte alors que je m’étais laissée emporter par tout cela. De coutume, c’était moi qui me perdais dans mes songes, mais cela avait été à son tour de me perdre. Cette pensée, à vrai dire, m’agaça un peu.
Se comporter comme tel avec un patient, c’était assez peu digne de ma personne, d’ailleurs, je n’étais toujours pas certaine de sa nature. Ce petit genre de tour de charisme pourrait très bien être celui d’un vampire… Si cela avait été un séthite, il m’aurait probablement dès son entrée remarqué le style égyptien prononcé de mon cabinet… Non… Je préférais toujours croire qu’il s’agissait d’un humain, d’un formidable humain… Même si a vrai dire, le fait qu’il puisse être un vampire ne retirerait en rien son aspect intriguant… Cela serait juste… Dommage… Pour les humains.

Je repris alors une posture plus professionnelle et croisa les jambes. Il me fallait retrouver tout de même mon professionnalisme, d’autant qu’une idée venait de germer dans mon esprit…
Mes yeux se posèrent à nouveau sur lui, ces derniers s’étant égarés quelques secondes durant les tergiversations de mon esprit, et je pris la parole...

Ecoutez Elias… C’est… Quel talent… Vous voyez, vous avez réussi à me faire perdre mes mots… ces derniers mots, d’ailleurs, qui s’accompagnèrent d’un léger rire. Non, plus sérieusement, je comprends très clairement votre succès, ce qui est d’ailleurs fort cohérent avec votre passion viscérale pour cet art.
Cela me permet d’ailleurs d’enchainer avec une question tout aussi importante : Comment vous voyez vous plus tard… ou plus précisément, quelles sont vos ambitions ? votre objectif final ?


Durant tout ce discours d’ailleurs, j’avais mis à exécution mon idée. Lentement, très lentement, j’avais commencé à faire rayonner mon charisme sur lui. A peine une once de prestance de plus au début, puis progressivement quelque chose qui tendait clairement vers le surnaturel. Mon objectif était simple : Tester son esprit. Non pas vraiment pour avoir le fin mot sur sa nature, même si c’était une part de l’objectif, mais également tout simplement par routine.

A ce petit jeu, les plus faibles changeaient radicalement de comportent dès les premiers mots. La plupart des gens, eux, ne s’en rendaient compte qu’après une petite phrase. Les esprits fort, quant à eux, tenaient parfois plusieurs phrases. Pour l’anecdote, le record a ce petit jeu était tenu par un avocat il y a de cela un demi-siècle. A un dîner, il avait su garder son contrôle plusieurs minutes à parler de son affaire avant d’enfin suivre le reste de l’assemblée à me regarder sans aucune raison.
Heureusement d’ailleurs que les téléphones n’étaient pas d’actualité à cette époque, tant l’aspect hypnotique de ma discipline avait si clairement paru surnaturel ce jour-là… Très franchement, je n’aurais pas souhaité voir quelques membres de la Camarilla frapper à ma porte le lendemain…

Toutefois, je ne souhaitais pas que cela soit clairement remarquable, c’est pour cela que j’avais l’habitude de doser subtilement le charisme pour qu’à l’instant où leur expression change, je coupais l’effet de la discipline et poursuive comme si de rien était.

Quelle allait être donc la force de l’esprit de cet homme ?
Cette réponse, je l’attendais tout autant que sa propre réponse et, pour être tout à fait honnête, autant que le résultat final de son croquis.
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Lun 3 Déc - 10:09
Parler, dessiner, sonder. Parfois, il faut savoir s'avérer multitâche, et Elias a vite appris à l'être, surtout avec Sally sous son toit. La jeune goule sait se montrer... Distrayante, lorsqu'il essaie de s'appliquer à son art. Mais pas le genre de distraction qu'il repousse pour autant.

Bien qu'il serait mentir que de dire qu'il se consacre entièrement à ces trois choses en même temps. A vrai dire... Lorsqu'il dessine, il se tait, cesse d'épier les pensées. Ce n'est qu'entre deux coups de crayons, lorsqu'il l'étudie, que de nouveau, il reprend le flux de paroles et de pensées à déchiffre, à lire.

Un trait, un regard, une lecture.
Un coup de crayon, pour dessiner le contour de ses lèvres.
Une œillade, pour revérifier l'exactitude de son tracé. Entre autre.
Une coup d’œil mental, pour lire ses pensées, remarques et déductions.

Lire, lorsqu'elle remarque être le modèle de son croquis actuel. Lire son trait d'esprit, et sourire. Un sourire qui à la fois répond au sien – qu'il a de fait remarqué -, et s'amuse du lien qu'elle a pensé. Oui, effectivement. Immortaliser une immortelle. Un croquis. Il ne l'avouera pas à voix haute, mais ça l'a fait rire. Il se le dit, doucement : C'est le genre de réplique à laquelle j'aurais pu penser.

Une pensée, puis un autre trait. Et, il parle, comme on lui a demandé. Aborde son art, mots par mots. Balance sa petite référence, rit, puis approfondit. Ce n'est pas tout, car tout ce qui l'intéresse dans l'art ne saurait être résumé en une séance chez le psy. Il aurait pu dire ces choses commune à n'importe quel artiste : un moyen de s'exprimer, un exutoire... Et oui, il aurait pu en parler, car précisément, c'est aussi aussi très fortement ces deux choses-ci. Parfois, l'on a des choses sur la conscience, et on ne peut décemment pas les extérioriser par les mots ou les actes. Alors... On les dessine. Pour exprimer un sentiment, passer une frustration.

Il y pense, et lui vient en tête cette fois où il avait dessiné le détail d'un véritable festin, à détailler toutes les victuailles sur une table pleine à craquer. Ca lui manque, de manger. Ca lui manque terriblement.
Il aurait presque aimé en parler ici, si ça n'impliquait pas de révéler sa nature.

Furtivement, il note la notion d'un « nous » qu'il n'a pas encore identifié. Son clan ? Oui, quelques indices subsistent ça et là dans le cabinet, mais il n'a pas encore réalisé. Plus simplement... Il ne s'est pas encore posé la question. Et il sait à quel point les apparences sont trompeuses : combien se sont retrouvés à le prendre pour un Toréador, parmi ceux de la nuit ? De bien nombreuses suppositions égarées, erronées.

Encore une autre pensée, encore un autre trait. Lentement, il entend le son de la chaise qui roule non-loin de lui, et une ombre se profile non loin. Un regard par-dessus son épaule. Il lui laisse quelques secondes, puis finit par lever le regard vers elle.
Même après tant de fois, ça ne manque jamais de le satisfaire.

Ce mélange de surprise et d'admiration, lorsque l'on voit ses dessins pour la première fois. Ne nous le cachons pas : Elias est un homme orgueilleux, conscient et fier de son talent. Il aime qu'on lui rappelle son don, il aime le montrer, il aime plaire. Alors ce regard, cette expression bouche-bée, ça a beau être quelque chose qu'il expérience de façon régulière, à chaque fois, ça ne manque pas de lui décrocher ce rictus de satisfaction.
Un Ego flatté, tant par sa réaction que ses pensées profondes.

Une agréable sensation, un sentiment : légèrement, très légèrement, très subtilement et l'espace de quelques secondes seulement, il a exercé cette espèce d'emprise sur elle, sans même utiliser de Disciplines. Une poignée de secondes, il l'a fait complètement sortir du professionnalisme rigoureux qu'elle prend sur elle de conserver malgré tout, pour lui faire afficher cet air de surprise admirative, et par la suite, pour lui faire adopter ce comportement plus libre qui l'a vue afficher ce sourire et replacer ses cheveux, presque jouer le modèle.

L'espace de quelques secondes, le patient s'est emparé du psy.

Furtivement, l'adrénaline lui passe au corps, stimulé par l'idée. Cette vieille tare qu'il se traîne depuis toujours : cette euphorie silencieuse qui lui prend les tripes lorsqu'il se sent contrôler quelqu'un, lorsqu'il sent de la dépendance chez l'autre. L'on est encore loin de ça ici, mais... Mais tout de même. Quelque par est-ce aussi une motivation à son art : quelques coups de crayon sur un bout de papier lui suffisent à arracher esprits subjugués et regards figés.
Un péché presque innocent, mais... Mais il peut devenir dangereux dans son fond. Le passé l'a déjà prouvé.

Mais plus tard le passé, d'abord, le maintenant. Le maintenant, cet artiste et cette psychologue qui reprend de sa contenance en même temps qu'elle reprend la parole. Et en même temps que les mots coulent, quelque chose monte, progressivement.

Jusqu'ici, Amaria n'a été que cette psychologue Vampire au discours rationnel, aux yeux scrutateurs et aux courbes invitantes peut-être un peu trop étudiées par l'artiste. Mais les mots coulent, et elle devient plus.
Les mots coulent, et elle s'imprime dans l'esprit d'Elias. S'y impose, y prend une importance soudaine, inexpliquée. Elle apparaît plus attirante, plus intelligente, plus censée. Plus... Tout. Toutes ces choses positives qu'il aurait pu y avoir à dire sur elle se trouvent décuplées à la perception du Malkavien, qui ouvre plus grand les yeux au fur et à mesure de son discours. Le tracé de son crayon cesse, et il la regarde, l'écoute, son attention entièrement consacrée à elle, sans réussir à revenir vers la feuille, comme avant. Changement de rôles.

Elias a lu ce qu'elle vient de faire, avant même qu'elle le fasse. Alors il y a pu se préparer mentalement. Ca et sa résistance naturelle à ce genre d'artifices émotionnels lui permettent de ne pas trop chavirer. Mais aussi factices qu'elles puissent être, ces intenses émotions, impressions, elles lui prennent quand même l'esprit. Il prend sur lui pour atténuer, refouler. Mais pas entièrement.

Les secondes passent. Ces secondes où il la fixe, la dévore du regard, sans continuer son croquis. Où il a écouté sa voix, son discours. Puis, un sifflement qui part d'entre ses lèvres. Un début de rire étouffé.
Doucement, il reprend son dessin. Puis répond.

Ca aide d'avoir d'inspirants modèles.

Une autre faille qui se dévoile. Si son comportement de jusqu'ici l'a désigné comme un homme joueur et extraverti, il ne se serait en temps normal pas risqué à un compliment si direct, pas dans ce contexte. Il l'aurait sous-entendu, suggéré, pensé, mais pas dit de ces mots trop bruts. Bien sûr, ce n'est rien de très abusif, mais... Mais ça peut être noté.
A vrai dire, en temps normal, il aurait sûrement affiché une fausse modestie face aux compliments sur son esquisse. Mais là... Là, il y a cette influence venue d'ailleurs qui le pousse à non pas se concentrer sur lui, mais plutôt sur elle.

J'suis pas du genre à me projeter très loin dans le « plus tard ». Je vis au jour le jour. Mais si j'devais répondre. Heh. Je me vois bien tout en haut, au-dessus de tous ces autres dans mon milieu. Je suis meilleur que beaucoup d'entre eux à mon niveau d'aujourd'hui, et ne vais pas tarder à rattraper les autres.

Alors quoi, mon ambition ? Tseh. Mon J'irais pas dire que c'est mon objectif absolu. Mais si je peux décrocher une place au sommet dans ce que je fais, ça m'paraitraît bien. Pour commencer.


On penserait qu'il parle de Comics, dans cette réponse.
Oui, bien évidemment. Mais pas que.
Ce n'est peut-être même pas conscient de sa part, mais il parle aussi de la société Vampirique, dans ce discours. Par bien des aspects, il se considère au-dessus de certains anciens, certains de ces vieux qui décident et régissent sans en avoir les épaules. Et il se verrait bien à leur place. Pas dans des ambitions folles, pas dans des objectifs viscéraux, plutôt... Plutôt dans de rigolotes visions d'avenir. Elias n'est pas un homme d'ambitions dures, il préfère laisser la vie venir à lui. Mais ça pourrait être drôle, à l'occasion.

C'est que du bonus. Faire ce que je fais et voir des étoiles dans le regard des gens, ça reste ma petite récompense quotidienne, et je serais capable de m'en contenter bien longtemps.

Les étoiles dans le regard, lorsqu'il dessine un autre chef d'oeuvre.
Les étoiles dans le regard, lorsqu'il donne de son sang à une goule addict.
Admiration, sentiment de dépendance. Contrôle.
Les nuances plus sombre de l'âme colorée de cet artiste centenaire.

En parallèle de tout ça, l'esquisse continue. Progresse vite, trop vite. Et si l'on s'y penche, quelque chose en ressort : le début d'attention qu'il avait consacré à dessiner un fond au dessin s'est complètement volatilisé. Il avait commencé à dessiner un bureau, le mur et ses détails, en quelques traits grossiers, et amorçait de détailler l'environnement. Plus rien. Il ne se concentre plus que sur elle, devenue seul et unique objet de son attention.

Un homme plus faible d'esprit aurait presque oublié le but premier de sa venue ici. Pas lui. Mais il y a cette petite voix qui lui dit que tout de même... Il a bien le temps de finir ce dessin avant toute chose, non ?


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Mer 5 Déc - 19:49
Je l’avais vu dans son regard, bien que le mien ait été principalement porté sur son dessin à cet instant. Il n’était pas peu fier de lui. Après tout, c’était un comportement bien commun pour un artiste, pour un homme dont le talent est reconnu d’autant plus. Je n’étais d’ailleurs pas un exemple en la matière, je dois bien le reconnaître. Nous, vampires, élus, sommes nés pour gouverner, et non l’inverse, et ce ne sont pas les Ventrues qui vont me contredire…

Mais revenons-en à l’homme satisfait qu’était Elias à cet instant. Je trouvais son état de plénitude presque… Disons… Excessif… Je n’avais pas détecté une telle morgue en lui. Il y a encore quelques secondes, je ne me serais pas tant avancée, mais à mesure que je regardais son œuvre se succédaient regards amusés et sourires en coin. Dans l’absolu, cela ne me dérangeait pas, mais cela m’interrogeait une nouvelle fois sur ce qui pouvait travers son esprit. Satisfaction, désir, envie, ou encore orgueil ? Peut être rien de tout cela ou tous à la fois, peut être bien plus ou totalement autre chose. Qui sait ?!

Mais bien que tout cela soit bien loin d’être dépourvu d’intérêt, le point qui était désormais au centre de mon attention était la force de son esprit. Très vite après quelques mots, son expression avait très légèrement changé, mais j’avais maintenu l’enchantement encore un peu plus pour voir à quel point je pourrais l’influencer. A nouveau, je me prenais au jeu, bien loin de mes habitudes. Mais il se faisait un peu tard désormais, et devant un sujet d’expérience si intéressant, il serait bien trop raisonnable de ne pas tenter quelques fantaisies.
Je vis ainsi ses yeux progressivement s’ouvrir et se distraire de son croquis. Ma discipline ne pénétrait pas son esprit, loin de là. Visualisez simplement un filtre photo… Oui… Ceux que les jeunes aiment se mettre de nos jours pour paraître un brin plus superfi… beaux pardon. Oui, ces trompe l’œil et ces maquillages numériques qui embellissent, et bien visualisez mon pouvoir comme tel, mais appliqué à es notions bien plus abstraites.
Mes paroles, mes gestes, mon corps, mon esprit, tous paraissent encore plus brillants et enivrants qu’ils ne le sont déjà, et l’esprit de la plupart ne savent longtemps l’ignorer.

Je renforçais, donc, au fur et à mesure ma discipline. En abuser appellerait la bête, et je ne souhaitais pas tout de suite le rendre dépendant au plaisir du baiser… Il me fallait donc en modérer l’usage, du moins pour le moment.

Soudain, quelque chose de bien intriguant, que je ne qualifierais toutefois pas d’inattendu, tant les gens peuvent devenir imprévisibles sous ce genre d’enchantements. Il avait contenu un rire avant de me complimenter. Oui, un compliment. C’était… Gratifiant, dans un premier temps, bien entendu, même si la circonstance faisait qu’il perdait de sa valeur, mais aussi très instructif. Cet agencement de mots, toujours si essentiels, traduisaient un aspect de sa relation à l’art. Vous allez sûrement dire que je fulmine pour si peu, mais lisez-moi jusqu’au bout. Certains dans cette situation m’auraient directement fait des avances peu subtiles, d’autres seraient devenus rouges comme le sang, et d’autres encore se seraient contentés de lourdement me mater. Triste esquisse de la gente masculine, certes, mais comprenez tout de même que cette discipline n’est pas à prendre à la légère pour un esprit faible.
Pourquoi suis-je en train de vous parler de toute cela ? C’est pour que vous perceviez à quel point sa réaction est… inhabituelle. C’est ça, c’était le mot que je cherchais.

Il exprimait un évident désir, mais il savait le contenir malgré tout, c’était… bizarre… Il avait donc un esprit à la fois malléable et résistant… A moins qu’il se soit laisser berner… Mais cela voudrait dire…

Je décidais suite à cela de lâcher l’emprise que j’avais sur lui. J’en avais bien assez vu, et l’hypothèse vampirique me venait de plus en plus à l’esprit. S’il était l’un d’entre eux, cela pourrait expliquer l’emprise relative que je pouvais avoir sur lui… S’il avait moyen de lire dans mon esprit, tout ceci n’aurait aucun sens depuis le début et il se jouerait de moi… Ou alors tout simplement, il est juste un humain ayant une manière singulière d’exprimer son désir, avec un esprit faible mais très romantique et timide, n’osant pas faire d’avances… Hmmm…
Tout ce raisonnement, je ne pus le cacher. Un peu comme lui d’ailleurs, je laissais glisser de très fines micro-expressions trahissant mes réflexions intenses, sans même m’en rendre compte… C’est bien le principe de ce genre d’expressions d’ailleurs…

Toutes ces cogitations m’avaient fait oublier sa reprise de parole et je pris son exposé en cours de route. Il mentionne sans réserve ni modestie son talent… A vrai dire, je n’ai pas vu tous les artistes au monde, loin de là, mais rare sont ceux que j’ai vu avec un tel talent, et certainement aucun capable de ce genre d’esquisse en une poignée de minutes. Il… comment dire… Méritais son arrogance.
De plus, cette volonté d’atteindre des sommets, pour quelqu’un qui, selon ses dires, ne se projette pas trop dans l’avenir, témoigne d’une haute estime de soi, évidemment, mais aussi d’une volonté de reconnaissance, ce qui est bien plus intéressant dès lors que l’on connait un peu plus le personnage. Cette envie d’influence et le plaisir d’en avoir, sentiment qui m’est si familier. Cette volonté d’être reconnu en tant que supérieur, indéniablement… Cette chose qui ne m’est permise à cause de la Mascarade mais que j’aimerai tant assouvir. Lui le pouvait, quelle chance, être littéralement sous le feu des projecteurs…
Je l’envias autant que je le comprenais.

Sur ces mots, je m’étais remise à le fixer tout en me plaisant à jouer au modèle. Plaisir coupable et puéril, mais flatteur. Cela aurait été n’importe qui d’autre, qui aurait dessiné n’importe qui d’autre, je n’en aurais probablement eu que faire, mais là, c’était différent.

Il précisa ensuite que toute cette reconnaissance serait du bonus, et qu’il pouvait se contenter de la reconnaissance individuelle. Une nouvelle fois, les précisions dans son discours me jouaient des tours et je me retrouvais à infirmer, au moins en partie, ma théorie précédemment fondée. D’ailleurs, sa phrase me fit échapper un petit rictus si singulier suivi d’un léger sourire. Oui… Vous savez, cette moue qui se dessine sur notre visage quand quelqu’un nous a bien eu, ou du moins qu’il fait référence à vous implicitement dans une phrase. Je ne savais pas si cela avait été volontaire de sa part, mais je m’étais en effet retrouvée les étoiles plein les yeux à la découverte de son dessin.
Bien joué à lui, il m’avait effectivement eu.

Après quelques secondes de silence seulement rythmé par ses coups de crayon, j’en déduis qu’il avait terminé son propos et qu’il allait être à moi de prendre la suite de cette entrevue. Je ne souhaitais pas voir son œuvre à nouveau, me laissant la surprise de la découverte de l’œuvre après son dernier trait.
Toutefois, il me fallait trouver quoi dire, et plusieurs pistes s’ouvraient à moi. J’avais toujours dans l’idée d’explorer sa relation avec la femme, mais… Je préférais garder cela pour plus tard, d’autant plus qu’il me laissait ça et là de quoi me sustenter en théories à ce sujet. Évoquer son rêve, après sa projection dans le futur… Hmmm… Peut pertinent, il me faut laisser le temps à son subconscient de réfléchir… Mais il pourrait me parler de…
Ses rêves.

Avant de reprendre la parole, elle songea quelques secondes encore, fixant toujours Elias, lui laissant un modèle fixe, avant de prendre doucement la parole.

Je vois Elias, en tous cas on ne peut dire que vous manquez d’ambition, et c’est tout ce que je vous souhaite et… ce que vous méritez… Un nouveau sourire, franc, se dessina sur mon visage. Ce n’était pas du charme, simplement une expression honnête liée à une pensée honnête. Oui, cela pouvait m’arriver d’être sans filtre manipulateur avec les gens… Je l’étais toutefois peut être un peu trop avec lui, sans filtre…
Maintenant Elias, quelque chose qui lie les deux derniers thèmes abordés, et qui selon mes pairs serait la voie royale vers l’inconscient. Parlez-moi de vos rêves, ceux que vous souhaitez, des plus anecdotiques aux plus courants, c’est à vous de choisir, et n’hésitez pas à les dessiner si l’envie vous en prend !

C’était si dur de se souvenir des rêves que parfois, la simple prise de la plume suffisait à délier ce que la langue ne pouvait exprimer et... J'avais envie de voir ce qu'il pouvait dessiner dans l'abstrait... Par curiosité plus que par professionnalisme, je l'admet !

Après cette réponse, je repris une position similaire, jouant éhontément au modèle. Toutefois, je perçus une étrange sensation qui lentement partie de mon ventre remontait à ma poitrine. Je la connaissais si bien…

C’était la soif
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Jeu 6 Déc - 17:58

Elle cogite, elle expérimente, elle pense, tourne et retourne l'énigme que représente Elias, à essayer de le comprendre, de percer le secret de ses mimiques et réactions intriguantes.

Elle joue de ses charmes, de ses dons Vampiriques et de ses connaissances. Et lui fait pareil.L'un pour apprendre, l'autre pour subjuguer. Alors la joute se poursuit : la rencontre entre un patient et une psy, entre un homme et une femme, puis entre un Malkavian et un Sétite. Bien qu'il ne soit pas encore au courant de cette dernière information. Pas encore.

Pour le moment, peu importe l'influence égyptienne qui ressort de son cabinet, peu importe ces airs de beauté d'orient qui sont les siens. Là, en l'instant des quelques mots qui s'échappent d'entre ses lèvres, ne compte que sa voix, sa silhouette, sa personne. Pas ce qui gravite autour. Car la Discipline force ça : l'attention, jusqu'à l’irraisonnable, l'envie, jusqu'au décadent, jusqu'à l'insensé. Quelques mots, quelques gestes, accompagnés de l'impulsion invisible du pouvoir Vampirique. Cette simple petite alchimie suffit à inverser les rôles de plus tôt, drastiquement : il y a quelques minutes, elle s'est retrouvée sans voix face à son art. Désormais, il se retrouve sans voix face à elle. La voix lui manque, mais les envies sont nombreuses. De faux sentiments qui s'instillent, et ceux déjà existants qui se démultiplient. Ainsi, l'espace de quelques secondes, son regard trop insistant s'est transformé en un désir de débauche, une pulsion qui lui susurre de s'approprier ce corps, le faire sien. S'emparer de sa peau, s'emparer de son sang. Céder aux penchants excessifs de sa nature d'homme, mais aussi ceux de sa nature de Vampire.
L'espace de quelques secondes, son appréciation neutre quant à ses analyses et son professionnalisme s'est transformé en admiration totale. Juste ce court laps de temps, il a été d'accord avec tout ce qu'elle a pu dire, s'est émerveillé de toutes les découvertes qu'elle a pu faire sur lui en si peu de temps, oubliant presque qu'en soi... Elle n'en a pas découvert tant que ça. Il oublie, parce qu'il idéalise.


Tout ça, ça n'a duré que quelques secondes. Mais tout aurait pu basculer, en quelques secondes.

Or, rien de bien alarmant ne survient. Il ne se jette pas sur elle, mains à ses courbes et crocs à sa gorge. Il ne ploie pas à ses pieds, louanges par milliers et vénération fanatique. Il se contente d'un sourire, d'un compliment, et d'une attention renouvelée à l'égard de son esquisse.
Qu'est-ce qu'il faut en déduire ? Plusieurs choses, potentiellement.

Peut-être qu'Elias est plutôt résistant à ces influences, peut-être que le sentir venir à l'avance a aidé. Peut-être qu'il a été complètement asservi, mais qu'une nature plus timide se cache derrière ses élans confiants, lorsque les sentiments sont plus intenses. Il peut sentir Amaria avoir certains de ces suppositions, alors qu'il reprend ses esprits – partiellement. La vérité derrière tous ces « peut-être » ? Sûrement que savoir à l'avance a aidé, oui. Sûrement qu'il a une certaine résistance à ces choses-ci, effectivement : Un Malkavian doit bien assez se confronter aux manipulations de son propre esprit pour apprendre à combattre celles des autres.
Puis... Disons qu'il a utilisé un catalyseur. Tout cet excès qui aurait pu transparaître dans son comportement à cause de cette influence surnaturelle, il transparaîtra dans son œuvre. Ce qui devait être une simple petite esquisse de frime deviendra éventuellement... Plus.

Alors il résiste, puis note la réaction d'Amaria. Celle de son visage, puis celle de ses pensées. Certains auraient pu s'offusquer de sa petite manipulation : pas lui. Pas alors qu'il lit dans ses pensées. Un juste retour des choses Pense-t-il. Donc oui, elle suppose, elle pense. Quelques suppositions pertinentes, d'autres... Beaucoup moins. Elle touche une vérité du bout du doigt, pour ensuite porter sa main loin vers un mensonge, une erreur bien éloignée de la réalité. Ce qui ne manque pas de divertir le Malkavien.

Puis, la pensée lui vient. Idiote et insensée, considérant le but premier de sa venue, mais... Mais Elias n'a jamais été totalement un homme guidé par la raison. tout ça perd en saveur, lorsque je sais tout à l'avance... Il songe, puis cligne des yeux. Lorsqu'il les rouvre, le contact mental s'est rompu.

Il en a assez entendu, assez vu. La suite, il va la gérer différemment. Il a l'intention de soutirer encore un peu d'amusement et de soulagement à cette entrevue, avant d'aborder un sujet plus épineux. Il va falloir parler de Mélinda, tôt ou tard, mais la vérité... C'est qu'elle est loin dans l'esprit d'Elias, en l'instant. Non pas qu'il va l'oublier, mais... Disons qu'il est venu avec l'idée de jouer un rôle, pour lentement cerner et refermer les mailles de son filet sur la Psy, et ensuite gérer le cas Mélinda. Or, il s'est retrouvé à faire d'authentiques confessions, entre ces murs, et à se prendre au jeu qu'il a lui-même initié. Et la partie n'est pas encore finie.

De fait, elle continue, en même temps qu'il dessine, en même temps qu'il répond, sur cette question dirigée vers ses ambitions. Des ambitions floues, mais hautes, des espoirs d'ascension vers les sommets, certes optionnels, mais... Comment comprendre ça, lorsqu'un homme a des ambitions si grandes, mais qu'il les qualifie tout de même de « bonus » ? Comme si ça n'était pas si important que ça ? Sans aucun doute la question se pose-t-elle. En attendant... Oui. Se contente des étoiles dans les yeux. Comme celles dans les siens, lorsqu'elle a vu son art il y a de cela quelques minutes.

Autre coup de crayon, autre question. Déjà, le finir de cette esquisse commence à se dessiner.
Ses rêves, donc.

- Merci. Simple et sobre réponse qu'est la sienne, à la première moitié du discours d'Amaria. Ce genre de mots qu'il aime entendre, oui. Puis l'on en vient à ses rêves. Délicat sujet. Si bien qu'il met un certain temps à répondre. Il laisse s'écouler un silence, où pendant un long moment, il n'y a que le son du crayon qui gratte sur la feuille, et le poids de son regard sur elle. Finalement, les mots commencent à se délier.

- Je pourrais vous envoyer quelques dessins, lors d'une prochaine séance. J'ai déjà pris l'initiative de dessiner certaines de ces choses qui me passent en tête pendant le sommeil. Cette simple révélation suffit à deviner qu'Elias s'est déjà intéressé au sujet de l'inconscient de son propre chef. Il dit ça, puis relève les yeux vers elle. En l'état, j'ai déjà une autre entreprise qui accapare toute mon attention.

Toi, trahissent ses yeux, qui semblent dire ce dernier mot muet. Oui, il est décidé à le finir, ce dessin. Aussi... Un détail s'est glissé dans sa phrase. « prochaine séance ». Comme quoi... Il l'envisage.
Pour l'instant l'actuelle séance n'est pas finie. Il aura l'occasion d'aborder le sujet des rêves plus en profondeur une fois ses dessins en main pour servir d'appui, pour le moment... Il va prendre le sujet sur une note plus générale.

- Alors, mes rêves... J'ai ceux de Monsieur tout le monde, ceux dont je me rappelle pas nécessairement complètement. Ceux où on se retrouve dans un lieu inconnu, où on se retrouve avec une personne familière, mais... Sans pouvoir mettre de nom dessus. Ni de visage. Une silhouette sans nom, un souvenir flou, mais une sensation de... « tu le connais ». Ou « la ». ça dépend.

Puis... j'ai ceux où j'imagine que c'est mon côté artiste qui s'exprime. Ceux où je m'imagine dans la peau de quelqu'un d'autre, à une autre époque, dans des situations diverses et variées. Tseh. Mes rêveries me font passer de la France pendant la révolution à la Londres de l'époque Victorienne en passant par la Venise de la Renaissance. Dans mes rêves, j'ai été peintre, soldat, rebelle... Heh, j'ai été beaucoup de choses.
J'ai toujours aimé me dire que c'était ma façon de compenser la frustration de pas avoir vu certaines choses issues de certaines époques. J'aime mon ordinateur et mon téléphone, mais... Mais ça m'arrive de me dire que je suis pas né à la bonne époque. Parfois.
Vous voyez c'que je veux dire?


Il ne croit pas si bien dire.
Il pose sa dernière question, candide, sans arrière pensée. Simple façon de s'assurer qu'il est clair dans son discours. Et de nouveau, silence, coups de crayon. Un autre laps de temps passe, puis il finit par lui tendre le crayon emprunté plus tôt. Pour le lui rendre, tout en gardant pour le moment le dessin auprès de soi.

- Merci bien d'avoir acceptée d'être ma Muse de ce soir.

Une façon théâtrale de présenter la chose. Sans le lui montrer directement, il se redresse pour laisser libre vision sur la feuille, qu'elle puisse admirer l'oeuvre en s'approchant de quelques pas. Qu'est-ce qu'elle pourrait y voir ?

Elle, partiellement appuyée sur le devant de son bureau, de face. Habillée des mêmes vêtements que les siens en l'état, avec à ses lèvres le même petit sourire qu'elle a arborée ça et là pendant leur entretient. Un fond dessiné à la va-vite, tandis que sa personne a fait l'objet d'un soin tout particulier, notamment en terme d'intention : Que ce soit par la pose, le style, l'expression et le choix de nuances, tout dans le dessin met sa féminité en valeur. Quelque chose de sensuel – sans jamais devenir vulgaire – se dégage de l'esquisse, qui n'a d'esquisse que le nom. Certains vendraient leur âme pour avoir un résultat final aussi probant.
Il fixe la feuille une dernière fois, avant de lui lancer une œillade. Comme pour l'inviter à venir voir. Une idée vient de lui passer par la tête, oui...
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Ven 7 Déc - 12:34
Un remerciement simple, comme à son habitude, suivi d’un silence.

A vrai dire, ces flatteries étaient plus machinales qu’honnêtes, en tout cas avec la plupart de ses patients. Une petite mise en confiance, quelques mots bien choisis pour féliciter celui qui se livre. Ce n’était rarement plus que cela, et Elias semblait l’avoir compris.
Quelque chose chez ce dernier, d’ailleurs, avait changé. Non pas dans son parler, qui restait toujours simple et efficace, ni même son application à son croquis qui restait inébranlable… Non… C’était ses mimiques, ces micro expressions de réflexion que j’avais repérées encore il y a quelques secondes, qui s’étaient estompées. Étais-ce un contre coup de ma discipline ? Possible. En tous cas, il semblait moins… disons préoccupé, et encore plus concentré au dessin.

Ce dessin qu’il me tardait de découvrir, d’ailleurs. Allait-il rester dans le pur réalisme ou bien rentre encore plus élégantes mes courbes déjà bien idéales ? Choisirait-il de dessiner l’environnement ou resterait-il cantonné à ma personne ? La curiosité me taraudait, mais je restais mutique et immobile, fixant toujours ses sombres prunelles qui oscillaient entre la feuille et mon corps.

Lorsqu’il se décida à prendre la parole, il évoqua des représentations de ses rêves qu’il avait déjà dépeint dans ses œuvres. Allait-ce être vague, impressionniste, figuratif, exprimant de simples idées, ou des représentations bien plus torturées et concrètes, comme les esquisses de Lovecraft… Une nouvelle fois, je me découvrais d’ailleurs un intérêt pour l’art… Ou plus précisément…
Son art.

Comme je l’avais déjà dit, tout cela pourrait être fortement influencé par le fait qu’il m’ait choisie comme muse, mais j’aimais croire qu’il s’agisse d’un peu plus que cela. Son art, ou plutôt son talent, était plus qu’une source de beauté mais presque un sujet d’étude. Comment un esprit, si jeune et si faible d’ordinaire, pouvait développer, concevoir, estimer, se représenter et au final retranscrire avec une telle précision tout cela. Si je devais donner un avis purement professionnel… Je dirais qu’en sa qualité d’humain, il est tout bonnement exceptionnel.
Vous voyez, cela serait le genre de flatteries que j’aurais pu prodiguer si mes compliments avaient été francs, et voyez comment ils sont loin de ce que j’ai simplement exprimé. Cela aurait d’ailleurs renvoyé une image… Disons… Paradoxalement…
Un brin trop personnelle.

Toutefois, cela ne fut pas le seul élément fort intéressant qu’il évoqua à cet instant.
Il mentionna une éventuelle prochaine visite. C’était à nouveau assez rare de la part de mes patients, de tant se projeter alors que nous n’étions qu’à notre toute première séance. Cela signifiait-il qu’il se plaisait entre ces murs, fort probable, ce qui ne manqua pas de satisfaire mon orgueil de psychologue autodidacte. En effet, je ne l’avais pas réellement manipulé, hormis peut être ce brin de présence qui était plus à titre expérimental. J’avais juste parlé, et il semblait déjà vouloir revenir. Tant mieux.
J’aurais un cas d’étude intéressant, et lui un charmant modèle.

D’ailleurs, il explicita ce renfort d’attention que j’avais précédemment mentionné. Pour une fois durant cette entrevue, j’avais prévu juste ! Il était fondamentalement concentré sur moi et le portrait qu’il pouvait en dépeindre. Toutefois, je me demandais si chacun de ses regards était purement à but artistique, mais ce dernier ne me dérangeait pas, après tout, comment lui en vouloir ?
Cette pensée me fit échapper un léger sourire alors qu’un léger silence s’était installé avant qu’il épilogue sur ses songes et ses rêves.

Toutefois, ce sourire, moment d’égarement, me fit me rappeler d’un détail qui pourrait rapidement ne plus en être un. Ma soif. C’était un problème récurrent chez moi, et bien paradoxal chez une psychologue je dois bien l’admettre. Ma bête était assez goulue, l’ayant habitué à plusieurs litres de sang chaque jour, ce qui la poussait assez souvent à me rappeler que c’était l’heure de boire. Ne croyez toutefois pas que cela me faisait perdre tout contrôle… Simplement que cela devenait de plus en plus obsédant au fil du temps.

Toutefois, je ne me permis pas de manquer la reprise de son discours qui mentionna ses rêves habituels. Sa mention du « commun des mortels » me rappela son égo, mais dans un sens, comme susmentionné, je le comprenais parfaitement. Bref.
Il mentionna des rêves tout à fait classiques dans un premier temps, puis évoqua ses rêves bien plus fantasques d’artistes. A vrai dire, pour ma part, je rêvais peu, et j’étais toujours intriguée lorsque quelqu’un mentionnait des rêves un temps soit peu originaux. Je l’écoutais donc attentivement, mes yeux toujours plongés dans les siens, parler de ses rêves et des différents cadres dans lesquels il les vivait. Il semblait presque nostalgique de ces époques révolues, ce qui me fit repenser moi aussi à mes trois siècles d’existence.
La vie à l’époque n’était pas celle-ci, d’autant plus pour une femme, mais je dois bien avouer qu’elle avait ses charmes. Un phrasé recherché dans la haute société, des conférences d’éminents philosophes qui ont révolutionné ma discipline, ou encore l’absence de technologie qui permettait de boire sans risque parfois même en pleine rue.

D’ailleurs, ne l’oubliez pas, j’avais toujours soif, mais je devais restée concentrée. Ainsi, pour palier à la déconcentration que m’apportait la bête, je fis une petite incision dans ma joue avec l’un de mes crocs, m’apportant peu a peu le gout du sang dans ma bouche. A court terme, c’était une technique efficace, mais à long terme, cela ne faisait qu’accélérer la soif. Technique risquée donc, mais ici nécessaire non pas pour maintenir la Mascarade, mais bien pour poursuivre convenablement cet entretien.
A vrai dire, le silence qui suivit cette action me fut bénéfique pour réduire un temps soi peu mon envie…

De cette réflexion, je fus sorti par un compliment d’Elias qui ne manqua pas de me faire sourire. J’en déduis qu’il avait fini et pu ainsi légèrement bouger pour apposer mon menton au creux de ma main. Bien entendu, le terme employé me flatta, si bien que je lui rendis un plus franc sourire que d’habitude, un brin charmeur, presque à la limite de révéler mes dents ensanglantées.
La curiosité peu à peu me gagnait. Voir l’artiste visiblement satisfait de son travail, gardant son travail seulement à sa vue et me tendant son crayon me fit avancer un peu le siège, juste assez pour se saisir du bout des ongles du crayon et le reposer d’un geste ample sur mon bureau.

Ces quelques instants me permirent de réfléchir à la prochaine approche de la consultation. Tout d’abord, je devais faire le bilan de ses rêves, mais ensuite, il me fallait trouver une nouvelle question. Le problème qui était tout autant un avantage avec Elias, c’est que son discours était clair et laissait peu de place à l’interprétation, si bien que je n’avais pas à essayer de fouiller ce que la plupart me cachent lors des premières séances. Une question sur sa vie personnelle, il y répond, sa vision de l’humanité, une présentation concise et claire.
Si bien qu’au moment ou mot dos redevint droit après s’être arqué pour redéposer le crayon, je n’avais toujours pas d’idée d’approche pour la suite, je dois bien l’avouer.
Toutefois…

Je surpris un regard, probablement volontaire d’ailleurs. J’étais à deux mètres de lui et pourtant son dessin restait de son côté, et ses yeux perçants ne lâchaient plus les miens. Je compris très vite à quel jeu il souhaitait se distraire, si bien que je choisis de m’amuser un peu.
Lentement, je fis rouler la chaise vers lui, toujours assise et ne lâchant pas son regard. A ce moment précis, j’aurais pu le voir, mais je choisis de ne pas lâcher son regard. Lentement, je poursuivis derrière lui, apposant ma main droite sur le coin du canapé, à quelques centimètres de son dos, si bien que je me retrouvais dans son dos et découvrait pour la première fois le dessin.
C’était subjuguant, tant de précision, tant de réalisme, je dois bien le reconnaître, me mettait encore plus en valeur. Des traits simples, exactement l’apparence que je souhaitais exprimer ; séduisante, sensuelle, féminine mais aussi mystérieuse et froide de prime abord.

C’est sublime Elias…

Juste ces quelques mots, presque soufflés au creux de son oreille. Pas besoin de plus au final. Pas besoin d’épiloguer sur un talent qu’il connait déjà, juste les seuls mots qui me viennent à l’esprit et qui me laissent bouche bée. Pas littéralement cette fois ci, mais croyez moi que je suis bien plus subjuguée qu’il y a quelques minutes.
Je mis donc quelques longues secondes à parcourir son œuvre du regard et à en profiter en silence. Toutefois, j’eu peu à peu un second point d’intérêt, disons vital. Sans même activement y réfléchir, la bête m’avait probablement poussée à me placer comme tel, juste derrière lui avec sa gorge à portée de crocs.

La tentation était vive, tout mon être en avait de plus en plus envie. Pour assouvir ma soif, certes, mais aussi pour lui rendre un plaisir qu’il m’avait apporté. A mesure que je tenais cette réflexion d’ailleurs, ma tête s’approchait peu à peu de la sienne.
J’avais mon coude gauche posé sur le dossier de la méridienne qui soutenait ma tête et désormais mes yeux allaient et venaient entre son esquisse et son cou, sur lequel je soufflais consciemment mon souffle tiède.

Combien de temps allais-je encore pouvoir me retenir ?
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Sam 8 Déc - 1:18

Questions, réponses, flatteries et remerciements. Regards puis coups de crayons, coups de crayons puis regards. Une routine qui commence s'installer, se trouver.

Elias peut sentir ce soupçon de curiosité impatiente, chez elle. Envie de voir, de savoir, de découvrir  ce que sera l’œuvre qui se dessine lorsqu'elle sera terminée. Là aussi, il a l'habitude, mais là aussi, il aime percevoir ce genre de chose. Un plaisir simple, bien que coupable, innocent, bien qu’orgueilleux. En fin de ligne... Ca ne fait qu'aider à ce qu'il trouve l'inspiration, l'envie. Ce bien plus facile de trouver ces deux choses-ci, lorsqu'on se sent attendu, désiré. Lorsqu'on sait qu'il y a un public à satisfaire. Une sorte de pression positive, quelque part.

Ainsi, le son du graphite qui glisse contre le papier se marie à celui de sa voix qui raconte ses rêves bizarreries ensommeillées. Ces songes qui se glissent à l'esprit de l'homme endormi, pour lui murmurer des aventures venues d'autres temps, dans d'autres peaux, à combattre d'autres maux. Ceux d'un artiste prolixe et imaginatif, penserait-on de prime abord. Et l'on aurait raison. Mais... Mais comme chacun commence à le savoir, Ce n'est pas aussi simple que ça. Un peu d'imagination, un peu de souvenirs refoulés. Oubliés, niés, refusés. Parce que c'est plus facile d'être un jeune Caïnite de 10 ans d'âge Vampirique que d'être un Ancien de 400 ans. C'est plus facile, d'être jeune, plein d'espoirs, humain, que d'être centenaire, blasé et détaché de ses racines humaines.
Ca a quelque chose d'effrayant, de totalement cesser d'être humain. De ne plus rien avoir de ce comment l'on est apparu dans ce monde. Devenir totalement autre chose.
Elias a préféré rester un peu ce jeune Vénitien imaginatif et espiègle. Ou plutôt... Piero a préféré.

Aujourd'hui, Elias est un jeune Américain imaginatif et espiègle, âgé d'à peine 30 ans au total de son existence. Une jeune petite chose bienveillante, bien que malicieuse, simple mais à la fois complexe, humble dans son train de vie, mais Egoteux dans sa perception de soi. Capable de vivre avec rien, mais persuadé de mériter tout. Léger et joueur, mais plus sérieux qu'il ne le paraît sous le masque, par certains aspects. Quelques expériences et traumatismes factices ont forgés l'homme qui l'est aujourd'hui.

Parce que c'est plus facile de se dire que ses parents sont morts dans un accident de voiture, que de se dire qu'ils sont morts il y a 400 ans de cela, loin de soi, parce qu'il s'est perdu dans les filets d'une Vampire qui l'a subjugué, formé, puis adopté. Que de se dire qu'il n'a jamais été là, les dernières années de leur vie. Et qu'après ça, celle autour de qui tout le reste de son existence gravitait s'en est allée, elle aussi. Non, ça n'est pas agréable, d'avoir ses parents morts dans un accident de voiture. Mais...
Mais c'est plus facile que ça.

Qui sait ? Peut-être qu'un jour, tout ça se débloquera. Et ça ne sera sans doute pas par la méthode douce. En attendant ce jour, il est là, à dessiner, à éventualité une prochaine séance. En attendant, il est Elias Lavander, et il vient de finir son dessin.
Viens donc admirer ton reflet sur ma feuille.

Le crayon est rendu, puis les regards échangés. L'espace d'un instant, les mots ne passent plus par le son, mais par les yeux. Et elle approche. Lentement, la chaise à roulettes fait son chemin, sans que le contact visuel ne se brise. La chaise passe prés de lui, la chaise passe dans son dos.
Elle est dans son dos.

D'abord, il reste dans cette position, assis de face, regard devant lui. Puis il sent qu'elle se penche pour regarder l’œuvre par-dessus son épaule, perçoit sa main se poser non loin. Trois simples mots, susurrés non loin de son oreille d'une voix de femme. Il écoute, entend, puis ses lèvres s'étirent en un mince sourire. Doucement, sa tête part en arrière, qu'il puisse de nouveau centrer son regard sur elle.

Elle est trop prés.
Elle est trop prés, et elle ne le regarde pas dans les yeux, quand elle revient vers lui. Elle regarde son cou.

Et Elias ne sait que trop bien ce qu'elle veut dire, cette proximité. Ce qu'il y a à lire dans ce regard, lorsqu'il se focalise sur la peau dégagée d'une gorge accessible. Disons... Qu'un prédateur sait reconnaître les habitudes de chasse chez un autre. Dés lors, ce regard désireux porté à son cou, c'est celui de la soif. Celui d'un Vampire qui veut s'emparer du Rouge dans les veines d'autrui. Il aurait pu douter s'il ne savait pas qu'elle était Caïnite, se dire qu'un élan de libido l'avait poussée à laisser glisser un regard sous sa chemise... Mais il sait. Cette simple mais si vitale information qu'il a recueilli dés le début de leur entretien en dit beaucoup sur ce qui se déroule en ce moment.

En ce moment, il a cette tension silencieuse qui plane. Il y a ces deux personnes trop proches l'une de l'autre dans le cadre d'une consultation chez le psy, simplement parce que les rapports ont changés. Ce n'est plus un patient d'un côté et une psy de l'autre, désormais, c'est un Vampire d'un côté et l'objet de sa convoitise de l'autre. Tout est différent, terriblement différent. Et en ces circonstances, une décision est à prendre. Il faut choisir.
Choisir est difficile, quand on est dans la position d'Elias. Il sait ce qui risque d'arriver d'ici peu, et pourtant... Pourtant, il y a cette lueur d'envie dans ses yeux.

Il pourrait choisir de couper court à cet instant de flottement. La recadrer, sortir une phrase du goût de « qu'est-ce que vous faites », ou un « Oui ? » interrogatif, quoique ce soit du genre. Simplement : remettre les choses dans leur contexte. Ce qu'elle fait maintenant, c'est quelque chose que font beaucoup des prédateurs sociaux, ceux de la nuit comme les autres : profiter d'une ambiguïté pour parvenir à ce que l'on veut. Ici... elle est proche, trop pour que ce soit innocent. Selon Elias... Elle n'est pas stupide, elle sait l'effet qu'elle peut avoir sur un homme, et elle a certainement deviné ses différentes œillades sur elle comme pas totalement innocentes. Ainsi, jouer sur une ambiguïté, faire miroiter un rapprochement homme-femme pour ensuite se jeter à la gorge de son prochain, c'est une stratégie viable. Et commune, pour fait : Elias est le premier à procéder de la sorte. Il n'aime pas passer par le brutal barbare d'un guet-apens au détour d'une ruelle, ou quelconque autre méthode digne du Sabbat. Il préfère approcher ses cibles, se les approprier, d'une façon ou d'une autre, et commettre son petit méfait. Et prétendre qu'il soit rare qu'il profite d'un baiser ou d'un rapport sexuel pour se nourrir dans le feu de l'action serait mentir. C'est même sa méthode de prédilection.
Alors oui. Il pourrait recadrer, l'empêcher de profiter de ce moment où sa cible reste bouche-bée sans trop savoir comment réagir à son approche, et agir.

Ou il pourrait laisser faire.

La pensée lui caresse l'esprit en une dangereuse, terriblement dangereuse tentation. C'est risqué sur le long-terme, de boire, ou laisser boire son sang, entre deux Vampires. Lorsque les créatures de la nuit se lient autrement que par association, tout devient plus complexe, plus dangereux, plus fatal. Rappelez-vous : nous sommes en train de parler de créatures surnaturelles aux pouvoirs surhumains qui sont habités par une Bête intérieure qui n'attend qu'à être déchaînée par la première émotion forte, le premier instinct trop primal.
Vous saisissez le risque ?

Mais... Mais c'est un risque tentant à l'esprit de certains. Le plaisir du Baiser, l'emprise sur autrui, La dépendance... Il y a beaucoup à retirer de ce pari risqué, pour un épicurien. Pour quelqu'un comme Elias. Certes, ce serait risqué, insensé et irraisonnable. Mais le passé l'a prouvé par plusieurs fois : Elias est un homme de pulsions, passions et sentiments, avant d'être un homme d'intellect, de raison et de logique. Pas qu'il soit idiot, loin de là. Simplement que ses passions passent avant Ce qu'il serait bon de faire. Donc oui. En ce moment, dans une fenêtre de réflexion bien plus maigre que le temps qui s'est écoulé en ces quelques lignes, il y a une pensée qui murmure à l'esprit du Malkavian, une autre qui doucement, supplante la première voix qui lui dit « danger ». Une autre qui lui dit « et pourquoi pas » ?
Fait amusant, lors d'une de ses vies construites de toute pièce, Piero s'est appelé Adam. Il n'a jamais vraiment appris à résister au fruit défendu.

Tout se passe à la fois vite et lentement. Il y a ce moment où il la fixe, et où un mélange d'appréhension et d'envie se déchiffre dans son regard. Comme ce qui peut se lire lorsqu'un homme se rend compte que Cette femme est un peu trop proche de lui. Puis, progressivement, cette espèce tentation incertaine se transforme, devient plus... Affirmée. Ses yeux perdent de la confusion des premières secondes, pour ne garde que le reste. Ses lèvres s'entrouvrent en un discret sourire, différents de ceux de jusqu'ici. Dans ses prunelles, un message qu'elle peut lire. Fais-le.

Lui aussi, joue sur l’ambiguïté. Joue le rôle de cet humain libidineux qui voit simplement une femme s'approcher dangereusement de son visage. Et... en partie, il est ça. Il n'est simplement pas humain. En ça, ça n'est pas réellement un rôle qu'il joue. S'il devait être honnête...
Cette situation l'amuse trop pour son propre bien.

C'est soudain, lorsque ça arrive. Le visage de l'artiste bifurque légèrement, mais rapidement, pour rencontrer le sien qui commençait à approcher de son cou. Sans coup de semonce, ses lèvres vont chercher les siennes, et si elle se prête au jeu, la langue ne tardera pas à suivre. Ce n'est pas une réflexion consciente dans son esprit, mais le geste a un intérêt double : 1) La surprendre pour retourner son jeu de pression contre elle, et elle aussi la forcer sur une décision quant à la marche à suivre pour la suite. Le recadrer lui, et donc abandonner les projets qui gravitent autour de sa gorge, ou au contraire s'y jeter en profitant de sa position vulnérable. 2) embrasser une femme qui l'attire.
Oui, il ne faut pas chercher beaucoup plus loin que ça, parfois.
Et sans même le savoir, il venait de reproduire en partie le schéma qui a vu Mélinda s'offrir à Amaria. Là, sur ce divan, tandis que la psy s'approche trop prés et que le patient s'emballe. Simplement n'est-il ni ivre mort, ni complètement dépourvu de ses moyens.

Cette consultation ne pouvait rester une simple consultation indéfiniment. Tôt ou tard, les choses devaient déraper. C'aurait pu être par Elias qui évoque progressivement Mélinda, pour menacer Amaria à demi-mot et lui demander de laisser la jeune femme tranquille. C'aurait pu être en dévoilant sa nature, en provoquant une réaction agressive. C'aurait pu être de bien des façons différentes.
Au lieu de tout cela, les choses ont dérapé parce que chacun des deux protagonistes ont succombé à leurs faims respectives. Au moins en partie.

Et quoiqu'il survienne par la suite, la parodie de normalité de ce rendez-vous finira définitivement brisée. Peut-être est-ce le but inconscient de l'esprit Chaotique d'Elias : forcer leurs vraies natures respectives au grand jour, sans le filtre des codes moraux et de l'éthique professionnelle pour les cacher. Sans la Mascarade.
Qui sait ce qui peut bien se tramer, dans ce tortueux subconscient. La seule certitude qui puisse réellement subsister par rapport à son geste, c'est un constat très conscient : ces lèvres lui ont fait envie dés le moment où elle a ouvert la porte.
Sa gorge aussi. Mais ça, ce n'est pas une réflexion qui se pose encore.
Pour l'instant.
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Dim 9 Déc - 17:22
Tout simplement obsédant.

Sachez-le, mortel, rien n’égale le plaisir du baiser et l’envie du sang qui lui ait liée. Cette pulsion déraisonnée et sauvage, cette soif de bien-être ultime, n’a d’équivalent en ce bas monde. Toutefois, bien que n’étant pas de ceux qui se retiennent le plus de boire, je trouvais en l’admiration de son dessins la force de résister quelques secondes de plus à la tentation.

Dans un sens, poser mes lèvres dans son cou était ce dont j’avais besoin, mais dans un autre, je savais pertinemment que plus rien ne serait exactement pareil. Il aurait… une envie surnaturelle de me revoir, de regoutter à ce dangereux plaisir, de me voir comme bien plus…
A noter d’ailleurs que j’avais si vite remplacé Sally dans son esprit. Était-il du genre infidèle ? Ou bien polyamoureux ? Une autre question pour un autre jour !

Car à l’heure actuelle, je me rapprochais de secondes en secondes imperceptiblement de son cou. Je savais, je sentais qu’il percevait mon approche et le plaisir lugubre qui s’en rapportait. Comme j’avais ressenti son sourire après mon compliment, je ressentais désormais la tension ambiante monter d’un cran… C’était ce moment si étrange, similaire à lorsque devant l’être aimé, on se retrouve sans voix et l’on sait que l’essentiel à été dit…

Mais vous savez, je n’éprouve rien de particulier pour Elias. Certes son talent et ses capacités intellectuelles m’impressionnent au plus haut point, mais je ne suis pas de celles qui éprouvent le moindre sentiment d’attachement si promptement, d’autant plus vis-à-vis d’un présupposé humain. Il est simplement… disons… attirant, je dois bien le reconnaître, et possède en conséquence un certain charme. De toute manière, à la manière dont toute cette entrevue a commencé, il était certains qu’elle ne pouvait se terminer très différemment. Nos jeux de regards, nos légers sourires et ces compliments en sous textes qui avaient parsemé notre entrevue ne pouvaient nous amener qu’en cette situation, avec mes yeux oscillant entre sa feuille et son cou, et lui, lentement, reculant sa tête pour chercher mon regard.
C’était comme si… Il le savait, mon objectif à passer dans son cou. Il reculait la tête comme une invitation, laissant à ma merci sa nuque immaculée. Ce petit acte me fit d’ailleurs échapper un sourire tout autant carnassier que provocateur. J’avais soif, mais aussi au fond de moi envie de lui faire partager le macabre plaisir du baiser, que son sang encore tiède parcoure mes veines et que son être ressente un plaisir nouveau.

Ainsi, je m’approchais encore un peu. Désormais, il était clair que ma cible était son cou, ma bouche étant au niveau de son oreille recouverte de cheveux ébouriffés. Toutefois, cet angle de vue peu accommodant ne m’empêchait pas de continuer à observer son œuvre par quelques regards discrets. Quelle précision dantesque, quel artiste incroyable. Que serait-il si… Il avait l’éternité pour s’améliorer.

Cette pensée me fit m’arrêter une fraction imperceptible de secondes. Jamais de toute ma mort je n’avais envisagé d’avoir ce que les autres appellent une Gule… Ou une Ghoule… Je ne sais pas trop, mais en gros c’est un mortel qui se nourris de son sang.
A vrai dire, j’en avais croisé des hommes et femmes brillants avec lesquels j’ai eu des aventures plus ou moins professionnelles, mais jamais aucun ne m’avais en si peu de temps impressionné. Alors bien évidemment, je n’allais pas pratiquer cela dès aujourd’hui, mais le simple fait que mon subconscient ait envisagé cela me montrait qu’il serait peut-être digne d’échapper à la grande faucheuse grâce à moi. Cela faisait d’ailleurs quelques décennies que peu à peu, la recrudescence de technologies m’handicapait. J’avais de plus en plus besoin de gens à mon service pour faire des choses qu’autrefois je pouvais faire sans crainte d’être filmée. Sale époque que nous vivons aujourd’hui, d’autant plus pour quelqu’un ne pratiquant pas l’occultation. Mais bref…

J’étais de plus en plus proche de lui, et je remarquais à nouveau ses mimiques synonymes d’intenses réflexions. Comme une réserve à ce qui allait se produire, comme une cogitation qui n’avait sa place dans ce moment précédant le plaisir intense. Je le sentais désormais comme il le sentait, ce souffle chaud simulé par le sang qui parcourait nos corps touts entiers. Dernière inspiration avant de passer à l’acte, durant laquelle je fais lentement s’allonger ma langue au creux de mes joues, telle celle d’une vipère. Cette excentricité que beaucoup qualifieraient d’horrible, je l’affectionnais tout particulièrement. Cette langue disproportionnée permettait également le baiser dans toute la sensibilité qu’est celle de cette partie du corps. L’apposer délicatement sur le cou de sa victime, puis profiter de son sang qui la parcourt est purement exquis. Je ne suis de coutume pas une femme de luxure, mais dans ce cas précis, j’étais prête à me laisser tenter.

Je me permis juste avant de laisser s’échapper ma langue de ma bouche, hors de son champ de vision, de jeter un furtif regard dans le sien. Il me fixait… étrangement.
Cela me stoppa dans mon élan à vrai dire. Il y avait quelque chose d’intimement étrange, de profondément suspect. Ce n’était pas le regard qu’un homme faisait lorsqu’une sublime femme allait l’embrasser dans le cou, c’était, oui… Un regard confiant, un regard qui criait presque « vas-y, continue ».
Ajouté à tout ce que j’avais supposé plus tôt, cela commençait à faire beaucoup. Dans l’absolu, ce genre de comportement restait cohérent avec sa personne, et je me doutais bien que je n’étais pas la première à agir de la sorte, même si l’issue serait bien plus qu’un baiser humain. Toutefois, c’était comme s’il pressentait le plaisir que ça allait lui apporter, comme si…
Il savait.

D’ailleurs je…
Tout mon corps se figea lorsque promptement, ses lèvres s’approchèrent des miennes. Pour être franche, il m’avait surprise, tant cette action semblait contredire le regard qu’il m’avait lancé une fraction de secondes plus tôt. Nos nez étaient à la limite de se toucher, et mon changement d’expression avait très légèrement trahi ma surprise. Très lentement, avec un sourire naissant sur mes lèvres, ma tête s’inclina et mes yeux retrouvèrent les siens. Je le voyais dans son regard espiègle, il n’était pas mécontent de lui, pas mécontent d’où cette consultation était arrivée. A ce moment précis, durant cet infime instant où nous étions si proches, l’hésitation s’était emparée de mes songes. Embrasser un humain, ce n’était jamais quelque chose qui me ravissait pleinement. Je voyais surtout cela, la plupart du temps, comme une conséquence désagréable de l’influence que j’avais peu avoir sur eux, rien de plus.

Mais là, très précisément à cet instant, j’en avais envie.
Je ne saurais le décrire plus amplement, c’était comme s’il avait manipulé la manipulatrice pour en arriver précisément ici, mais lentement, sensuellement, mes yeux se fermèrent lentement et mes lèvres se posèrent sur les siennes. Dans ce tableau si étrange, nos visages aux sens opposées, nos corps entrèrent intimement en contact et ma main, initialement apposée sur le canapé, alla chercher délicatement la base de son cou.

Naturellement, nos langues s’entremêlèrent dans un arrière-gout de sang. La langue de reptile offrait à ce point un supplément de luxure macabre à cette étreinte, si bien que je pris à cette instant conscience de la taille un brin anormale des canines de l’individu.

A ce moment, alors que le baiser humain se poursuivait, je souris.
Je le savais depuis le début, intérieurement, je l’avais ressenti, toutes ces intuitions que je n’osais réfuter, tous ces légers indices, son talent, ses paroles, son assurance. Tout ceci était si cohérent que je ne fus même pas déçue d’en déduire qu’il n’était pas humain.
Ce plaisir, je le fis encore durer quelques secondes avant de lentement décoller les lèvres des siennes et de laisser ma langue fourchue regagner ma bouche à sa vue. Mes yeux s’entrouvrirent et le fixèrent à nouveau, alors que ma main lentement remontée le long de son cou s’apposa sur ses lèvres pour en essuyer une macule de salive ocre de sang qui s’y était déposée.

Je laissais alors s’échapper du bout de mes lèvres encore ses proches des siennes, malicieusement d'un ton espiègle, alors que mon pouce finissait de parcourir le coin de son sourire…

Alors, monsieur le vampire, comment trouvez-vous cette consultation ?
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Dim 9 Déc - 20:23

C'est d'une ironie plutôt savoureuse, quand on sait.

Quand on voit ce naturel joueur chez Elias, ce goût du risque, ce comportement d'homme qui aime pimenter ses nuits de prises de risques, de paris incertains, d'imprévisible. Un amateur d'adrénaline, en somme. Tout ça, et pourtant... Pourtant, ses plus grands traumas, il les gère en les oubliant. Il joue avec le feu, mais craint la brûlure. Il gravit la montagne sans équipement, mais il a le vertige. Paradoxe ? En quelque sorte. Disons qu'il ne prend pas tous les risques. Les risques pris qui lui reviennent au travers du visage, il les encaisse. Les risques pris qui rebondissent sur ses proches...
C'est une autre histoire.

Et pour le moment, le risque qu'il prend, c'est celui de jouer avec une autre prédatrice de la nuit. De pousser le jeu de la tromperie peut-être un peu trop loin, et ce sans jamais mentir. De pousser le jeu de tentation peut-être trop fort, et ce sans mesurer les potentielles conséquences. Mais on est déjà passé par là : Elias est un homme d'envie, pas de raison.

Et là, toute calée entre leurs échanges de regard et leur proximité intimiste, se cache son envie d'aller lui voler les lèvres.

Elle ne se cache pas énormément plus longtemps.
Il sait ce qu'elle veut. Et il ne serait pas contre le lui donner, foncièrement. Il lit la faim de son regard, et ce n'est pas celle d'une femme pour un homme, c'est celle d'un Vampire pour sa proie. Enfin... Certains diraient que l'un n'empêche pas l'autre, lui y compris, mais là n'est pas la question. Une autre question se pose, cela étant : celle de son rôle. De son mensonge blanc : sa prétention d'être humain. Et un humain ne convoite pas le Baiser Vampirique, pas la première fois en tout cas.

L'on pourrait se poser la question de Sally. Et ce serait mal connaître Elias – mais là encore, ce n'est pas simple de connaître Elias -. Le Malkavian passe l'essentiel de ses nuits de chasse à charmer, tromper ou persuader, pour arriver à ses fins. De façon pragmatique : la séduction est une arme pour lui. De façon réaliste : la séduction est un hobby pour lui. Elle, et tout ce qui suit dans son sillage. Le regard envieux de quelqu'un sur soi, les joutes de mots et de langage corporel qui précèdent, le sexe. Tout ça fait partie de la grande recette qui lui permet d'apprécier ses « repas », d'apprécier la vie, plus simplement. Est-ce pareil pour Sally ? Non, mille fois non. Ou tout du moins, c'est à des années lumières de n'être que ça. Bien des femmes peuvent se vanter d'avoir été la femme de ses draps, la femme de sa soif. Elle seule peut se vanter d'être la femme de son cœur.
En tout cas... Au temps présent.
Un jour, sera-t-il bon de revenir sur la nature et l'origine de leur relation. De leur rencontre.
Un jour, mais pas aujourd'hui.

Aujourd'hui, il est sur ce divan, prisonnier des serres de la psychologue de ce cabinet, enfermé par des barreaux de désir. Un détenu consentant, en somme.

Deux billes sans fond qui viennent fixer ses yeux à elle, puis descendre vers sa bouche. Percevoir son sourire, s'en amuser. Au fur et à mesure qu'elle approche, ses pupilles se dilatent un peu plus, et lorsqu'elle est là, toute proche, si proche qu'il peut sentir son souffle autant qu'elle peut sentir le sien, il a cette pulsion qui lui prend les tripes.

Celle qui le pousse à lui refuser son cou encore un petit moment, parce qu'autre chose l'intéresse. Celle qui le voit avoir ce mouvement de la tête, pour inverser les rôles. Les yeux se croisent, et il voit d'abord de la surprise, puis ensuite... Ce qu'il espérait voir. Des deux côtés, les paupières se referment, et les lèvres s'unissent en même temps qu'une main trouve sa place à son cou.

Dés lors, plusieurs choses à noter.

D'abord, le plaisir.
Le simple mais enivrant plaisir d'un baiser, de lèvres qui se joignent, puis de langues qui s'unissent, de corps qui s'approchent, se touchent. Un plaisir terrestre, sans grande complexité ni implication surnaturelle. Seule magie qui opère : celle des hormones et du corps humain.
Ensuite, la surprise.
Pas une désagréable surprise. Mais une surprise tout de même. Une langue... Longue. Très, trop longue, différente d'une langue humaine. Si bien que la sensation est loin de lui déplaire, mais arrache une très discrète surprise sur son expression, l'espace de quelques secondes. Plus tard, il comprendra. Pour l'instant, l'heure n'est pas à la réflexion.
Enfin, la soif.
C'est subtil, très, très subtil. Infime, imperceptible. Mais un Vampire le ressent quand c'est présent, peu importe à quel point en petite quantité. Dissimulé entre les travers décadents de leur étreinte, il est là : le goût du sang. Comme si elle s'était mordue la joue, il y a peu. Il ne reste quasiment rien, à vrai dire. Juste assez pour donner une autre dimension à leur embrassade, juste assez pour éveiller une autre faim refoulée jusqu'ici.

Ca dure un moment, un agréable petit moment d'éternité pendant lequel le Malkavian oublie la raison de sa venue, oublie où il est, oublie tout. Ne fait rien d'autre que profiter de l'instant présent, comme à son habitude. Puis, lentement, les lèvres se séparent, donnent le signal de redescendre sur terre. Alors il ouvre les yeux, puis la voit, toujours toute proche, avec cette longue langue bifide qui retrouve sa place dans la bouche d'Amaria. Tseh. Je pourrais m'habituer à ça. La remarque lui passe, et renforce l'étirement de lèvres au coin de son visage. De nouveaux, ils se fixent, tandis qu'une main féminine remonte le long de son cou, et essuie la petite quantité de rouge qui s'était déposée au coin de ses lèvres.

Ce qu'elle pourra lire sur son visage, ce sont des choses qu'elle devrait facilement identifier. Tant la femme que la Vampire.

L'excitation. De ses yeux à son expression, la poussée d'adrénaline causée par leur baiser se lit aisément sur son visage. Elias est bon menteur, mais lorsqu'il ne fait pas l'effort de tromper, son visage trahit fortement ses instincts et émotions. Peut-être trop.
La soif. Là, au coin de son regard, elle se perçoit, mêlée au désir masculin, il y a la soif de sang. Celle qu'il n'a pas manifesté jusqu'ici, mais qui s'est réveillée à cause de cet arrière-goût discret. Pas la soif de sang irraisonnée d'un Vampire sur le point de perdre pied, non... Plutôt la lueur de gourmandise d'un Caïnite à l’appétit ouvert.
Et finalement, la surprise.

« Vampire ». Lorsqu'elle prononce le mot, son visage est traversé par une franche surprise. Courte, mais franche. Puis, finalement, un doux rire. Et une réponse, Alors qu'il lève la main jusqu'à  apposer son pouce sur ses lèvres  à elle, en un geste miroir au sien.

- Divertissante.

Il aurait pu nier, mais c'aurait été vain et insultant. Il est découvert, et doit bien avouer son erreur. Mais il n'a pas l'air de s'en formaliser : il reste égal à lui-même, sans grand changement par rapport à qui il a été jusqu'ici. Ce qu'il y a à déduire ? Oui, il n'a pas été totalement honnête, en cachant sa nature. Pour autant, dans cet entretient et ce depuis le début, il est lui. Fidèle à ce qu'il est, sans artifice ni mensonge.

- Et instructive.

Il ajoute ça, énigmatique. Oui, instructive : il a appris à cerner qui était celle qui a changée Mélinda. Son environnement, sa nature, et de façon bien plus superficielle, sa pensée.. Et... Et son clan aussi, certainement. De son Ethnie à son cabinet en passant par sa langue... Oui, il ne se l'est pas dit sur le coup, mais Elias en est maintenant plutôt certain : il a à faire à une Sétite.
Intéressant.

- J'avoue avoir oublié mes crocs, dans le feu de l'action. Tant pis.

Tant pis, dit-il comme s'il aurait aimé pousser le jeu plus loin. Il n'a pas l'air déçu, ni contrarié. Non... Simplement était-ce divertissant selon ses critères, cette prétention de jouer l'humain. Ce tant pis, ce n'est pas celui de l'irritation, simplement... « On aurait pu jouer encore un peu plus », disons.
Mais le jeu est terminé. Il s'achève, pour laisser place à un autre.

Toujours assis sur le divan, il la jauge un moment, puis souffle légèrement du nez, rictus au visage. L'instant d'après, sa silhouette disparaît, et le divan se retrouve vide. Comme s'il n'avait jamais été là.

Ca dure à peine quelques secondes. Une poignée de secondes sans rien sauf le silence. Puis elle pourra les sentir. Les deux mains qui viennent de derrière elle, et trouvent leur place à ses hanches, tandis qu'Elias est là, dans son dos, contre elle, la bouche prés de son oreille. Et il le dit, de sa voix entêtante.

- Est-ce que ça te surprendrait si je te disais ne pas être seulement ici pour une consultation ?

Sans prévenir, il abandonne le vouvoiement, de la même façon qu'il n'a pas prévenu pour exercer son petit tour d'Occultation. Rôles inversés : là, c'est lui qui est dans son dos, c'est lui qui a vue sur sa gorge.
C'est lui qui mène la danse. Il n'est plus simple patient.

Toutefois, si elle est attentive, Amaria pourra discerner une nuance. « Pas seulement ». Ce qui, si elle a été attentive à l'importance qu'Elias accorde aux mots... Signifie qu'il est tout de même venu ici pour ça en partie.

C'est risqué, d'utiliser son pouvoir de façon si visuelle, et si surprenante. Elle pourrait penser à un geste agressif. Mais... Mais s'il avait voulu être agressif, il l'aurait été dés le début. Ce n'est pas le but ici, et il la pense capable de percevoir ça. Non. Comme dit plus tôt : un jeu s'achève, puis un autre prend sa place. Bien qu'il y ait maintenant une autre question que celle de tromper l'ennui. Une question plus sérieuse.

- J'ai l'amie d'une amie qui va mal en ce moment. Depuis quelques semaines, elle se comporte étrangement, s'isole... Ca la préoccupe, et je me suis dit que je pouvais peut-être l'aider. Alors j'ai cherché un psy dans les Pages jaunes, puis me suis dit que j'irais profiter de me soulager la conscience de quelques petits démons à extérioriser pour juger de la qualité d'un professionnel à lui présenter.

Mélinda Neverwinter, de son petit nom. Tu penses pouvoir t'en occuper ? Si tu me rends ce service... Disons que je saurais renvoyer l'ascenseur le jour où tu en auras besoin.


Il dit chaque mot d'un ton bas , comme s'il racontait un secret. Il articule chaque syllabe, comme pour mettre un certain accent sur l'importance de sa requête. Ici, il a menti, mais paradoxalement, son seul réel mensonge de toute leur rencontre ne saurait être plus honnête : tout ce petit laïus est à interpréter à double-sens, et il ne le cache pas réellement. S'il est ici précisément, c'est qu'il sait que Mélinda a été patiente ici. Qu'il sait ce qui s'est passé, au moins en partie. De fait, le sous-texte est plutôt simple : Répare ton mal, et j'aurais une dette envers toi. Et les dettes sont quelque chose d'assez pris au sérieux par de nombreux Vampires. Peut-être pas elle, mais... c'est un risque à prendre.

Un autre de plus.
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Lun 10 Déc - 0:52
Je m’amusais toujours autant à déchiffrer le visage des humains comme des vampires après ce genre de geste intimes.

Excitation, désir, surprise, envie de continuer mais aussi envie que l’instant ne cesse jamais.
C’était toujours amusant à voir. Un petit geste si anodin qu’essuyer une lèvre de son pouce ajoutait un brin de sensualité avec lequel j’aimais tant jouer, provoquait toujours une envie certaine.
De plus, maintenant que j’avais deviné sa nature, j’étais un brin moins gêné de ma dérive passionnelle, même si un brin de déception me traversa l’esprit. Le fait qu’il soit vampire n’en retirait rien à son talent, mais d’un autre côté, j’aurais tant aimé avoir la chance de rencontrer un humain si exceptionnel. Toutefois, le fait de ne pas avoir apposé mes lèvres sur celles d’un mortel me soulageaient quelque peu, mais tout à coup, un sentiment très désagréable me vint à l’esprit à la seconde suivant la question que j’avais posée.

Avais-je été sous l’exercice d’une de ses disciplines ? Non… Enfin probablement pas, sauf si nous étions de la même génération… Cela voudrait dire alors qu’il aurait pu lire dans mes pensées, m’influencer… Ou bien rien de tout cela, la seule chose certaine, c’est qu’il n’était pas Séthite, sinon il n’aurait pas essayé de me le cacher voyant très clairement la tendance égyptienne du lieu et les hiéroglyphes prônant la gloire du Dieu rouge.
Ne pensez d’ailleurs pas que le fait que sa nature m’ait échappé m’indiffère. Bien au contraire, j’avais bien trop manqué de prudence à son égard, m’étant laissée bercer par son art et ses belles paroles, si bien qu’il avait su cacher sa nature à mon introspection spirituelle. Toréador ? Fort probable, mais pas certain. Même si je collais plutôt bien aux clichés sur mon clan, ce n’était clairement pas le cas de tous les caïnites.

Cette intense réflexion inachevée fut interrompue par sa voix et son geste, me rendant le peu de tendresse et de sensualité dont j’avais fait preuve il y a un instant.

L’effet de sa réponse fut mitigée sur moi. Amusante ? Vraiment ? Qui y’avait-il de si amusant ? Moi ? Sa séduction ? Le fait que j’ignore sa nature, car apparemment lui l’avait devinée ? Que c’était agaçant, le sentiment de s’être fait avoir, que savait-il exactement ? Ahhhh trop de questions et aucune possibilité de répondre, sa main étant apposée sur mes lèvres. Cela me fit lâcher un léger sourire d’ailleurs, aussi mitigé que ma pensée. Car en effet, le fait qu’il ait perçu cela instructif selon ses dires laissait tout de même croire qu’il en avait tiré quelque chose… A moins qu’il cherche quelque chose et qu’il l’ait trouvé…

De la part d’un homme qui comme lui choisissait précisément ses mots, c’était probablement bien volontaire de faire resurgir tant d’interrogations alors que ma première et principale question venait d’être solutionnée. A vrai dire, c’était le genre d’astuces que j’utilisais pour semer le trouble chez mes patients, alors a quoi bon lui en vouloir.
Depuis le début, n’étais-ce pas en partie un duel d’adroits manipulateurs ?

Tout cela si bien que je ne crus pas aux mots qui suivirent. Oublié ? Vraiment ? Pensait-il que j’allais embrasser comme une adolescente ?
Tout comme je n’étais probablement bien loin d’être sa première conquête, c’était réciproque, et penser qu’en tant que vampire je ne vérifierais pas ce détail était bien me sous-estimer. Mais dans l’absolu, il était peut-être même en train de lire mes pensées, c’est pourquoi je restais bien prudente sur mes suppositions… D’ailleurs…

Mes yeux en cet instant se froncèrent alors que devant moi se tenait un canapé bien vide. En une fraction de seconde, je me tins prête à me défendre. La tension était tant montée d’un coup que mon regard balaya rapidement la pièce sans que je bouge la tête. De l’occultation, bien entendu, j’en avais vu bien assez chez mes compagnons séthites pour que je devine quel genre de tour il m’avait fait, toutefois, que comptait il faire en disparaissant de la sorte. Le cabinet était sans issue ouverte et je ne lui trouvais pas de raison de s’en prendre à moi…
Toutefois, méfiance était le maître mot et je choisis de me lever pour scruter plus amplement la pièce. J’allais alors faire un pas vers son centre lorsque je sentis deux mains délicatement se poser sur mes hanches.

Sous ses doigts à cet instant, il put certainement ressentir mon sursaut, suivi d’un petit rire contenu. Quel geste osé, même si j’avais accepté ses lèvres plus tôt, mais cela n’était pas totalement pour me déplaire…
Sa phrase, tout aussi osée, fit reculer lentement ma tête vers son épaule, sans la toucher cependant, pour chercher à nouveau son regard. Il avait des pensées bien salaces pour un vampire, qu’il cachait d’ailleurs si bien sous ses airs de charmeur, confiant, certes, mais un brin réservé. Me tutoyer de surcroît, c’était peut-être un peu tôt, même si une nouvelle fois nous avions échangé un peu plus que des paroles. A vrai dire, il m’avait à nouveau rendue méfiante. Ce n’était pas fondamentalement de sa faite, simplement qu’il restait bien inconnu et sa nature avait ajoutée une conséquence surcouche de mystère à son originalité.

Toutefois… Pour qui me prenait-il ?
Susurrer une phrase sensuelle au creux de l’oreille était une chose, mais s’offrir un accès à ma gorge en était une autre, c’est pourquoi j’avais bougé ma tête de la sorte, et que, lentement, je me tournais pour lui faire face.

Quelles étaient maintenant ses attentions ? Juste l’acte charnel ? Tester ses charmes ? Ou bien encore déguster ma vitae… En tous cas, il semblait intéressé par mes talents d’écoute, et ce, m’avait très finement fait baisser ma garde…

Ce joli brun était empli de mystères, et alors que mes yeux avaient enfin réussi à accrocher les siens, j’apposais mes mains par-dessus les siennes pour pleinement lui faire face. Aucune raison de se presser, il n’était clairement pas du genre à l’arracher la gorge sans sommation, toutefois, je savais ce qu’était la montée de la soif, et il serait bête qu’il aille également provoquer ma bête en m’assoiffant d’autant plus… Disons que entre-tuer maintenant serait fort contre-productif… et bien dommage…

Il reprit alors la parole alors que désormais je lui faisais face. Je recommençai d’ailleurs avec amusement ce jeu de regard qui caractérisait si bien notre entrevue. Je fis en plus un petit pas en arrière, m’asseyant sur le montant de la méridienne. Un mouvement anodin, mais qui me plaçait précisément à sa hauteur et qui n’empêchait en rien ses mains de rester où elles étaient, simplement que…
Il était un peu plus grand…
… et je n’aimais pas qu’on me regarde de haut.


Il était donc également venu pour… avoir un rendez-vous pour une amie ? Était-il venu pour tester mes compétences ? Y connait-il quelque chose dans ma discipline professionnelle ? Hmm… Dans l’absolu, je n’avais rien contre, jusqu’à ce qu’il dise son nom qui m’offrit la dernière pièce du Puzzle.

Mélinda Neverwinter, peut être pensait-il que je ne m’en souvenais pas mais… Disons que chaque personne qui passais ces portes s'inscrivait en moi. C’était… Disons… De l’investissement professionnel. Il put alors lire clairement sur mon visage un air coupable très dilué dans l’amusement. Avait-il réellement tant d’attachement pour les mortels ? Au point de se bouger dans un cabinet de psychologue en début de nuit pour chercher à la convaincre de réparer ses sévices spirituels ? Il fallait croire...
Étonnant en tous cas, cela me donnait d’ailleurs une idée de question s’il acceptait de prendre une nouvelle consultation…

Ah je comprends donc ce que tu fais ici… commençais-je nonchalamment, choisissant également d'abandonner le vouvoiement… Oui il se peut que j’aie cassé ta soi-disant amie… J’en suis désolé, mais elle restait une humaine manipulable et je ne pus résister à la pousser au vice… Mais si tel en est le cas, autant résoudre cela maintenant !

Mes yeux se révulsèrent une fraction de seconde alors que la soif s’intensifia à l’instant qui suivit. Si elle était chez elle, elle serait entre ces murs dans une vingtaine de minutes, en espérant que ses veines ne soient pas pleines d’alcool ou autre hallucinogène. Un petit discours, l’exercice de quelques disciplines et encore quelques séances la remettraient sur pied, mais comme preuve de ma bonne foi, je devais lui montrer cela.

Pourquoi ? Par gentillesse ? Pas vraiment… Juste qu’un vampire redevable était bien plus utile qu’un mortel servile, et que je n’avais aucun projet pour cette pauvre Mélinda, à part peut-être, l’inviter à un dîner où elle serait le plat principal.

A nouveau, mes yeux se révulsèrent. La soif était en conséquence bien plus forte, mais j’allais bientôt avoir besoin de recharger les batteries. Celle que j’avais convoqué cette fois n’était personne d’autre qu’une serveuse d’un bar voisin qui allait débarquer dans quelques minutes. A cette heure, elle était probablement ivre à la fin de son service et lui avoir parlé quelques fois me permettais de l’appeler dans l’enceinte de mon cabinet…

J’ai cru voir que tu avais soif Elias, et comme tu l’as deviné moi aussi. Je me suis donc permise de commander à manger. Une serveuse trentenaire, c’est à ton goût ?


Suite à ces mots, je laissais s’échapper un léger sourire carnassier, fixant toujours Elias. J’avais terriblement soif, et pour éviter tout dérapage, je me mordis à nouveau pour étouffer l’envie.
J’étais certes en besoin de sang, mais un appétit plus grand encore était ailleurs. Ma crainte était toujours d’actualité, mais j’étais aussi fort curieuse de plonger mon esprit dans celui de l’artiste et de savoir ce que sa faveur prochainement due pourrait m’offrir.

Laissant par mégarde s’écouler quelques fines gouttelettes de sang du coin de ma bouche, je maintins mon regard plongé dans le sien, un sourire malicieux au lèvres…
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Lun 10 Déc - 18:13
Ce serait malhonnête que de dire que ça ne lui plait pas, de semer le doute de la sorte.

« Divertissant », comme il l'a dit. Par bien des aspects, la façon qu'a Elias de gérer les choses du quotidien de la vie est bien enfantine. Il prend son plaisir, son amusement là où il le peut, trop peu soucieux des conséquences avant qu'elles ne lui tombent dessus, consomme, consume, puis réitère. Parfois, il y réfléchit à deux fois, pour une raison X ou Y.
Aujourd'hui, il est là, dans ce cabinet, pendu aux lèvres de la Sétite maîtresse des lieux, un éclat libidineux qui brille dans ses yeux.

Il lui répond, honnête, neutre, sans filtre de mensonge. Il avoue même sa bêtise, son oubli : il en a eu envie, alors il l'a fait, sans penser à ses crocs. En oubliant même qu'il avait jusqu'ici fait l'effort de la discrétion quant à sa nature. Il aura suffit d'une pensée, d'une lubie, d'une pulsion envieuse, pour que tout le large château de cartes s'écroule. Détruit, l'édifice de la tromperie. l''Elias au teint pâle et aux dents longues est bel et bien un Vampire. Et si l'on en doutait encore, sa disparition soudaine du canapé achève de le prouver.

Lorsqu'il revient, il est dans son dos, autour d'elle. Il sent son sursaut de surprise, entend son rire, capte son regard. L'on pourrait penser à un simple jeu de flirt, mais c'est plus complexe que ça, quand on connaît le sens de la mise en scène du pas si jeune artiste. C'est autre chose, aussi. C'est une remise en contexte : il n'est plus là, patient, allongé dans le divan à raconter ses tares et ses pensées. Plutôt, il est dans son dos, la surplombe, L'enserre de ses mains comme elle avant à sa manière, quelques instants plus tôt. Une façon tacite de faire parvenir le message : la consultation est terminée. Je ne suis plus patient, tu n'es plus psy. Nous sommes tous deux Vampires, désormais.

Et sa phrase, c'est celle qui annonce la suite. Je suis là pour autre chose, aussi.

Il l'observe se retourner, passer ses mains au-dessus des siennes, puis prendre appui sur la méridienne. Dés lors, il n'a plus à baisser les yeux pour capter son regard. Un pied d'égalité, dira-t-on. Ca n'est rien de bien important en soi, Mais ça a sa symbolique, dans leur entretient. Depuis le début, les corps parlent autant que les mots, en de plus subtils messages. Les prochains mots, ce seront des mots plus sérieux, pour aborder un sujet autre que celui de sa psyché. L'objet premier de sa venue, tout du moins en théorie.

Il explique, d'un petit monologue à double-sens qu'elle comprendra sans véritable souci. Il clame le nom, « Mélinda », puis voit le léger changement qui vient nuancer son expression. Il y reste impassible, ne change rien de ses propres mimiques. Puis elle répond. Et quand elle répond, il reconnaît bien être en face d'une Sétite. Cette façon de penser, de procéder, c'est quelque chose qui se retrouve fréquemment chez eux. Comme tout Vampire, ils manipulent, mais pas nécessairement pour les mêmes fins, Pas seulement.
Chacun son Vice, chacun sa part sombre. Qui plus est en ce bas-monde nocturne.

- L'amie d'une amie.

Il reprécise, comme s'il y tenait. Comme pour se distancer : Je ne fais pas ça pour elle, je le fais pour Sally. Il a pu croiser Mélinda à quelques reprises, mais il n'irait pas jusqu'à en parler comme d'une amie. Une connaissance, tout au plus, un visage lointain dans la large marée de gens qu'il a eu la chance de rencontrer. Mais voilà, Mélinda est chanceuse : sa proche amie Sally est une jeune femme têtue et soucieuse du sort de ses amies. Et Elias est soucieux de ce dont Sally est soucieuse.

L'artiste fixe d'un air curieux, lorsqu'il la voit révulser les yeux de la sorte. Il devine l'usage d'une Discipline, et ne comprend de quoi il s'agit que lorsque vient le sujet de la soif, et qu'on lui propose un apéritif. Dés lors, il ne peut s'empêcher d'élargir son sourire en quelque chose de moins innocent que ses précédentes risettes. Le carnassier d'une soif impatiente, d'un vice à consumer au plus vite.

- C'est donc si évident ? C'est sa première réponse, clamée d'un ton de sarcasme ironique, comme pour se moquer de sa propre soif un peu trop visible. Il tend à être plus discret sur la chose habituellement, mais ici... Ici, il n'y a besoin de tromper personne, pas de Mascarade à respecter. Ici, il y a deux Prédateurs nocturnes tous deux conscients de leur nature, des règles du jeu.
Et de comment les contourner, certainement.
Finalement, un sourire. Quant à savoir si c'est à mon goût, l'avenir nous le dira. Puis... Ce serait mal venu de faire la fine bouche quand on est invité, hm?

S'il devait être sincère, elle humaine et lui Vampire, c'est plutôt Amaria qui aurait été à son goût. Et la façon dont elle s'est approchée de son cou quelques minutes plus tôt le laisse deviner que l'inverse est tout aussi vrai. Plutôt que ça, les deux sont donc parti pour se partager une serveuse du voisinage. Insolite situation, pas dérangeante, mais très clairement saugrenue. Et il s'en doute : ce cabinet n'est pas qu'un lieu de médecine, c'est aussi un garde-manger. Pourquoi se fatiguer à aller chasser dans les rues lorsqu'ils se plantent eux-mêmes de leur propre gré sur le divan, prêts à être consommés ?
Elias se fait la réflexion, intérieurement, et elle ne manque pas de le faire doucement pouffer de rire. Ce n'est pas bête, comme façon de faire...

Il pense, mais ça s'arrête vite. Quelque chose le perturbe.

Une odeur. Celle du sang.
Et quelques secondes après, sa vue. Il met un temps à le percevoir, perdu dans sa réflexion, mais lorsqu'il s'en rend compte, son regard se teinte d'un éclat déjà apparu d'autres fois au cour de cette consultation. Elle joue avec le diable, cette Sétite. Elle sait, parce qu'elle a vu, constaté, ça malgré le peu de temps qu'ils ont passés ici. Ce peu de temps lui permet de savoir : savoir qui il est, ce qu'il est, à quel point il est soumis à ses envies et appétits plutôt que l'inverse. Dés lors, lorsqu'il perçoit ce filet de sang passer la frontière de ses lèvres souriante, tandis qu'elle le fixe, il reste silencieux. Pas un mot, rien. Juste ce regard plus intense, ce rapprochement, et un rapide passage de la langue sur ses propres lèvres. Lentement, il répète le geste qu'elle a pu avoir plus tôt, et passe le pouce à ses lèvres pour essuyer la tâche. Il essuie, puis la main reste, posée à sa joue.

- Veille à ne pas trop m'ouvrir l’appétit avant que le repas soit arrivé. Étant gosse, j'ai toujours été ce jeune impatient qui grignotait avant le dîner, si on lui donnait faim.

Il lance ça, l'air innocent, pour répondre à sa petite provocation, sa petite tentation. Il reste maître de lui-même, malgré toutes ces petites mimiques qu'elle fait pour attiser ses faims. Pour le moment.
Finalement, il se pose la question. Au détour d'un regard, d'un geste, l'interrogation se pose : il se demande quel âge peut-elle bien avoir, cette Sétite. S'il parle à une toute fraîche mordue, une femme qui a connue la Seconde Guerre Mondiale, une centenaire, pluri-centenaire... Ce flash de curiosité lui passe à l'esprit, un instant. Il y songe, puis note de garder ça pour plus tard. Simplement... Il balaie la pièce du regard, brièvement. Cherche voir s'il y trouve des vieilleries d'un ancien temps, ou un sous-nombre d'appareil technologiques. Il balaie, puis revient sur le divan, là où il y a toujours son esquisse. Ah, oui.

- Tu peux garder le dessin, si tu veux. Appelle-ça un pourboire de consultation.

Il le dit en même temps qu'il revient vers elle. Puis, sans geste brusque, il s'éloigne. S'éloigne, met les mains dans les poches, puis se met à marcher. Tourner en rond dans la pièce, avec sa attention qui furète d'un point à l'autre de l'endroit.

- C'est bien pensé, je dois l'avouer.
Ils viennent ici, souvent déjà en proie au doute, déjà faibles mentalement. Pas même besoin de se déplacer : c'est eux qui viennent, c'est eux qui appellent, c'est eux qui ont besoin de toi, pas l'inverse. Ils toquent à la porte, s'allongent, puis parlent. Ils parlent, ils demandent de l'aide, de l'écoute. Tu leur donne ce qu'ils veulent entendre, et tu ajoutes un peu de ce que Tu veux qu'ils entendent. Juste ça, et la Vitae arrive tout fraîche entre tes murs ans même que tu aies à te démener là-dehors.
A la fin, la paie tombe, en litres de rouges et bouts de papier vert. Tseh. Dire que je me fatigue encore à les dénicher...


Il finit sa petite tirade, puis recentre son regard sur elle, à quelques pas d'ici, souriant. Oui, ce n'est pas bête. Il lui est arrivé de procéder de façon similaire : des fans qui affluent à un stand lors d'une convention, des dédicaces demandées... Tout peut aller si vite.

Pas à pas, il revient vers Amaria, achevant sa petite inspection des lieux. Il en a profité pour scruter un peu plus qu'il ne l'a fait la première fois, en fait. Il revient, et lorsqu'il arrive à portée, son dernier pas est interrompu par le son de phalanges qui toquent contre le bois d'une porte. Un vague regard par-dessus l'épaule, pour ensuite l'aviser.

- Je crois que tu es demandée à la porte.

Mieux vaut laisser la maîtresse des lieux assurer l'accueil.
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Lun 10 Déc - 19:49
« L’amie d’un amie », certes, mais des amies humaines tout de même.

Je comprenais parfaitement que l’on puisse tomber en fascination, aduler voire même aimer un humain… Mais de là à lui rendre service… se mettre à son service était presque l’étape suivante.
Une façon de penser bien étrange, donc, qu’est celle de cet artiste caïnite. Après tout, la plupart de ceux à l'âme créatrice étaient originaux, et ce point de vue cela ne me dérangeait guère…

Question rhétorique, à laquelle je ne répondis pas un fin sourire.
Oui, c’était évident, de même que j’avais senti le poids de son regard sur ma nuque et sa langue se raidir momentanément sous le goût de mon sang. C’était quelque chose d’imperceptible pour les mortels mais si caractéristique pour nous autres, et maintenant que toute Mascarade n’était plus d’actualité, nous pouvions en discuter librement.
L’apéritif allait d’ailleurs bientôt arriver dans des vêtements de ville et avec quelques grammes dans le sang. A vrai dire, je n’avais pas de réelle préférence pour la plupart des sangs aromatisés, mais je devais bien avouer qu’un brin d’alcool ne serait pas de refus en ce début de nuit. Il m’était d’ailleurs nombre de fois arrivée de servir moi-même quelques verres à mes patients, histoire d’assaisonner mon repas…
Comme des coqs au vin en somme.

Cette pensée me fit sourire au même moment qu’il pouffa de rire, ce qui élargit encore mon rictus. Je n’avais à ce moment pas remarqué le sang qui s’échappait de mes lèvres, mais son imperceptible changement d’attitude, comme mentionné précédemment, me fit vite comprendre ma mégarde. C’était un brin risqué en effet. Même si j’avais deviné sa retenue vis-à-vis de nombre de choses, il n’en demeurait pas moins un Vampire quelque peu assoiffé, et sa langue parcourant ses lèvres ne contre-indiqua pas cette intuition.
Puis vient son pouce qui, à nouveau, s’appose sur mes lèvres. Je le laisse faire, stoïque, contenant les quelques onces de vitae qui s’étaient accumulées au creux de mes joues.

C’est bien vrai, cela serait dommage de se sauter au cou si vite…


Mêlée à l’amusement découlant de son anecdote, je glissais cette petite phrase ambiguë. Tout autant teintée de provocation que d’espièglerie, je comptais bien à mon tour semer un petit, léger, fin doute dans son esprit. Je n’avais pas même réfléchi aux interprétations qu’il pourrait en faire lorsqu’elle atteindra ses oreilles, mais cette petite phrase, glissée comme cela, était à l’image de notre entrevue.
Sérieuse mais ambiguë.

Merci, de toute manière j’aurais eu du mal à te le rendre.


Honnête cette fois ci. Il n’y avait plus de raison de s’en cacher, son talent m’avais subjuguée (l’ais-je assez répété ?!). De toute manière, il restait un patient comme les autres, et je ne lui aurais rien fait payer, comme de coutume, mais tout de même.
J’avais déjà prévu une place pour son esquisse dans ma bibliothèque.

Sur ces pensées, il s’éloigne et son regard quitte le mien. Je l'observe alors déambuler dans la pièce et en lorgner chaque élément hétéroclite. Un vase antique, une fresque de hiéroglyphes, quelques vieux ouvrages peinant à ne pas s’affaisser sous le poids des années ou encore une statue à l’effigie du Dieu rouge, je me doutais qu’il trouverait en ce lieu de quoi s’inspirer outre ma personne. C’était presque d’ailleurs dommage qu’il n’ait pas plus porté de détails sur l’arrière-plan dans son esquisse, mais la critiquer serait de forte mauvaise foi…

Accompagnant cette découverte de ma demeure, il décrit ma manière de procéder, ce qui ne manqua pas de flatter celle qui s’était habituée à ce mode de fonctionnement. Dans un sens, l’ingéniosité au service de la paresse était clairement mon credo, si bien que cette description me laissa échapper un petit sourire orgueilleux. Je visualisais en effet bon nombre de mes festins entre ces murs en cet instant, ce qui lentement transforma mon sourire en une mimique un brin plus dérangeante, carnassière, prédatrice…
Cela eu surtout pour effet d’amplifier encore la soif, si bien que presque inconsciemment, ma langue caressa mes lèvres pour en retirer l’once de vitae étalée plus tôt par mon hôte. Il me fallait encore un peu tenir, d’autant que j’avais en tête une action qui mettrait mes réserves à sec.

Soudain, un léger martèlement d’ongles à la porte, qui me fit lentement glisser de mon promontoire alors que mes talons s’apposèrent au sol. Le dîner était livré, elle avait fait vite… A vrai dire, à sa place, j’aurais mieux profité de mes dernières minutes en ce monde, mais soit, la brebis étais désormais aux portes de la tanière du loup.

Et oui, pourquoi parcourir le monde quand le monde peut venir à toi ? Après tout, ce dernier sera bientôt à nos pieds…

Sourire carnassier à nouveau, alors que je frôlais Elias pour me rendre à la porte. Toutefois, il s’agissait ici d’une toute autre gourmandise.
Celle du pouvoir
Sur ce point, le temps jouait en la faveur de notre immortalité. Il était certain que mon clan monterait bientôt à la tête de la société dès lors que Seth serait de nouveau des nôtres. Mais je tergiversais à nouveau et me retrouvais au pied de la porte que je fis lourdement glisser.

Devant moi, la serveuse, une bouteille de cognac à la main. Tant mieux, j’aimais le petit goût acidulé que cela donnait à l’hémoglobine.
A peine eut-elle le temps de dire le moindre mot que ma main s’était posée sur son épaule et que je la tirais à l’intérieur. Un œil dans le sien et elle cessa de bouger alors que je refermais lentement la porte, jetant un regard prudent dans la ruelle déserte. Une fois le lourd grondement de la porte terminé, mes mais se posèrent sur les épaules de la serveuse que je n’avais cessé de regarder.
Ma soif était telle que je sentais son cœur battre à la surface de sa peau. Toutefois, en bonne hôtesse, il ne me fallait laisser le premier sang à mon invité. De plus, ma discipline permettait quelques fantaisies, comme un macabre assaisonnement à ce repas, que je ne tardai pas à proposer à Elias.

Tu les aimes paniquées ? Ou bien excitées ? Peut-être léthargiques ?

A l’écoute de ces quelques mots, je sentis une volonté de fuir naître chez notre repas. Toutefois, prisonnière de mon envoûtement, elle ne put que rester témoin du sort qui allait lui être accordé, pour mon plus grand plaisir sadique.

Suite à cela, j’exécutais avec un malin sourire la volonté de mon hôte et libéra de mes mains et de mon emprise le repas, la laissant toute à la convenance d’Elias.
Même si j’en avais peu l’occasion, j’aimais tout particulièrement admirer ce genre de spectacle macabre aux premières loges.

A nouveau, un sourire se dessina sur mes lèvres, alors que l’ombre de la mort planait de plus en plus sur notre proie.
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Lun 10 Déc - 23:26

- N'est-ce pas.

Réponse laconique, dite en une espièglerie rendue. Sans surprise, il n'est pas le seul ici à s'amuser du doute de son prochain. Semer les graines du questionnement, et récolter les réactions de l'autre. Voir ce qu'il comprend, s'il ose comprendre et assumer son interprétation. Certains ont peur d'avoir tort, alors ne réagissent pas. D'autres répondent de façon à couvrir toutes les possibilités. D'autres choisissent. Certains ont raison, d'autres ont tort, et parfois, il n'y a même pas l'occasion d'avoir raison : parfois, il n'y a pas de bonne réponse, et la personne à qui l'on parle s'est contentée d'instiller le doute sans même penser à une vérité.

Au final, peu importe. Chacun comprend ce qu'il a envie de comprendre.

Lui y compris. Quand il commence à déambuler dans la pièce, à examiner plus avant, il remarque les choses. Les objets, les livres. Sans trop s'avancer, il avance la théorie qu'elle soit relativement âgée. Pas un Vampire de dix ou vingt petites années de non-vie en tout cas, c'est là sa petite certitude personnelle. Fresques d'Orients, statues... Il plisse doucement les yeux, piqué plus avant dans sa curiosité. L'espace de quelques secondes, il s'arrête dans sa marche. Puis, quand il reprend, il commence à parler.

A faire le détail de sa petite routine de chasse. Quelque part, c'est une forme de pêche : certains y vont à la canne et l'appât, d'autres jettent des filets aux cours d'eau. Un parallèle simpliste mais pas imprécis pour autant. Il y a ceux qui vont chercher ce dont ils ont besoin en se déplaçant, et ceux qui  attendent là où la proie passe, pour la happer. Et pour un Vampire, il n'y a pas plus facile proie qu'une personne faible d'esprit qui a besoin d'aide. La proie passe par le cabinet, et se fait happer par la consultation. Par le divan.
Oui. Ici, c'est ce divan, le filet de pêche.

Et déjà, le poisson se livre à la porte.

Un vague regard, une réplique. Et lorsqu'elle y répond, ses sourcils se froncent, discrètement. Si bien qu'il ne répond pas, de prime abord. Déjà, là, en quelques répliques, quelques mots choisis et façons de faire, les premières grandes différences débutent de se dessiner. Par de nombreux aspects, les deux Vampires se ressemblent, mais pas au moins autant d'autres, si ce n'est plus, ils sont très différents. Cette façon qu'elle a l'air de considérer la vie humaine, les fins auxquelles elle utilise sa capacité à manipuler, et maintenant ça... Sans aucun doute, oui. Sans nul doute qu'au-delà d'un jeu de flirt et de soif de sang, il y a deux visions terriblement différentes du monde qui s'opposent ici. Non pas que ça ait son importance là tout de suite, certes... Mais ça pourrait très vite commencer à en avoir une.

Elle passe prés de lui, ouvre la porte. Et dés le départ, la façon de procéder le gêne. Il n'en montre dans un premier temps rien, garde son sourire. Mais il lit la peur dans les yeux de la nouvelle venue, et en ce qui le concerne... Un repas est gâché dés le moment où il voit ce genre d'émotion.

Ca a toujours été sa façon de faire. Mettre ses proies en confiance, les sociabiliser, séduire, et maquiller le Baiser en quelque chose de plaisant, charnel, en tâchant d'y retirer tout ce qu'il y a de malsain et horrible dedans. Une façon de déculpabiliser, peut-être. Ou plus simplement... Elias est beaucoup de choses, et a beaucoup de tares qui peuvent le pousser à devenir mauvais, faire du mal. Mais à la base de son être, il ne l'est pas. Bien des Caïnites trouvent leur plaisir dans la souffrance, dans la mort, dans le sadisme. Pas lui. Lui vit le Baiser comme une façon de redevenir humain l'espace de quelques secondes. Tous ces plaisirs terrestres qui lui sont maintenant interdits, la boisson, manger, les balades au soleil... Tout ça, l'Étreinte le lui a pris, pour le remplacer par le plaisir du sang. Comme un échange.

Et il est relativement ferme sur sa façon de concevoir ça.

Alors quand elle lui pose ses questions, alors qu'il est là, debout de dos au divan, appuyé dessus, mains dans les poches... Il approche. Pas à pas, il approche, jusqu'à arriver devant Amaria, non loin de l'humaine. Là, il ne se tourne pas vers la serveuse. Il s'approche de la Sétite, approche sa bouche de son oreille.
Le murmure qu'il y glisse, il n'a rien de suave, rien de joueur. A vrai dire, peut-être pour la première fois depuis leur entretient, il est d'un sérieux presque froid. D'un sec décisif, impérieux.

- Vivantes, dans un premier temps. C'est dit assez bas pour qu'elle seule puisse entendre. Les mains restent cachées au fond de ses poches, et son expression n'a pas changée. Seul sa voix, son ton. Pas agressif, ni menaçant, juste... Froid. Le genre de froid qui sert à solidifier le sérieux d'une réplique. Ne laisser place ni à interprétation, ni à contestation. Et excitées. Mais je pense savoir gérer ça tout seul.

Seconde réplique, pour répondre plus franchement à sa question, et retomber dans un registre plus joueur. Déjà, dés ces mots suivants, son ton est revenu à cette voix de miel. Puis, sans se presser, il se retourne vers la demoiselle. Terrifiée. Désormais, il s'agit de faire opérer la magie du Malkavian.
Il ne maîtrise ni la Présence, ni la Domination. Non. Il se contente de son charisme naturel, et des quelques arcanes de la Folie.

Il est en face d'elle. Se concentre brièvement, puis sourit.

- Calme-toi, Sarah, il n'y a aucune raison d'avoir peur.
- ... Comment est-ce que v-
- Je suis déjà passé au bar, quelques fois. Tu ne te rappelles pas?

Elle ne se rappelle pas, non. Parce qu'il n'est jamais passé au bar. Il a brièvement lu son esprit pour connaître son nom, rien de plus. Mais elle doute. Elle doute, parce qu'il n'aurait pas d'autre moyen de connaître son nom... alors ça doit bien être ça, non ?
Elle doute, et elle n'a plus peur. Beaucoup moins. Pourquoi ? Parce qu'il lui a dit qu'elle n'a pas à avoir peur. Ces mots, ces simples mots auront suffit à soudainement diminuer son sentiment. Ces simples mots, et un peu d'Aliénation.

- Je... oui ? Je crois?
- Bien. Entre, entre, ne reste pas comme ça. Cette bouteille ne va pas se boire toute seule.

« Elle croit ». Elle n'est pas sûre, mais elle ne veut pas avoir l'air idiote, alors elle acquiesce. Quelque part... Elle se persuade qu'effectivement, il est passé au bar. Et elle approche, quand il dit d'entrer. Simple contraste : Amaria l'a intimidée, lui s'est montré amical et rassurant dés ses premiers mots. Et il est son genre. Et il a triché.
Beaucoup de choses qui jouent à sa faveur.

D'un ample geste du bras, il passe la main dans son dos jusqu'à son épaule pour l'inviter jusqu'au divan. Elle reste confuse, elle reste perdue, mais... elle n'a plus peur.
Doucement, Elias l'aide à s’asseoir, alors que lui reste debout le temps d'aller chercher deux verres qu'il a repéré plus tôt. Il revient, s'assied à côté d'elle, plonge son regard dans le sien. Elle maintient le contact visuel un moment, puis entreprend de détourner le regard alors qu'elle commence à rougir. Mais la main d'Elias arrive à sa joue, pour délicatement recentrer son visage, et réinstaurer leur jeu de regards. Elle est gênée. Gênée, mais... Pas seulement. Il le ressent. Un étirement de lèvres, et la main à sa joue descend lentement, longe sa peau, de son cou à son épaule, pour passer à son bras et finalement prendre la bouteille de ses mains. L'ouvrir, et servir deux verres. Il prend le sien, le lève, sans la quitter du regard. elle hésite, frappe son verre contre le sien, et boit. Lui non. Lui la fixe. Sans s'arrêter. Elle non plus, d'ailleurs. Et lorsqu'elle finit sa gorgée, il reprend.

- Est-ce que tu sais pourquoi tu es là, Sarah?
- Je... Je ne crois pas. J'ai senti un appel et...

Et elle ne finit pas sa phrase. Évidemment, Présence. Bien sûr qu'elle ne sait pas.
Elias l'écoute, toujours ce rictus. Puis il s'approche d'elle. Pose une main sur sa cuisse.

- Tu aimerais savoir?

Il le lui demande, d'une voix chaude, tandis que sa main remonte progressivement, que son visage s'approche du sien. Beaucoup de choses se passent chez Sarah. Sur son visage, dans sa tête, dans son cœur, dans son corps. Un peu de peur qui revient, mais pas la même qu'auparavant. De la confusion, toujours, des questions, et aussi, là, cachée au coin de ses joues plus rouges et de ses mimiques... L'excitation.
Elias le perçoit. Le perçoit, puis le démultiplie de ses derniers mots. Trois simples mots qui résonnent alors dans l'esprit de Sarah. Elle n'est même pas sûr de leur sens profond. Elle les associe simplement à la vague de désir qui lui prend le corps, tandis que sa respiration se fait plus courte.

Au même moment, une autre main passe dans sa nuque, et les lèvres d'Elias vont à sa rencontre.
Journée productive, se risquera-t-il à penser, amusé par cette drôle de soirée. Et pourtant, il trouve tout ça bâclé, tellement bâclé. En temps normal, il discute de longues minutes avec les objets de sa soif, apprend à les connaître, les apprécier. Et leur apprend à l'apprécier lui. Il les subjugue de sa prestance, se les accapare par ses mots, et assure sa possession par les Disciplines – et encore, pas toujours. Là, il est obligé de faire vite et mal, parce qu'il ne va pas faire attendre Amaria des heures durant, parce qu'il n'est pas chez lui et parce que Sarah était déjà paniquée avant même qu'il ne se présente. Alors il a dû utiliser ses Disciplines plus intensivement qu'à son habitude, plus grossièrement. C'est... Dommage.

Mais ça ne l'empêche pas d'apprécier l'instant présent. De jouer avec la langue de cette femme, d'un coup bien gourmande, bien curieusement ouverte. De passer ses mains sur son corps, de se pencher sur elle jusqu'à ce qu'elle finisse allongée sur le divan, avec ce Vampire qui pèse contre elle. Au fur et à mesure de leur embrassade, Elias lui donne ce qu'elle veut, prend ce que lui veut aussi. Juqu'à s'aventurer dans son cou. Commencer à y déposer quelques baisers, quelques délicates attentions.
Et, soudainement, plutôt que des lèvres de velours, ce sont des crocs de métal qui vont chercher la peau de la serveuse.

Et pourtant, pas de douleur. Ni pour lui, ni pour elle. Plutôt, cet élan de plaisir indescriptible qui s'empare de leurs êtres, quelque chose de très différent, très supérieur aux simples plaisirs de la chair. Figée, traversée d'un courant inconnu à ses sens. Ce serait facile, de s'y perdre, de tomber dans un accès déraisonnable de soif. Parce que trop boire, alors qu'Amaria passe derrière, ce serait la tuer à coup sûr.
Alors... Il le garde au coin de sa tête, tandis qu'il s'abreuve. Il boit moins qu'habituellement, bien moins. Juste assez pour rassasier sa soif.

L'autre Vampire ici doit observer. Agir, peut-être. Qu'en sait-il ? Il n'y fait pas attention, d'abord. Il n'y revient que lorsqu'il se redresse, avec la silhouette amorphe de Sarah sous son menton ensanglanté. Amorphe, pas à cause de l'étreinte de la mort, mais paralysée par ce qu'apporte le Baiser.
Addiction.
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